Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
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druid
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
Easy on the throttle, steady on the gears, roll her over gently and she'll last for many years.
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mimi.lulu
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
Marco a écrit :
Tout ça pour dire que les appli, les striming, les plateformes, les téléchargements, je ne sais même pas ce que c'est ! Je ne suis encore pas si loin de l'ère préhistorique.
Boarf ce n'est pas plus compliqué que de cliquer ici sur un message, d'y répondre et ajouter des émoticônes !

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Jean-Luc aka mimi.lulu - ex-administrateur

Il n'y a aucune urgence, il n'y a que des gens en retard.
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Tonton
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
Jihel a écrit :Merci à tous pour ces remarques.
Et oui, Tonton, la question que tu poses est une question-clé. Mais mon post étant déjà d'une longueur extravagante, elle fait partie de celles qui sont renvoyées à l'épisode suivant.
L'article cité par Daniel est précieux, et donne beaucoup d'informations (pas seulement sur la rémunération des ayants droit). La tendance indiquée dans l'article est probablement durable, mais les chiffres les plus récents datent de 2016, et on parle d'un secteur où les évolutions sont rapides.
Cordialement.
Dac , on vas dire que c'est le flou artistique
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l' Tonton , un peu noir , un peu rouge , même un peu vert , mais jamais extrémiste !
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beb74
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
J'écoute de la musique en cuisinant, en voiture, qd je suis sur l'ordi., en bricolant, mais les radios avec les pubs et leurs infos stressantes, je peux pas.
Alors j'ai pris Spotify, parce que c'est européen. Si j'aime bien un morceau, je peux écouter 10 versions, en live ou pas, par différents artistes, avec vidéo ou pas.
Après on rentre dans le domaine de l'AI.: l'algorithme ,toutes les semaine, me propose des playlistes associées à mon écoute. Et ça me fait découvrir de la musique, des artistes que jamais j'aurais écoutés.
Bien sur, je ne "possède" rien, pas de disques, de Cd, ou même d'enregistrement.
Mais c'est l'évolution de la société: ne pas possèder mais utiliser.
C'est comme ça pour les trotinnettes, les vélos, la musique et bientôt les voitures et les motos.
Je suis bien conscient et cela me fait bien peur mais j'essaye de vivre avec mon temps sans rejeter mon passé.
Alors j'ai pris Spotify, parce que c'est européen. Si j'aime bien un morceau, je peux écouter 10 versions, en live ou pas, par différents artistes, avec vidéo ou pas.
Après on rentre dans le domaine de l'AI.: l'algorithme ,toutes les semaine, me propose des playlistes associées à mon écoute. Et ça me fait découvrir de la musique, des artistes que jamais j'aurais écoutés.
Bien sur, je ne "possède" rien, pas de disques, de Cd, ou même d'enregistrement.
Mais c'est l'évolution de la société: ne pas possèder mais utiliser.
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Et si tu m'engueules, j'y vais pas 

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Ded31
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
Moi j'ai digitalisé tous mes CD, mes vidéos, inclus les radios (que j'ai choisies), option diaporama musical...
et j'ai fait mon propre programme qui arrose toute la maison (soit sur l'ampli, soit en dents bleues).
Je peux scanner le CB des CD ou y aller en commandes vocales.
Bref, je me suis bien amusé (sens propre) !
En petit ou plein écran (envoi direct sur téléviseur)
Playlist perso ou en composition automatique (choix des types musicaux).
Et je j'ajoute et modifie suivant mes idées et envies.

et j'ai fait mon propre programme qui arrose toute la maison (soit sur l'ampli, soit en dents bleues).
Je peux scanner le CB des CD ou y aller en commandes vocales.
Bref, je me suis bien amusé (sens propre) !
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Playlist perso ou en composition automatique (choix des types musicaux).
Et je j'ajoute et modifie suivant mes idées et envies.

Quand on n'aime pas un dessin, on ne tue pas les gens, on en fait un plus joli - (Léa 6 ans).
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C'est avec les vieilles "fontes" qu'on fait les meilleurs trips !!!
http://ded31-royal-blog.blogspot.com/
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jc83
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
beb74 a écrit :J'écoute de la musique en cuisinant, en voiture, qd je suis sur l'ordi., en bricolant, mais les radios avec les pubs et leurs infos stressantes, je peux pas.
Alors j'ai pris Spotify, parce que c'est européen. Si j'aime bien un morceau, je peux écouter 10 versions, en live ou pas, par différents artistes, avec vidéo ou pas.
