Tribulation d'un jeune conducteur
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Félix
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- Enregistré le : 08 mai 2015, 14:32
- Votre moto : 500 Sixty 5
- Modèle de votre autre moto : Il en faut vraiment une autre ?
- Localisation : Suisse
Tribulation d'un jeune conducteur
Cher tous,
Comme vous le savez peut-être, je suis sûrement le plus parfait exemple de la candeur motocyclée. Ma Royal Enfield Efi 2015 est ma première moto, je n'ai que 20 ans et à peine mille bornes à mon actif. Vous, vénérables nomades, c'est plutôt tout l'inverse. Des moteurs et des femmes, vous en avez connus des pelletées et votre bolide, c'est un peu le prolongement naturel de vos pattes et de vos parties génitales.
Je m'étais donc dit que ça pourrait peut-être vous intéresser d'avoir un retour de mes expériences sur la Royal Enfield et faire ainsi de mon inexpérience un témoignage original. Riez bien, chers amis, car je n'ai réellement, littéralement, conduit que deux moto dans ma vie (si on ose dire "conduire" car vous le verrez ma première fois ne m'a pas porté loin) et toutes deux étaient de ces chères indiennes que nous apprécions tant.
Commençons peut-être par le commencement ; Je guignais sur les Royal Enfield depuis quelques mois déjà mais, grand timide et tenu quelque peu en retrait par mes parents, je n'avais encore rien osé essayé. Certes, quelques mois auparavant, on m'avait fait participer à une virée sur un vieux scooter 125 qui avait déjà déjà 130'000 kil. à son actif (et c'était alors ma première et seule rencontre avec un deux roues), mais si ce n'est cette petite balade, j'étais encore vierge de tout contacte avec ces fameux engins. Je m'étais renseigné sur le net, avais regardé quelques vidéos, mais concrètement n'avais pris aucune initiative. Jusqu'au jour où...
Un garage pas loin de chez moi et dont je tairais le nom annonce sur son site web une occasion plutôt jolie. Une Royal Enfield 2012, toute modifiée Scrambler, kit 535, carbu, et pleins de petits trucs dont je ne connaissais l'intérêt ni d'Adam ni d'Eve. En réalité, même les questions de carbu, de scrambler, de 535 ne me disaient rien. Evidement à ce moment - et aujourd'hui encore - mon vocabulaire n'était pas adapté à tout ce jargon de pilote prout-prout-prout. Je décidai quand même d'y aller jeter un petit coup d'oeil, pour le goût de l'engin plus que pour l'enjeu commercial. Et bien, c'était un peu impressionnant. Première entrée dans un garage, le type ressemblait à la boule dans fort boyard, plutôt sympa, me tire une moto hors de la chaîne de Royal Enfield qui s'amassait dans tous les coins. "c'est celle-là qui vous intéresse, non ?". Effectivement, ça ressemble à la photo. Je passe une dizaine de minutes à la regarder sans trop savoir comment il fallait faire. J'ai lu quelque part qu'il fallait regarder si le pot était rouillé. Bon, apparemment c'est propre. Au bout d'un moment, le garagiste me propose de l'essayer. Euh... Je repasserai la prochaine fois !
À ce moment je me rend compte que je n'y connais strictement rien. Je l'aurais bien essayé, cette moto, mais je ne savais même pas démarrer cette chose et les rares vitesses que je passais étaient sur mon vélo... J'enclenche donc la phase "apprendre à conduire en douze minutes" sur Youtube. Douze minutes plus tard, je n'y connais toujours rien, mais j'ai compris le principe. On embraye, on passe la première en appuyant, on relâche et hop le tour est joué. Pour la deuxième, fastoche, même procédé et on remonte.
