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12-13 décembre 2009 : Mille vaches

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Daniel78
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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar Daniel78 » 18 déc. 2009, 21:46

Captain Bertie a écrit :Superbe,Limobull!
Mais s'il te restait quelques clichés d'il y a 40 ans ce serait amusant de nous les montrer aussi...

Bonne idée ça ! 8)

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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar T Max 66 » 18 déc. 2009, 21:51

.

merci limobull , avec toutes ces photos tu nous donne envie

l année prochaine , j essayerai d y aller :D
Modifié en dernier par T Max 66 le 18 déc. 2009, 22:45, modifié 1 fois.
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Ded31
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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar Ded31 » 18 déc. 2009, 22:38

Merchi Paul ! Bien belle photos qui rafraichissent :!:
:D
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Limobull
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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar Limobull » 18 déc. 2009, 23:18

J'ai gratté mes fonds de tiroirs pour vous faire partager ces quelques mauvaises photos survivantes des déménagements et autres "rangements".
J'ai aussi quelques diapos mais je ne sais plus où elles sont. Peut-être un jour je remettrai la main dessus.
Mais je ne suis pas le seul vétéran de cette époque ici, et vous mêmes avez sans doute des documents du même tonneau à mettre en ligne :amour:
Allez, on y va, retour de 40 ans (ou presque) en arrière

A la demande du Captain Bertie et de Daniel 78, voici quelques vielles photos de jeunesse. Elles sont malheureusement trop rares car à l’époque je n’avais pas d’appareil photo fiable et valable et la priorité était donnée aux autres bagages et outillage.


Pour commencer, les Choucas 72.
C’était une hivernale (quand ??) qui se déroulait en Belgique, à Marcinelles à côté de Charleroi. Je ne l’ai faite qu’une seule fois car cette année là je n’avais pas pu aller aux Millevaches.Nous étions partis de Paris et j’avais pris la D75.Nous étions à 2 dessus avec bagages ! je sais bien qu’à l’époque je faisais 60kg tout habillé et mon pote également, mais quand même, fallait en vouloir.

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Zündapp K500 (je crois) et en arrière plan ma D75 dont on devine le couvercle de boîte à outils à présent installé sur ma Bullet

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Norton 16H. J’ai le souvenir d’une sacrée routière qui avalait les côtes à deux dessus sans broncher

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Patrick Negro au centre, et peut-être sa Ratier L7 au premier plan. Au fond ma D75

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Une partie des gars de l’AAMA, et pour l’identification de l’attelage, je laisse dire les experts

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Discussion entre membres de l’AAMA autour de la Zündapp K500

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Serait-ce une Gnome AX2 ? Toujours présente en 2009…

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Zündapp encore

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Et Gnome sans doute, à confirmer par les connaisseurs.


Deuxième série de photos, cettefois-ci consacrée aux Millevaches 73

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Le campement à St Setiers (à 8 kmde Meymac, plus haut sur le plateau)

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Halte à St Setiers

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1000 moutons également

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Un bitza efficace

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Ma préférée, un p’tit gars courageux à rapprocher d’une de mes photos de 2009 presque identique dans l’équipage..Remarquez les bottes et chaussettes « à l’Anglaise », très en vogue à l’époque.

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Et puis pour finir, cette photo que j’ai déjà présentée et que Marco à même fait publier dans la presse. C’est le bitza d’un copain qui avait monté un moteur de D45Motobécane dans un cadre de MZ « banane » et qu’il avait baptisé Motobeczède.

Pour que l'histoire soit complète, je vais mettre également à la suite les trois récits de jeunesse que j'avais concoctés pour nos amis du MC Meymacois
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Limobull
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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar Limobull » 18 déc. 2009, 23:26

MILLEVACHES 1971,

Cette année là j’habitais encore en banlieue sud de Paris, à Montrouge.
Mon « parc » machines se composait alors d’une mob orange AV 89 (celle qui avait la fourche à balancier), d’un vélomoteur Motobécane D 75 et d’une Dresch 350 en cours de restauration.
Par le biais de cette Dresch, j’étais adhérent à l’AAMA fondée quelques mois plus tôt par Patrick Négro et quelques bénévoles dont Alain Grare, bien connus dans le monde de la motocyclette ancienne.

