Chewie 2 a écrit :D'après ce document son appellation était "LF Special". Avec une vocation sportive pour l'époque. Le surnom Bullet - attribué sans doute pour sa capacité à atteindre la barre alors mythique des 100 mph - restera, même s'il est plutôt en contradiction avec le caractère du modèle finalement produit pendant 50 ans et qui restera bien en dessous de ce seuil de performances jusqu'en 2007...
Quand le nom de modèle "Bullet" apparait au début des années trente, les Bullet sont plutôt des motos performantes, "sportives", même... et elle le resteront jusqu'à la fin en Angleterre, c'est-à-dire jusqu'en 1962.

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Sur cette 350 que j'ai photographié en juillet 2019 lors du 70è anniversaire de la Bullet en Angleterre, ont peut voir la balle de fusil qui orne le réservoir : l'intention marketing est claire... "La Bullet est rapide comme une balle et elle va droit au coeur de sa cible".

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Produire des monocylindres à soupapes à en tête (et même à culasse 4 soupapes) dans les années trente, c'était s'afficher résolument pour les performances et la sportivité et c'était du haut-de-gamme... la grande majorité des motos monocylindriques d'alors, c'était des moteurs à soupapes latérales, à vocation utilitaire et la cylindrée en 500 (alors considérable, un véritable "gros cube") ne se justifiait que pour l'attelage d'un side-car.
Les rares motos sportives étaient plutôt des 250 ou 350 cm3 à soupapes en tête et elles étaient chères et fragiles, à destination des "sportmen" et des fils à papa qui avaient les moyens d'en acheter une.
Ce n'est que depuis que les européens ont re-découvert la Bullet indienne, à la fin des années 80, que la Bullet est assimilée à un pétarou placide et asthmatique, parce qu'entretemps, les motos avaient évolué vers des trucs alors inconnus auparavant, notamment sous l'impulsion des productions japonaises destinées au grand public.
Devenue indienne, la Bullet, unique survivante de ce que furent toutes les Royal-Enfield, c'est un peu un fossile vivant ayant échappé, par isolement géographique, à la théorie de l'évolution des espèces, comme l'iguane des Galapagos ou le cœlacanthe.
Mais durant toute son histoire anglaise, Royal-Enfield était une marque remarquable pour sa qualité de fabrication et sa sportivité et dès sa sortie, l'ultime Bullet de 1949 (c'est-à-dire celle dont découlent toutes les autres ensuite) était un modèle très moderne et plutôt performant.

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Ses succès en trial le démontreront d'ailleurs...

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Quant à la dernière déclinaison de la Bullet anglaise, c'est la Fury destinée au marché US et qui ira se frotter, sur piste, aux BSA Gold-Star.

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Aujourd'hui, pour les motards, Bullet = moto ancienne qui n'avance pas mais on lui pardonne et on l'adore quand même parce qu'elle a charme fou.
Mais dans les années trente à cinquante, Bullet = moto moderne, performante et plutôt haut-de-gamme.