Deux jours plus tard, nouveau passage au garage. Cette fois, c'est l'essai. Première fois sur une moto, le stresse monte. Le garagiste m'informe : Alors celle-ci c'est marrant, les vitesses sont inversées, donc première en haut. Alors ça, c'était pas dans le contrat, mais on fera avec. On relâche gentiment la poignée d'embrayage. Et hop ! Ça démarre calmement, ça ne cale même pas. Dans l'emportement, arrivé à même pas 10 kil à l'heure, je me dis que je maîtrise si bien qu'il est l'heure de passer la deuxième. Pot... Pot... Pot... Le moteur n'apprécie pas la deuxième à 8 k/h, maintenant je sais. Calé. Fin de la balade, voici ma première expérience. Bilan ? La moto c'est chouette mais je suis vraiment nul.
Je laisse quelques jour s'écouler et trouve finalement que les vitesses inversées, c'est pas si top. J'ai pas trop envie de prendre de mauvaises habitudes et préfère commencer avec quelque chose un peu plus dans la norme. Je regarde le prix des Royal Enfield neuve parce qu'après tout pourquoi pas. Aïe. Mon budget d'étudiant vient de me rattraper. À 9'400 francs suisses ( 9'000 euros...), mon rêve de Royal Enfield s'envole rêvasser ailleurs. Merci le pouvoir d'achat national.
Quelques semaines plus tard, je vois que les Mash 500 (ou 400 si vous voulez la vérité rien qu'la vérité) sont moins chères et pas si laides. Je vais chez un concessionnaire pour voir la bête. Le type vendait aussi des Royal Enfield et remarque que je bave dessus depuis que je suis entré dans son magasin. "C'est vraiment les Mash qui t'intéressent ?". Un choix économique, mon cher monsieur. Le type me demande alors combien je peux mettre pour la Royal Enfield de mes rêves. Je lui avoue mon budget, indécent mais quand même maximum, il part dans l'arrière boutique. Deux minutes plus tard "Je peux la faire à ce prix exceptionnellement. Spécial étudiant fauché."
Maman, Allah, Buddha, Zeus, Jesus, merci.
Deux jours après, je la fais essayer à mon père qui saura proposer un bilan plus pertinent que le mien et pourra passer la deuxième correctement, lui. "Allez, fais-toi plaisir, c'est une bonne moto et en plus elle est très belle".
Je me lance.
Dans le prochain épisode (ce soir), je vous raconterai mes premiers kilomètres !
Comme vous le savez peut-être, je suis sûrement le plus parfait exemple de la candeur motocyclée. Ma Royal Enfield Efi 2015 est ma première moto, je n'ai que 20 ans et à peine mille bornes à mon actif. Vous, vénérables nomades, c'est plutôt tout l'inverse. Des moteurs et des femmes, vous en avez connus des pelletées et votre bolide, c'est un peu le prolongement naturel de vos pattes et de vos parties génitales.
Je m'étais donc dit que ça pourrait peut-être vous intéresser d'avoir un retour de mes expériences sur la Royal Enfield et faire ainsi de mon inexpérience un témoignage original. Riez bien, chers amis, car je n'ai réellement, littéralement, conduit que deux moto dans ma vie (si on ose dire "conduire" car vous le verrez ma première fois ne m'a pas porté loin) et toutes deux étaient de ces chères indiennes que nous apprécions tant.
Commençons peut-être par le commencement ; Je guignais sur les Royal Enfield depuis quelques mois déjà mais, grand timide et tenu quelque peu en retrait par mes parents, je n'avais encore rien osé essayé. Certes, quelques mois auparavant, on m'avait fait participer à une virée sur un vieux scooter 125 qui avait déjà déjà 130'000 kil. à son actif (et c'était alors ma première et seule rencontre avec un deux roues), mais si ce n'est cette petite balade, j'étais encore vierge de tout contacte avec ces fameux engins. Je m'étais renseigné sur le net, avais regardé quelques vidéos, mais concrètement n'avais pris aucune initiative. Jusqu'au jour où...
