Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
Posté : 07 déc. 2020, 15:57
Salut à tous,
On ne va pas se mentir : c'est le sujet hyper documenté et fort bien traité par van.alstine qui m'a donné envie d'ouvrir celui-ci. Il n'a rien à voir pourtant, mais se tient à sa périphérie – avec quelques passerelles peut-être. Disons que le présent sujet est un "parent" de :
http://www.royalenfieldlesite.fr/forum/viewtopic.php?f=9&t=22522
A un moment donné, comme on dit aujourd'hui, je me suis mis à m'intéresser de plus en plus au cinéma, et j'ai vendu mon matériel Hi-Fi (je continue à utiliser ce terme par commodité, et j'oublie les querelles sémantiques dans lesquelles j'ai mis mon grain de sel. Pour ce qui est de l'audiophilie, il n'est plus possible d'ignorer ce que c'est grâce à van.alstine). J'ai donc logiquement constitué une chaine de home-cinéma, autour d'un gros ampli Denon et d'enceintes Triangle et Elipson. Matériel sans prétention audiophile, mais qui fonctionne toujours aujourd'hui, alors qu'il a largement dépassé l'âge de la majorité légale.
L'écoute en stéréo sur les Triangle, dans un salon sommairement traité sur le plan acoustique, me permet encore de distinguer le timbre d'une clarinette de celui d'un hautbois, et, en jazz, de continuer à célébrer mes héros : Ray Brown, Paul Chambers, Gary Peacock, Charlie Haden, Dave Holland… Mais je n'écoute plus mon matériel.
N.-B. Il est possible, voire probable, que certains détails que je donne dans ce post soient superflus parce que connus d'une majorité. C'est pourquoi j'ai mis des intertitres, pour qu'on puisse zapper.
1 sur 3 – LE STREAMING AUDIO. PETIT TOUR DU SUJET ET IDEES RECUES
Du vinyle au smartphone
Quand j'étais audiophile, écouter un disque (= un vinyle) était précédé d'un cérémonial qui, en l'anticipant, participait au plaisir de l'écoute elle-même.
Déjà, on sortait délicatement l'objet de sa pochette (Aaah, les épaisses pochettes cartonnées de chez Blue Note ! la typo et le graphisme toujours impeccables des pochettes ECM ! le logo délicieusement désuet de Deutsche Grammophon !), et on le posait sur le plateau de la platine avec un petit coup de brosse anti-poussière en fibres de carbone.
Avant, on avait vérifié le réglage de l'antiskating. Sur le bras SME de ma Thorens, c'était un contrepoids fixé à un fil de nylon avec un système d'encoches, destiné à compenser la force qui naturellement entraine le diamant vers le centre (niveau de maçon et disque lisse requis pour un réglage précis). On vérifiait aussi le réglage du bazar censé filtrer les infra-graves parasites, et donc améliorer la propreté des basses. Une mini palette en plastique fixée sur le bras plongeait dans un bac d'huile de silicone, et en contrôlait les mouvements erratiques. Des palettes de tailles différentes permettaient d'affiner le réglage (un peu le principe du réglage de la compression/détente d'un amortisseur de moto, en ouvrant ou en fermant l'hydraulique).
On posait délicatement le bras sur le sillon, et on courait s'installer dans son fauteuil pour ne pas rater les premières mesures – avant de se relever pour modifier le réglage du volume, qui n'était jamais le bon.
Mais quand enfin la musique coulait, quel plaisir ! Plaisir renouvelé à chaque écoute, et seulement limité par le nombre de disques sur les étagères. Dans mon cas, des disques, il n'y en avait pas tellement, genre une centaine (comme c'était fréquent à l'époque, un magnétophone Revox A 77 complétait ma chaîne).
Mais ça, c'était le temps d'avant. Aujourd'hui, sur ma chaine actuelle, en tapotant trois fois sur le clavier de mon smartphone, je convoque dans mon salon le dernier Billie Eilish, un vieux tube de Robert Palmer, le Livre Vermeil de Montserrat (j'ai le choix entre quatre versions, plus ou moins complètes), ou mon album préféré de Wes Montgomery (avec ses bonus et prises alternatives).