Après on rentre dans le domaine de l'AI.: l'algorithme ,toutes les semaine, me propose des playlistes associées à mon écoute. Et ça me fait découvrir de la musique, des artistes que jamais j'aurais écoutés.
Bien sur, je ne "possède" rien, pas de disques, de Cd, ou même d'enregistrement.
Mais c'est l'évolution de la société: ne pas possèder mais utiliser.
C'est comme ça pour les trotinnettes, les vélos, la musique et bientôt les voitures et les motos.
Je suis bien conscient et cela me fait bien peur mais j'essaye de vivre avec mon temps sans rejeter mon passé.
Je vois que parmi tes radios préférées tu as FIP. C'était la radio de mon enfance en PO, 514 m si mes souvenirs sont bons. Supprimée de la bande FM dans pas mal de région pour être remplacée par radio bleu. Mais à nouveau là, partout sur la planète où il y a internet, pour enchanter mes oreilles.

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Daniel78
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
Ded31 a écrit :Moi j'ai digitalisé tous mes CD, mes vidéos, inclus les radios (que j'ai choisies), option diaporama musical...
et j'ai fait mon propre programme qui arrose toute la maison (soit sur l'ampli, soit en dents bleues).
Je peux scanner le CB des CD ou y aller en commandes vocales.
Bref, je me suis bien amusé (sens propre) !...
Chouette développement le Ded !

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Ded31
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
Daniel78 a écrit :Ded31 a écrit :Moi j'ai digitalisé tous mes CD, mes vidéos, inclus les radios (que j'ai choisies), option diaporama musical...
et j'ai fait mon propre programme qui arrose toute la maison (soit sur l'ampli, soit en dents bleues).
Je peux scanner le CB des CD ou y aller en commandes vocales.
Bref, je me suis bien amusé (sens propre) !...
Chouette développement le Ded !
Merki !

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Daniel78
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
jc83 a écrit :beb74 a écrit :J'écoute de la musique en cuisinant, en voiture, qd je suis sur l'ordi., en bricolant, mais les radios avec les pubs et leurs infos stressantes, je peux pas.
Alors j'ai pris Spotify, parce que c'est européen. Si j'aime bien un morceau, je peux écouter 10 versions, en live ou pas, par différents artistes, avec vidéo ou pas.
Après on rentre dans le domaine de l'AI.: l'algorithme ,toutes les semaine, me propose des playlistes associées à mon écoute. Et ça me fait découvrir de la musique, des artistes que jamais j'aurais écoutés.
Bien sur, je ne "possède" rien, pas de disques, de Cd, ou même d'enregistrement.
Mais c'est l'évolution de la société: ne pas possèder mais utiliser.
C'est comme ça pour les trotinnettes, les vélos, la musique et bientôt les voitures et les motos.
Je suis bien conscient et cela me fait bien peur mais j'essaye de vivre avec mon temps sans rejeter mon passé.
Je vois que parmi tes radios préférées tu as FIP. C'était la radio de mon enfance en PO, 514 m si mes souvenirs sont bons. Supprimée de la bande FM dans pas mal de région pour être remplacée par radio bleu. Mais à nouveau là, partout sur la planète où il y a internet, pour enchanter mes oreilles.
FIP j'écoutais à une époque lointaine où j'allais bosser à Paris en voiture de la boite (une Citroën Saxo commerciale, dans laquelle j'avais moi-même monté un auto-radio).
Il y avait la nana avec sa voix suave d'hôtesse de centre commercial, qui t’expliquait qu'il y avait 2h30 heures de bouchon devant toi, que ta matinée était ruinée, et que ce serait certainement pareil ce soir.
Ensuite elle te souhaitait une excellente journée, en envoyant le titre jazzy suivant.
Détendez-vous, on s'occupe de tout...

Modifié en dernier par Daniel78 le 08 déc. 2020, 12:42, modifié 1 fois.
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
Daniel78 a écrit :Ded31 a écrit :Moi j'ai digitalisé tous mes CD, mes vidéos, inclus les radios (que j'ai choisies), option diaporama musical...
et j'ai fait mon propre programme qui arrose toute la maison (soit sur l'ampli, soit en dents bleues).
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oui, faudrait juste mettre à jour les librairies graphiques et les couleurs
mais , je ne saurais pas faire.
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Jihel
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
Merci pour ces commentaires qui enrichissent mon sujet, et c'est ça qui est bien.