Un garage pas loin de chez moi et dont je tairais le nom annonce sur son site web une occasion plutôt jolie. Une Royal Enfield 2012, toute modifiée Scrambler, kit 535, carbu, et pleins de petits trucs dont je ne connaissais l'intérêt ni d'Adam ni d'Eve. En réalité, même les questions de carbu, de scrambler, de 535 ne me disaient rien. Evidement à ce moment - et aujourd'hui encore - mon vocabulaire n'était pas adapté à tout ce jargon de pilote prout-prout-prout. Je décidai quand même d'y aller jeter un petit coup d'oeil, pour le goût de l'engin plus que pour l'enjeu commercial. Et bien, c'était un peu impressionnant. Première entrée dans un garage, le type ressemblait à la boule dans fort boyard, plutôt sympa, me tire une moto hors de la chaîne de Royal Enfield qui s'amassait dans tous les coins. "c'est celle-là qui vous intéresse, non ?". Effectivement, ça ressemble à la photo. Je passe une dizaine de minutes à la regarder sans trop savoir comment il fallait faire. J'ai lu quelque part qu'il fallait regarder si le pot était rouillé. Bon, apparemment c'est propre. Au bout d'un moment, le garagiste me propose de l'essayer. Euh... Je repasserai la prochaine fois !
À ce moment je me rend compte que je n'y connais strictement rien. Je l'aurais bien essayé, cette moto, mais je ne savais même pas démarrer cette chose et les rares vitesses que je passais étaient sur mon vélo... J'enclenche donc la phase "apprendre à conduire en douze minutes" sur Youtube. Douze minutes plus tard, je n'y connais toujours rien, mais j'ai compris le principe. On embraye, on passe la première en appuyant, on relâche et hop le tour est joué. Pour la deuxième, fastoche, même procédé et on remonte.
Deux jours plus tard, nouveau passage au garage. Cette fois, c'est l'essai. Première fois sur une moto, le stresse monte. Le garagiste m'informe : Alors celle-ci c'est marrant, les vitesses sont inversées, donc première en haut. Alors ça, c'était pas dans le contrat, mais on fera avec. On relâche gentiment la poignée d'embrayage. Et hop ! Ça démarre calmement, ça ne cale même pas. Dans l'emportement, arrivé à même pas 10 kil à l'heure, je me dis que je maîtrise si bien qu'il est l'heure de passer la deuxième. Pot... Pot... Pot... Le moteur n'apprécie pas la deuxième à 8 k/h, maintenant je sais. Calé. Fin de la balade, voici ma première expérience. Bilan ? La moto c'est chouette mais je suis vraiment nul.
Je laisse quelques jour s'écouler et trouve finalement que les vitesses inversées, c'est pas si top. J'ai pas trop envie de prendre de mauvaises habitudes et préfère commencer avec quelque chose un peu plus dans la norme. Je regarde le prix des Royal Enfield neuve parce qu'après tout pourquoi pas. Aïe. Mon budget d'étudiant vient de me rattraper. À 9'400 francs suisses ( 9'000 euros...), mon rêve de Royal Enfield s'envole rêvasser ailleurs. Merci le pouvoir d'achat national.
Quelques semaines plus tard, je vois que les Mash 500 (ou 400 si vous voulez la vérité rien qu'la vérité) sont moins chères et pas si laides. Je vais chez un concessionnaire pour voir la bête. Le type vendait aussi des Royal Enfield et remarque que je bave dessus depuis que je suis entré dans son magasin. "C'est vraiment les Mash qui t'intéressent ?". Un choix économique, mon cher monsieur. Le type me demande alors combien je peux mettre pour la Royal Enfield de mes rêves. Je lui avoue mon budget, indécent mais quand même maximum, il part dans l'arrière boutique. Deux minutes plus tard "Je peux la faire à ce prix exceptionnellement. Spécial étudiant fauché."
Maman, Allah, Buddha, Zeus, Jesus, merci.
Deux jours après, je la fais essayer à mon père qui saura proposer un bilan plus pertinent que le mien et pourra passer la deuxième correctement, lui. "Allez, fais-toi plaisir, c'est une bonne moto et en plus elle est très belle".
Je me lance.
Dans le prochain épisode (ce soir), je vous raconterai mes premiers kilomètres !