C’est au cours de nos réunions hebdomadaires qu’a germé l’idée de me rendre aux Millevaches. C’était décidé, j’irai avec la D 75.
J’avais acheté cette D 75 neuve au printemps 1970. C’était alors la plus grosse cylindrée française encore en vente. Les 125 LT n’allaient apparaître que quelques mois plus tard. Elle m’avait plu parce qu’elle avait tout d’une grande avec sa boîte séparée à 5 vitesses au pied droit. A dire vrai, j’ai vite regretté de ne pas avoir acheté une 125 MZ ou une CZ, autrement mieux taillées pour la route…Mais elle était là et j’allais lui en faire voir.

Au départ de Montrouge il fallait compter près de 500 km, soit environ 10h00 de route.
Le départ eût lieu le vendredi soir à 19h00 après un solide repas plein de calories.
La bête était chargée à mort avec le sac à dos sanglé sur le réservoir et la guitoune sur le porte-bagages. La veille j’étais passé chez LALA (qui était encore à Alésia à cette époque) pour lui acheter une bulle adaptable sur mon casque. Equipement tip-top…à condition de rouler tout le temps, sous peine d’être envahi par la buée.

Comme j’étais décidé à rouler, un coup de kick et me voilà parti, direction Montlhéry par la N20 en me tapant toute la banlieue sud. Le temps était clair et vers Etampes je commençais à me les geler salement, mais c’étais trop tôt pour attaquer mon moral. Le petit 2 temps ronronnait d’aise et m’emmenait gaillardement jusqu’à Orléans.
Je n’avais alors encore rencontré pas une moto, pas une mob. J’allais aux Millevaches et je m’étais naïvement imaginé que tout ce que Paris comptait comme 2 roues était en route comme moi !

Vingt kilomètres plus loin, ravitaillement en carburant à La Ferté St Aubin, et au moment de repartir, le gros coup de cafard me prend. Voilà 2h1/2 que je me caille, j’ai l’impression de me traîner sur cette N20 en roulant poignée au taquet, pas une moto, à se demander si je ne me suis pas gouré de date ! Quand je pense aux kms qu’il me reste à parcourir, je me dis que je suis complètement cinglé et que je serais mieux dans mon plumard. Logiquement je pourrais y être dans 2h1/2.
Alors assez fait le zouave, demi-tour et retour « at home ». C’est peu glorieux, mais tant pis.
Je retraverse Orléans et en longeant la gare je vois rangées sur un trottoir devant un bistrot une dizaine de bécanes dont des sides, des p’tits cubes, des gros cubes, le tout avec armes et bagages. Aucun doute, ces gars là sont en route pour le Limousin.
Je m’arrête, on m’accueille chaleureusement, j’explique mon coup de blues et ils me remettent ma D75 dans le sens de la descente plein sud. Le plus beau est que le gars qui tient le bistrot est un membre de l’AAMA et que je ne le savais pas. Dominique Baulande, c’est son nom, tient là un relais routier qui accueillera des années durant de nombreux motards.

Nous voilà repartis. Les seules machines qui supportent mon rythme lent (maxi 80 km/h) sont une 125 MZ « banane » et une 175 Tobec chargée à bloc.
Les grosses bêtes filent devant et j’envie les attelages BMW visiblement taillés pour ce genre de virée. Ils ont pleins de phares ajoutés et quand je regarde ma modeste optique rectangulaire, elle me fait penser à une lampe de poche.
Qu’importe, cette fois-ci je roule en bonne compagnie et le bruit des moteurs est rassurant.
On passe Vierzon puis Issoudun où a lieu un arrêt carburant. Il est 23h00, le temps est clair depuis le départ, à part quelques brumes.
A La Châtre on trouve encore un troquet ouvert pour boire un chocolat chaud. Ce sera le dernier avant l’arrivée.

A Guéret on fait la jonction avec un attelage Ratier, une 125 MZ et une autre en 250 attelée. On se met tous en chasse d’une pompe à essence avant d’attaquer la montagne. On sillonne Guéret en tous sens et on finit par trouver une pompe ouverte avec des Belges en train de faire le plein de leur Yamaha 650 et Sunbeam S7. En fait ceux sont eux qui ont réveillé le pompiste qui a accepté de les servir. Du coup il se retrouve avec plus de clients que prévu et il est tout heureux de discuter avec nous. Une fois les pleins faits, les Belges partent devant et notre petite troupe s’ébranle à la suite.

