fab le motard a écrit :Je sais plus si je vous avais montré ce protopype de deuch, visible au musée de rochetaillee
Oui, c'est le tout premier proto d'avant de 1939 retrouvé après-guerre et récupéré par le casseur Henri Malartre, créateur du musée de la Rochetaillée, à Rochetaillée-sur-Saône.
Avant-guerre, Citroën travaille à l'étude d'une "toute petite voiture", nommée TPV. L'idée est en effet venue à Pierre Boulanger, alors directeur de Citroën, sur le marché de Lempdes (63) où il possède une maison. Il observe que le dimanche, les fermiers amènent leurs femmes au marché en charette et vont au bistrot en attendant qu'elles reviennent du marché ou de l'église où elles vont à la messe. Il se dit que si ces ménages agricoles possédaient une petite voiture rustique, facile à conduire et capable de rouler dans les zones agricoles où la plupart des routes ne sont pas encore revêtues, les femmes pourraient venir à la ville elles-mêmes et leur mari pourrait rester travailler à la ferme.... mais dans les années trente, un tel véhicule populaire n'existe pas encore : la Traction 7 CV reste trop chère et l'ancienne 5 HP (déjà pensée pour les femmes) des années vingt n'était pas financièrement accessible aux classes modestes.
Le projet TPV est lancé,
"quatre roues sous un parapluie", "une quatre-places très économique pouvant transporter deux agriculteurs en sabots, un sac de patates et un panier d'oeufs qui doit résister à la traversée d'un champ labouré"... tel est le cahier des charges.
En septembre 1939, après des années d'études et d'essais archi-secrets au centre de la Ferté Vidame (27), 250 prototypes de la TPV sont prêts : plateforme en duraluminium, bras de suspensions en magnésium oscillant sur un faisceau de barres de torsion transversales, sièges en hamac suspendus, vitres en mica, pas de batterie (un seul feu AV, démarrage à la manivelle), carrosserie quatre portes, toit en toile découvrable et moteur 375 cm3 flat-twin à refroidissement liquide, traction avant avec freins à câbles.
Mais, patatras, en septembre 39, la guerre est déclarée ! Les Allemands entrent en France, c'est la débâcle, le sauve-qui-peut général.
Soucieux que ces protos ne tombent pas aux mains des Allemands, Boulanger fait détruire les 250 voitures de pré-série, dont trois seront retrouvées à la fin des années 1990 dans un grenier de la propriété de la Ferté Vidame et une TPV complète fut remontée par Citroën et exposée en France dans les années 1970, ce fut la seule dont on eu connaissance durant longtemps.

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Quant à cette TPV pick-up aujourd'hui exposée au musée de la Rochetaillée, elle fut peut-être un proto destiné à l'armée française, mais trop tard. Henri Malartre qui est casseur après-guerre la récupère chez Michelin (alors propriétaire de Citroën) et la restaure pour l'exposer là elle où elle encore visible.
À ce jour, il existe cinq TPV d'avant-guerre connues : celle-ci, celle carrossée en berline restaurée par Citroën dans les années 1970 et les quatre retrouvées, poussièreuses et en partie en pièces à la Ferté Vidame, aujourd'hui remisées au musée patrimonial Citroën.

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Durant la guerre, en cachette des autorités allemandes qui occupent les usines, Boulanger relance les études de la TPV qui deviendra la 2CV présentée en 1948. Les défauts de la TPV sont corrigés, la tôle remplace les alliages, la suspension est modifiée et le moteur passe au refroidissement à air.
C'est le début d'une carrière qui durera quarante ans pour un peu plus de cinq millions d'exemplaires.