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Brian Wilson
- Le moteur tourne bien
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Re: Tribulation d'un jeune conducteur
Séquence émotion comme dirait Nicolas...Vive les feuilletons !
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Kubilai
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Re: Tribulation d'un jeune conducteur
Petite question: Il n'y a pas de permis en Suisse?
ps: motos ou filles, on n'est pas des bêtes
Ça me fait penser aux dialogues des bronzés
"Oh putain, je me suis niqué 3827 kilos de gonzesse, je me dégoûte des fois tu sais. Et toi t'en es à combien ? - 125. -Eh ben mon vieux faut t'y mettre. - Attention, en une seule fois!"
ps: motos ou filles, on n'est pas des bêtes
Ça me fait penser aux dialogues des bronzés"Oh putain, je me suis niqué 3827 kilos de gonzesse, je me dégoûte des fois tu sais. Et toi t'en es à combien ? - 125. -Eh ben mon vieux faut t'y mettre. - Attention, en une seule fois!"
If at first you don't succeed... fail, fail again !!!
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Brian Wilson
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Re: Tribulation d'un jeune conducteur
Pour le permis en Suisse (par Félix, page 2)
viewtopic.php?f=1&t=15111&hilit=Benjamin&start=15
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fab le motard
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Re: Tribulation d'un jeune conducteur
super présentation
ca promet pour la suite
soit le bienvenu ici, , on attend la suite ...
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vevebm
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Re: Tribulation d'un jeune conducteur
Kubilai a écrit :Petite question: Il n'y a pas de permis en Suisse?
bonne question !!!
passent peut être le permis sur You Tube
Pis les tarifs en francs Suisse sont d'un autre monde doivent être chromées à l'or fin

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Utilisateur1
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Re: Tribulation d'un jeune conducteur
Réjouissant !
Bienvenue Félix !
Bienvenue Félix !
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Félix
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Re: Tribulation d'un jeune conducteur
Episode 2
Cinq jours après avoir signé la paperasse, arrangé l'immatriculation et l'assurance, je partais retirer la bête de son couvent. Elle m'attendait bien sagement à la sortie du magasin, une belle Efi bordeau-chrome, comme dans un rêve humide. Je me rendais bien compte que me lancer directement sur la route, ç'aurait été du suicide. Pour rappel, mes connaissances en bécane se résumait alors à dix mètres devant le garage avec la RE Scrambler d'occas' à vitesses inversées avant de caler. Je la démarre au kick par Dieu-sait quel miracle du premier coup, les petits prout-prout s'animent et mes pupilles s'arrondissent. Avant toute chose, il fallait que je comprenne un peu comment marchait les vitesses et les freins. Au début, je cale de tous les côtés, je frôle la chute à chaque arrêt, je n'arrive pas à passer la première sans caler et me trouve au point mort à chaque fois que je met la deuxième. Je me sentais particulièrement coupable d'infliger ça à la belle. Le baptême du feu est double. Moi et la moto. La moto et moi. Une vingtaine de minutes plus tard, ça commence à rentrer. Je met un peu de gaz, lâche lentement la poignée d'embrayage, très lentement. Je sens l'engin tirer mes jambes en avant, et voilà ça roule. J'embraye à nouveau, passe la deuxième, mais cette fois-ci je n'ai plus le temps de faire mon petit tour pour refaire des exercices ; la route m'appelle !
Ces 50 premiers kilomètres furent un véritable parcours du combattant. J'avais encore de la peine à comprendre comment démarrer rapidement, je jouais soit trop soit pas assez avec l'embrayage. Je frôlais la chute dans un démarrage en côte, mais mon dieu qu'est-ce que je me faisais plaisir. Au bout d'une vingtaine de minutes, j'arrive sur une route hors-localité limitée à 80 km/h en Suisse. Un peu sous stresse, je progresse doucement jusqu'à la 5ème mais hésite à passer la barre des 70 km/h. Ça secoue de tous les côtés, le vent bouscule un peu mon casque et je reste très intimidé par l'animal entre mes jambes. Je prends une petite route, pause, je me détend.