Potentiellement, à peu près toute la musique du monde, et tout ça ne prend pas de place sur les étagères. Elle est pas belle, la vie ?
Musique dématérialisée
Question de génération : comme beaucoup sur ce forum, j'ai connu les deux dernières révolutions de la musique enregistrée. La première est le passage au numérique dans les techniques d'enregistrement et de reproduction, avec l'arrivée du CD. C'était dans les années 80 du XXème siècle.
La seconde, et qui est autrement importante AMHA, est celle de la "dématérialisation" de la musique, avec ces plates-formes de streaming qui sont à la musique ce que Netflix est aux séries et aux films.
Pas plus que sur les atouts et limites du CD je ne vais tartiner là-dessus : la dématérialisation des supports d'information et de nos échanges e. g. est un rouleau-compresseur qui gagne peu à peu notre quotidien. On remarquera en passant que la crise du covid a accéléré le processus, en encourageant l'usage du paiement par CB ou smartphone même pour acheter le pain, au détriment des espèces "matérielles", sonnantes et trébuchantes.
Ce qui m'intéresse, c'est la façon dont les plates-formes de streaming changent notre rapport à la musique enregistrée. Une recherche dans les archives du forum m'a appris que le sujet n'avait été abordé ici qu'incidemment – mais je n'ai peut-être pas utilisé les bons mots-clés.
Expériences et avis bienvenus en tout cas. Ceux des "oreilles d'or" du forum, mais aussi des oreilles en fer-blanc (j'en suis).
Les plates-formes de streaming, c'est qui ?
En faisant un tour dans les archives, j'ai vu qu'un certain nombre ici utilisent déjà les plus connues, qui d'ailleurs se tirent la bourre : Spotify et Deezer. La première est suédoise, la seconde française. Toutes deux sont généralistes, mais d'autres, comme Qobuz (française aussi) ou Tidal, sont plus spécialisées.
Avant de choisir Spotify, je suis passé par une période d'essai avec les deux, et franchement la différence n'est pas monstrueuse. De Spotify, je préfère l'interface ; le catalogue, pléthorique dans les deux cas, m'a semblé plus fourni chez les Suédois dans les genres qui m'intéressent ; et le format d'origine des fichiers son (Ogg Vorbis pour Spotify avec la formule Premium à 320 kbits/s, Mp3 pour Deezer) utilise une compression plus moderne et de meilleure qualité.
Ici, un panorama de l'offre actuelle, piqué à un agitateur d'idées connu.
https://labo.fnac.com/guide/comparatif- ... l-choisir/
Le streaming, comment ça marche ? (avec la voix de Michel Chevalet)
Trois possibilités principales pour écouter de la musique en streaming :
— sur un smartphone, après téléchargement de l'application dédiée. La qualité des casques et écouteurs ayant beaucoup progressé, on peut se faire plaisir avec, et en rester là.
— sur un ordinateur, avec l'application ad hoc. On peut comme ça accompagner son (télé)travail en musique. Sur Spotify et sans doute ailleurs, il y a même des playlists spécialisées, comme il y en a pour le sport, la détente, etc.
— enfin, c'est ce dont je parle dans ce sujet (et ça le rapproche quelque part de celui de van.alstine), on peut écouter directement la musique streamée sur sa chaîne Hi-Fi, en y ajoutant un nouveau maillon, le lecteur réseau.
On trouve maintenant une foultitude de ces appareils sur le marché, avec diverses particularités. En très gros, il s'agit de l'assemblage d'une partie "réseau", capable d'aller récupérer un flux audio sur votre box Internet (en Wifi ou avec un câble Ethernet), et d'un DAC (Digital Audio Converter : comme son nom l'indique). Dans un post, van.alstine soulignait comme cette pièce était essentielle quand au résultat final.
Chez un revendeur comme son.video.com, les prix vont de 39 € (pour le Chromecast de Google – Oups, j'ai dit un gros mot ! Mais cet appareil peu coûteux, et de la taille d'une boite de cachou Lajaunie, est étonnant) à 7500 € pour le McIntosh MB 100. Eh oui, les vieilles références de la Hi-Fi sont aussi sur ce créneau.
