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Tit34
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Re: Hello !!

Messagepar Tit34 » 16 nov. 2012, 08:13

:coucou: voisin,
jolie machine, il ne reste plus qu'a mettre le guidon de l'autre coté pour avoir la boite de vitesse à gauche et c'est bon !!!
:MDR: :MDR:
« Chose paradoxale, c'est avec les gens intelligents qu'on déconne le mieux. »
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MIMI 13
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Re: Hello !!

Messagepar MIMI 13 » 16 nov. 2012, 08:32

:coucou: Bien le bonjour le voisin(j'habite Vitrolles)mais,je suis sans bulette et meme sans kawette en ce moment :lol:
Il faut s'y prendre tot pour faire les choses au dernier moment

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papymad
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Re: Hello !!

Messagepar papymad » 16 nov. 2012, 09:06

:coucou: Bill
Ben oui, Bill Playmo
Mais T Max m'a doublé sur ce coup
A un de ces jours sur les départementales.
"Il faut une infinie patience pour attendre toujours ce qui n'arrive jamais" (Pierre Dac)
"C'est ce qui divise les hommes qui multiplie leurs différents" (Pierre Dac, itou)

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Re: Hello !!

Messagepar playmo » 16 nov. 2012, 21:09

Dois je demander qui est Thérèse.... :?:
Qui pisse face au mistral mouille ses sandales !

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Re: Hello !!

Messagepar playmo » 16 nov. 2012, 21:13

MIMI 13 a écrit ::coucou: Bien le bonjour le voisin(j'habite Vitrolles)mais,je suis sans bulette et meme sans kawette en ce moment :lol:


Faut remédier à cette tragédie au plus tôt !!!
Qui pisse face au mistral mouille ses sandales !


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Re: Hello !!

Messagepar Utilisateur1 » 16 nov. 2012, 21:41

playmo a écrit :Dois je demander qui est Thérèse.... :?:


Tu es nouveau alors brièvement:


Marie-Françoise Thérèse Martin, en religion sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, également connue SUR LE FORUM SOUS LE SURNOM DE MARIA iNCARNATION et ailleurssous les appellations sainte Thérèse de Lisieux, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ou encore la petite Thérèse, était une religieuse carmélite française née à Alençon le 2 janvier 1873 et morte à Lisieux le 30 septembre 1897 .LA BIELLE DE SA BELETTE, SOUS DIMENSIONNEE APRES LE PASSAGE EN 612CC lui ayant traversé le carter.
Le retentissement de ses publications posthumes, dont Histoire d'une âme publiée peu de temps après sa mort, en fait l'une des plus grandes saintes du xxe siècle. La dévotion à sainte Thérèse s'est développée partout dans le monde.
Considérée par Pie XI comme « l'étoile de son pontificat », elle est béatifiée puis canonisée dès 1925. Religieuse cloîtrée, elle est paradoxalement déclarée sainte patronne des missions et, avec Jeanne d'Arc canonisée en 1920, proclamée « Patronne Secondaire de la France ». Enfin, elle est proclamée Docteur de l'Église par Jean-Paul II en 1997 pour le centenaire de sa mort.
Fille d'un couple tenant commerce d'horlogerie et de dentelles d'Alençon, Louis et Zélie Martin, Thérèse perd sa mère à l'âge de quatre ans et demi. Elle est élevée par ses sœurs aînées Marie et Pauline, qui tour à tour entrent au carmel de Lisieux, faisant revivre à l'enfant le sentiment d'abandon ressenti lors de la perte de leur mère.
Cependant, elle ressent très tôt un appel à la vie religieuse. Surmontant les obstacles, elle aussi entre au carmel de Lisieux à 15 ans.
Après neuf années de vie religieuse, dont les deux dernières passées dans une nuit de la foi, elle meurt de la tuberculose le 30 septembre 1897 à l'âge de 24 ans.
La nouveauté de sa spiritualité, appelée la théologie de la « petite voie1 », de l'enfance spirituelle, a inspiré nombre de croyants. Elle propose de rechercher la sainteté, non pas dans les grandes actions, mais dans les actes du quotidien même les plus insignifiants, à condition de les accomplir pour l'amour de Dieu. En la proclamant 33e docteur de l'Église, le pape Jean-Paul II a reconnu ipso facto l'exemplarité de sa vie et de ses écrits. Ici réside un des paradoxes de Thérèse de Lisieux : morte inconnue puisque cloîtrée, elle est aujourd'hui « mondialement célèbre et vénérée2 ».
Édifiée en son honneur, la basilique de Lisieux est le deuxième plus grand lieu de pèlerinage de France après Lourdes.
Le père de Thérèse, Louis-Joseph-Aloys-Stanislas Martin (Bordeaux 1823 – † Lisieux [Calvados] 1894) exerce le métier d'horloger où il excelle. Sa mère Zélie-Marie Guérin (Gandelain près de Saint-Denis-sur-Sarthon (Orne) 1831 – † Alençon 1877) est déjà connue, dans les années 1850, comme fabricante du point d'Alençon. Elle aura bientôt une petite entreprise sise au 36 rue Saint-Blaise dont Louis deviendra l'administrateur en 1870. Elle emploiera jusqu'à une vingtaine d'ouvrièresD 1.
Tous les deux, de très grande piété, font donc partie de la petite bourgeoisie aisée d'Alençon, d'autant que le mari a fait d'excellents placementsD 2. Louis aurait voulu devenir chanoine dans la congrégation des chanoines réguliers du Grand Saint-Bernard (Valais - Suisse), mais son ignorance du latin l’en empêchaD 3. Zélie-Marie avait voulu entrer au couvent, comme sa sœur aînée Marie-Louise, mais la supérieure l'en dissuadaD 4. Aussi s'était-elle promis en secret, si elle se mariait, de donner si possible tous ses enfants à l'Église tout en se défendant de les influencer.
Louis et Zélie-Marie se rencontrent en 1858 sur le pont Saint-Léonard d'Alençon et se marient le 13 juillet 1858 en l'église Notre-Dame, décidant cependant de vivre comme frère et sœur dans une continence perpétuelle. Leur confesseur les en ayant dissuadés, ils auront neuf enfants, mais deux garçons mourront en bas âge, Joseph (20 septembre 1866 - 14 février 1867) et Jean-Baptiste (19 décembre 1867 - 24 août 1868) ainsi qu'une fille, Hélène, morte à cinq ans et demi le 22 février 1870D 5.
Toutes les filles, seules survivantes, deviendront religieuses :
Marie (22 février 1860, carmélite à Lisieux (1886) (sœur Marie du Sacré-Cœur), morte le 19 janvier 1840) ;
Pauline (7 septembre 1861, carmélite à Lisieux (1882) (sœur puis mère Agnès de Jésus)Note 1, morte le 28 juillet 1951) ;
Léonie (3 juin 1863, Clarisse (1886) puis visitandine à Caen (sœur Françoise-Thérèse) (1894), morte le 16 juin 1941) ;
Céline (28 avril 1869, carmélite à Lisieux (1894) (sœur Geneviève de la Sainte-Face), morte le 25 février 1959 ;
Thérèse (2 janvier 1873, carmélite à Lisieux (1888) (sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Saine-Face) morte le 30 septembre 1897) (canonisée en 1925)
Marie-Françoise-Thérèse Martin naît rue Saint-Blaise à Alençon, le 2 janvier 1873. Elle est baptisée dès le 4 janvier 1873 à l'église Notre-Dame d'Alençon. Son parrain est Paul Boul, fils d'un ami de la famille et sa marraine sa sœur aînée Marie, tous deux âgés de treize ansD 6.
En mars, âgée de deux mois, elle frôle la mort et doit être confiée à une nourrice, Rose Taillé, qui avait déjà nourri deux enfants du couple Martin. Sa santé se rétablit et elle grandit dans la campagne normande, dans cette ferme de Semallé, distante de 8 kmD 7. À son retour à Alençon, le 2 avril 1874, sa famille l'entoure d'affection. Sa mère dira d'elle qu'« elle est d'une intelligence supérieure à Céline, mais bien moins douce, et surtout d'un entêtement presque invincible. Quand elle dit non, rien ne peut la faire céderE 1. » Espiègle et malicieuse, elle réjouit sa famille par sa joie de vivre. Mais elle est également émotive et pleure souventD 8.
Elle grandit alors dans cette famille de fervents catholiques qui assistent chaque matin à la messe de 5 h 30, respectent rigoureusement le jeûne et prient au rythme de l'année liturgique. Les Martin pratiquent également la charité et accueillent à l'occasion un vagabond à leur table, visitent les malades et les vieillardsD 9. Même si elle n'est pas la petite fille modèle que dépeindront plus tard ses sœurs, Thérèse est sensible à cette éducation. Ainsi, elle joue à la religieuse, cherche souvent à « faire plaisir à Jésus » et elle s'inquiète de savoir s'il est content d'elleD 10. Un jour, elle va jusqu'à souhaiter à sa mère de mourir ; grondée, elle explique que c'est parce qu'elle lui souhaite le bonheur du ParadisE 2.Dès 1865, Zélie Martin se plaint de douleur au sein3,B 1. Ce cancer se développera peu à peu. En décembre 1876, un médecin lui révèle la gravité de cette « tumeur fibreuse » : il est trop tard pour tenter une opérationD 11,4. Le 24 février 1877, Zélie perd sa sœur Marie-Louise, morte de la tuberculose au couvent de la Visitation du Mans, sous le nom de sœur Marie-Dosithée. Après ce décès, le mal empire et la malade souffre de plus en plus, même si elle le cache à sa familleD 11.
En juin 1877, Zélie part à Lourdes en pèlerinage dans l'espoir d'y être guérie, mais le miracle n'a pas lieuB 2. Elle meurt le 28 août 1877, après plusieurs jours d'agonie. À quatre ans et demi, Thérèse vient de perdre sa mère. Elle en est profondément marquée. Plus tard, elle considérera que « la première partie de sa vie s'est arrêtée ce jour-làD 12. » Elle choisit alors sa grande sœur Pauline comme mère adoptiveE 3.
Arrivée à LisieuxEn novembre 1877, Louis et ses cinq filles s’installent à Lisieux pour se rapprocher d'Isidore Guérin, frère de Zélie, qu'un conseil de famille a désigné subrogé tuteur des enfantsD 13. Isidore Guérin et son épouse sont en effet persuadés que c'est la solution la plus sage et ils sont parvenus à convaincre Louis, d'abord réticent, de faire ce voyage. Pour accueillir la famille Martin, ils ont trouvé une maison bourgeoise entourée d'un parc : les BuissonnetsD 14. L'oncle Isidore, pharmacien à Lisieux, est alors actif politiquement, monarchiste convaincuB 3, il défend le pape Léon XIII et le développement du catholicisme socialB 4.
Louis, qui a vendu le commerce familial d'Alençon et vit désormais de ses rentes, se consacre à ses filles et en particulier à Thérèse, qu'il appelle sa « petite Reine ». Il l'emmène souvent en promenade aux alentours. Marie, âgée de dix-sept ans, prend en main le fonctionnement de la maison, avec l'aide d'une bonne que l'on a engagée. Pauline, seize ans, s'occupe de l'éducation des deux petites, spécialement de ThérèseD 15.