(Marco, j'attendais une réaction de ta part avec curiosité, et je ne suis pas déçu
. Elle est en parfaite cohérence avec ce que tu nous livres sur le forum, et donne comme toujours matière à penser. Mais pas de souci : même pour le mélomane amateur de beau matériel et de musique enregistrée, la musique "vivante", en concert, reste l'expérience ultime, et la référence !)
Allez, on remet des pièces dans la machine…
2 sur 3. – QUELQUES PROBLEMES A SOULEVER (AVANT DE LES LAISSER RETOMBER)
Un droit d'usage, épicétou
Le service dont on parle se paye, bien entendu, sous forme d'abonnement : autour de 10 €/mois en moyenne pour les plates-formes généralistes, de 15 à 21 €/mois (payables annuellement, gloups !) pour Qobuz. Cela vient s'ajouter à nos dépenses "captives", je sais, comme si on n'en avait déjà pas assez. Mais il faut bien que les auteurs soient payés en quelque manière, et se trouver un modèle économique (voir aussi rubrique suivante).
Ce modèle, c'est peu ou prou le modèle inauguré pour la télé avec Canal + en 1984. Soit : abonnement payant, avec quelques fenêtres permettant d'accéder librement à une partie du contenu, dans le but d'attirer un public potentiel. Ce modèle s'est imposé pour le streaming musical, et est en train de le faire pour la presse en ligne. Ceci dit, comme remarqué par Daniel un peu plus haut, musique librement accessible en ligne ne veut pas dire gratuité. Lorsque du contenu est proposé en accès "libre", cela signifie qu'il est financé par la publicité, en quête de cerveaux disponibles. C'est le cas avec les formules "Free" de Deezer ou Spotify, et sur LeMonde.fr pour les non-abonnés.
Quoiqu'éprouvé, ce modèle économique n'empêchait pas, en 2019 encore, la plate-forme suédoise de continuer à perdre de l'argent (on ne va pas les plaindre, hein !) Ce sont les podcasts, en expansion partout, qui pourraient constituer un "levier de croissance" décisif :
https://www.lesnumeriques.com/tv-video/ ... 38845.html
A noter que mes 9,99 € par mois ne me donnent qu'un droit d'usage : à proprement parler, et comme le remarque beb74 ce matin, je ne "possède" pas (plus…) ma musique. Bah oui, puisqu'elle est dématérialisée, il faut savoir ce qu'on veut. Le fournisseur peut augmenter ma contribution à tout moment (pas facile pour lui, parce que la concurrence est rude), voire me retirer ce droit si je cesse de payer. Dans ce cas, mes "étagères virtuelles" (mes playlists soigneusement élaborées, mes albums "enregistrés", notez les guillemets) se retrouveront vides, et ne me resteront que mes vieux CD et vinyles.
Pour les bidouilleurs, ou ceux qui seraient tentés d'essayer : quand on télécharge une playlist depuis Spotify, les fichiers sont masqués et chiffrés sur son appareil, protégés par des DRM, sortes de verrous numériques. Sauf à posséder un bac + 12 en informatique et cryptographie, cela signifie qu'il n'est pas possible de récupérer ces fichiers pour se les "approprier", par exemple pour graver un CD avec. Une voie de contournement existe pour les littéraires, au prix d'une dégradation de la qualité sonore : enregistrer le morceau en cours de lecture avec une application de capture audio, et convertir le fichier dans un format standard genre Mp3 ou M4a (Apple), AIFF si on veut en faire un CD. C'est un peu fastidieux : chaque enregistrement d'un morceau dure… la durée du morceau, comme quand on enregistrait un disque sur cassette, à quoi s'ajoute le temps de traitement du fichier. Mais cela convient pour pouvoir l'utiliser dans une vidéo publiée sur YouTube ou Vimeo (je me demande pourquoi je raconte ça…)
Qobuz se distingue avec la possibilité offerte à ses abonnés de télécharger aussi des morceaux en qualité Hi-Res. Attention : disque dur rapide et de grande capacité requis ! Pour info, les titres et albums les plus téléchargés et les plus écoutés sur Qobuz, à la date du 4 décembre dernier. On peut commenter si on veut, oui.
