Vérifications sur une Bullet 500 à l’historique incertain
Posté : 12 août 2021, 15:19
Bonjour à tous,
Ci-dessous un photo-reportage sur une série de vérifications effectuées sur ma Bullet - trop longtemps négligée - à l’intention éventuelle des nouveaux possesseurs d’une Bullet, qui bien souvent héritent comme moi d'une moto à l'historique flou et sur laquelle de multiples personnes ont pu poser leurs mains, pas toujours avisées...
Le contexte
1) Une Bullet 500 export avec CG de 2001, fabrication à Chennai en 2000, complète, tournante, avec un peu moins de vingt mille km au compteur, un piston neuf et quelques bidouillages plus ou moins identifiés.
2) Un ancien propriétaire ayant gardé la moto très peu de temps (2 ans), n’ayant presque pas roulé avec, et visiblement peu au fait de l’historique de l’engin depuis sa mise en circulation, ni même des spécificités techniques de ladite Bullet, et me transmettant 4 factures de garage pour plus de 800 euros en 24 mois.
3) Un nouveau propriétaire tout content de sa trouvaille, encore plein d'optimisme naïf, mais en proie aux affres de la quarantaine, non pas côté slip, mais côté cancer vachard, et ainsi peu à même de s’en occuper sérieusement dans l’immédiat.
...Deux ans plus tard !
En me penchant un peu plus sur ma Bullet au Bois Dormant en ce début de printemps, force est de constater que plusieurs choses ne me convenaient pas :
1 ) Après deux ans d'inactivité, j'ai eu droit à un cas carabiné de « wet sumping » (ou noyage de bas moteur) qui a failli m'intoxiquer dans mon sous-sol.
2 ) La moto était réticente au démarrage, et le moteur ne s’ébrouait jamais avant le 4e ou 5e coup de kick.
3 ) Le début du tube d’échappement est violemment bleuté sur une longueur suspecte.
4 ) L’ancien propriétaire a réussi à percer un piston en dépit du faible kilométrage parcouru.
5 ) En ouvrant la boîte à air, j'avais constaté qu’elle était vide et que la moto roulait donc sans filtre à air - quand elle roulait.
6 ) L’allumage a été modifié au profit d’un module indien « Eureca », sur lequel il existe assez peu d’informations et dont le site du fabricant est assez laconique et rudimentaire, et l’âge du bidule n’est pas connu.
7 ) Bien que certains points précédents tendraient vers un problème de réglage de l’allumage et d’une carburation franchement pauvre, la bougie était noire et huileuse… ?
8 ) Le décompresseur, dont la commande a été déplacée au guidon via un levier tout moche en cochonium « chromé » indien, s'avérait pour le moins capricieux, et nettement dysfonctionnel.
9 ) Il n’y a plus de coupe-circuit à main droite.
10 ) La sellerie pseudo « vintage » installée sur la moto n’a rien à faire DMPV sur une Bullet indienne de 2000 (et d’ailleurs le pouf passager est soit symbolique soit totalement inadapté aux généreuses dimensions postérieures des quinquagénaires qui s’asseoient généralement sur ces motos. L’ancien proprio faisait-il la sortie des lycées ?)
11 ) Le frein arrière ne fonctionnait pas… ou peu.. ou mal ?
Bref, une Bullet, quoi !
Passé l'enthousiasme de l'acquisition, et comme beaucoup de nouveaux possesseurs, je me retrouvais avec un certain nombre de points à vérifier assez rapidement et assez méthodiquement si je ne voulais pas vite me retrouver en rade au bord de la route - voire en vrac dans un fossé.
VERIFICATIONS DU CIRCUIT DE LUBRIFICATION
Notre ami JacquesD m’ayant gentiment rappelé que le véritable tendon d'Achille de ces moteurs débonnaires reste le circuit – rudimentaire - de lubrification, je me suis décidé à ouvrir le carter de distribution, même si la tâche peu paraître rebutante et que le kilométrage de la moto ne semblait pas vraiment l'exiger.
La suite montrera toute la valeur de l'expérience transmise par Jacques...
La dépose du carter ne m'a pas posé pas de problèmes particuliers. Quelques points de vigilance :
La visserie étant de longueur inégale, il faut penser à identifier l'emplacement de celle-ci.
Un maillet en nylon peut se révéler nécessaire pour décoller le carter de son plan de joint, mais attention à ne pas déplacer, perdre ou mélanger les cales d'épaisseurs simplement empilées sur les arbres de la cascade de pignons (qui eux-mêmes sont libres) !