Thérèse ressent profondément le changement d'atmosphère : à l'animation de la boutique d'Alençon, toujours pleine de clientes et d'ouvrières, succède le silence et la solitude de cette demeure retirée où l'on reçoit peu. Sa mère lui manque d'autant plus et elle écrira : « À partir de la mort de maman, mon heureux caractère changea complètement ; moi si vive, si expansive, je devins timide et douce, sensible à l'excès ». Malgré l'amour que lui prodiguent son père et Pauline, sa « maman », la vie est austère aux Buissonnets et elle considérera plus tard qu'il s'agit de « la seconde période de son existence, la plus douloureuse des trois »E 3.
Les dimanches et les fêtes mettent un peu de fantaisie dans la vie bien réglée de la fillette : on assiste à la messe à la cathédrale Saint-Pierre, où l'on retrouve les Guérin, puis c'est un joyeux repas chez eux. Thérèse passe parfois l'après-midi avec l'une de ses sœurs, chez ses cousines Jeanne et Marie. Mais la belle journée passe trop vite à son goûtD 16.
À sept ans, en 1880, Thérèse se confesse pour la première fois. Elle ignore alors crainte et scrupules : « Depuis je retournais me confesser pour toutes les grandes fêtes et c'était une vraie fête pour moi chaque fois que j'y allais ». Le 13 mai 1880, c'est la première communion de Céline, dont elle partage la joie : « Je crois que j'ai reçu de grandes grâces ce jour-là et je le considère comme un des plus beaux de ma vie ». Elle a hâte de recevoir à son tour la communion et décide de profiter des trois années qui l'en séparent pour se préparer à l'événementD 17.
Un incident inquiétant survient au cours d'un après-midi d'été (en 1879 ou 1880)D 18. Elle aperçoit, d'une fenêtre donnant sur le jardin, « un homme vêtu absolument comme Papa, ayant la même taille et la même démarche, seulement il était beaucoup plus courbé... Sa tête était couverte d'une espèce de tablier de couleur indécise en sorte que je ne pus voir son visage. Il portait un chapeau semblable à ceux de Papa. Je le vis s'avancer d'un pas régulier, longeant mon petit jardin... Aussitôt un sentiment de frayeur surnaturelle envahit mon âme »E 4. Apeurée, elle appelle son père, absent ce jour-là. Ses sœurs tentent de la rassurer, on interroge la bonne, on fouille le jardin, mais en vain. Les sœurs Martin ne trouveront un sens à cette vision que quinze ans plus tard, avec la maladie de leur père, atteint de paralysie cérébraleE 5.
Scolarité chez les bénédictinesÀ huit ans et demi, le 3 octobre 1881, Thérèse entre à son tour au pensionnat des bénédictines de Lisieux. Elle revient le soir chez elle, le pensionnat étant proche du domicile familial. Les leçons de Pauline et de Marie lui ont donné de bonnes bases et elle se retrouve en tête de classe.
Cependant, elle découvre la vie collective à laquelle elle n'est pas préparée.
Persécutée par des camarades plus âgées qui la jalousent, elle pleure et n'ose se plaindre. Elle n'aime pas l'agitation bruyante des récréations.
Son institutrice la décrit comme une élève obéissante, calme et paisible, parfois songeuse ou même triste.
Thérèse affirmera plus tard que ces cinq années furent les plus tristes de sa vie, et qu'elle ne trouvait de réconfort que dans la présence de sa « Céline chérie »D 19.
Thérèse vit comme un soulagement le retour aux Buissonnets le soir après l'école : elle retrouve alors sa famille, son univers familier, sa joie de vivre. Les jeudis et les dimanches deviennent des jours importants. Avec sa cousine Marie Guérin, elle invente un nouveau jeu : vivre en solitaires au fond du jardin. Ce sont alors des temps de silence, d'oraisons, des rituels inventés auprès de petits autels installés à la buanderieD 19.
Elle aime également la lecture, qui répond à son besoin de calmeE 6. Passionnée par les récits chevaleresques, elle éprouve une grande admiration pour Jeanne d'Arc. Elle pense être, elle aussi, née pour la gloire, mais une gloire cachéeD 19 : le Bon Dieu « me fit comprendre que ma gloire à moi ne paraîtrait pas aux yeux des mortels, qu'elle consisterait à devenir une grande sainte !!!… »E 7.
Départ de Pauline au carmel[modifier]
Au cours de l'été 1882, Thérèse a 9 ans. Elle apprend fortuitement que sa sœur Pauline, veut entrer au CarmelD 20,E 8.
La perspective du départ de sa « seconde maman », la pousse au désespoirB 5 : «(...) l'ayant appris par surprise, ce fut comme si un glaive s'était enfoncé dans mon cœur »E 8.
Pauline, cherchant à la consoler, décrit à sa sœur la vie d'une carmélite. Thérèse se sent alors appelée elle aussi au carmel, elle écrira :
« Je sentis que le Carmel était le désert où le Bon Dieu voulait que j’aille aussi me cacher… Je le sentis avec tant de force qu’il n’y eut pas le moindre doute dans mon cœur : ce n’était pas un rêve d'enfant qui se laisse entraîner, mais la certitude d’un appel Divin ; je voulais aller au Carmel, non pour Pauline, mais pour Jésus seul… »E 8.
Un dimanche, à l'occasion d'une visite au carmel de Lisieux, elle parvient à parler seule à la supérieure, mère Marie de Gonzague. Celle-ci « croit à sa vocation », mais n'accepte pas de postulante âgée de moins de 16 ans. Thérèse attendra : elle sait désormais qu'elle a trouvé sa voieD 21.
C'est le lundi 2 octobre 1882 que Pauline entre au carmel de Lisieux, où elle prend le nom de sœur Agnès de Jésus. Journée d'autant plus triste pour Thérèse,qu'elle doit également reprendre le chemin de l'école pour une nouvelle année. Sautant une classe, elle entre en 3e, où l'on prépare la première communion. L'instruction religieuse sera l'une des matières importantes, une matière dans laquelle Thérèse excelle. La perspective de la communion, tant attendue, est pour elle un rayon de soleil. Mais, comble de malheur, elle en est exclue à cause d'un règlement récent de l'évêché qui fixe l'âge des communiantes. L'oncle Isidore n'hésite pas à se rendre à Bayeux pour solliciter une dispense de l'évêque, mais il rentre bredouilleD 21.
Même la demi-heure, que la supérieure accorde à Pauline pour rencontrer sa famille au parloir chaque jeudi, devient pour Thérèse un supplice. La jeune carmélite la néglige un peu, il ne reste souvent que deux ou trois minutes pour lui parler : « Ah ! ce que j'ai souffert à ce parloir du carmel ! ». À 10 ans, il lui semble perdre sa maman pour la seconde fois : « Je me disais au fond de mon cœur : "Pauline est perdue pour moi !!!" »D 21.
Une étrange maladie[modifier]
Vers le mois de décembre 1882, la santé de Thérèse se dégrade étrangement : elle est prise continuellement de maux de tête, de douleurs au côté. Elle mange peu, dort mal ; des boutons apparaissent. Son caractère change également : elle se fâche parfois avec Marie, et se chamaille même avec Céline, pourtant si proche d'elle. Au parloir du carmel, Pauline s'inquiète pour sa jeune sœur, à qui elle prodigue conseils et réprimandes affectueusesD 22.
Pendant les vacances de Pâques 1883, Louis Martin organise un voyage à Paris avec Marie et Léonie. L'oncle Guérin accueille de son côté Céline et Thérèse. Le 25 mars, soir de Pâques, on évoque au repas le souvenir de Zélie. Thérèse s'effondre alors en larmes et on doit la coucher. Elle passe une nuit très agitée ; son oncle inquiet fait appel le lendemain à un médecin. Celui-ci diagnostique « une maladie très grave dont jamais aucune enfant n'a été atteinte ». Devant la gravité de son état, on adresse un télégramme à Louis, qui revient en hâte de ParisD 22.
Plusieurs fois par jour, elle souffre de tremblements nerveux, d'hallucinations et de crises de frayeur. Puis elle est prise d'un grand état de faiblesse et, bien qu'elle garde toute sa lucidité, on ne peut la laisser seule. Pourtant, la malade répète qu'elle veut assister à la prise d'habit de Pauline, prévue le 6 avril. Le matin du jour fatidique, après une crise particulièrement forte, Thérèse se lève comme par miracle et, apparemment guérie, se rend avec sa famille au carmel. Elle passe ainsi toute la journée, pleine de gaieté et d'entrain. Mais le lendemain, c'est une rechute brutale : la malade délire et semble privée de sa raison. Le médecin, très inquiet, ne trouve toujours pas l'origine de son mal. Louis Martin se demande si sa « pauvre petite fille » ne va pas mourir ou sombrer dans la folieD 23.
Toute la famille prie pour Thérèse, on fait dire une neuvaine de messes à l'église Notre-Dame des Victoires à Paris, on place dans sa chambre une statue de la Vierge. Mais la malade ne retrouve provisoirement la raison que lorsqu'elle reçoit une lettre de sa sœur carmélite, qu'elle lit et relit maintes foisD 23.