Pour quelques dollars de moins, on peut se procurer un bon lecteur réseau au prix d'un train de pneus pour gros trail allemand (plus le montage et l'équilibrage, quand même).
Dernière phase de l'installation, l'appli Spotify de votre smartphone va rechercher, en Wifi ou Bluetooth, la présence d'un "appareil" auquel vous connecter. Pour plusieurs raisons (qualité de la transmission, portée…), préférer le Wifi, et dans la liste choisir le lecteur réseau.
Votre smartphone vient de se transformer en télécommande pour écouter votre musique sur votre chaîne, et confortable en plus (possibilité de visualiser les morceaux à venir, organisation de files d'attente, réglages divers). Tout ça en continuant de recevoir les notifications de vos "amis", et celles de France Info.
Nous vivons une époque moderne.
Le son en streaming, c'est tout pourri !
La qualité de ce qu'on envoie sur une chaine à partir d'un lecteur réseau est étonnante. J'enfonce cette porte ouverte : cette qualité ne dépassera pas celle du maillon le plus faible de votre installation, mais ce maillon ne risque guère d'être le lecteur réseau lui même. A partir de 300 €, ces appareils respectent la norme Hi-Res audio, avec des convertisseurs de qualité.
Les spécifications de cette norme sont bien supérieures à celles du CD. Pour mémoire : quantification de 16 bits et fréquence d'échantillonnage de 44,1 kHz pour un CD ; 24 bits et jusqu'à 192 kHz (voire plus chez Cambridge par exemple) en Hi-Res audio. Disons que ces valeurs correspondent à ce que l'ingénieur du son récupère en sortie de console. Bien sûr ces deux paramètres ne suffisent pas à eux seuls à garantir la qualité du résultat, mais j'essaie de me tenir à mon sujet.
Pour crédibiliser son côté "audiophile" revendiqué, Qobuz est la seule plate-forme qui propose des fichiers Hi-Res en 24 bits/192 kHz.
https://www.qobuz.com/fr-fr/music/strea ... reaming-fr
Alors non, si on s'en donne les moyens (et qu'on en a un peu), le son en streaming, ça n'est pas tout pourri ! Même sur Spotify, en qualité Premium (ce nom…) et avec un bon lecteur réseau, la qualité perçue est loin d'être ridicule – disons du niveau d'un bon CD lu sur une platine récente de milieu de gamme (je sais, c'est pas terriblement précis, ça). D'autant que les versions remastérisées des CD remplacent quasi systématiquement l'édition originale.
Dans l'appli Spotify pour smartphone un certain nombre de réglages permettent d'ajuster l'écoute à son goût (harmonisation du niveau des morceaux – totalement inopérant je trouve, mais c'est bien essayé ! ; enchainements ; choix du débit, donc de la qualité ; égaliseur graphique à six bandes – pour lequel et malgré l'illustration qui suit il n'est AMA qu'une seule bonne position : "plat"), etc.
Les différences de qualité entre les différents enregistrements sautent aux oreilles, même usées. Les choix de prises de son également, par exemple dans le placement des musiciens d'une petite formation de jazz, comme pour le rendu des timbres. Quant aux musiques "surproduites" (mettons le RnB contemporain, comme dit Wikipedia), elles vont évidemment valoriser votre chaîne, mais elles sont faites pour ça.
Ci-après une de mes dernières découvertes (qui n'est pas du RnB !), envoyée illico dans ma playlist "Bon son". Tout y est : la limpidité et le placement des voix, la présence impressionnante et la propreté de la contrebasse, même les claquements de mains sont élégants !
Il est révélateur que Spotify publie des playlists "Audiophile", avec des titres choisis pour la qualité de leur prise de son. Mieux, sur la plate-forme, des constructeurs de matériels honorablement connus, comme Naïm Audio, le font aussi.
Fin de la 1ère partie.
A venir : 2 sur 3. – QUELQUES PROBLEMES A SOULEVER (AVANT DE LES LAISSER RETOMBER)
. . .