En ce qui me concerne, j'ai dû dévisser un écrou de fixation du tube d'échappement pour pouvoir dégager entièrement le carter (cf. petite flèche jaune sur la photo suivante).
Ce carter contient une quantité d'huile moteur qui pourrait surprendre le néophyte comme moi (ici récolté dans un ancien pot de pâte à tartiner de 500g). Prévoir un bac de récupération en conséquence. Et oui, l'huile s'écoule comme elle peut dès qu'on sépare le carter du bas moteur...
La prochaine étape consiste à déposer la vis sans fin actionnant l'arbre d'entraînement des pompes à huile (plus sobrement nommé « worm nut » en anglais). Elle se trouve en bas du carter sous les pignons à came de distribution (emplacement indiqué par la flèche blanche, ici vis déposée).
Attention : c'est un pas inversé ! La prise hexagonale est de faible épaisseur mais cela passe si on a une clef plate assez fine.
J'ai appris que cette vis contient d'origine suivant les modèles et années de fabrication, un joint amovible en liège, un joint amovible ou un joint scellé (en néoprène).
Le contrôle de la vis et de son joint est sans appel : celui-ci est au trois-quart détérioré et une simple traction des doigts suffit à le détacher. Le reste de la vis est en bon état :
En inspectant la vis sans fin, on constate qu'il reste de nombreux résidus de néoprène collés dans l'alésage de celle-ci ( flèche blanche). Ces résidus sont assez coriaces et il semblerait que la plupart des bulletistes préfèrent changer la pièce complète, vu son prix.
En regardant du côté du carter de distribution, là ou cette vis s'appaire avec l'arbre d'entraînement des pompes, le constat n'est guère plus rassurant :
Les cannelures sont très endommagées, avec une usure de plusieurs dixièmes de mm en hauteur et en épaisseur. Une casse pourrait survenir très rapidement, voire dès le prochain retour de kick si j'en crois les multiples avertissements à ce sujet. Cet arbre d'entraînement va lui aussi être changé.
A ce stade, la question de la vérification des pompes à huile ne se pose plus puisque le changement d'arbre d'entraînement implique la dépose de celles-ci.
La pompe de retour/récupération («return/scavenge pump »), de plus grande capacité, côté filtre à huile. La pompe d'alimentation (« feed pump »), côté boîte de vitesses.
Au contrôle, les pompes ne présentent pas de défaut ou d'usure significative. Le piston de la pompe d'alimentation gratte toutefois un peu une fois les pièces nettoyées.
Si leur coût est très modéré, et leur accès relativement simple, les trois pièces ci-dessus sont vitales pour une lubrification correcte du moteur de la Bullet. Sur ma moto, deux d'entre elles étaient déterriorées et sans le conseil avisé de JacquesD, j'aurais pu passer à côté et risquer une avarie grave du moteur par défaut de lubrification dans les centaines de kilomètres à venir, avec un accident potentiel à la clef.
Moralité : en cas d'acquisition d'une Bullet à l'historique incertain, il est impératif de faire rapidement cette vérification globale du circuit de lubrification.
Vis sans fin
L'ancien propriétaire a eu la bonne idée de me laisser une caisse de pièces, dont un jeu complet de joints et caoutchoucs, parmi lesquels figure un joint amovible en néoprène tout neuf. Muni d'un goupillon habilement détourné de son usage industriel aéronautique, je me suis donc débarrassé des débris qui encombraient ma vis sans fin. Et voilà ma pièce prête à recevoir son nouveau joint.
(La réputation de cette pièce de transition dans l'histoire de la Bullet n'étant pas faramineuse, je prévois d'ores et déjà de la remplacer par un modèle de vis avec joint scellé dès la prochaine vidange moteur).
Au remontage, et notamment après une vidange moteur, certains recommandent d'insérer le bec d'une burette d'huile dans l'orifice de la vis sans fin pour y injecter quelques généreuses giclettes d'huile, ceci afin de lubrifier un minimum la bague de tête de bielle lors de la remise en route. Estimant que cela ne peut pas faire de mal, j'ai suivi leur recommandation avant d'installer le joint conique.
Arbre d'entraînement
Ici, pas de questions à se poser et un nouvel arbre est commandé sur Internet en Angleterre via un site d'enchères pour une trentaine d'euros, frais de port inclus.
Une fois remis en place et les pompes installées avec leurs ressorts, il faut vérifier avec le pouce en agissant sur les cannelures qu'il n'y a pas de point dur et que l'arbre neuf tourne fermement mais librement dans son logement.