Le 13 mai 1883, jour de la PentecôteB 6, Léonie, Marie et Céline tentent de calmer Thérèse qui ne les reconnaît pas. Impuissantes à la soulager, elles s'agenouillent au pied du lit et se tournent vers la statue de la Vierge. Thérèse racontera plus tard : « Ne trouvant aucun secours sur la terre, la pauvre petite Thérèse s'était aussi tournée vers sa mère du Ciel, elle la priait de tout son cœur d'avoir enfin pitié d'elle ... »E 9. Thérèse est alors bouleversée par la beauté de la Vierge et surtout par le sourire qu'elle lui adresse : « Ah ! Pensais-je, la sainte Vierge m'a souri, que je suis heureuse ... ». À ce moment, la malade se détend devant ses sœurs stupéfaites. Dès le lendemain, toute trace de la maladie disparaît, si ce n'est deux petites alertes dans le mois suivant. Thérèse demeure fragile, mais elle ne souffrira à l'avenir d'aucune nouvelle manifestation de ces troublesD 24.
Le médecin ayant conseillé à la famille d'éviter à la fillette toute émotion forte, elle est désormais choyée à l'excès par son entourageD 24.
Fin mai 1883, elle peut reprendre les visites à Pauline, au parloir du carmelD 25. Questionnée par sa sœur Marie, Thérèse qui s'était pourtant promis de garder le secret du sourire de la Vierge, finit par tout lui raconter. Les carmélites crient au miracle et la pressent de questions. Sa joie se change alors en souffrance : elle s'imagine avoir trahi la Vierge. D'autant qu'un doute insidieux s'infiltre en elle : n'a-t-elle pas simulé sa maladie D 25? Elle écrira : « Je me figurais avoir menti... je ne pouvais me regarder sans un sentiment de profonde horreur. Ah ! Ce que j'ai souffert, je ne pourrai le dire qu'au ciel ! »E 10. Le doute et la culpabilité vont la harceler pendant cinq annéesB 7.
Première communion et confirmation[modifier]
Par prudence, on prolonge la convalescence de Thérèse jusqu'aux grandes vacances, qui sont l'occasion pour elle de quitter Lisieux et de faire son « entrée dans le monde ». Pour la première fois, elle retrouve Alençon et les lieux de son enfance, mais aussi la tombe de sa mère. Partout, les Martin sont reçus par les amis de la famille, la bonne bourgeoisie d'Alençon : « Tout était fête autour de moi, j'étais fêtée, choyée, admirée ». Thérèse, qui paraît bien remise de sa maladie, apprécie particulièrement ce monde nouveau pour elle, plein de charmes et de tentations. Elle se laisse éblouir, mais n'oublie pas pour autant Pauline et le carmel de LisieuxD 26.
Octobre 1883, c'est la rentrée scolaire avec enfin la perspective tant attendue de la première communion. Tout au long de l'année, Thérèse est première en catéchisme. Elle se prépare également aux Buissonnets. Chaque semaine, Pauline lui écrit du carmel : elle conseille à sa sœur des sacrifices quotidiens et des prières à offrir à Jésus. Thérèse prend ces listes très au sérieux et s'applique à les suivre scrupuleusementD 27. Elle se confie à Marie, qui l'aide en suivant la spiritualité de saint François de SalesB 8. La communion est fixée au 8 mai 1884, jour également de la profession de Pauline. C'est une période « sans nuages » pour ThérèseD 27.
Pendant la messe de première communion, Thérèse pleure abondamment, larmes de joie et non de peine. Elle décrira parfaitement toute l'intensité de cette première rencontre mystique : « Ah ! Qu'il fut doux le premier baiser de Jésus à mon âme !... Ce fut un baiser d'amour, je me sentais aimée, et je disais aussi : " Je vous aime, je me donne à vous pour toujours. " Il n'y eut pas de demandes, pas de luttes, pas de sacrifices ; depuis longtemps, Jésus et la pauvre petite Thérèse s'étaient regardés et s'étaient compris »E 11. En recevant l'hostie, elle se sent également et pour toujours en communion avec sa mère au ciel et sa sœur au carmel. La profondeur spirituelle de cette journée n'empêche pas la communiante d'apprécier la fête de famille ainsi que les nombreux cadeaux qu'elle reçoitD 28.
Thérèse a hâte de pouvoir à nouveau recevoir l'eucharistie, mais la communion est alors soumise à la permission du confesseur. Contre toute espérance, l'abbé Domin l'autorise à communier pour la seconde fois deux semaines plus tard : le 22 mai 1884, jour de l'AscensionD 29. Pendant l'année qui suit, elle reçoit de grandes grâces, mais aussi l'intuition que des souffrances l'attendent. Elle se sent prête à les affronter et éprouve même « un grand désir de la souffrance », tandis que les doutes et scrupules nés de sa maladie disparaissentD 30.
Le 14 juin 1884, elle est confirmée par Mgr Hugonin, évêque de Lisieux. Sa marraine de confirmation est sa sœur Léonie. En recevant le Saint-Esprit, la jeune confirmée est émerveillée par ce « sacrement d'Amour » qui, elle en est sûre, lui donnera la « force de souffrir »D 31.
Les vacances de l'été 1884 sont splendides : Thérèse passe le mois d'août chez la mère de sa tante. Ce séjour dans la campagne normande ravit la jeune fille, comme en témoigne Mme Guérin dans une lettre à son mari : « La figure de Thérèse est toujours rayonnante de bonheur »D 32.
Après ces excellentes vacances, la jeune fille fait sa rentrée en octobre 1884. Une année scolaire sans histoire, même si elle souffre toujours de la dissipation de certaines camarades de classe. Sa maîtresse se souviendra d'elle comme d'une élève douce et sensible, prompte à fondre en larmes lorsqu'elle n'est pas la premièreD 32.
Les scrupules[modifier]
En mai 1885, Thérèse se prépare à ce qu'on appelle alors la deuxième communion. Lors de la retraite, suivant la tonalité d'une partie du clergé à l'époqueD 33, l'abbé Domin insiste sur les fautes à ne pas commettre, les péchés mortels, la mort et le jugement dernierD 34,F 1.
Les « peines d'âme », qui avaient tant tourmenté Thérèse et qui semblaient avoir disparu, se réveillent brusquement. La jeune fille, si fragile, sombre à nouveau dans la « terrible maladie des scrupules ». Thérèse se croit en faute et développe un fort sentiment de culpabilité à propos de tout. « Actions et pensées les plus simples deviennent pour elle sujet de trouble »D 35. Elle n'ose se confier à Pauline, qui lui paraît si lointaine dans son carmel. Il lui reste Marie, sa « dernière mère », à qui elle raconte désormais tout, y compris ses pensées les plus « extravagantes ». Celle-ci l'aide à préparer ses confessions en laissant de côté toutes ses peurs. Docile, Thérèse lui obéit. Cela a pour effet de cacher sa « vilaine maladie » à ses confesseurs, la privant ainsi de leurs conseilsD 35,F 1.
Les vacances d'été sont un moment de diversion pour Thérèse. Avec sa sœur Céline, elles passent quinze jours à Trouville, au bord de la mer. « Thérèse est franchement heureuse », constate sa tante, « jamais je ne l'ai vue aussi gaie ». Mais peut-être ne fait-elle que cacher ses souffrancesD 36.
La rentrée en octobre 1885 ne commence pas sous les meilleurs auspices. En effet Céline, la compagne de jeu, la grande sœur toujours prête à la défendre, a terminé ses études. Sa cousine Marie, souvent souffrante, ne reprend pas l'école. Thérèse est seule à l'Abbaye. Elle s'efforce de se lier avec des camarades, mais en vain. En outre, l'année commence avec une retraite où l'on insiste encore sur le péché, l'enfer et la mortD 37.
Au début de l'année 1886, Thérèse âgée de 13 ans commence à souffrir de maux de tête. Début mars, les maux de tête sont devenus continuels ; devant les absences répétées de la jeune fille, son père se résout à la retirer de l'Abbaye. Désormais, elle se rend 3 ou 4 fois par semaine chez Mme Papineau pour des leçons particulières. C'est une ambiance très différente chez cette dame de cinquante ans, « bien bonne personne, très instruite, mais ayant un peu des allures de vieille fille », qui vit avec sa mère et son chatD 38.
La jeune fille profite de ses nombreux temps libres pour aménager une mansarde des Buissonnets : un « vrai bazar ». Elle y est chez elle et passe des heures à étudier, à dévorer des livres, à méditer et prierD 39.
En juin, pour lui changer les idées, on l'envoie de nouveau à Trouville. Mais sans Céline, elle s'ennuie et tombe malade. Inquiète, sa tante la ramène à Lisieux. Aussitôt, elle recouvre la santé : « ce n'était que la nostalgie des Buissonnets », reconnaît-elleD 39.
En octobre 1886, sa sœur aînée Marie entre également au carmel de Lisieux et devient sœur Marie du Sacré-CœurB 9, tandis que Léonie se fait admettre chez les clarisses. Surpris et peiné, Louis Martin ne conserve avec lui aux Buissonnets que ses deux cadettes. Après le départ de sa « troisième maman », Thérèse passe par une période dépressive et pleure fréquemmentD 40.
Ses crises de scrupules atteignent leur paroxysme et elle ne sait à qui se confier, maintenant que Marie est partie au carmel. Elle prie alors spontanément ses quatre frères et sœurs décédés en bas âges. Elle s'adresse à eux avec simplicité, leurs demandant d'intercéder pour qu'elle recouvre la paix qui l'a quittéeE 12. La réponse ne se fait pas attendre et elle se sent aussitôt apaiséeD 41 : « Je compris que si j'étais aimée sur la terre, je l'étais aussi dans le ciel »E 12.