On ne va pas se mentir : c'est le sujet hyper documenté et fort bien traité par van.alstine qui m'a donné envie d'ouvrir celui-ci. Il n'a rien à voir pourtant, mais se tient à sa périphérie – avec quelques passerelles peut-être. Disons que le présent sujet est un "parent" de :
http://www.royalenfieldlesite.fr/forum/viewtopic.php?f=9&t=22522
A un moment donné, comme on dit aujourd'hui, je me suis mis à m'intéresser de plus en plus au cinéma, et j'ai vendu mon matériel Hi-Fi (je continue à utiliser ce terme par commodité, et j'oublie les querelles sémantiques dans lesquelles j'ai mis mon grain de sel. Pour ce qui est de l'audiophilie, il n'est plus possible d'ignorer ce que c'est grâce à van.alstine). J'ai donc logiquement constitué une chaine de home-cinéma, autour d'un gros ampli Denon et d'enceintes Triangle et Elipson. Matériel sans prétention audiophile, mais qui fonctionne toujours aujourd'hui, alors qu'il a largement dépassé l'âge de la majorité légale.
L'écoute en stéréo sur les Triangle, dans un salon sommairement traité sur le plan acoustique, me permet encore de distinguer le timbre d'une clarinette de celui d'un hautbois, et, en jazz, de continuer à célébrer mes héros : Ray Brown, Paul Chambers, Gary Peacock, Charlie Haden, Dave Holland… Mais je n'écoute plus mon matériel.
N.-B. Il est possible, voire probable, que certains détails que je donne dans ce post soient superflus parce que connus d'une majorité. C'est pourquoi j'ai mis des intertitres, pour qu'on puisse zapper.
1 sur 3 – LE STREAMING AUDIO. PETIT TOUR DU SUJET ET IDEES RECUES
Du vinyle au smartphone
Quand j'étais audiophile, écouter un disque (= un vinyle) était précédé d'un cérémonial qui, en l'anticipant, participait au plaisir de l'écoute elle-même.
Déjà, on sortait délicatement l'objet de sa pochette (Aaah, les épaisses pochettes cartonnées de chez Blue Note ! la typo et le graphisme toujours impeccables des pochettes ECM ! le logo délicieusement désuet de Deutsche Grammophon !), et on le posait sur le plateau de la platine avec un petit coup de brosse anti-poussière en fibres de carbone.
Avant, on avait vérifié le réglage de l'antiskating. Sur le bras SME de ma Thorens, c'était un contrepoids fixé à un fil de nylon avec un système d'encoches, destiné à compenser la force qui naturellement entraine le diamant vers le centre (niveau de maçon et disque lisse requis pour un réglage précis). On vérifiait aussi le réglage du bazar censé filtrer les infra-graves parasites, et donc améliorer la propreté des basses. Une mini palette en plastique fixée sur le bras plongeait dans un bac d'huile de silicone, et en contrôlait les mouvements erratiques. Des palettes de tailles différentes permettaient d'affiner le réglage (un peu le principe du réglage de la compression/détente d'un amortisseur de moto, en ouvrant ou en fermant l'hydraulique).
On posait délicatement le bras sur le sillon, et on courait s'installer dans son fauteuil pour ne pas rater les premières mesures – avant de se relever pour modifier le réglage du volume, qui n'était jamais le bon.
Mais quand enfin la musique coulait, quel plaisir ! Plaisir renouvelé à chaque écoute, et seulement limité par le nombre de disques sur les étagères. Dans mon cas, des disques, il n'y en avait pas tellement, genre une centaine (comme c'était fréquent à l'époque, un magnétophone Revox A 77 complétait ma chaîne).
Mais ça, c'était le temps d'avant. Aujourd'hui, sur ma chaine actuelle, en tapotant trois fois sur le clavier de mon smartphone, je convoque dans mon salon le dernier Billie Eilish, un vieux tube de Robert Palmer, le Livre Vermeil de Montserrat (j'ai le choix entre quatre versions, plus ou moins complètes), ou mon album préféré de Wes Montgomery (avec ses bonus et prises alternatives).