La politique des auteurs
Ça n'a pas échappé à ceux qui ont lu le précédent post : il y a un sujet avec la rémunération des auteurs par les plates-formes de streaming. En position d'oligopole, elles sont donc en mesure d'imposer leurs conditions. Ça c'est mal passé au début, et en manière de protestation, des auteurs plus ou moins considérables, ou leurs ayants-droits, ont refusé d'y apparaître. Mettons Francis Cabrel, Taylor Swift, Thom York (Radiohead), les Beatles… Ou encore Etienne Daho, qui revenait encore sur le sujet début décembre. Ce lien est spécialement dédié à GeLeon.
https://www.bfmtv.com/people/musique/et ... 10221.html
Aujourd'hui, tous sont sur Spotify, et l'arrivée des Beatles sur la plate-forme en décembre 2015 a été fêtée comme un événement (en un week-end, "Come Together" a été écouté 2,3 millions de fois.)
Il y en a qui ont senti d'où venait le vent – mais qui ont aussi obtenu de meilleures conditions. Alors qu'elle prétend régulièrement le contraire, il se pourrait que la plate-forme suédoise ne soit pas celle qui traite le mieux les auteurs. C'est ce que dit, en tous cas, l'article de Wikipedia cité par Daniel un peu plus haut dans ce fil, et qui est bien plus précis que je ne pourrais l'être. Je remets le lien ici :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Spotify#M ... des_droits
Il est un peu surprenant d'y lire que le service de streaming d'Apple, société qui n'a pas la réputation d'être tendre en affaires, rémunère les artistes "deux fois plus que Spotify". Peut-être qu'ainsi Apple Music entendait faciliter son entrée sur un marché où elle arrive fin 2015, et la constitution d'un catalogue, avec Spotify en ligne de mire ?
Ici, des données actualisées à fin 2019 (celles de Wikipedia datent de 2016 et 2017). Pour ce qui concerne la rémunération des artistes, Spotify en progrès, mais peut mieux faire !
https://www.rdv-du-numerique.com/combie ... g-musical/
Fucking algorithms !
Cette expression, je l'ai entendue dans la bouche d'un de ces papys du rock toujours sur la brèche (il me semble que c'était Keith Richards), qui se lâchait sur l'évolution de l'industrie musicale. Ce qu'il voulait dire, c'est que la logique des plates-formes, en se basant sur des algorithmes analysant les cookies déposés dans nos ordinateurs, revenait à proposer aux gens d'écouter ce qu'ils aiment déjà. A remplacer, en somme, le rôle de l'éditeur, comme intermédiaire entre le public et les auteurs, courroie de transmission et d'ajustement, soutien de carrière pour les valeurs sûres et découvreur de talents.
Fucking question ! Plus encore depuis la mise en place de la LGPD, il est devenu impossible (ou compliqué) de refuser les cookies, qui sont l'une des grandes "inventions" d'Internet. Je me souviens de l'agacement j'ai ressenti la première fois que, après avoir recherché sur quelques sites des informations sur des baskets de moto, j'ai dû pendant des semaines, et quel que soit le site sur lequel je me trouvais (de la météo à un site d'info), me taper dans un coin de l'écran des publicités pour des chaussures de moto !
Suggestions, préconisations, notifications
Chaque semaine, l'algorithme de Spotify me propose différentes préconisations, dans un style marqué par une coolitude typiquement états-unienne (enfin, ça dépend quelle partie des Etats-Unis). Marrant, pour des Suédois.
1. – Le lundi, les "Découvertes de la semaine". Je comprends bien qu'ont été analysés les morceaux que j'ai écoutés "spontanément", avec une pondération particulière si je suis allé au bout, si je les ai partagés, ajoutés à l'une de mes playlists, etc.
2. – Quotidiennement me sont proposés plusieurs Daily mix, pures resucées statistiques, classés par genres, des morceaux que j'ai précédemment écoutés.
3. – En fin d'année, la même chose est faite, à l'échelle de l'année écoulée, donc.
4. – Le vendredi, c'est raviolis, et aussi le "Radar des sorties". Une sorte de veille, qui fonctionne comme "1". On m'alertera davantage sur les nouveaux albums des artistes dont j'ai écouté un grand nombre de morceaux la semaine précédente.
5. – Enfin, des notifications pourront me prévenir, en temps réel (comme s'il y avait urgence !), des événements musicaux concernant mes artistes préférés : sorties d'albums, concerts (géolocalisés), publications diverses.
On trouvera que c'est beaucoup, et on aura raison. Mais des cinq propositions, je ne retiens que la 1 et la 4.
Quand on voit ça, on se dit qu'en effet, les plates-formes ne font rien qu'à nous proposer d'écouter ce qu'on écoute déjà. Un peu comme les réseaux sociaux e. g., les plates-formes musicales nous enfermeraient dans une sorte de "bulle", un entre-soi où s'entretiennent et s'échangent les mêmes idées, avec des gens qui pensent comme nous et qui aiment les mêmes choses.