Malgré cette guérison qui fait disparaître ses scrupules, Thérèse est toujours excessivement émotive : « J'étais vraiment insupportable par ma trop grande émotivité ». L'adolescente qui va avoir quatorze ans peine à sortir de l'enfance, comment pourrait-elle supporter la dure vie des carmélites ? Il faudrait pour cela un miracleD 42.
La conversion de Noël 1886Le soir de Noël, Louis Martin et ses filles assistent à la messe de minuit à la cathédrale, mais le cœur n'y est pas. De retour aux Buissonnets, comme chaque année, Thérèse place ses souliers devant la cheminée pour qu'on y dépose ses cadeaux. Fatigué et agacé par cet enfantillage, Louis dit à Céline : « Heureusement que c'est la dernière année ! »E 13. Thérèse commence à pleurer, puis, brusquement, se reprend et essuie ses larmes. Joyeuse, elle ouvre alors ses cadeaux devant Céline qui n'en revient pasD 43.
Elle explique le mystère de cette conversion dans ses écrits. Parlant de Jésus, elle affirme ainsi qu'« en cette nuit où Il se fit faible et souffrant pour mon amour, il me rendit forte et courageuse »E 14. Elle découvre alors la joie dans l'oubli d'elle-même et ajoute : « Je sentis, en un mot, la charité entrer dans mon cœur, le besoin de m'oublier pour faire plaisir, et depuis lors je fus heureuse »E 15. Brusquement, elle est libérée des défauts et imperfections de son enfance : cette grâce reçue le soir de Noël la fait grandir et entrer dans l'âge adulte. Elle a retrouvé « la force d'âme qu'elle avait perdue » lors de la mort de sa mère, et c'était « pour toujours qu'elle devait la conserver »D 44.
Beaucoup de choses changeront après cette nuit de Noël 1886, qui marque le début de la troisième partie de sa vie, « la plus belle »D 44. Elle l'appellera la « nuit de ma conversion »Note 2 et écrira : « Depuis cette nuit bénie, je ne fus vaincue en aucun combat, mais au contraire je marchai de victoires en victoires et commençai, pour ainsi dire, une course de géant »E 14.
Quelques semaines avant sa mort, elle reparlera de cet événement : « J'ai pensé aujourd'hui à ma vie passée, à l'acte de courage que j'avais fait autrefois à Noël ! Et la louange adressée à Judith m'est revenue à la mémoire : « Vous avez agi avec un courage viril et votre cœur s'est fortifié ». Bien des âmes disent : mais je n'ai pas la force d'accomplir tel sacrifice. Qu'elles fassent donc ce que j'ai fait : un grand effort ! le bon Dieu ne refuse jamais cette première grâce qui donne le courage d'agir ; après cela, le cœur se fortifie et l'on va de victoires en victoires »E 16.
Pranzini[modifier]
Transformée et épanouie, Thérèse se développe sur tous les plans. Elle se rapproche alors de Céline, sa nouvelle confidente. Avec la permission de son confesseur, elle communie quatre à cinq fois par semaine, ce qui la fait pleurer de joie : « Je sentais en mon cœur des élans inconnus jusqu'alors, parfois j'avais de véritables transports d'amour »D 45. Tout l'intéresse et elle lit énormément, notamment L'Imitation de Jésus-Christ qu'elle connaît par cœur et qu'on s'amuse à lui faire réciter quand elle se rend chez les GuérinE 17.
Elle ressent à cette époque le besoin de prier pour la conversion des pécheurs. Les journaux parlent alors abondamment d'un condamné à mort, Henri Pranzini, qu'ils présentent comme un monstre, car il n'a jamais exprimé le moindre regret de ses meurtresB 10. L'exécution doit avoir lieu au cours de l'été 1887D 46,5 et Thérèse décide d'obtenir sa conversionNote 3. Elle fait pour cela des sacrifices et prie plus intensément encoreD 46. Confiante dans la miséricorde de Dieu, elle lui demande un simple signe de conversion afin d'être encouragée dans ses prièresD 46. Lors de son exécution, Pranzini refuse de voir le prêtre, mais au dernier moment il se retourne et embrasse la Croix avant de mourirD 46.
Le récit de la mort de Pranzini, qu'elle lit dans le journal de son pèreNote 4, marque Thérèse et conforte sa vocation. Elle devra consacrer sa vie au Carmel et devenir religieuse afin de prier pour tous les pécheursD 46. Elle poursuit ses prières pour Pranzini et demande que des messes soient célébrées pour celui qu'elle appelle son « premier enfant »E 18.
Cet épisode éclaire un aspect capital de la théologie que développera Thérèse de Lisieux, celle de la miséricorde divine : elle est certaine que Dieu a pardonné à Pranzini. Cette vision est d'autant plus radicale que l'opinion publique et les journaux de l'époque n'ont que très peu d'indulgence envers les criminelsB 11.
Candidature au carmelThérèse se sent désormais prête à entrer au carmel de Lisieux, elle en a même fixé la date : le 25 décembre 1887, jour anniversaire de sa conversion. Elle sait également qu'il lui faudra surmonter de nombreux obstacles et, songeant peut-être à Jeanne d'Arc, elle se déclare décidée à « conquérir la forteresse du Carmel à la pointe de l'épée »D 47.
Il lui faut d'abord obtenir le consentement de sa famille et notamment de son père. Déterminée, mais timide, elle hésite avant de lui confier son secret, d'autant que Louis Martin a subi quelques semaines plus tôt une petite attaque qui l'a laissé paralysé pendant plusieurs heures. Le 2 juin 1887, jour de la Pentecôte, après avoir prié toute la journée, elle lui présente sa requête le soir, dans le jardin des Buissonnets. Louis lui objecte sa jeunesse, mais il se laisse vite convaincre par sa fille. Il ajoute que Dieu lui fait « un grand honneur de lui demander ainsi ses enfants »D 47.
Ses sœurs sont partagées : Marie cherche à retarder la décision, tandis que Pauline l'encourage. Céline, qui souffre par avance du départ de sa sœur, la soutient néanmoinsD 48.
Mais un obstacle de taille se dresse en octobre 1887 : l'oncle Isidore, subrogé-tuteur des filles Martin, met son veto au projet de sa nièce. Prudent, le pharmacien de Lisieux craint le qu'en-dira-t-on et, s'il ne met pas en doute la vocation religieuse de Thérèse, il lui demande d'attendre l'âge de dix-sept ans. La jeune fille, confiante malgré tout, se confie à Pauline. Mais du 19 au 22 octobre, elle éprouve pour la première fois de sa vie une aridité intérieure. Cette « nuit profonde de l'âme » la désoriente, elle qui a reçu tant de grâces depuis Noël. Devant son désarroi au parloir, Pauline se décide à écrire à Isidore Guérin. Celui-ci, par estime pour sa filleule, donne finalement son accord le 22 octobreD 49.
Thérèse n'est pourtant pas au bout de ses peines, puisqu'elle se heurte maintenant au refus catégorique du chanoine Delatroëtte, supérieur du carmel. Échaudé par l'échec d'une affaire semblable, dont tout le monde parle à Lisieux, il n'accepte plus de postulante de moins de vingt-et-un ans. Seul l'évêque pourrait le faire fléchir. Pour consoler sa fille en larmes, Louis promet de lui faire rencontrer Mgr Hugonin D 49. Celui-ci reçoit Thérèse à Bayeux le 31 octobre, et l'écoute exprimer le vœu de se consacrer à Dieu, qu'elle éprouve depuis qu'elle est enfantE 19. Mais il remet sa décision à plus tard, quand il aura pris l'avis du chanoine DelatroëtteD 50.
Il ne reste plus qu'un espoir : le pape Léon XIII, que Louis Martin doit rencontrer prochainement au cours d'un pèlerinage à Rome organisé par le diocèse de Coutances. Thérèse et Céline seront du voyage, dont le départ est fixé au 4 novembre 1887D 50.
Pèlerinage à Rome[modifier]
Le pèlerinage auquel se joint la famille Martin est organisé à l'occasion du jubilé de Léon XIII. Emmené par l'évêque de Coutances, il réunit près de 200 pèlerins, dont 75 prêtresD 51. En l'absence de Mgr Hugonin , c'est l'abbé Révérony, son vicaire général, qui le représenteD 52. Le prix du voyage a opéré une sélection sévère : le quart des pèlerins appartient à la noblesseD 53.
Le rendez-vous étant fixé à Paris, Louis Martin profite de l'occasion pour faire visiter la capitale à ses filles. C'est pendant une messe à Notre-Dame des Victoires, une église chère à Louis, que Thérèse est enfin délivrée du dernier de ses doutes : c'est bien la Vierge qui lui a souri et l'a guérie de sa maladie. Elle lui confie le voyage et sa vocationD 53.
Un train spécial les conduit en Italie, après avoir traversé la Suisse. La jeune fille ne se lasse pas d'admirer les paysages qu'elle découvre pendant le voyageD 54. Elle est consciente de ce qu'elle perdra : « je me disais : plus tard, à l'heure de l'épreuve, lorsque prisonnière au Carmel, je ne pourrai contempler qu'un petit coin de ciel étoilé, je me souviendrai de ce que je vois aujourd'hui »B 12.
Les pèlerins sont reçus dans les meilleurs hôtels. Autrefois timide et réservée, Thérèse se montre très à l'aise dans tout ce luxe, au milieu de cette bonne société. La benjamine du pèlerinage, vive et jolie avec ses belles toilettes, ne passe pas inaperçueD 53.