Entre Aubusson et Felletin on trouve des traces de neige sur la route. L’attelage MZ ouvre la route avec un éclairage puissant. Je suis en avant dernière position avec la 175 Tobec derrière moi. Le rythme est soutenu. Depuis que l’on est dans la montagne, on sent l’arrivée proche. Et puis soudain le side en tête fait le crabe sur du verglas et de la neige durcie en ornière, les solos qui suivent passent comme ils peuvent, je réagis trop tard et mal. Sans comprendre ce qui m’arrive, ma D 75 se met à guidonner violemment, sans doute sous le poids du chargement, et je pars en soleil. Je me revois en train de glisser sur le dos avec ma machine passant au dessus de moi. Silence tout soudain et tourbillon de phare et de lampe autour de la scène. Je suis allongé et j’ai froid. « Vas-y bouge » me dit quelqu’un, « fais voir si t’as rien de cassé ». Je fais l’inventaire de mes membres et tout paraît OK. Je dis que ça va et on m’aide à me relever et à enlever mon casque. Ma bulle est toute labourée et m’a bien protégé. Ma machine gît au fossé. Inspection qui révèle phare cassé, guidon (fourche ?) de biais, garde-boue avant cabossé, repose pied gauche tordu, moteur bloqué, bagages éparpillés. Fichtre ! La Tobec qui me suivait n’a eu son salut qu’en allant au fossé tout rempli de neige qui a bien amorti la fin de course. A part moi personne n’a de mal.
A plusieurs on remet la roue avant et le guidon dans un axe convenable. Le garde boue est redressé avec une pierre et maintenu en place avec du fil de fer. Le phare est remplacé par une lampe de poche scotchée. Côté moteur, c’est en fait le repose pied tordu qui bloquait le plateau d’embrayage. Là je me rends compte que je pisse le sang d’un doigt avec une entaille profonde. Consternation, mais aussi solidarité et amitié.
Je recharge mes bagages avec cette fois-ci la guitoune sur le réservoir et le sac sur mon dos. Nous repartons et je ne suis plus très assuré. Avec le froid, mon doigt me fait mal et je peine à débrayer. Le sang a coagulé dans le gant ça va être mignon à ôter. Les plaques de verglas et de neige se succèdent, mais nous arrivons à les passer à petite vitesse avec parfois les pieds à terre en guise de patins.
Nous voici enfin sur le plateau. La route est droite et le ciel étoilé. Nous traversons Millevaches et continuons sur Meymac où nous arrivons bien fatigués. Des courageux organisateurs veillent et attendent les arrivants nocturnes. Nous y sommes enfin. Il est 4h30 du matin Nous découvrons un camp de toiles de tentes. On me propose de dormir dans une grande tente qui abrite une bonne dizaine d’individus. Sans demander mon reste, je me faufile entre les corps engourdis et sombre dans un vague sommeil frigorifique en me disant que je ne me réveillerai peut-être pas.
Il fait grand jour à présent et en sortant de la tente plein de courbatures, je vois toute l’étendue du rassemblement en même temps que l’étendue des dégâts sur ma machine.
D’abord un copieux petit (grand) dèj. Après quoi je cherche une pharmacie pour me faire un pansement correct. Je finis chez un toubib qui me pose 4 points de suture.

Retour au campement pour une séance de mécanique et tôlerie. Avec l’aide d’un guzziste et d’une ampoule neuve, j’arrive à redonner de la lumière dans le phare dont la parabole n’est plus très géométrique. La fourche à un bon pète mais elle doit pouvoir tenir pour le retour.
Je ne vais malheureusement pas pouvoir rester aussi longtemps que je le souhaitais. Du fait de mon éclairage défaillant, il va me falloir rouler au maximum de jour pour rentrer sur Paris.
A midi je casse la croûte avec des potes, après quoi je fais un tour du parc pour y admirer toute sorte d’engins qui me donnent déjà envie de revenir. je récupère ma médaille, dis au revoir aux potes et je recharge ma pauvre mule.