Du coup, Spotify, c'est pas la cité des mille planètes musicales, alors ? êtes-vous en train de penser. Bah oui mais non, et c'est ce que j'essaie de montrer à la fin. Mais je trouve que la formule de Keith Richards (si c'est bien lui), c'est un peu et comme souvent, prendre l'internaute pour une bille – et ça vaut aussi avec beaucoup d'études sur les médias.
Evidemment, Spotify "sait" que je n'écoute pas de rap, et que je préfère Madeleine Peyroux à David Guetta. So what ? La (seule) conséquence est que chez moi "Découvertes de la semaine" et "Radar des sorties" sont aimantés par mes goûts, et mes habitudes d'écoutes. Grand comme je suis, je suis capable d'ignorer ces propositions. Puis (surtout) jamais ce repérage de mes goûts musicaux ne "sort" de Spotify. Jamais je ne les retrouve dans de la publicité ciblée qui me serait proposée sur un quelconque site marchand avec de la musique en rayon.
A la louche, on va dire qu'une petite moitié des suggestions me sont faites sur la base d'artistes que je connais déjà, le reste est pure nouveauté pour moi. Au final, je dois à l'épluchage bi-hebdomadaire de ces playlists censées refléter mes goûts quelques jolies… découvertes, justement. Comme l'hypnotique "Just" de David Lang, que j'ai eu plaisir à retrouver dans la BO de "Youth", de Paolo Sorrentino. Excellent film, enfin, sauf si on a plus de 60 ans…
Voilà une autre objection courante : les "nouveaux talents" seraient sacrifiés par le système. Ça se discute aussi, ne serait-ce que quand j'observe la liste des "Nouveautés" du moment : je ne connais pas un morceau sur trente ! Normal à mon âge ? C'est vrai aussi.
Considérer que la mise en ligne d'un fichier son sur une plate-forme correspond à un investissement modeste, sans commune mesure avec la fabrication et le pressage d'un CD que l'on vend(ait) à la fin du concert – et ne parlons pas des vinyles. Beaucoup d'interprètes présents sur Spotify s'affranchissent d'ailleurs carrément de cette étape. Reste qu'il y a forcément une sélection quelque part, un "droit d'entrée", sur lequel je manque d'informations. Je suis preneur, tiens.
Encore plus de nos données dans la nature
Convenons que les algorithmes modèlent nos goûts, au moins en partie. Mais au fait, avant, on se les forgeait comment, nos goûts musicaux ? Pas avec un certain Top 50 dégoulinant de publicités, par hasard, et le matraquage des radios ? (avec un son, pour le coup, vraiment pourri). Globalement considérés, les algorithmes d'aujourd'hui n'ont fait qu'affiner et muscler le concept de publicité ciblée.
Mais on n'est pas totalement démuni devant tout ça. Avant de nous plaindre du vol de nos précieuses données privées à des fins de commercialisation, voire de flicage (c'est LE problème du temps), commençons par faire nos recherches avec Qwant plutôt que Google ; utilisons avec notre navigateur un module empêchant les sites Web de nous "pister" ; évitons de distribuer à tout va nos informations personnelles, etc.
Le site de la Cnil, et pas mal d'autres, sont de bon conseil là dessus.
https://www.cnil.fr/fr/principes-cles/g ... rsonnelles
Données et métadonnées
Ce qui me manque le plus sur Spotify, ce sont les métadonnées (les informations sur le morceau qu'on écoute, les "notes de pochette", si l'on veut), réduites au minimum syndical.
On a quoi ? Le nom de l'album, avec la reproduction de la pochette quand il y a édition en CD, illustration passe-partout dans le cas contraire, une partie de la musique en ligne étant publiée sous la forme de titres isolés (lointain rappel des 45 tours de quand on était petits, avec un titre + une face B) ;
... l'année de première publication (sauf en cas de remastérisation) ; la durée. Pour chaque morceau le nom du morceau ; celui du/des interprète/s. En classique, le nom du compositeur et celui de l'interprète apparaissent au même niveau, ça fait bizarre.
En jazz, de l'excellente compilation ci-dessous, on nous dit juste que c'est celle des "Poll Winners". Gloups ! Si vous ne savez pas déjà qu'il s'agit de Barney Kessel, Ray Brown et Shelly Manne, vainqueurs plusieurs années de suite du référendum organisé par les revues DownBeat, Playboy (!) et Metronome, ça n'est pas Spotify qui vous le dira, et vous pourriez passer à côté.