Les visites s'enchaînent : Milan, Venise, Bologne, Notre-Dame de Lorette ; enfin, c'est l'arrivée à Rome. Au Colisée, Thérèse brave les interdictions et entre dans l'arène pour baiser le sable où le sang des martyrs a coulé. Elle demande la grâce d'être martyre pour Jésus, puis ajoute : « Je sentis au fond de l'âme que ma prière était exaucée ». Elle cherche à tout voir, tout visiter ... les journées ne sont pas assez longues. D'ailleurs, sa fougue juvénile ne plaît pas à certains ecclésiastiquesD 55.Mais Thérèse n'oublie pas le but de son voyage. Une lettre reçue de sa sœur Pauline l'encourage à présenter sa requête au pape. Elle lui répond « c'est demain, dimanche, que je parlerai au Pape ». Le 20 novembre 1887, de bon matin, les pèlerins assistent dans la chapelle pontificale à une messe célébrée par le pape. Puis c'est le moment tant attendu de l'audience : le vicaire général présente chacun à son tour au pape. Mais le vieil homme de 77 ans étant fatigué, on défend aux pèlerins de lui parler. Malgré tout, son tour venu, Thérèse s'agenouille et dit en pleurant : « Très Saint-Père, j'ai une grande grâce à vous demander ». Le vicaire explique qu'il s'agit d'une jeune fille qui veut entrer au Carmel. « Mon enfant, faites ce que les supérieurs vous diront » répond le pape, la jeune fille insiste : « Oh Très Saint-Père, si vous disiez oui, tout le monde voudrait bien ». Léon XIII lui rétorque « Allons ... allons ... vous entrerez si le Bon Dieu le veut ! ». Mais Thérèse souhaite une parole décisive et attend, les mains jointes sur les genoux du pape. Deux gardes doivent alors la porter jusqu'à la sortieD 56.
Le soir même, elle écrit à Pauline pour lui raconter l'échec : « J'ai le cœur bien gros. Cependant, le Bon Dieu ne peut pas me donner des épreuves qui sont au-dessus de mes forces. Il m'a donné le courage de supporter cette épreuve »D 57. Bien vite, tout le pèlerinage connaît le secret de Thérèse, et même Lisieux puisqu'un journaliste du journal l'Univers publie l'incidentB 13.
Le voyage se poursuit : on visite Pompéi, Naples, Assise ; puis c'est le retour par Pise et Gênes. À Nice, une lueur d'espoir pour Thérèse : le vicaire général promet d'appuyer sa demande. Le 2 décembre, c'est l'arrivée à Paris et enfin, le lendemain, le retour à LisieuxD 58.
Voici un pèlerinage de près d'un mois qui se solde par un échec pour Thérèse, un « fiasco »D 57 écrira Céline. Pourtant, ce voyage est arrivé à point nommé pour sa personnalité en plein développement ; il lui a « plus appris que de longues années d'études ». Pour la première et dernière fois de sa vie, elle a quitté sa Normandie natale : elle a traversé la France, la Suisse, et visité toute l'Italie. Attentive à tout ce qu'elle voyait et entendait, elle a compris quelque chose de l'histoire des peuples et de l'ÉgliseD 59. Notamment, elle qui ne connaissait les prêtres que dans l'exercice de leur ministère, elle les a côtoyés, elle a entendu leurs conversations, pas toujours édifiantes. Elle a découvert qu'ils ne sont pas parfaits, que ce sont simplement des hommes et parfois « des hommes faibles et fragiles ». Elle sait désormais pourquoi le carmel prie spécialement pour eux : « J'ai compris ma vocation en Italie »D 60.
Elle a appris également à mieux se connaître : elle s'est révélée gaie, pleine d'humour, très à l'aise dans le monde. Elle a pris conscience de sa féminité et de sa beauté, auxquelles les jeunes Italiens ne sont pas restés indifférents. Elle sent qu'elle pourrait choisir la voie d'un brillant mariage : « Facilement, mon cœur se laisserait prendre à l'affection ». Mais sa résolution n'en est que plus forte, et c'est « librement » qu'elle accepte de se faire « prisonnière par amour » au carmel. De retour à Lisieux, elle le reconnaît : « il y avait de quoi ébranler une vocation peu affermie »D 61.
Autorisation de l'évêque[modifier]
Dès le lendemain du retour, Thérèse se rend au parloir du carmel, où l'on met au point une stratégie. Mais le chanoine Delatroëtte reste intraitable et se méfie des manœuvres des carmélites. Il rabroue mère Geneviève, la fondatrice du carmel de Lisieux, et mère Marie de Gonzague, l'actuelle mère supérieure, venues plaider la cause de Thérèse. M. Guérin intervient à son tour, mais en vain. Le 14 décembre, Thérèse écrit à Mgr Hugonin et à son vicaire général, à qui elle rappelle la promesse faite à Nice. Humainement tout a été tenté, il faut désormais attendre et prierD 62.
Le soir de Noël, date anniversaire de sa conversion, Thérèse assiste à la messe de minuit. Elle ne peut retenir ses larmes, mais elle sent que l'épreuve fait grandir sa foi et son abandon à la volonté divine : elle a eu tort de vouloir imposer une dateD 63.
Enfin, le 1er janvier 1888, veille de ses 15 ans, elle reçoit une lettre de mère Marie de Gonzague : l'évêque s'en remet à sa décision. Thérèse est donc attendue au carmel mais, ultime délai fixé sur les conseils de Pauline, elle ne pourra entrer qu'en avril, après les rigueurs du carême. Cette attente est une nouvelle épreuve pour la future postulante, qui y voit pourtant une occasion de se préparer intérieurementD 64.
La date de son départ est finalement fixée au 9 avril 1888, jour de l'AnnonciationD 65. Thérèse aura alors quinze ans et trois mois. On peut noter qu'à l'époque, une jeune fille pouvait faire sa profession religieuse à dix-huit ans. Il n'était donc pas rare de voir, dans les ordres religieux, des postulantes et des novices ayant à peine seize ans. La précocité de Thérèse, au regard des habitudes de l'époque, n'est donc pas exceptionnelleF 2.
Vie au carmelL'ordre du Carmel a été réformé au xvie siècle par Thérèse d'Avila. La vie au carmel est essentiellement consacrée à la prière personnelle et collective. Les temps de silence et de solitude y sont nombreux, mais la fondatrice a prévu aussi des temps pour le travail ou la détente en commun. L'austérité de cette vie ne doit pas faire obstacle à des relations fraternelles et joyeuses. Toutefois, au cours des siècles, une certaine dérive est apparue, allant dans le sens d'un esprit de pénitence parfois excessif et d'un moralisme étroit. Le carmel de Lisieux n'échappe pas à ces travers, présents dans le christianisme français au xixe siècleD 66.

