Lettre à un ami.
Philosophie de cuisine sur les bullets
C'est un des avantages de la Bullet que de nous intriguer au point
de vouloir faire nous-mêmes les réparations.
Nous y réussissons et nous sommes fiers de notre travail.
Mon père, officier mécanicien de la marine marchande avait une phrase qu’il répétait Avec insistance lorsqu’il se faisait houspiller pour, encore une fois, être venu à table avec les ongles noirs…
« Les mains qui travaillent ne sont jamais des mains sales ».
Pour ma part je considère que peu importe la difficulté des réparations
que tu peux effectuer. Ainsi lorsque tu démontes pour la première fois
une roue, tu es face aux mêmes difficultés que, plus tard lorsque tu
démonteras, comme moi ce week end, une boîte de vitesse.
Il est tout aussi dangereux de mal remonter l’une ou l’autre.
Cet engin nous donne un + et permet aussi de gommer de notre
esprit, durant quelques instants, le reste... Elle pourrait agir comme un
substitut.
C'est donc un dérivatif qui nous satisfait du fait même que notre engin
est imparfait et que nous souhaitons tendre vers une machine
complète et en état.
Et puis, c'est un engin curieux, et cela aussi nous crée un plaisir.
Curieux car hors des normes actuelles. Tout y est accessible : moteur
Cadre, roues… pas de carénage…
J’aime bien cette phrase de Descartes :
« L'impossibilité de diviser un corps, si petit soit-il, serait contraire à la toute-puissance de Dieu. »
La Bullet nous permet aussi, parfois, d’exprimer, au travers de colères écrites, une volonté de lutter contre, une pulsion incoercible provenant du fond de nous même qui nous pousserait à utiliser l’engin comme une thérapie. Je suis en colère contre X ou contre Y donc je suis.
…Merci Bullet.
On ne sait plus trop, lorsqu’on lit attentivement le forum, parfois, la différence entre l’expression d’une passion et l’expression d’un instinct de l’auteur. Ainsi peuvent s’exprimer tour à tour, la jalousie, un ressentiment, une volonté de puissance ou… l’inverse.
Elle a un bruit unique et modulable, nous fait ressentir des « sensations » il est vrai, c’est un fait.
Mécanique, moto hors des standards actuels, et …
…cette petite communauté que nous formons.
Ce site, ce forum, tout concours à nous rendre plus heureux.
Mêmes nos colères, maintes fois exprimées sur ce forum nous rapprochent.
Enfin, sache qu'il y a un peu plus d'un an, nous étions tous isolés et que
c'est une petit groupe d'hommes mais aussi de femmes, qui maintenant vont jusqu'à ce
rencontrer, échanger, parler, rire, râler.
C'est ce que j'appellerais, sans rentrer trop dans les arcanes de la
sociologie une tribu. Nous formons bel et bien une tribu ou l'on s'entraide,
parfois se dispute, souvent rions.
Une tribu, pour reprendre les phrases de Michel Maffessoli Professeur à la Sorbonne
Née d’une pulsion qui fait que l’on a envie d’être avec des gens semblables. L’idée d’homo
Socialité signifie un lien social qui va reposer sur le partage du même, même goût,
Même désir, même envie, même passion. C’est ce désir de rencontrer du même, pour quelque chose de particulier. Comme tout un chacun est pluriel, je vais virevolter d’une tribu à l’autre en fonction de mon intérêt du moment et même changer d’attitude en fonction des
Circonstances.
Le risque ? Que cette tribu se ferme sur elle-même.
On créerait alors une chapelle avec des normes imposées.
Une Royal Enfield doit être "comme ça" et pas "comme ça", une hiérarchie avec des pros et
ceux qui doivent faire allégeance pour rentrer dans le cercle.
« Comme ça et pas comme ça » veut, exprime l'obligation implicite
de la faire ressembler à un standard (anglais ou autre) précis.
Heureusement il y a les indiens qui eux, se fichent de ces standards
Il y a les bichonneurs de chrome, ceux qui ne le sont pas, les mécanos
débutants, les anciens.
C'est ce melting pot qui est intéressant à voir vivre. (Creuset, métaphore employée
Dans le sens de l’assimilation. )
La tentation est grande, quasi inconsciente et transparaît dans certains
messages du forum de se rallier à une règle rigide.