Sur la route du retour je dépanne deux gars en Ducati qui on cassé leur câble d’embrayage. J’en ai un d’avance qui va au poil. Je ferai halte pour la nuit à Guéret et là j’aurai le plaisir de passer la soirée avec deux journalistes moto qui se rendent à Meymac en essayant la toute nouvelle Suzuki 750 3 cylindres surnommée « la bouillotte ». Ils m’emmènent la voir soigneusement garée sous un appentis. Avec sa robe violine, elle est superbe. Avant de les quitter je leur conseille de se méfier du verglas. Ce serait dommage d’abimer une si belle machine.

Le Dimanche soir j’étais de retour chez moi, complètement crevé, perclus de douleurs, ma machine en piteux état, mais HEUREUX.
Promis, j’y reviendrai !
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Limobull
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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar Limobull » 18 déc. 2009, 23:27

MILLEVACHES 1973,

Voilà deux ans que je suis venu pour la première fois aux « Millevaches ».
1972 a été pour moi une année charnière et bien occupée, avec un empêchement dans le calendrier pour pouvoir participer à l’édition Limousine de 72.
Je l’ai remplacée par une autre hivernale tout aussi attrayante qui est les « Choucas » en Belgique, à Marcinelles (à côté de Charleroi).
J’y suis allé en compagnie d’une bonne délégation de l’AAMA, avec des machines telles que Ratier L7 attelée (celle du Près. Patrick Négro), Norton 16 H, Zundapp K600 attelée, Renée-Gillet 750 attelée. Bref, rien que du beau et du lourd.
Une p’tite virée estivale également avec les « Chamois » que j’ai moins appréciée.