Découverte de la petite voie[modifier]
Thérèse est entrée au carmel avec le désir de devenir une grande sainte. Mais, fin 1894, au bout de six années, force lui est de reconnaître que cet objectif est pratiquement impossible à atteindre. Elle a encore de nombreuses imperfections et n'a pas le charisme de Thérèse d'Avila, Paul de Tarse et tant d'autres. Surtout, elle qui est très volontariste, voit bien les limites de tous ses efforts. Elle reste petite et bien loin de cet amour sans faille qu'elle voudrait pratiquer. Elle comprend alors que c'est sur cette petitesse même qu'elle peut s'appuyer pour demander l'aide de Dieu. Dans la bible, le verset « Si quelqu'un est tout petit, qu'il vienne à moi ! » (Livre des Proverbes, ch.4, verset 9) lui donne un début de réponse. Elle qui se sent si petite et incapable peut se tourner vers Dieu avec confiance. Mais alors, que va t-il se passer ? Un passage du livre d'Isaïe lui donne une réponse qui l'encourage profondément : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux » (Livre d'Isaïe, 66, 12-13). Elle conclut que Jésus lui-même va la porter au sommet de la saintetéD 86. Elle écrira : « l'ascenseur qui doit m'élever au ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela, je n'ai pas besoin de grandir, au contraire, il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus »E 31.
La petitesse de Thérèse, ses limites deviennent ainsi motifs de joie, plus que de découragement. Car c'est là que va s'exercer l'amour miséricordieux de Dieu pour elleD 86. Dans ses manuscrits, elle donne à cette découverte le nom de « petite voie »E 32. Dès février 1895, elle va régulièrement signer ses lettres en ajoutant toute petite devant son nomD 86,E 33. Jusque là, Thérèse employait le vocabulaire de la petitesse pour rappeler son désir d'une vie cachée et discrète. À présent, elle l'utilise aussi pour manifester son espérance : plus elle se sentira petite devant Dieu, plus elle pourra compter sur luiF 14.
C'est aussi pendant cette période qu'elle commence, à la demande de mère Agnès, d'écrire ses mémoiresD 87. Elle poursuit également l'écriture de pièces de théâtres et de cantiques, dont le plus connu est Vivre d'amourD 88, 9.
Offrande à l'amour miséricordieuxLe 9 juin 1895, lors de la fête de la sainte Trinité, Thérèse a l'inspiration soudaine qu'il lui faut s'offrir en victime d'holocauste à l'amour miséricordieuxD 88. À l'époque, certaines religieuses s'offraient comme victime à la justice de DieuD 88. Leur intention était de souffrir, à l'image du Christ, et en union avec lui, pour suppléer aux pénitences que ne faisaient pas les pécheursF 15. Ces religieuses qui s'offraient de la sorte pouvaient être atteintes de maladies particulièrement longues et douloureuses et on ne manquait pas de faire le lien entre leur souffrance et l'offrande qu'elles avaient faiteF 15. La veille, le 8 juin, Thérèse a encore entendu, au carmel, la vie et la terrible agonie d'une d'entre elles, sœur Marie de Jésus, carmélite de Luçon, qui s'était bien souvent offerte comme victime à la justice divineF 16. Tout en admirant la générosité de cette offrande, Thérèse ne se voit pas la faire elle-mêmeF 17. La petite voie qu'elle vient de découvrir quelques mois auparavant l'encourage à innover en s'offrant plutôt à l'amour et à la miséricorde de DieuF 17. Elle a l'intuition que Dieu est une fontaine intarissable d'amour mais que ces flots de tendresse sont comme comprimés car les hommes ne les accueillent pasF 18. Elle s'offre alors, le 11 juin, à l'amour miséricordieux afin de recevoir de Dieu cet amour qui lui manque pour accomplir tout ce qu'elle voudrait faire : « Oh mon Dieu ! Trinité Bienheureuse, je désire vous Aimer et vous faire Aimer, travailler à la glorification de la Sainte Église en sauvant les âmes (...). Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m'avez préparé dans votre royaume, en un mot, je désire être Sainte, mais je sens mon impuissance et je vous demande, oh mon Dieu ! d'être vous même ma sainteté »E 34,10,D 88. Quelques jours plus tard, alors qu'elle prie le chemin de croix, elle est prise d'un amour intense pour le « bon Dieu »D 88 : « Je brûlais d'amour et je sentais qu'une minute, une seconde de plus, je n'aurais pu supporter cette ardeur sans mourir »E 35. Elle voit dans cet épisode, qui est rapidement suivi du sentiment de sécheresse spirituel qu'elle connaît habituellement, la confirmation que son acte d'offrande est accepté par DieuD 88.
En août 1895, les quatre sœurs Martin sont rejointes par leur cousine, Marie GuérinD 85. En octobre, un jeune séminariste, l'abbé Maurice BellièreF 19, demande au carmel de Lisieux qu'une religieuse soutienne, par la prière et les sacrifices, sa vocation missionnaire. Mère Agnès désigne Thérèse, qui, ayant toujours rêvé d'avoir un frère prêtre, en est ravie. Elle multiplie les petits sacrifices qu'elle offre pour la mission du futur prêtre, et l'encourage par ses lettresD 89. Et en février 1896, elle connaît une autre joie avec la profession religieuse de sa sœur Céline (sœur Geneviève, au carmel)D 90.
Le 21 mars 1896, a lieu l'élection de la prieure. Après ces trois années où, comme l'imposait le règlement, elle a dû céder la place, mère Marie de Gonzague s'attend à retrouver sa charge de prieureF 20. Mais les élections sont tendues et mère Marie de Gonzague ne l'emporte que de justesse, devant mère Agnès. Émue par ce qui vient de se passer, mère Marie de Gonzague décide de garder, tout en étant prieure, la fonction de maîtresse des novices. Elle choisit, comme adjointe, Thérèse. Celle-ci est, de fait, responsable de la formation du noviciat, sans en avoir officiellement le titre. Les autres novices le savent et, qui plus est, sont en majorité ses aînées. Thérèse vit cette mission délicate avec pédagogie, s'adaptant à la personnalité de chacune, mais sans faire de concession. Elle veut aider les religieuses à devenir de vraies carmélites, même si le prix à payer est d'être jugée parfois trop sévèreD 91.
Vis-à-vis de mère Marie de Gonzague, Thérèse reste dans la plus grande obéissance, accomplissant à la lettre, selon le témoignage d'une de ses novices, « la multitude de petits règlements que mère Marie de Gonzague établissait ou détruisait au gré de ses caprices, règlements instables dont la communauté tenait peu de compte »11.
Maladie et nuit de la foi[modifier]
Pendant le carême 1896, Thérèse suit rigoureusement les exercices et les jeûnes. Dans la nuit du Jeudi au Vendredi saint, elle est victime d'une première crise d'hémoptysie. Elle signale celle-ci à mère Marie de Gonzague, tout en insistant sur le fait qu'elle ne souffre pas et n'a besoin de rien. Une seconde crise se reproduit la nuit suivante. Cette fois, la prieure s'inquiète et autorise son cousin, le docteur La Néele, à l'ausculter. Celui-ci pense que le saignement a pu provenir de la rupture d'un vaisseau sanguin dans la gorge. Thérèse ne se fait aucune illusion sur son état de santé, mais elle n'éprouve aucune crainte. Bien au contraire, car la mort va bientôt lui permettre de monter au ciel et de retrouver celui qu'elle est venu chercher au carmel : sa joie est à son combleD 92. Elle continue de participer à toutes les activités du carmel, sans ménager ses forceCette période difficile est aussi une période de déréliction, ou nuit de la foi. Pendant la semaine sainte 1896, elle entre soudain dans une nuit intérieure. Le sentiment de foi qui l'animait depuis tant d'années, qui la faisait se réjouir de « mourir d'amour » pour Jésus a disparu en elle. Dans ses ténèbres, il lui semble entendre une voix intérieure se moquer d'elle et du bonheur qu'elle attend dans la mort, alors qu'elle avance vers « la nuit du néant »D 93. Ses combats ne portent pas sur l'existence de Dieu, mais sur la croyance en la vie éternelleF 21. Une seule impression en elle désormais : elle va mourir jeune, pour rien. Elle n'en poursuit pas moins sa vie de carmélite. Seuls les cantiques et les poésies, qu'elle continue à composer à la demande des sœurs, laissent entrevoir son combat intérieur : « Mon Ciel est de sourire à ce Dieu que j'adore, lorsqu'Il veut se cacher pour éprouver ma foi »D 93. Les ténèbres ne la quitteront plus et persisteront jusqu'à sa mort, un an plus tard. Pourtant, elle vit cette nuit comme l'ultime combat, l'occasion de prouver malgré tout son indéfectible confiance en DieuD 93. Refusant de céder à cette peur du néant, elle multiplie les actes de foi. Elle signifie par là qu'elle continue à croire, bien que son esprit soit envahi par les objectionsF 21. Ce combat est d'autant plus douloureux qu'elle a toujours manifesté son désir d'être active et de faire beaucoup de bien après sa mortF 21.
À partir de mai 1896, à la demande de mère Marie de Gonzague, Thérèse parraine un second missionnaire : le père RoullandD 94,F 22. Sa correspondance avec ses frères spirituels est l'occasion de développer sa conception de la sainteté : « Ah ! Mon frère, que la bonté, l'amour miséricordieux de Jésus sont peu connus !... Il est vrai que pour jouir de ces trésors, il faut s'humilier, reconnaître son néant, et voilà ce que beaucoup d'âmes ne veulent pas faire »E 36.
En septembre 1896, Thérèse éprouve toujours de nombreux désirs : elle veut être à la fois missionnaire, martyr, prêtre, docteur de l'ÉgliseE 37. Elle lit alors les écrits de saint Paul, dans la première épitre aux Corinthiens. L'hymne à la charité, au chapitre 13, l'éclaire profondémentD 95. Comme un éclair qui la traverse, le sens profond de sa vocation lui apparaît soudain : « Ma vocation enfin je l'ai trouvée, MA VOCATION C'EST L'AMOUR !... »E 37. En effet, la vocation à la charité englobe toutes les autres, c'est donc elle qui répond à tous les désirs de Thérèse. « Je compris que l'Amour renfermait toutes les vocations, que l'Amour était tout, qu'il embrassait tous les temps et tous les lieux. En un mot qu'il est Éternel »E 38. Thérèse s'évertue alors, de plus en plus, à vivre tout par amour. De nombreux exemples la montrent cherchant à faire le bien des religieuses, tout particulièrement de celles au tempérament difficileE 39. Le père Rouland lui fait connaître Théophane Vénard, elle découvre ses écrits en novembre 1896 et Théophane devient pour elle un modèle de prédilection12. Elle trouve dans sa correspondance de nombreux points communs avec elle : « Ce sont mes pensées ; mon âme ressemble à la sienne »13. Elle recopiera plusieurs passages de Théophane Vénard dans son testament.
Aggravation de la maladie[modifier]
Janvier 1897, Thérèse vient d'avoir vingt-quatre ans et elle écrit : « je crois que ma course ne sera pas longue ». Pourtant, malgré l'aggravation de la maladie pendant l'hiver, Thérèse parvient encore à donner le change aux carmélites et à tenir sa place dans la communauté. Mais au printemps les vomissements, les fortes douleurs à la poitrine, les crachements de sang deviennent quotidiens et Thérèse s'affaiblitD 96.
En avril 1897, elle subit le contrecoup de l'affaire Diana Vaughan. Celle-ci est connue depuis 1895 par ses mémoires, racontant son passage dans les milieux sataniques, suivi de sa conversion grâce à l'exemple de Jeanne d'Arc. Thérèse, frappée comme beaucoup de catholiques par ce témoignage, et admirative d'une prière composée par Diana Vaughan, lui a envoyé quelques lignesD 97, F 23. Et Mère Agnès a joint au courrier une photo de Thérèse jouant le rôle de Jeanne d'ArcF 23. Thérèse a aussi écrit, en juin 1896, une courte pièce de théâtre, s'inspirant de la conversion de Diana Vaughan, et intitulée « Le Triomphe de l'humilité »F 23. Diana Vaughan vivant cachée, c'est un nommé Léo Taxil, ancien anticlérical, converti lui aussi, qui est son intermédiaire auprès de la presse. Mais à partir de 1896, on se met à douter de sa sincérité. Léo Taxil annonce alors, pour le 19 avril 1897, une conférence qu'il donnera avec la célèbre jeune femme. Lors de cette séance publique, il révèle que Diana Vaughan n'a jamais existé et que cette histoire est un canular monté de toute pièce. L'assistance est scandalisée. Au carmel, on apprend la nouvelle le 21 avril. Et le 24, Thérèse découvre que la photo la représentant en Jeanne d'Arc a été projetée lors de la conférenceF 23. Elle vit cet épisode comme une humiliationF 23, et une épreuve, surtout dans cette période où elle est tenaillée par les doutesD 98.
En juin, mère Marie de Gonzague lui demande de poursuivre la rédaction de ses mémoiresNote 5, D 99. Il lui arrive d'écrire dans le jardin, sur la chaise d'infirme utilisée par son père dans les dernières années de sa maladie, et cédée ensuite au carmelF 24. Son état empirant, elle est placée à l'infirmerie le 8 juillet 1897, où elle restera pendant douze semaines jusqu'à sa mortD 100.Se sachant condamnée, et vivant toujours cette nuit de la foi qui la prive de l'impression intérieure d'une vie après la mort, Thérèse n'en continue pas moins de dire, à plusieurs reprises, son espéranceF 25. Le 17 juillet, elle confie : « Je sens que je vais entrer dans le repos... Mais je sens surtout que ma mission va commencer, ma mission de faire aimer le bon Dieu comme je l'aime, de donner ma petite voie aux âmes. Si le bon Dieu exauce mes désirs, mon Ciel se passera sur la terre jusqu'à la fin du monde. Oui, je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre »E 40.
Le 17 août, le docteur La Néele examine Thérèse, son diagnostic est sans appel : c'est une tuberculose au stade le plus avancé, un poumon est perdu et l'autre atteint, les intestins sont touchés. Ses souffrances sont alors extrêmes : « C'est à en perdre la raison ». Puis elles s'apaisent dans une dernière phase de rémission ; Thérèse reprend quelques forces, elle retrouve même son humourD 101. Ses sœurs consignent ses paroles. Elles lui demandent comment l'invoquer quand elles prieront plus tard ; elle répond qu'il faudra l'appeler « petite Thérèse »D 102, E 41.
À partir du 29 septembre 1897, son agonie commence. Elle passe une dernière nuit difficile, veillée par ses sœurs. Au matin elle leur dit : « C'est l'agonie toute pure, sans aucun mélange de consolation ». Elle demande à être préparée spirituellement à mourir. Mère Marie de Gonzague la rassure, lui disant qu'ayant toujours pratiqué l'humilité, sa préparation était faite. Thérèse réfléchit un instant puis répond : « Oui, il me semble que je n'ai jamais cherché que la vérité ; oui, j'ai compris l'humilité du cœur... »E 42. Sa respiration est de plus en plus courte, elle étouffeD 103. Après plus de deux jours d'agonie, elle est épuisée par la douleur : « Jamais je n'aurais cru qu'il était possible de tant souffrir ! Jamais ! Jamais ! Je ne puis m'expliquer cela que par le désir ardent que j'ai eu de sauver des âmes »E 42. Vers sept heures du soir, elle prononce ses dernières paroles « Oh ! je l'aime ! ... Mon Dieu ... Je vous aime ... »E 42. Elle s'affaisse, puis rouvre une dernière fois les yeux. D'après les carmélites présentes, elle a alors une extase, qui dure l'espace d'un credo, avant de rendre le dernier soupirE 43. Elle meurt le 30 septembre 1897 à 19 h 20, à l'âge de 24 ansD 104. « Je ne meurs pas, j'entre dans la vie », écrivait-elle dans l'une de ses dernières lettresE 44.
Elle est inhumée le 4 octobre au cimetière de Lisieux, dans une nouvelle concession acquise pour le carmel. Les carmélites ne peuvent quitter le couvent, et c'est un « fort petit » cortège qui suit le corbillardD 105.
Postérité de Thérèse de Lisieux
La spiritualité thérésienne dépasse également les limites de l'Ordre du Carmel. En 1933 sont fondées les « Oblates de Sainte-Thérèse » et en 1944 une congrégation d'hommes : les « Missionnaires de Sainte-Thérèse ». Le cardinal Suhard, fondateur en 1941 de la Mission de France, entend réaliser « une partie de la mission de la sainte ». Le séminaire de la Mission de France s'installe à Lisieux en octobre 1942D 131.
S'il ne nomme pas expressément Thérèse, le concile Vatican II, qui se tient entre 1962 et 1965, est dans la droite ligne de ses intuitions. Il prône ainsi le retour à la parole de Dieu ; il met en avant la pratique de la foi, de l'amour et de l'espérance dans la vie quotidienne ; il appelle chaque baptisé à la saintetéD 132.
En 1980 Jean-Paul II, lors de sa visite en France, décide de venir à la basilique de Lisieux22.
Le 19 octobre 1997, année du centenaire de sa mort, sainte Thérèse est proclamée Docteur de l'Église par Jean-Paul II23. Dans sa lettre apostolique Divini amoris scientia20, ce dernier explique :
« Dans les écrits de Thérèse de Lisieux, sans doute ne trouvons-nous pas, comme chez d’autres docteurs, une présentation scientifiquement organisée des choses de Dieu, mais nous pouvons y découvrir un témoignage éclairé de la foi qui, en accueillant d’un amour confiant la condescendance miséricordieuse de Dieu et le salut dans le Christ, révèle le mystère et la sainteté de l’Église. »
Âgée de 24 ans lors de son décès, elle est la plus jeune des 33 docteurs de l'Église.
Les parents de sainte Thérèse, Louis et Zélie Martin, ont été béatifiés le 19 octobre 2008 à Lisieux.
Dans la liturgie[modifier]
Dans la liturgie catholique, Thérèse de l'Enfant-Jésus est fêtée le 1er octobre. C'est une fête inscrite au calendrier universel de l'Eglise. Elle a rang de mémoire obligatoire24,25 (un degré de célébration liturgique souvent associé aux saints).
La prière propre à la messe célébrée en sa mémoire, est la suivante : « Dieu, qui ouvres ton Royaume aux petits et aux humbles, donne-nous de marcher avec confiance sur les pas de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, pour obtenir ainsi la révélation de ta gloire. »
Les passages de la Bible lus lors de l'eucharistie ont été choisis en fonction de sa spiritualité. Ils évoquent essentiellement l'esprit d'enfance spirituelle que Thérèse a développé dans sa vie et ses écrits.
La première lecture est tirée du livre d'Isaïe (ch. 66, 10-14). Ces versets sont ceux qui l'ont aidée, fin 1894, à trouver la spiritualité de la petite voie dont elle témoignera ensuite : « (...) Vous serez comme des nourrissons que l'on porte sur son bras, que l'on caresse sur ses genoux. De même qu'une mère console son enfant, moi-même, je vous consolerai, dans Jérusalem, vous serez consolés (...). » Une lecture alternative est Romain 8, 14-17 : « (...) L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : « Abba! »(...) ».
Cette lecture est suivie du psaume 130 (129) « (...) mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère (...). »
L'évangile fait aussi référence à l'enfance et à l'humilité : (...) « celui qui se fera petit comme cet enfant, c'est celui-là qui est le plus grand dans le royaume des cieux. » (Mathieu 18, 1-4)26,27.