Pompes à huile
Le piston de la pompe d'alimentation a été (très) légèrement rodé pour améliorer son état de surface sans nuire à l'étanchéité. J'ai vu sur Internet la pratique qui consiste à roder les faces des pompes dans leur logement pour une meilleur étanchéité, et mes ventouses à roder les soupapes sont parfaitement adaptées aux dimensions des pompes de la Bullet, toutefois l'idée de faire pénétrer de la pâte à roder dans les conduits de lubrification m'hérisse un peu le poil et par ailleurs, ce sont plutôt les surfaces latérales hémisphériques de mes pompes qui possèdent un état de surface laissant un peu à désirer. J'ai donc procédé au polissage de ces faces, pour constater alors une rotation beaucoup plus aisée de celle-ci dans leurs logements (légèrement toilés à leur tour).
Il faut bien sûr veiller à ne pas inverser les pompes de retour et d'alimentation au remontage. J'ai soufflé au préalable à l'air comprimé les conduites internes du carter de distribution pour être certain qu'aucun débris ne subsistait. Mes joints de couvercle de pompes étant en parfait état, je me contente de les huiler avant de les remonter et conserve les neufs pour une utilisation future.
En me référant aux anciens sujets de ce vénérable forum sur le système de lubrification des Bullets, j'en ai conclu que je pouvais très bien me passer des pompes haut débit, mais par contre mon attention a été attirée sur les éventuelles supressions néfastes de l'ordre d'une dizaine de bars que Jacques avait mesuré en son temps. Ce qui m'a décidé à investir dans le kit vendu par Hitchcock Motorcycles sous le titre « Rocker relief valve assembly ».
Le remontage du carter de distribution se fait en ordre inverse de la dépose. Son joint d'étanchéité est vérifié et ne présente aucune dégradation ou coupure dans mon cas, et je peux le laisser en place. Le logement du filtre à huile est « amorcé » en le remplissant d'huile. J'en ai aussi profité pour y insérer un aimant qui collectera la limaille éventuelle, à nettoyer à chaque vidange. Dans son manuel, Pete Snidal attire l'attention sur le remontage du carter sans forcer et les précautions à prendre pour aligner les dents de l'arbre d'entraînement et de la vis sans fin sans les casser (en tournant la roue arrière avec la boîte de vitesse en prise lors de la mise en contact des deux plans de joint) mais je n'ai pas eu à le faire, les deux pièces s'engrènant avec facilité au serrage final.
Ci-dessous un photo-reportage sur une série de vérifications effectuées sur ma Bullet - trop longtemps négligée - à l’intention éventuelle des nouveaux possesseurs d’une Bullet, qui bien souvent héritent comme moi d'une moto à l'historique flou et sur laquelle de multiples personnes ont pu poser leurs mains, pas toujours avisées...
Le contexte
1) Une Bullet 500 export avec CG de 2001, fabrication à Chennai en 2000, complète, tournante, avec un peu moins de vingt mille km au compteur, un piston neuf et quelques bidouillages plus ou moins identifiés.
2) Un ancien propriétaire ayant gardé la moto très peu de temps (2 ans), n’ayant presque pas roulé avec, et visiblement peu au fait de l’historique de l’engin depuis sa mise en circulation, ni même des spécificités techniques de ladite Bullet, et me transmettant 4 factures de garage pour plus de 800 euros en 24 mois.
3) Un nouveau propriétaire tout content de sa trouvaille, encore plein d'optimisme naïf, mais en proie aux affres de la quarantaine, non pas côté slip, mais côté cancer vachard, et ainsi peu à même de s’en occuper sérieusement dans l’immédiat.
...Deux ans plus tard !
En me penchant un peu plus sur ma Bullet au Bois Dormant en ce début de printemps, force est de constater que plusieurs choses ne me convenaient pas :
1 ) Après deux ans d'inactivité, j'ai eu droit à un cas carabiné de « wet sumping » (ou noyage de bas moteur) qui a failli m'intoxiquer dans mon sous-sol.
2 ) La moto était réticente au démarrage, et le moteur ne s’ébrouait jamais avant le 4e ou 5e coup de kick.
3 ) Le début du tube d’échappement est violemment bleuté sur une longueur suspecte.
4 ) L’ancien propriétaire a réussi à percer un piston en dépit du faible kilométrage parcouru.
5 ) En ouvrant la boîte à air, j'avais constaté qu’elle était vide et que la moto roulait donc sans filtre à air - quand elle roulait.
6 ) L’allumage a été modifié au profit d’un module indien « Eureca », sur lequel il existe assez peu d’informations et dont le site du fabricant est assez laconique et rudimentaire, et l’âge du bidule n’est pas connu.