Pour rester dans le jazz, musique fondée sur l'improvisation à partir de standards repris des tas de fois par les interprètes, souvent avec un personnel différent, cette indigence est particulièrement frustrante. Miles Davis a enregistré treize fois "'Round Midnight", dans diverses configurations. L'amateur, qui n'est pas forcément capable de les reconnaitre tous à l'oreille, aimerait savoir qui était au saxophone ténor, au piano, à la basse ou à la batterie, dans la version qu'il entend. Mais qu'il ne compte pas sur Spotify pour ça.
En classique, l'audiophile repenti que je suis aimait retrouver, dans les notes de pochettes, des précisions sur le lieu où la prise de son avait été faite, sur les instruments utilisés (en particulier dans le répertoire baroque), etc. Sur Spotify, l'amateur de ce type de précisions peut toujours se brosser.
Là encore, Qobuz, qui a bien compris que, pour certains genres musicaux au moins, un certain public était demandeur de ces infos-là, marque des points et se montre généreux.
Seule concession sur Spotify, pour ce qui est de la pop et autres genres contemporains, un onglet, "Behind the screen", peut apparaitre, avec quelques précisions essentielles sur la genèse du morceau (mettons : la chanteuse se remettait d'une séparation quand elle l'a écrit, etc.), et parfois les paroles, façon karaoké. Mais cela essentiellement sur les morceaux les plus streamés.
Dans le même répertoire, l'"innovation", en lieu et place de l'illustration du CD, est un bref Gif animé, présupposant plus ou moins qu'on regarde l'écran de son smartphone en écoutant de la musique. Ça passe en boucle, c'est rarement inventif, et vite saoulant. Mais ça doit beaucoup plaire aux ados.
Fin de la 2ème partie.
A venir : 3 sur 3. – LA CITE DES MILLE PLANETES
. . .
(Marco, j'attendais une réaction de ta part avec curiosité, et je ne suis pas déçu
Allez, on remet des pièces dans la machine…
2 sur 3. – QUELQUES PROBLEMES A SOULEVER (AVANT DE LES LAISSER RETOMBER)
Un droit d'usage, épicétou
Le service dont on parle se paye, bien entendu, sous forme d'abonnement : autour de 10 €/mois en moyenne pour les plates-formes généralistes, de 15 à 21 €/mois (payables annuellement, gloups !) pour Qobuz. Cela vient s'ajouter à nos dépenses "captives", je sais, comme si on n'en avait déjà pas assez. Mais il faut bien que les auteurs soient payés en quelque manière, et se trouver un modèle économique (voir aussi rubrique suivante).
Ce modèle, c'est peu ou prou le modèle inauguré pour la télé avec Canal + en 1984. Soit : abonnement payant, avec quelques fenêtres permettant d'accéder librement à une partie du contenu, dans le but d'attirer un public potentiel. Ce modèle s'est imposé pour le streaming musical, et est en train de le faire pour la presse en ligne. Ceci dit, comme remarqué par Daniel un peu plus haut, musique librement accessible en ligne ne veut pas dire gratuité. Lorsque du contenu est proposé en accès "libre", cela signifie qu'il est financé par la publicité, en quête de cerveaux disponibles. C'est le cas avec les formules "Free" de Deezer ou Spotify, et sur LeMonde.fr pour les non-abonnés.
Quoiqu'éprouvé, ce modèle économique n'empêchait pas, en 2019 encore, la plate-forme suédoise de continuer à perdre de l'argent (on ne va pas les plaindre, hein !) Ce sont les podcasts, en expansion partout, qui pourraient constituer un "levier de croissance" décisif :
https://www.lesnumeriques.com/tv-video/ ... 38845.html
A noter que mes 9,99 € par mois ne me donnent qu'un droit d'usage : à proprement parler, et comme le remarque beb74 ce matin, je ne "possède" pas (plus…) ma musique. Bah oui, puisqu'elle est dématérialisée, il faut savoir ce qu'on veut. Le fournisseur peut augmenter ma contribution à tout moment (pas facile pour lui, parce que la concurrence est rude), voire me retirer ce droit si je cesse de payer. Dans ce cas, mes "étagères virtuelles" (mes playlists soigneusement élaborées, mes albums "enregistrés", notez les guillemets) se retrouveront vides, et ne me resteront que mes vieux CD et vinyles.