C'est à ce moment-ci que je me suis rappelé ce que vous écriviez sur le forum. Une Royal Enfield, ça se monte comme un cheval. Les genoux bien serrés contre le réservoir. Les pieds enfoncés dans les appuis-pieds. Le regard vers le lointain. Les bras légèrement repliés. Je souffle un coup, remonte sur la petite reine et passe le 80 km/h sur la route hors-localité. Mes rétroviseurs tremblent de partout, je n'y vois presque plus rien dedans, mais ça reste jouissif. Même pas mort ! Une petite heure de balade plus tard, je vais poser la moto au garage familial après un petit bisous amoureux sur le guidon.
Bonne nuit ma chérie.
Bilan de cette première expérience ?
La moto, lorsqu'on débute, ça cale autant que la bagnole. Les Royal Enfield aiment bien passer rapidement la 1ère et même sauter de 1ère à 3ème sans passer par la 2ème. À partir de 60 km/h, en 5ème tu seras. À l'arrêt, le point mort tu choisiras. Bien les serrer et ne pas se laisser diriger par elle, comme cela m'est arrivé durant cette première courte balade. Il faut s'imposer sur une Royal Enfield. Elle peut t'obéir au doigt et à l'oeil si tu sais te montrer autoritaire mais peut aussi ne faire que des siennes si tu ne les maîtrises pas.
Je me rendais alors déjà compte que ces machines devaient être écoutées. On en apprend beaucoup sur elles en suivant leurs vibrations, leur pot-pot-pot ou prout-prout-prout et la manière dont elle réagissent au coup d'accélérateur. C'est un peu comme comprendre une femme. On n'y arrive jamais tout à fait mais en les écoutant bien, on peut réussir à sentir, à intégrer leur logique à la nôtre.
Cinq jours après avoir signé la paperasse, arrangé l'immatriculation et l'assurance, je partais retirer la bête de son couvent. Elle m'attendait bien sagement à la sortie du magasin, une belle Efi bordeau-chrome, comme dans un rêve humide. Je me rendais bien compte que me lancer directement sur la route, ç'aurait été du suicide. Pour rappel, mes connaissances en bécane se résumait alors à dix mètres devant le garage avec la RE Scrambler d'occas' à vitesses inversées avant de caler. Je la démarre au kick par Dieu-sait quel miracle du premier coup, les petits prout-prout s'animent et mes pupilles s'arrondissent. Avant toute chose, il fallait que je comprenne un peu comment marchait les vitesses et les freins. Au début, je cale de tous les côtés, je frôle la chute à chaque arrêt, je n'arrive pas à passer la première sans caler et me trouve au point mort à chaque fois que je met la deuxième. Je me sentais particulièrement coupable d'infliger ça à la belle. Le baptême du feu est double. Moi et la moto. La moto et moi. Une vingtaine de minutes plus tard, ça commence à rentrer. Je met un peu de gaz, lâche lentement la poignée d'embrayage, très lentement. Je sens l'engin tirer mes jambes en avant, et voilà ça roule. J'embraye à nouveau, passe la deuxième, mais cette fois-ci je n'ai plus le temps de faire mon petit tour pour refaire des exercices ; la route m'appelle !
Ces 50 premiers kilomètres furent un véritable parcours du combattant. J'avais encore de la peine à comprendre comment démarrer rapidement, je jouais soit trop soit pas assez avec l'embrayage. Je frôlais la chute dans un démarrage en côte, mais mon dieu qu'est-ce que je me faisais plaisir. Au bout d'une vingtaine de minutes, j'arrive sur une route hors-localité limitée à 80 km/h en Suisse. Un peu sous stresse, je progresse doucement jusqu'à la 5ème mais hésite à passer la barre des 70 km/h. Ça secoue de tous les côtés, le vent bouscule un peu mon casque et je reste très intimidé par l'animal entre mes jambes. Je prends une petite route, pause, je me détend.