Bullet = Anglaise et rien d’autre fait partie des dogmes qu’il vaut mieux, selon moiIgnorer. Rien ne nous empêche alors de rajouter :
Bullet = Anglaise = moto dans son jus, jamais repeinte, toujours d’origine, aucune Pièce rapportée. Alors, la prison se referme ….
Exemple ? Un ami achète une Triumph dans un état pitoyable.
Durant de longs mois, il la démonte entièrement de façon à lui redonner l’aspect d’origine. Cadre poncé, peintures refaites, il pousse le vis jusqu’à trouver les autocollants d’origine qu’il colle exactement à l’endroit ou le constructeur les mettait à l’époque. Je passe les détails tant ils sont nombreux.
Fier de son travail, il rejoint une concentration. Aucun des participants n’accepte de se pencher sur sa moto.
Le dogme est appliqué à la lettre. « Dans son jus et rien d’autre. »
Personne ne comprend que cet ami a « sauvé » une machine magnifique et rare.
Tout passe en arrière plan… Le dogme impose sa loi.
On pourrait continuer la liste des
Dogmes possibles longtemps…
Autre dogme :
Bullet = rouler, donc venir en concentration avec et être celui qui aura fait le plus de kilomètres possibles comme si l’effort de participer à un rassemblement n’était qu’un.
Alors on valorise la performance, on cite publiquement le grand gagnant de la course de longueur…
L’année dernière, j’ai pu participer a cette véritable cérémonie (j’allais ajouter religieuse mais ne le ferais pas). C’est étonnant à voir.
Les dogmes exprimés lors des concentrations ne s’arrêtent pas la :
Concentration = Interdit exprimé ou non de venir en remorque.
On pourrait faire une longue liste… longue, longue, longue, des impératifs consciemment ou inconsciemment imposés pour autoriser le rassemblement.
Gommés une vie à moto, gommé les 400 000 kilomètres parcourus, et enfin, gommé ta propre passion. Car tu ne réponds pas au standard immédiatement demandé, au préalable exigé.
Alors, il faut savoir si l’on souhaite une hétérogénéité ou une homogénéité.
J’avoue avoir un penchant pour le premier concept.
Sommes-nous différents des autres ?
Oui, en tous cas, c’est ce que nous ressentons au fond de nous même. La Bullet nous permet
D’être remarqué, de montrer une « individualité » . Nous nous distinguons, sur nos machines, des autres êtres.
Nous nous montrons être indivisibles, inséparables de nos machines.
Elles sont, il est vrai, difficile à classer…
En occident, on se pense comme étant le centre d’un monde. On se pense comme ayant conscience d’être différents des autres, d’être autonome,. Capacité de prendre sa vie en main, d’être responsable de son destin et donc d’être capable de construire son monde en s’éloignant des prédéterminations. Mais cela a un coût. Et ailleurs, sur le reste du globe, comment y pense… les indigènes. ???
« Je ne peux accéder a ce que tu peux atteindre, s’il te plaît, admets que ma machine, bien que reconnue plus commune que la tienne, entre dans le cercle des initiés ».
Coût financier ? Bien sur… Beaucoup d’entre nous tiennent des comptes précis de ce qu’ils dépensent pour sa machine. Si ce n’est pas mon cas, je peux concevoir qu’on le fasse.
Pour l’instant, la « beauté » d’une machine dépend encore de sa « rareté » sur le marché, pas des accessoires qu’on peut y mettre. Ce n’est plus le cas pour d’autres marques ou l’argent investi compte plus que le reste. Les américains nous ont donné la une rude leçon…
Les Harley, symbole d’un mode de vie, deviennent, petit à petit symbole d’un niveau de vie.
Mais cela viendra aussi pour nous. Je le prédis. Les pièces seront de plus en plus cher, les accessoires aussi… Viendra le jour ou l’on comparera nos machines non pas sur la base d’une valeur de collectionneur, mais sur celle d’une valeur marchande. C’est une question de temps.
Enfin, la Bullet est un jeu. Comme beaucoup d’activités humaines, c’est un loisir psychique et physique soumis à des règles conventionnelles à laquelle on s’adonne pour se divertir, tirer du plaisir, de l’amusement. Comme, en général, ce type d’activité, elle est l’occasion de dépense pure, fondamentalement superflue. On pourrait considérer le jeu comme une activité à part, non utile au sens ou on l’entend généralement expression d’une liberté créative . Ce n’est pas un jeu de compétition et pourtant, on a fabriqué des machines capables d’entrer en compétition et donc de sortir du jeu. Accouplement curieux, par exemple, de deux moteurs de royal enfield. Mais il n’est pas facile d’agir continuellement comme un autre. Nous reléguons souvent nos machines à un divertissement pur pouvant fasciner un spectateur à le faire entrer dans notre illusion géniale et bénéfique.