7 ) Bien que certains points précédents tendraient vers un problème de réglage de l’allumage et d’une carburation franchement pauvre, la bougie était noire et huileuse… ?
8 ) Le décompresseur, dont la commande a été déplacée au guidon via un levier tout moche en cochonium « chromé » indien, s'avérait pour le moins capricieux, et nettement dysfonctionnel.
9 ) Il n’y a plus de coupe-circuit à main droite.
10 ) La sellerie pseudo « vintage » installée sur la moto n’a rien à faire DMPV sur une Bullet indienne de 2000 (et d’ailleurs le pouf passager est soit symbolique soit totalement inadapté aux généreuses dimensions postérieures des quinquagénaires qui s’asseoient généralement sur ces motos. L’ancien proprio faisait-il la sortie des lycées ?)
11 ) Le frein arrière ne fonctionnait pas… ou peu.. ou mal ?
Bref, une Bullet, quoi !
Passé l'enthousiasme de l'acquisition, et comme beaucoup de nouveaux possesseurs, je me retrouvais avec un certain nombre de points à vérifier assez rapidement et assez méthodiquement si je ne voulais pas vite me retrouver en rade au bord de la route - voire en vrac dans un fossé.
VERIFICATIONS DU CIRCUIT DE LUBRIFICATION
Notre ami JacquesD m’ayant gentiment rappelé que le véritable tendon d'Achille de ces moteurs débonnaires reste le circuit – rudimentaire - de lubrification, je me suis décidé à ouvrir le carter de distribution, même si la tâche peu paraître rebutante et que le kilométrage de la moto ne semblait pas vraiment l'exiger.
La suite montrera toute la valeur de l'expérience transmise par Jacques...
La dépose du carter ne m'a pas posé pas de problèmes particuliers. Quelques points de vigilance :
La visserie étant de longueur inégale, il faut penser à identifier l'emplacement de celle-ci.
Un maillet en nylon peut se révéler nécessaire pour décoller le carter de son plan de joint, mais attention à ne pas déplacer, perdre ou mélanger les cales d'épaisseurs simplement empilées sur les arbres de la cascade de pignons (qui eux-mêmes sont libres) !
En ce qui me concerne, j'ai dû dévisser un écrou de fixation du tube d'échappement pour pouvoir dégager entièrement le carter (cf. petite flèche jaune sur la photo suivante).
Ce carter contient une quantité d'huile moteur qui pourrait surprendre le néophyte comme moi (ici récolté dans un ancien pot de pâte à tartiner de 500g). Prévoir un bac de récupération en conséquence. Et oui, l'huile s'écoule comme elle peut dès qu'on sépare le carter du bas moteur...
La prochaine étape consiste à déposer la vis sans fin actionnant l'arbre d'entraînement des pompes à huile (plus sobrement nommé « worm nut » en anglais). Elle se trouve en bas du carter sous les pignons à came de distribution (emplacement indiqué par la flèche blanche, ici vis déposée).
Attention : c'est un pas inversé ! La prise hexagonale est de faible épaisseur mais cela passe si on a une clef plate assez fine.
J'ai appris que cette vis contient d'origine suivant les modèles et années de fabrication, un joint amovible en liège, un joint amovible ou un joint scellé (en néoprène).
Le contrôle de la vis et de son joint est sans appel : celui-ci est au trois-quart détérioré et une simple traction des doigts suffit à le détacher. Le reste de la vis est en bon état :
En inspectant la vis sans fin, on constate qu'il reste de nombreux résidus de néoprène collés dans l'alésage de celle-ci ( flèche blanche). Ces résidus sont assez coriaces et il semblerait que la plupart des bulletistes préfèrent changer la pièce complète, vu son prix.
En regardant du côté du carter de distribution, là ou cette vis s'appaire avec l'arbre d'entraînement des pompes, le constat n'est guère plus rassurant :
Les cannelures sont très endommagées, avec une usure de plusieurs dixièmes de mm en hauteur et en épaisseur. Une casse pourrait survenir très rapidement, voire dès le prochain retour de kick si j'en crois les multiples avertissements à ce sujet. Cet arbre d'entraînement va lui aussi être changé.
A ce stade, la question de la vérification des pompes à huile ne se pose plus puisque le changement d'arbre d'entraînement implique la dépose de celles-ci.
La pompe de retour/récupération («return/scavenge pump »), de plus grande capacité, côté filtre à huile. La pompe d'alimentation (« feed pump »), côté boîte de vitesses.