Potentiellement, à peu près toute la musique du monde, et tout ça ne prend pas de place sur les étagères. Elle est pas belle, la vie ?
Musique dématérialisée
Question de génération : comme beaucoup sur ce forum, j'ai connu les deux dernières révolutions de la musique enregistrée. La première est le passage au numérique dans les techniques d'enregistrement et de reproduction, avec l'arrivée du CD. C'était dans les années 80 du XXème siècle.
La seconde, et qui est autrement importante AMHA, est celle de la "dématérialisation" de la musique, avec ces plates-formes de streaming qui sont à la musique ce que Netflix est aux séries et aux films.
Pas plus que sur les atouts et limites du CD je ne vais tartiner là-dessus : la dématérialisation des supports d'information et de nos échanges e. g. est un rouleau-compresseur qui gagne peu à peu notre quotidien. On remarquera en passant que la crise du covid a accéléré le processus, en encourageant l'usage du paiement par CB ou smartphone même pour acheter le pain, au détriment des espèces "matérielles", sonnantes et trébuchantes.
Ce qui m'intéresse, c'est la façon dont les plates-formes de streaming changent notre rapport à la musique enregistrée. Une recherche dans les archives du forum m'a appris que le sujet n'avait été abordé ici qu'incidemment – mais je n'ai peut-être pas utilisé les bons mots-clés.
Expériences et avis bienvenus en tout cas. Ceux des "oreilles d'or" du forum, mais aussi des oreilles en fer-blanc (j'en suis).
Les plates-formes de streaming, c'est qui ?
En faisant un tour dans les archives, j'ai vu qu'un certain nombre ici utilisent déjà les plus connues, qui d'ailleurs se tirent la bourre : Spotify et Deezer. La première est suédoise, la seconde française. Toutes deux sont généralistes, mais d'autres, comme Qobuz (française aussi) ou Tidal, sont plus spécialisées.
Avant de choisir Spotify, je suis passé par une période d'essai avec les deux, et franchement la différence n'est pas monstrueuse. De Spotify, je préfère l'interface ; le catalogue, pléthorique dans les deux cas, m'a semblé plus fourni chez les Suédois dans les genres qui m'intéressent ; et le format d'origine des fichiers son (Ogg Vorbis pour Spotify avec la formule Premium à 320 kbits/s, Mp3 pour Deezer) utilise une compression plus moderne et de meilleure qualité.
Ici, un panorama de l'offre actuelle, piqué à un agitateur d'idées connu.
https://labo.fnac.com/guide/comparatif- ... l-choisir/
Le streaming, comment ça marche ? (avec la voix de Michel Chevalet)
Trois possibilités principales pour écouter de la musique en streaming :
— sur un smartphone, après téléchargement de l'application dédiée. La qualité des casques et écouteurs ayant beaucoup progressé, on peut se faire plaisir avec, et en rester là.
— sur un ordinateur, avec l'application ad hoc. On peut comme ça accompagner son (télé)travail en musique. Sur Spotify et sans doute ailleurs, il y a même des playlists spécialisées, comme il y en a pour le sport, la détente, etc.
— enfin, c'est ce dont je parle dans ce sujet (et ça le rapproche quelque part de celui de van.alstine), on peut écouter directement la musique streamée sur sa chaîne Hi-Fi, en y ajoutant un nouveau maillon, le lecteur réseau.
On trouve maintenant une foultitude de ces appareils sur le marché, avec diverses particularités. En très gros, il s'agit de l'assemblage d'une partie "réseau", capable d'aller récupérer un flux audio sur votre box Internet (en Wifi ou avec un câble Ethernet), et d'un DAC (Digital Audio Converter : comme son nom l'indique). Dans un post, van.alstine soulignait comme cette pièce était essentielle quand au résultat final.
Chez un revendeur comme son.video.com, les prix vont de 39 € (pour le Chromecast de Google – Oups, j'ai dit un gros mot ! Mais cet appareil peu coûteux, et de la taille d'une boite de cachou Lajaunie, est étonnant) à 7500 € pour le McIntosh MB 100. Eh oui, les vieilles références de la Hi-Fi sont aussi sur ce créneau.