Toujours est-il que nous voilà en 1973 et que la date approche. Depuis six mois j’habite dans le Berry, à Charenton du Cher. Comme je dispose d’un vrai garage à la campagne, je l’ai rempli avec une Terrot 350 HCTL de 1951 et une RGSTA de 1957. Et puis toujours la D 75 (je ne l’ai vendue qu’en 2005 !).
Pour cette édition je choisis la 500 RGST qui est un bon percheron pépère.
Chargement classique avec de l’outillage en nombre dans les sacoches. Toujours le sac à dos sur le réservoir et la guitoune sur le porte bagages. Le gabarit de cette moto est autrement plus logeable que celui étriqué de la petite Motobécane.
Départ le vendredi midi en direction d’Issoudun car je me suis inscrit au MC Exoldunum dès mon arrivée dans le Berry. C’est également une annexe de l’AAMA avec son président local qui est Dominique Giraudet, un personnage haut en couleur et sympathique en diable qui se donne à fond dans les « avant 14 ».
Je viens prêter main-forte à lui et son équipe pour accueillir dans les locaux du MC toute une bande de joyeux parisiens (dont des gars et filles du MCBN pour ceux qui s’en souviennent) qui vont débarquer en soirée et tard dans la nuit.
Nos locaux d’hébergement sont plutôt spartiates. Le MC est établi dans une ancienne tannerie en sortie route de la Châtre. Il s’agit de loger tout ce beau monde dans l’ancien séchoir à peaux qui est ceinturé de murs de briques ajourées pour bien ventiler. On a disposé des bancs côte à côte, des planches sur des parpaings, de la paille par terre et on attend les « Loulous » parigots !
Au fur et à mesure qu’ils arrivent, ce sont des retrouvailles avec d’anciennes connaissances et de nouvelles têtes ravies d’être là.
Soirée arrosée à la bière, premières séances de bricolage, et tout le monde au lit.
Notre séchoir bien « ventilé » nous glace et bien vite tout le monde se retrouve par terre à se serrer pour se tenir au chaud.
Nuit à chier. Peu de monde a pu dormir. Le thermomètre a dégringolé à -14 et le matin dévoile les machines couvertes de givre. Démarrages difficiles, mais personne ne songe à se plaindre.
Notre président local a sorti une machine originale préparée à la hâte et qui est un croisement d’une Allemande qu’aurait fauté avec une Française. Ce farfelu a monté un moteur de Motobécane 125 D45 dans un cadre de MZ banane et il a baptisé le tout « Motobeczède ». Et là-dessus il grimpe avec sa femme et les bagages !
Rappelons-nous qu’à c’tépoque on pouvait se bricoler toutes sortes de bitzas et qu’on ne s’en privait pas. C’est surtout dans les hivernales qu’on voyait apparaître des engins improbables sur lesquels avait souvent été greffée une troisième roue façon side pour tenir sur la glisse. Personne ne s’occupait de savoir s’il fallait ou non passer aux Mines. Du moment que c’était original, que ça roulait, qu’on pouvait mettre des bagages et de l’outillage, c’était conforme à l’esprit.
Nous voilà donc partis tous en ribambelle pour les 200 kms qui nous séparent du rassemblement. Direction La Châtre et Boussac avec premier arrêt casse-croûte au pied du château. On est tous frigorifiés. Temps clair et froidure à -10°. Dans le bistrot où nous avions fait halte, nous avons fait main basse sur une pile de vieux journaux et chacun s’est calfeutré « à l’ancienne » en se faisant des plastrons de feuilles sur le torse et les cuisses. Méthode très efficace et économique que j’ai souvent renouvelée par la suite.
En quittant Boussac, on se sépare en deux groupes : les plus rapides et les plus lents. Je reste avec le prèsident et sa Motobeczède qui ne m’inspire guère confiance. Les cotes se montent à 35-40 à fond de seconde, les reprises sont laborieuses et en descente c’est l’envolée à 80-90 dans un boucan d’enfer. Lui est aux anges et sa femme recroquevillée contre lui. J’ai voulu prendre en charge une partie de leur matériel (voire même sa femme), mais ils y sont farouchement opposés. « C’est un test » qu’il me dit. Et un test ça se fait complètement ou pas du tout.
N’empêche que c’est ma pétoire qui donne des signes de fatigue et se met à ratatouiller salement jusqu’à l’arrêt complet. On met pied à terre, contrôles divers, coup de kick et ça repart pour cinq kilomètres. Re-belote de panne merdique et aléatoire. Arrêt dans un garage et le gars de me dire « vous avez une prise d’air au moins sous votre sac à dos ? » Il a raison le bougre ! depuis Boussac où j’ai retendu la sangle de mon sac qui se faisait la malle, ça merdouille car je bouche le trou d’évent du bouchon de réservoir. Résultat je tombe en panne sèche avec le réservoir plein. Je préfère cela à une vraie panne vicieuse.
On passe Chénérailles et Aubusson où on ravitaille. Pas de neige ni verglas dans la montée sur le Plateau après Felletin. Le vaillant petit D45 tient bien le coup et mon gros monocylindre n’est pas à son allure optimale mais c’est bien qu’on soit ensemble.
Enfin nous arrivons en début d’après-midi et la véritable fête peu commencer. La Motobeczède est dans son élément et nous autres aussi. On plante les tentes tant qu’il y a encore de bons emplacements, on file aux inscriptions et aux médailles et chacun se met en quête de copains perdus de vue.
Des équipages se mettent en route pour monter au plus haut du Plateau et puis nous rentrons au camp pour y raconter des histoires interminables qui nous tiennent jusque tard dans la nuit tombée.
Demain sera déjà sur la route du retour avec un rendez-vous pris pour dans un an.

Et ben figurez-vous qu’en fin de récit je n’ai toujours pas retrouvé le lieu exact où se déroulait cette édition 73 ?? Naufrage de l’âge qui me bouffe le méninges et qui me fout en rogne.
71 était à Meymac, 74 à Saint Setiers (récit à venir) mais 73 ??
Je suis à peu près sûr que ce n’était plus à Meymac. Peut-être à Millevaches même.
Y’en a bien qui doivent s’en rappeler.
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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar papymad » 19 déc. 2009, 00:05

Merci Paul... Les belles histoires de l'oncle Paul, pour ceux qui ont été élevés au Spirou...
Tout y est, l'ambiance, les galères et surtout le plaisir, malgré tout.
Vraiment merci
Amitiés
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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar eric86 » 19 déc. 2009, 00:52

bravo pour tout Limobull récit et photos , on s'y croirait , ca fout un peu plus les boules de ne pas y etre allé , mais les absents ont toujours tord .
que de souvenirs à raconter et à écouter :D vivement la prochaine

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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar Jackymoto » 19 déc. 2009, 01:21

Ben la dernière édition,j'y étais en pétarou,mais je suis incapable de me rappeler du nom du lieu.Il avait fait très froid,mais avec un soleil magnifique le dimanche matin.
Quand tu visites le désert, l'avantage c'est que tu n'as pas besoin d'apprendre la langue...

