Je trouve fascinant le glissement sémantique qu'à connu le verbe communiquer en une trentaine, aller, une quarantaine d'années.
Auparavant, ce verbe était transitif, donc n'était jamais employé sans ses compléments d'objet : on communiquait toujours quelque chose, et la plupart du temps à quelqu'un: un résultat sportif aux auditeurs, une décision d'expropriation à un résidants sur un tracé d'autoroute, des sentiments à l'élu de son coeur, une déclaration de guerre au ministère plenipotentiaire de Pomeranie exterieure, etc.
Les moyens de communication étant rares et peu performants, ils n'étaient pas employés à la légère.
Et petit à petit, les moyens de communication gagnant en efficacité, "communiquer" est devenu intransitif. Communiquer est devenu une fin en soi, on ne s'embarrasse plus de ce qu'on communique, et à peine d' à qui on communique quelque chose. A tel point que le verbe communiquer, une fois déshabillé de ses attributs traditionnels, est paradoxalement devenu suspect : si on communique, c'est pour ne pas dire ce qu'on pense réellement, qu'on a quelque chose à cacher.
Pour une fois, les moyens ont justifié la fin.
Curieusement, le verbe " consommer" a subi les mêmes évolutions, sur la même période.
Je ne pense pas que ce soit un hasard...