Pour les bidouilleurs, ou ceux qui seraient tentés d'essayer : quand on télécharge une playlist depuis Spotify, les fichiers sont masqués et chiffrés sur son appareil, protégés par des DRM, sortes de verrous numériques. Sauf à posséder un bac + 12 en informatique et cryptographie, cela signifie qu'il n'est pas possible de récupérer ces fichiers pour se les "approprier", par exemple pour graver un CD avec. Une voie de contournement existe pour les littéraires, au prix d'une dégradation de la qualité sonore : enregistrer le morceau en cours de lecture avec une application de capture audio, et convertir le fichier dans un format standard genre Mp3 ou M4a (Apple), AIFF si on veut en faire un CD. C'est un peu fastidieux : chaque enregistrement d'un morceau dure… la durée du morceau, comme quand on enregistrait un disque sur cassette, à quoi s'ajoute le temps de traitement du fichier. Mais cela convient pour pouvoir l'utiliser dans une vidéo publiée sur YouTube ou Vimeo (je me demande pourquoi je raconte ça…)
Qobuz se distingue avec la possibilité offerte à ses abonnés de télécharger aussi des morceaux en qualité Hi-Res. Attention : disque dur rapide et de grande capacité requis ! Pour info, les titres et albums les plus téléchargés et les plus écoutés sur Qobuz, à la date du 4 décembre dernier. On peut commenter si on veut, oui.
La politique des auteurs
Ça n'a pas échappé à ceux qui ont lu le précédent post : il y a un sujet avec la rémunération des auteurs par les plates-formes de streaming. En position d'oligopole, elles sont donc en mesure d'imposer leurs conditions. Ça c'est mal passé au début, et en manière de protestation, des auteurs plus ou moins considérables, ou leurs ayants-droits, ont refusé d'y apparaître. Mettons Francis Cabrel, Taylor Swift, Thom York (Radiohead), les Beatles… Ou encore Etienne Daho, qui revenait encore sur le sujet début décembre. Ce lien est spécialement dédié à GeLeon.
https://www.bfmtv.com/people/musique/et ... 10221.html
Aujourd'hui, tous sont sur Spotify, et l'arrivée des Beatles sur la plate-forme en décembre 2015 a été fêtée comme un événement (en un week-end, "Come Together" a été écouté 2,3 millions de fois.)
Il y en a qui ont senti d'où venait le vent – mais qui ont aussi obtenu de meilleures conditions. Alors qu'elle prétend régulièrement le contraire, il se pourrait que la plate-forme suédoise ne soit pas celle qui traite le mieux les auteurs. C'est ce que dit, en tous cas, l'article de Wikipedia cité par Daniel un peu plus haut dans ce fil, et qui est bien plus précis que je ne pourrais l'être. Je remets le lien ici :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Spotify#M ... des_droits
Il est un peu surprenant d'y lire que le service de streaming d'Apple, société qui n'a pas la réputation d'être tendre en affaires, rémunère les artistes "deux fois plus que Spotify". Peut-être qu'ainsi Apple Music entendait faciliter son entrée sur un marché où elle arrive fin 2015, et la constitution d'un catalogue, avec Spotify en ligne de mire ?
Ici, des données actualisées à fin 2019 (celles de Wikipedia datent de 2016 et 2017). Pour ce qui concerne la rémunération des artistes, Spotify en progrès, mais peut mieux faire !
https://www.rdv-du-numerique.com/combie ... g-musical/
Fucking algorithms !
Cette expression, je l'ai entendue dans la bouche d'un de ces papys du rock toujours sur la brèche (il me semble que c'était Keith Richards), qui se lâchait sur l'évolution de l'industrie musicale. Ce qu'il voulait dire, c'est que la logique des plates-formes, en se basant sur des algorithmes analysant les cookies déposés dans nos ordinateurs, revenait à proposer aux gens d'écouter ce qu'ils aiment déjà. A remplacer, en somme, le rôle de l'éditeur, comme intermédiaire entre le public et les auteurs, courroie de transmission et d'ajustement, soutien de carrière pour les valeurs sûres et découvreur de talents.
Fucking question ! Plus encore depuis la mise en place de la LGPD, il est devenu impossible (ou compliqué) de refuser les cookies, qui sont l'une des grandes "inventions" d'Internet. Je me souviens de l'agacement j'ai ressenti la première fois que, après avoir recherché sur quelques sites des informations sur des baskets de moto, j'ai dû pendant des semaines, et quel que soit le site sur lequel je me trouvais (de la météo à un site d'info), me taper dans un coin de l'écran des publicités pour des chaussures de moto !