Internet permet bien des choses. Même d’écrire ces pages… pourquoi ? Pour qui ?
On a une conception très étroite de la réalité et souvent fausse du virtuel.
La réalité est limitée au tangible. La virtualité est potentialité.
La Bullet est une histoire jubilatoire.
Philosophie de cuisine sur les bullets
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francis ouaibmastair
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Philosophie de cuisine sur les bullets
francis
"Le seul fait de rêver est déjà important.
"Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns."
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jean92
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Re: Philosophie de cuisine sur les bullets
francis ouaibmastair a écrit :Lettre à un ami.
[i]Philosophie de cuisine sur les bullets[/i
Le risque ? Que cette tribu se ferme sur elle-même.
On créerait alors une chapelle avec des normes imposées.
C'est ce melting pot qui est intéressant à voir vivre. (Creuset, métaphore employée
Dans le sens de l’assimilation. )
La tentation est grande, quasi inconsciente et transparaît dans certains
messages du forum de se rallier à une règle rigide.
.
Ouah !!!! j'ai lu toute la lettre, et il y a des passages qui sont presque du blues, tel que chanté à la Nouvelle Orléans. C'est à la fois beau, clair et sincère.
Perso, j'ai particulièrement aimé l'extrait cité plus haut. Car pour moi il y a effectivement un risque de dérive et on peut facilement se laisser embarquer vers une forme d'intégrisme "Bulletiste"
Merci à toi de garder ce recul salutaire et de recadrer de temps à autre pour que la philosophie que sous-tend ce site (ton site
A tous les membres du site de rester vigilants
-
Sanglier Noir
- en rodage
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Vindjù Francis, ça j'aime. Sur Clamotan, j'aurais dis voilà bien de l'esprit clamotanesque!! Je vais sortir un petit peu du propos, mais combien de fois ne l'ai-je pas dis, et le signale en page d'accueil et sur le portail du site, qu'importe qu'on aie ou pas de moto ancêtre (bien que légalement elle doit avoir 25 ans, sur clamotan on s'en fout, 20 ans c'est tout aussi bon, tout comme les néo-ancêtres! Et même des motos hors normes qu'on ne trouve plus, bien que ça date des années 90), qu'on soit calé mécanique ou pas, l'important c'est d'être autour d'une même passion commune: la moto. Et je précise encore bien qu'il n'y a pas de honte à demander, qu'importe le niveau que vous avez! Sinon quoi, beaucoup sont exclus et n'ose faire un pas. A ce que je sache TOUT le monde à démarrer dans l'ignorance, certains ont de la chance d'avancer plus vite que d'autres qui ne l'ont pas pour diverses raisons. Le Clamotan est également boudé par diverses associations, clubs, etc... par élitisme ( tu n'as pas de moto de marque XY, passe ton chemin. Pis encore, la réflexion récente d'un collectionneur hors pairs (m'a déçu) "ben t'as pas le compteur du modèle XY, passe ton chemin". Et puis certains amis ont laché, ignoré, trahi même, je n'ai pas plié devant la mise en structure qui rejetait trop de monde, qui n'acceptait pas l'ensemble des passionnés au sens large du terme, qui voulait aussi faire entrer l'argent comme moteur (certes il en faut, mais nos sites se veulent complètement désintéressés de prime abord). Je t'en avais même parlé Francis de ces gens qui voulaient celà... M...e quoi, on se démerde comme on peut, avec les moyens qu'on a, avec la chance ici d'avoir des gens calés en mécanique, d'autres en accessoire, etc etc..., mais de grâce essayons d'accepter les qualités et défauts de chacun tant qu'on respecte la liberté des uns et des autres! De par la présente, je dis mille mercis à des personnes ici qui répondent toujours qu'importe que ce soit pour le bidule du machin comme dirait Francis, mais aussi une fois en passant en faisant preuves de tolérances (je devrais dire d'acceptation) de ce qui n'est pas forcément votre tasse de thé, en faisant preuves d'ouvertures aussi. Bref, j'arrête de rager ou de "pseudophilosopher", je dis merci aux enfieldistes d'exister et par là-même à la Bullet de nous faire vibrer! Aujourd'hui encore elle rallie des personnes agées au plus jeunes, ils ont conduit de tout des Norton, RE, Triumph, Gillet, FN, HD, etc... et à nouveau réunis autour d'une même passion, pourvu que la moto fasse poum poum poum poum poum; que ces mêmes vieux ont entendu au loin et en recherche l'origine, non pas pour retrouver leur marque préférée, mais bien ce qui provoque un noeud au ventre, la gorge serrée, les yeux mouillés... Je dirais presque qu'importe le contenu pourvu qu'on aie cette ivresse-là!!!