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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar yvesmetz » 19 déc. 2009, 01:31

Voyez l'hurluberlu que je suis !... je suis complètement passé à coté du sujet...alors ce soir je me suis tapé les 17 pages ou presque, me reste plus que les récits de limobull...
cette histoire une vraie comédie à la tartarin, préparatifs, expéditions, personnages haut en couleur, rien ne manque...par magie vous avez recréé l'atmosphère du vieux temps....

Limobull, ne t'excuse pas du mauvais matériel photo de ta jeunesse.... avec la sensation créée, tes photos noir et blanc sont de loin les plus belles, aprés bien sûr celle du cyclo-sport en panne et aux couleurs défraichies....un cimati ?

Ce fut beau, l'hiver apportant une authenticité .
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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar isawood » 19 déc. 2009, 07:26

Merci merci MERCI limobull pour ces récits et les photos, je me suis régalée à la lecture des ces témoignages....

ENCORE !!!!!
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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar JacquesD » 19 déc. 2009, 08:10

J'ai un peu honte de lire cela avec les pieds au chaud.
:lol: :old:
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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar isawood » 19 déc. 2009, 08:35

JacquesD a écrit :J'ai un peu honte de lire cela avec les pieds au chaud.
:lol: :old:


moi pas du tout je revendique haut et fort un statut de lopette sur ce coup.

j'ai fait une seule vraie hivernale, je dirais vers 1984 avec mon permis tout frais en poche, je me suis juré ce jour la de ne plus jamais recommencer... et je vis très bien sans ;)
il avait fait -12, je n'etais pas assez équipée, j'ai cru mourir de froid la nuit....
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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar Limobull » 19 déc. 2009, 09:42

Le récit Millevaches 74 s'est perdu dans la transmission, alors le voilà retrouvé :wink:

MILLEVACHES 1974,

Ca se présente mal pour cette cuvée 74.
Ma RGST est en rade d’allumage et faisceau électrique et 8 jours avant le départ ma HCTL vient de me cracher un circlips de piston qui a tout labouré sur son passage entre jupe et cylindre. J’ai un deuxième moteur de secours, mais je manque de temps pour le monter et le régler. Cependant je ne tiens pas à « réactiver » ma D 75 de la cuvée 71, aussi je passe mes soirées à bricoler dans le garage et mon boulot me « bouffe » jusqu’au vendredi soir. Pas possible de rejoindre les potes d’Issoudun comme l’année passée. Je dois me résoudre à ne prendre la route que le samedi matin et partir en solo.
Une nuit fébrile dans les derniers préparatifs mécaniques et de chargement et à 8h00 du mat je démarre la bête. Le 350 latérales n’est pas un foudre, mais je l’aime bien. Je préfère l’allumage magnéto à celui batterie-bobine de la RGST. Avec une magnéto t’as toujours du jus à la bougie !
Le temps est plutôt doux au départ du Berry. En tout cas il ne gèle pas. J’ai investi dans un équipement un peu plus motard avec une veste Belstaff et des vraies bottes en cuir tout bien.
Route au plus direct par Montluçon et Gouzon. J’ai un peu d’espoir de retrouver les gars d’Issoudun à Chénérailles, mais rien. Je pousse jusqu’à Aubusson et là je suis rejoins par un gars de l’AAMA que je connais bien et qui arrive d’Auxerre sur une 350 Velocette d’avant guerre. Il n’a pas peur d’engager son bijou sur les routes hivernales ! On se fait une pose café casse-croûte et nous voilà parti à rouler ensemble jusqu’au bout, moi devant puisque je suis le plus lent.
On passe Felletin et trois kilomètres plus loin, en pleine côte, ma Terrot fait un grand bruit et une embardée furieuse qui se termine dans le bas côté. Tout s’est arrêté et je n’ose regarder quels dégâts il peut y avoir sous le réservoir. Le levier d’embrayage est mou et je cherche le point mort mais il n’y a plus de levier de vitesse ! En fait il n’y a plus non plus de boîte de vitesse !! d’où vient ce petit ronronnement qui persiste alors que tout est éteint. C’est ma dynamo qui tourne en moteur électrique, alimentée par la batterie. Y’a plus que ça qui fonctionne sur mon épave fumante !
Pied à terre je regarde et essaye de comprendre ce qui s’est passé. Mon pote s’est arrêté cinquante mètres derrière et me montre du doigt ma BV et les chaînes sur le bord de la route en me demandant avec un air goguenard si c’est « ça » que je cherche ?
Là je pige que les deux goujons qui retenaient ma BV (qui est suspendue sur la Terrot HCTL) se sont desserrés. La BV est tombée en cassant la chaîne primaire et la secondaire, la courroie de dynamo, le carter primaire en tôle et en arrachant le câble d’embrayage. J’ai dû rouler sur la BV, ce qui a provoqué l’embardée.
Ben nous v’là bien, je dis. La situation a de quoi inquiéter, mais on est pris d’un fou rire qu’on a du mal à calmer. Le moral est bon, donc tout va bien.
L’incident a eu lieu devant l’entrée d’une ferme. Nous poussons les machines jusque dans la cour et une dame âgée vient à notre rencontre. On lui explique la situation et on lui demande si on peut rester là pour réparer. Elle nous accueille à bras ouverts, nous fait une boisson chaude et nous indique un mécanicien agricole à Felletin qui pourrait avoir « de la chaîne ». Un petit tour à deux sur la Velocette et nous voilà chez le mécano qui effectivement vend de la chaîne au mètre au pas de 12,7 x 6,8. Pile poil ce qu’il me faut. Je trouve également les deux écrous perdus qui fixent les goujons de la BV. Retour à la ferme où le mari et le fils sont arrivés entre temps. Pendant qu’on mécanique, le fils redresse mon carter en tôle du mieux possible. Nous arrivons à tout remonter correctement et en milieu d’après-midi nous pouvons repartir. Saint Setiers n’est plus très loin et quand nous arrivons c’est la grande ambiance et les retrouvailles avec des gars de l’AAMA descendus en Zundapp K500 attelée et Alain Grare himself venu sur sa grosse BMW. On se remémore une virée en Dresch où il m’avait dépanné du côté d’Orléans l’année passée. On plante les tentes et allons aux inscriptions pour avoir le millésime. Le parc machines est toujours impressionnant à parcourir. J’admire un attelage Terrot RGST tout en jaune (ex PTT ?) avec son gros Bufflier, Une magnifique AJS, une Guzzi attelée avec un énorme side anglais à gauche, entièrement carrossé avec deux places en tandem. Plein de MZ, des RG 750 et 1000, des Ratier L7. Les Guzzi et les BMW sont les reines et leurs pilotes couverts de médailles sont visiblement des gros rouleurs.
Il a fait très froid cette nuit et j’ai du mal à remettre le moteur en marche au matin. D’ailleurs ça joue à la poussette dans la descente qui mène au village où l’on va prendre un petit déjeuner copieux. Après quoi tout le monde se met en route pour aller jusqu’au point culminant à quelques kilomètres de là qui est le Signal d’Audouze (devenu depuis longtemps terrain militaire et inaccessible).
En début d’aprem c’est le démontage du camp et le départ. A Chénérailles ma soupape d’échappement a tendance à gripper dans son guide. Tandis que je la lubrifie avec une burette, Alain me rejoins et nous allons boire un jus au café avant de nous séparer. Lui rentre sur Paris et moi dans mon Berry. Promis, j’irai les voir au printemps pour la réunion de préparation de la Rencontre des Ancêtres qui aura lieu à la Pentecôte.
FFMC veut aussi dire Fonte Fidèle Mais Capricieuse :) .

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eric86
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Re: 12-13 décembre 2009 : Mille vaches

Messagepar eric86 » 19 déc. 2009, 10:01

Limobull a écrit : J’ai investi dans un équipement un peu plus motard avec une veste Belstaff et des vraies bottes en cuir tout bien.

comme quoi on s'habitue vite au grand luxe :D

non sans déconné , ton récit c'est pire que la croisière jaune, le cout de la boite de vitesse sur la route à coté de la moto du jamais vu :D j'en connais plein qui aurait déjà appelé europ assistance .
mais bon avec le plaisir de retrouver cet année tes anciens compagnons de routes , l'édition 2009 à du te parraitre bien terne niveau mécanique , tu n'a même pas changer une petite bougie sur la route :wink: .
enfin continu tes récits , c'est vraiment un régal de te lire