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playmo
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Re: Hello !!

Messagepar playmo » 16 nov. 2012, 22:05

J'ai pas tout lu !! c'est pas grave hein ?? :D
Qui pisse face au mistral mouille ses sandales !

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Jackymoto
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Re: Hello !!

Messagepar Jackymoto » 16 nov. 2012, 22:45

Marie Thérése, c'est celle qui rie quand on la baise!(c'est la version courte!)

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Témasque 666
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Re: Hello !!

Messagepar Témasque 666 » 16 nov. 2012, 23:12

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Je suis responsable de ce que je dis ........................... pas de ce que tu comprends


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Témasque 666
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Re: Hello !!

Messagepar Témasque 666 » 16 nov. 2012, 23:13

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mimi.lulu
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Re: Hello !!

Messagepar mimi.lulu » 16 nov. 2012, 23:18

Ca ne nous intéresse pas ! Je vous dis que ça ne nous intéresse pas !
:MDR: :MDR: :MDR: :MDR: :MDR:

Jean-Luc aka mimi.lulu - ex-administrateur pendant 16 ans
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Re: Hello !!

Messagepar poalaboi » 17 nov. 2012, 06:48

Ah, qui est Thérèse :idea: ... Voyons voir :hein:
A coté de Paris, tu as les 9-3
Ben à Marseille et à coté, peuchère c'est Thérèse, voilà :wink:
A Lyon et à coté c'est vraiment bon bon bon :oops:
...
Bill, tu nous donnes là une occasion de post passionnants pour approfondir notre géographie :wink:

A vous Cognacq Jay
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Re: Hello !!

Messagepar Stella de Peyrac » 17 nov. 2012, 11:25

Salut grand fou ! :amour:

:coucou:
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Re: Hello !!

Messagepar brunoetz » 18 nov. 2012, 11:56

Quelle culture ce Gédéon !
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Marco
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Re: Hello !!

Messagepar Marco » 18 nov. 2012, 12:46

brunoetz a écrit :Quelle culture ce Gédéon !

Il est quand même un peu touché aux pattes arrière, le Gédéon ! :mrgreen:
Je suis la mauvaise herbe, c'est pas moi qu'on rumine et c'est pas moi qu'on met en gerbe, je suis la mauvaise herbe, je pousse en liberté dans les jardins mal fréquentés. (G. Brassens)
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