Merci d'avoir lu mon laïus, juste rejoindre Francis...
Sanglier Noir
Gun's dont kill, bullet do.


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Utilisateur1
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Philosophie de cuisine
Bravo " ouaibmaster " ! Tiens...Tu me donnes envie de relire le " Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes " de Robert M. Pirsig ( Points ) et si je dis ça c'est aussi en pensant que dans le forum certains ne l'ont peut être pas lu. Peut être...
Merci encore pour ce " chatauqua ".
Merci encore pour ce " chatauqua ".
-
cose
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- Votre moto : 500 Bullet Fonte
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- Localisation : Au pays des Pajottes
"We vinden geen betekenis in hoogdravende theorieën over spiritualiteit, maar wel in ons gezin en onze vrienden."


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Jackymoto
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- Localisation : quelque part dans le monde
- Localisation : Limoges
Oh,combien de Bullets etc
Quel lyrisme!!Quelles envolées!
-
Nelska
- Royal participant
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- Prénom : Michel
- Localisation : Chiang Mai - Thaïlande
- Localisation : Chiang Mai - Thaïlande
Francis,
Sans toi, je ne serais encore qu'un petit astiqueur de chromes ... alors qu'aujourd'hui j'apprends les bases de la mécanique avec un maître Jedi ...
Merci !
De plus, je n'ai jamais vu un néophyte poser une questions et se faire jeter par les initiés... ce n'est pas le cas de tous les forums...
Vraiment, la phrase au-dessus de mon avatar me plait bien "je me sens bien à l'aise sur ce forum"
Sans toi, je ne serais encore qu'un petit astiqueur de chromes ... alors qu'aujourd'hui j'apprends les bases de la mécanique avec un maître Jedi ...
De plus, je n'ai jamais vu un néophyte poser une questions et se faire jeter par les initiés... ce n'est pas le cas de tous les forums...
Vraiment, la phrase au-dessus de mon avatar me plait bien "je me sens bien à l'aise sur ce forum"
Pour devenir vieux et sage ... il faut avoir été jeune et con ...
-
francis ouaibmastair
Topic author - Royal participant
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"Du traité du zen et de l'entretien des motocyclettes :"
Ce livre fut, effectivement mon livre de chevet durant des années.
Le voyage au travers des Etats-Unis entre un père et son fils, particulièrement rebel, l'apprentissage de la vie au travers d'un très long périple à moto m'avait enchanté. Je n'y avais pas tout compris, Piersieg allait trop loin pour moi dans la philo. Mais il me reste une délicieuse impression de chaleur, d'amour, entre un père, pas toujours très correct et son fils.
Ce livre je l'ai donné et redonné a des amis motards. J'en avais d'avance à la maison ou bien le rachetais dès qu'un ami semblait réceptif.
Malheureusement, il y a deux ou trois ans, m'apercevant que je ne le possédais plus (a qui l'avais-je prêté ou donné ????) je suis allé le chercher en librairie.
Il n'est plus en parution... Le titre même, pour la FNAC était inconnu de leur logiciel.
Si vous en possédez un exemplaire, surtout gardez le, c'est un trésor, sans mièvrerie, sans complaisance, sans phrases inutiles.
Khalil Gibran disait :
" Nos enfants ne sont pas nos enfants, ce sont les fils et les filles de la vie".
Nos motos ne sont pas non plus que nos motos.
Elles reflètent ce que nous sommes, sont le fidèl reflet de notre art de vivre.
Nous sommes une humanité, pas un appareil politique, une mécanique bien rodée, nous ne sommes pas, donc des moteurs 4 temps.
Tout homme possède un art de vivre, il suffit qu'il le découvre et le cultive comme un jardin précieux.
Je ne sais pas ce qui m'a poussé à vous faire ce copier/coller de ce courrier à un ami. Peut-être beaucoup de vanité...