Pour quelques dollars de moins, on peut se procurer un bon lecteur réseau au prix d'un train de pneus pour gros trail allemand (plus le montage et l'équilibrage, quand même).
Dernière phase de l'installation, l'appli Spotify de votre smartphone va rechercher, en Wifi ou Bluetooth, la présence d'un "appareil" auquel vous connecter. Pour plusieurs raisons (qualité de la transmission, portée…), préférer le Wifi, et dans la liste choisir le lecteur réseau.
Votre smartphone vient de se transformer en télécommande pour écouter votre musique sur votre chaîne, et confortable en plus (possibilité de visualiser les morceaux à venir, organisation de files d'attente, réglages divers). Tout ça en continuant de recevoir les notifications de vos "amis", et celles de France Info.
Nous vivons une époque moderne.
Le son en streaming, c'est tout pourri !
La qualité de ce qu'on envoie sur une chaine à partir d'un lecteur réseau est étonnante. J'enfonce cette porte ouverte : cette qualité ne dépassera pas celle du maillon le plus faible de votre installation, mais ce maillon ne risque guère d'être le lecteur réseau lui même. A partir de 300 €, ces appareils respectent la norme Hi-Res audio, avec des convertisseurs de qualité.
Les spécifications de cette norme sont bien supérieures à celles du CD. Pour mémoire : quantification de 16 bits et fréquence d'échantillonnage de 44,1 kHz pour un CD ; 24 bits et jusqu'à 192 kHz (voire plus chez Cambridge par exemple) en Hi-Res audio. Disons que ces valeurs correspondent à ce que l'ingénieur du son récupère en sortie de console. Bien sûr ces deux paramètres ne suffisent pas à eux seuls à garantir la qualité du résultat, mais j'essaie de me tenir à mon sujet.
Pour crédibiliser son côté "audiophile" revendiqué, Qobuz est la seule plate-forme qui propose des fichiers Hi-Res en 24 bits/192 kHz.
https://www.qobuz.com/fr-fr/music/strea ... reaming-fr
Alors non, si on s'en donne les moyens (et qu'on en a un peu), le son en streaming, ça n'est pas tout pourri ! Même sur Spotify, en qualité Premium (ce nom…) et avec un bon lecteur réseau, la qualité perçue est loin d'être ridicule – disons du niveau d'un bon CD lu sur une platine récente de milieu de gamme (je sais, c'est pas terriblement précis, ça). D'autant que les versions remastérisées des CD remplacent quasi systématiquement l'édition originale.
Dans l'appli Spotify pour smartphone un certain nombre de réglages permettent d'ajuster l'écoute à son goût (harmonisation du niveau des morceaux – totalement inopérant je trouve, mais c'est bien essayé ! ; enchainements ; choix du débit, donc de la qualité ; égaliseur graphique à six bandes – pour lequel et malgré l'illustration qui suit il n'est AMA qu'une seule bonne position : "plat"), etc.
Les différences de qualité entre les différents enregistrements sautent aux oreilles, même usées. Les choix de prises de son également, par exemple dans le placement des musiciens d'une petite formation de jazz, comme pour le rendu des timbres. Quant aux musiques "surproduites" (mettons le RnB contemporain, comme dit Wikipedia), elles vont évidemment valoriser votre chaîne, mais elles sont faites pour ça.
Ci-après une de mes dernières découvertes (qui n'est pas du RnB !), envoyée illico dans ma playlist "Bon son". Tout y est : la limpidité et le placement des voix, la présence impressionnante et la propreté de la contrebasse, même les claquements de mains sont élégants !
Il est révélateur que Spotify publie des playlists "Audiophile", avec des titres choisis pour la qualité de leur prise de son. Mieux, sur la plate-forme, des constructeurs de matériels honorablement connus, comme Naïm Audio, le font aussi.
Fin de la 1ère partie.
A venir : 2 sur 3. – QUELQUES PROBLEMES A SOULEVER (AVANT DE LES LAISSER RETOMBER)
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merci Jean-Louis, je retrouve le plaisir et la précision de tes envolées motardes.



