L'A7 est une bonne moto... pas rapide (90-100 de croisière), mais suffisamment pour ses mauvais freins.
Très confortable (position de conduite parfaite).
Si le moteur n'est pas à bout d'usure, ça enroule bien, c'est doux tout en délivrant une bonne poussée au démarrage... dans une sonorité d'échappement très sympathique.
Par contre, c'est lourd (culasse et bloc-cylindre en fonte, cadre double-berceau solide mais lourd aussi...)
La fourche, c'est de la merde : deux tubes qui ballotent dans deux fourreaux et deux ressorts de stylo à bille dans le fond... ça fait gling, chklong, slurp, schloup, gling... si le tube de direction est tordu ou les cages à aiguilles sont billées, matées, massacrées, on sent bien la direction, au final.
Pourquoi je dis ça ? Parce que la casquette de phare de la moto de l'annonce est d'un modèle antérieur au modèle 1962, ce qui peut être un indice qu'il y a pu avoir un choc AV (ce qui ne serait pas étonnant vu le freinage de l'A7). Pas étonnant non plus que le réservoir ait été remplacé (vu la moto, il devrait être noir, comme les anciennes BSA administration française, douanes et gendarmerie).
A part ça ? L'embrayage BSA de ce modèle est fabriqué en pur cochonium (des restes de pudding, je pense), risque pas de casser tellement c'est mou, avec une capacité à se déformer dans des dimensions supérieures à la course du câble que j'avais jamais vu avant. Bref, suivant le réglage, soit ça embraye suffisamment pour entraîner la moto et alors, on ne trouve plus le PM à l'arrêt, soit on règle pour arriver à retrouver le PM et ça patine dès qu'on met du gaz. Quand on y met les pattes, on s'aperçoit que tout est usé côté chaîne primaire, les écrous sont massacrés au burin, les cannelures des reposes-pieds qu'il faut déposer avant de tomber le carter (une vis sur trois foirée) sont nazes aussi, ça tient avec des rondelles éventails et du frein à filet, avec beaucoup de pâte...
Pâte qui n'a jamais empêché une A7 de marquer délicatement son territoire d'une délicate signature oléagineuse... rien ne semble étanche sur cette moto (même gavée de monograde SAE 50), à commencer par la bille de pompe à huile qui permet à l'huile de redescendre de son réservoir vers le bas moteur aussi vite qu'il n'en faut pour l'écrire. C'est bien, ça oblige à une vidange à chaque fois qu'on redémarre la moto après 24 h d'arrêt.
Sinon, il y a aussi la magnéto qui peut occuper (si elle n'a jamais été révisée), la dynamo aussi (mais ça, ça se refait bien, y'a les pièces)...
Le carbu, il a déjà été remplacé (d'origine, c'est un monobloc et non un Concentric)...
Et bien entendu, y'a t-il trop de jeu au vilo ? Pour le savoir, faut tomber le carter de distrib' et mesurer le jeu à la soie de vilo, avec un comparateur... si le jeu est sensible à la main, sur plusieurs millimètres, pas besoin de comparateur pour être certain qu'il va y avoir du taf. Ah oui, un vilo en bon état, c'est rare.
Passons sur l'habillage et l'accastillage, carter de chaîne secondaire, amortos, selle, sans parler de l'électricité, heureusement sommaire.
Dans cet état apparent, cette moto sera une excellente occasion de se faire beaucoup de connaissances dans le milieu de l'anglaise classique : forums, fournisseurs de pièces dans le monde entier, dépanneurs, vendeurs de basket-case, brocanteurs en tout genre, hébergeurs en pleine cambrousse, marchands d'outils spéciaux, vendeurs de savon de mécanicien, manucures... un véritable aimant pour enrichir son réseau social.
Ça se revend pas trop mal après deux ou trois années passées à enrichir son expérience mécanique, mais il vaut mieux ensuite changer très vite de numéro de portable et de pseudo sur les forums.
Bon courage.