Ce livre fut, effectivement mon livre de chevet durant des années.
Le voyage au travers des Etats-Unis entre un père et son fils, particulièrement rebel, l'apprentissage de la vie au travers d'un très long périple à moto m'avait enchanté. Je n'y avais pas tout compris, Piersieg allait trop loin pour moi dans la philo. Mais il me reste une délicieuse impression de chaleur, d'amour, entre un père, pas toujours très correct et son fils.
Ce livre je l'ai donné et redonné a des amis motards. J'en avais d'avance à la maison ou bien le rachetais dès qu'un ami semblait réceptif.
Malheureusement, il y a deux ou trois ans, m'apercevant que je ne le possédais plus (a qui l'avais-je prêté ou donné ????) je suis allé le chercher en librairie.
Il n'est plus en parution... Le titre même, pour la FNAC était inconnu de leur logiciel.
Si vous en possédez un exemplaire, surtout gardez le, c'est un trésor, sans mièvrerie, sans complaisance, sans phrases inutiles.
Khalil Gibran disait :
" Nos enfants ne sont pas nos enfants, ce sont les fils et les filles de la vie".
Nos motos ne sont pas non plus que nos motos.
Elles reflètent ce que nous sommes, sont le fidèl reflet de notre art de vivre.
Nous sommes une humanité, pas un appareil politique, une mécanique bien rodée, nous ne sommes pas, donc des moteurs 4 temps.
Tout homme possède un art de vivre, il suffit qu'il le découvre et le cultive comme un jardin précieux.
Je ne sais pas ce qui m'a poussé à vous faire ce copier/coller de ce courrier à un ami. Peut-être beaucoup de vanité...
francis
"Le seul fait de rêver est déjà important.
"Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns."
"Le seul fait de rêver est déjà important.
"Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns."
Il m'arrive souvent d'ouvrir au hasard le livre de Khalil Gibran que j'ai dans mon bureau je dois dire que ça me remet les idées en place pour un moment mais jamais pour très longtemps, j'aimerais bien appliquer cette sagesse et cette clairvoyance au quotidien mais est-ce que le monde moderne le permet ou suis-je trop feignasse?
Pour ton courrier Francis je n'y vois pas de vanité ça fait du bien de réfléchir un peu même si (et peut-être surtout) on a pas exactement des points de vue strictement similaires.
Pour ton courrier Francis je n'y vois pas de vanité ça fait du bien de réfléchir un peu même si (et peut-être surtout) on a pas exactement des points de vue strictement similaires.
-
francis ouaibmastair
Topic author - Royal participant
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De la clarté de nos idées peut naître un art de vivre.
Atteindre un but s'est marcher pour y arriver.
Parfois le chemin est rude, on veut abandonner.
_ Parfois, une simple pierre vous fait trébucher ou votre attention, attirée par une fleur particulièrement belle vous ralentit le pas.
_ Parfois, on marche sur une fourmi et l'on sait qu'on vient d'enlever une vie.
_ Parfois, on lève la tête et, le regard attiré par le soleil, la beauté d'un paysage de nouveau nos pas ralentissent.
_ Parfois, sur cette route, c'est un passant qui vous interpelle, vous passez alors un long moment autour d'un feu à bavarder.
_ Parfois...
Les causes de ralentissement sont donc multiples.
et le but n'est toujours pas atteint voire, s'éloigne…. Et parfois….
… Parfois, on est sur la route mais on ne sait pas que l'on y est.
ou encore, parfois, on est sur la route mais on refuse d'y être.
La route, celle que nous suivons avec nos motos , c’est la route de la vie.
- Nous y méditons sans savoir que l’on médite.
- Nous nous extasions sur les vertes collines que nous traversons sans remercier de pouvoir les contempler
- Nous vibrons sous les vibrations du moteur dans une réaction toute animale particulièrement subtile.
- Nous …..
Alors, on réfléchit au "sens."
L’important est que la marche continue.
C'est un chemin intérieur, un chemin qui nous est propre.
Un jardin secret allant de notre naissance à notre départ.
Symbiose entre le métal, l’air qui nous fouette le visage, nos rencontres, nos échanges, cette route a du ‘sens’.
Fuyons sans pitié nos actions qui ne’ créent pas de sens.’
De la clarté de nos idées peut naître un art de vivre dans le respect de ce qui nous entoure.
Je me suis toujours demandé pourquoi je passais tant de temps à polir les chromes de mes motos, à nettoyer chaque pièce méticuleusement...