Au contrôle, les pompes ne présentent pas de défaut ou d'usure significative. Le piston de la pompe d'alimentation gratte toutefois un peu une fois les pièces nettoyées.
Si leur coût est très modéré, et leur accès relativement simple, les trois pièces ci-dessus sont vitales pour une lubrification correcte du moteur de la Bullet. Sur ma moto, deux d'entre elles étaient déterriorées et sans le conseil avisé de JacquesD, j'aurais pu passer à côté et risquer une avarie grave du moteur par défaut de lubrification dans les centaines de kilomètres à venir, avec un accident potentiel à la clef.
Moralité : en cas d'acquisition d'une Bullet à l'historique incertain, il est impératif de faire rapidement cette vérification globale du circuit de lubrification.
Vis sans fin
L'ancien propriétaire a eu la bonne idée de me laisser une caisse de pièces, dont un jeu complet de joints et caoutchoucs, parmi lesquels figure un joint amovible en néoprène tout neuf. Muni d'un goupillon habilement détourné de son usage industriel aéronautique, je me suis donc débarrassé des débris qui encombraient ma vis sans fin. Et voilà ma pièce prête à recevoir son nouveau joint.
(La réputation de cette pièce de transition dans l'histoire de la Bullet n'étant pas faramineuse, je prévois d'ores et déjà de la remplacer par un modèle de vis avec joint scellé dès la prochaine vidange moteur).
Au remontage, et notamment après une vidange moteur, certains recommandent d'insérer le bec d'une burette d'huile dans l'orifice de la vis sans fin pour y injecter quelques généreuses giclettes d'huile, ceci afin de lubrifier un minimum la bague de tête de bielle lors de la remise en route. Estimant que cela ne peut pas faire de mal, j'ai suivi leur recommandation avant d'installer le joint conique.
Arbre d'entraînement
Ici, pas de questions à se poser et un nouvel arbre est commandé sur Internet en Angleterre via un site d'enchères pour une trentaine d'euros, frais de port inclus.
Une fois remis en place et les pompes installées avec leurs ressorts, il faut vérifier avec le pouce en agissant sur les cannelures qu'il n'y a pas de point dur et que l'arbre neuf tourne fermement mais librement dans son logement.
Pompes à huile
Le piston de la pompe d'alimentation a été (très) légèrement rodé pour améliorer son état de surface sans nuire à l'étanchéité. J'ai vu sur Internet la pratique qui consiste à roder les faces des pompes dans leur logement pour une meilleur étanchéité, et mes ventouses à roder les soupapes sont parfaitement adaptées aux dimensions des pompes de la Bullet, toutefois l'idée de faire pénétrer de la pâte à roder dans les conduits de lubrification m'hérisse un peu le poil et par ailleurs, ce sont plutôt les surfaces latérales hémisphériques de mes pompes qui possèdent un état de surface laissant un peu à désirer. J'ai donc procédé au polissage de ces faces, pour constater alors une rotation beaucoup plus aisée de celle-ci dans leurs logements (légèrement toilés à leur tour).
Il faut bien sûr veiller à ne pas inverser les pompes de retour et d'alimentation au remontage. J'ai soufflé au préalable à l'air comprimé les conduites internes du carter de distribution pour être certain qu'aucun débris ne subsistait. Mes joints de couvercle de pompes étant en parfait état, je me contente de les huiler avant de les remonter et conserve les neufs pour une utilisation future.
En me référant aux anciens sujets de ce vénérable forum sur le système de lubrification des Bullets, j'en ai conclu que je pouvais très bien me passer des pompes haut débit, mais par contre mon attention a été attirée sur les éventuelles supressions néfastes de l'ordre d'une dizaine de bars que Jacques avait mesuré en son temps. Ce qui m'a décidé à investir dans le kit vendu par Hitchcock Motorcycles sous le titre « Rocker relief valve assembly ».
Le remontage du carter de distribution se fait en ordre inverse de la dépose. Son joint d'étanchéité est vérifié et ne présente aucune dégradation ou coupure dans mon cas, et je peux le laisser en place. Le logement du filtre à huile est « amorcé » en le remplissant d'huile. J'en ai aussi profité pour y insérer un aimant qui collectera la limaille éventuelle, à nettoyer à chaque vidange. Dans son manuel, Pete Snidal attire l'attention sur le remontage du carter sans forcer et les précautions à prendre pour aligner les dents de l'arbre d'entraînement et de la vis sans fin sans les casser (en tournant la roue arrière avec la boîte de vitesse en prise lors de la mise en contact des deux plans de joint) mais je n'ai pas eu à le faire, les deux pièces s'engrènant avec facilité au serrage final.