C'est à ce moment-ci que je me suis rappelé ce que vous écriviez sur le forum. Une Royal Enfield, ça se monte comme un cheval. Les genoux bien serrés contre le réservoir. Les pieds enfoncés dans les appuis-pieds. Le regard vers le lointain. Les bras légèrement repliés. Je souffle un coup, remonte sur la petite reine et passe le 80 km/h sur la route hors-localité. Mes rétroviseurs tremblent de partout, je n'y vois presque plus rien dedans, mais ça reste jouissif. Même pas mort ! Une petite heure de balade plus tard, je vais poser la moto au garage familial après un petit bisous amoureux sur le guidon.
Bonne nuit ma chérie.
Bilan de cette première expérience ?
La moto, lorsqu'on débute, ça cale autant que la bagnole. Les Royal Enfield aiment bien passer rapidement la 1ère et même sauter de 1ère à 3ème sans passer par la 2ème. À partir de 60 km/h, en 5ème tu seras. À l'arrêt, le point mort tu choisiras. Bien les serrer et ne pas se laisser diriger par elle, comme cela m'est arrivé durant cette première courte balade. Il faut s'imposer sur une Royal Enfield. Elle peut t'obéir au doigt et à l'oeil si tu sais te montrer autoritaire mais peut aussi ne faire que des siennes si tu ne les maîtrises pas.
Je me rendais alors déjà compte que ces machines devaient être écoutées. On en apprend beaucoup sur elles en suivant leurs vibrations, leur pot-pot-pot ou prout-prout-prout et la manière dont elle réagissent au coup d'accélérateur. C'est un peu comme comprendre une femme. On n'y arrive jamais tout à fait mais en les écoutant bien, on peut réussir à sentir, à intégrer leur logique à la nôtre.
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Kubilai
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Re: Tribulation d'un jeune conducteur
Brian Wilson a écrit :Pour le permis en Suisse (par Félix, page 2)
viewtopic.php?f=1&t=15111&hilit=Benjamin&start=15
Oui, j'avais lu ce passage qui concerne le "L" qui sous entendrait logiquement que là ou il y a un élève, il y a un prof. Mais en Suisse j'ai l'impression qu'il n'y a même pas de formation initiale... C'est assez atypique lorsqu'on connait notre époque.
Je me faisais une remarque ce WE lorsque je regardais des enfants jouer à vélo dans ma rue sur la chaussée avec un casque, des protections coudes et genoux. Dans ma jeunesse on se faisait simplement mal et on apprenait nos limites.
Dans cette tenue et en plus sur une trottinette (la honte) je serai passé pour un con

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fab le motard
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Re: Tribulation d'un jeune conducteur
ca manque d'une photos ou deux pour illustrer
et ton récit est à la fois drole et fait peur ...
Ca manque de formation à la conduite !!
avec ton accord, pourrais-je copier ton récit sur Le Site (http://www.royalenfieldlesite.fr/spip) (le site "statique" associé au forum)
et ton récit est à la fois drole et fait peur ...
Ca manque de formation à la conduite !!
avec ton accord, pourrais-je copier ton récit sur Le Site (http://www.royalenfieldlesite.fr/spip) (le site "statique" associé au forum)
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Marco
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Re: Tribulation d'un jeune conducteur
Félix a écrit :...leur pot-pot-pot ou prout-prout-prout et la manière dont elle réagissent au coup d'accélérateur. C'est un peu comme comprendre une femme. On n'y arrive jamais tout à fait mais en les écoutant bien, on peut réussir à sentir, à intégrer leur logique à la nôtre.
Belle présentation...
quoique pour les femmes, j'y comprends toujours moins que pour les Bullet...
Je suis la mauvaise herbe, c'est pas moi qu'on rumine et c'est pas moi qu'on met en gerbe, je suis la mauvaise herbe, je pousse en liberté dans les jardins mal fréquentés. (G. Brassens)
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Jackymoto
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Re: Tribulation d'un jeune conducteur
Tu as passé ton permis en France dans les années 70 pour ne pas savoir conduire ta pétoire? 