Un jour j'ai compris que j'aimais le contact du métal et que le frotter créait chez moi une sensation fabuleuse, qu'il me rapprochait de ma moto.
Depuis, je ne fais plus qu'un avec mon engin.
Je le nettoie donc je le respecte donc je crée du sens a ce qui à prirori ne semble pas en avoir...
Chacun d'entre nous a sa manière, et, parfois inconsciemment crée son propre sens.
Un exemple ?
Un jour, il y a bien longtemps, je rencontre sœur Emmanuelle.
Sœur Emmanuelle me dit qu'elle vient de recevoir de l'argent du fond monétaire international pour son centre Salam du Caire, bidonville immonde ou elle a pris sa retraite.
Sur la somme versée, seul le dixième lui parvient, le reste est détourné par les autorités.
Je suis scandalisé.
Elle plisse les yeux, ses yeux si doux et si clairs et me dit :
- Oui... mais tu sais ce que je vais faire avec ce qui reste...
et elle pousuivit :
- Envoie moi 10 francs, qu'il n'en arrive qu'un jusqu'ici et je pourrais enfin donner un repas à l'un de mes chiffonniers.
Sœur Emmanuelle était sur sa route et la suivait, envers et contre tout, envers et contre tous.
Atteindre un but s'est marcher pour y arriver.
Parfois le chemin est rude, on veut abandonner.
_ Parfois, une simple pierre vous fait trébucher ou votre attention, attirée par une fleur particulièrement belle vous ralentit le pas.
_ Parfois, on marche sur une fourmi et l'on sait qu'on vient d'enlever une vie.
_ Parfois, on lève la tête et, le regard attiré par le soleil, la beauté d'un paysage de nouveau nos pas ralentissent.
_ Parfois, sur cette route, c'est un passant qui vous interpelle, vous passez alors un long moment autour d'un feu à bavarder.
_ Parfois...
Les causes de ralentissement sont donc multiples.
et le but n'est toujours pas atteint voire, s'éloigne…. Et parfois….
… Parfois, on est sur la route mais on ne sait pas que l'on y est.
ou encore, parfois, on est sur la route mais on refuse d'y être.
La route, celle que nous suivons avec nos motos , c’est la route de la vie.
- Nous y méditons sans savoir que l’on médite.
- Nous nous extasions sur les vertes collines que nous traversons sans remercier de pouvoir les contempler
- Nous vibrons sous les vibrations du moteur dans une réaction toute animale particulièrement subtile.
- Nous …..
Alors, on réfléchit au "sens."
L’important est que la marche continue.
C'est un chemin intérieur, un chemin qui nous est propre.
Un jardin secret allant de notre naissance à notre départ.
Symbiose entre le métal, l’air qui nous fouette le visage, nos rencontres, nos échanges, cette route a du ‘sens’.
Fuyons sans pitié nos actions qui ne’ créent pas de sens.’
De la clarté de nos idées peut naître un art de vivre dans le respect de ce qui nous entoure.
Je me suis toujours demandé pourquoi je passais tant de temps à polir les chromes de mes motos, à nettoyer chaque pièce méticuleusement...
Un jour j'ai compris que j'aimais le contact du métal et que le frotter créait chez moi une sensation fabuleuse, qu'il me rapprochait de ma moto.
Depuis, je ne fais plus qu'un avec mon engin.
Je le nettoie donc je le respecte donc je crée du sens a ce qui à prirori ne semble pas en avoir...
Chacun d'entre nous a sa manière, et, parfois inconsciemment crée son propre sens.
Un exemple ?
Un jour, il y a bien longtemps, je rencontre sœur Emmanuelle.
Sœur Emmanuelle me dit qu'elle vient de recevoir de l'argent du fond monétaire international pour son centre Salam du Caire, bidonville immonde ou elle a pris sa retraite.
Sur la somme versée, seul le dixième lui parvient, le reste est détourné par les autorités.
Je suis scandalisé.
Elle plisse les yeux, ses yeux si doux et si clairs et me dit :
- Oui... mais tu sais ce que je vais faire avec ce qui reste...
et elle pousuivit :
- Envoie moi 10 francs, qu'il n'en arrive qu'un jusqu'ici et je pourrais enfin donner un repas à l'un de mes chiffonniers.
Sœur Emmanuelle était sur sa route et la suivait, envers et contre tout, envers et contre tous.
francis
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