Suggestions, préconisations, notifications
Chaque semaine, l'algorithme de Spotify me propose différentes préconisations, dans un style marqué par une coolitude typiquement états-unienne (enfin, ça dépend quelle partie des Etats-Unis). Marrant, pour des Suédois.
1. – Le lundi, les "Découvertes de la semaine". Je comprends bien qu'ont été analysés les morceaux que j'ai écoutés "spontanément", avec une pondération particulière si je suis allé au bout, si je les ai partagés, ajoutés à l'une de mes playlists, etc.
2. – Quotidiennement me sont proposés plusieurs Daily mix, pures resucées statistiques, classés par genres, des morceaux que j'ai précédemment écoutés.
3. – En fin d'année, la même chose est faite, à l'échelle de l'année écoulée, donc.
4. – Le vendredi, c'est raviolis, et aussi le "Radar des sorties". Une sorte de veille, qui fonctionne comme "1". On m'alertera davantage sur les nouveaux albums des artistes dont j'ai écouté un grand nombre de morceaux la semaine précédente.
5. – Enfin, des notifications pourront me prévenir, en temps réel (comme s'il y avait urgence !), des événements musicaux concernant mes artistes préférés : sorties d'albums, concerts (géolocalisés), publications diverses.
On trouvera que c'est beaucoup, et on aura raison. Mais des cinq propositions, je ne retiens que la 1 et la 4.
Quand on voit ça, on se dit qu'en effet, les plates-formes ne font rien qu'à nous proposer d'écouter ce qu'on écoute déjà. Un peu comme les réseaux sociaux e. g., les plates-formes musicales nous enfermeraient dans une sorte de "bulle", un entre-soi où s'entretiennent et s'échangent les mêmes idées, avec des gens qui pensent comme nous et qui aiment les mêmes choses.
Du coup, Spotify, c'est pas la cité des mille planètes musicales, alors ? êtes-vous en train de penser. Bah oui mais non, et c'est ce que j'essaie de montrer à la fin. Mais je trouve que la formule de Keith Richards (si c'est bien lui), c'est un peu et comme souvent, prendre l'internaute pour une bille – et ça vaut aussi avec beaucoup d'études sur les médias.
Evidemment, Spotify "sait" que je n'écoute pas de rap, et que je préfère Madeleine Peyroux à David Guetta. So what ? La (seule) conséquence est que chez moi "Découvertes de la semaine" et "Radar des sorties" sont aimantés par mes goûts, et mes habitudes d'écoutes. Grand comme je suis, je suis capable d'ignorer ces propositions. Puis (surtout) jamais ce repérage de mes goûts musicaux ne "sort" de Spotify. Jamais je ne les retrouve dans de la publicité ciblée qui me serait proposée sur un quelconque site marchand avec de la musique en rayon.
A la louche, on va dire qu'une petite moitié des suggestions me sont faites sur la base d'artistes que je connais déjà, le reste est pure nouveauté pour moi. Au final, je dois à l'épluchage bi-hebdomadaire de ces playlists censées refléter mes goûts quelques jolies… découvertes, justement. Comme l'hypnotique "Just" de David Lang, que j'ai eu plaisir à retrouver dans la BO de "Youth", de Paolo Sorrentino. Excellent film, enfin, sauf si on a plus de 60 ans…
Voilà une autre objection courante : les "nouveaux talents" seraient sacrifiés par le système. Ça se discute aussi, ne serait-ce que quand j'observe la liste des "Nouveautés" du moment : je ne connais pas un morceau sur trente ! Normal à mon âge ? C'est vrai aussi.
Considérer que la mise en ligne d'un fichier son sur une plate-forme correspond à un investissement modeste, sans commune mesure avec la fabrication et le pressage d'un CD que l'on vend(ait) à la fin du concert – et ne parlons pas des vinyles. Beaucoup d'interprètes présents sur Spotify s'affranchissent d'ailleurs carrément de cette étape. Reste qu'il y a forcément une sélection quelque part, un "droit d'entrée", sur lequel je manque d'informations. Je suis preneur, tiens.
Encore plus de nos données dans la nature
Convenons que les algorithmes modèlent nos goûts, au moins en partie. Mais au fait, avant, on se les forgeait comment, nos goûts musicaux ? Pas avec un certain Top 50 dégoulinant de publicités, par hasard, et le matraquage des radios ? (avec un son, pour le coup, vraiment pourri). Globalement considérés, les algorithmes d'aujourd'hui n'ont fait qu'affiner et muscler le concept de publicité ciblée.
Mais on n'est pas totalement démuni devant tout ça. Avant de nous plaindre du vol de nos précieuses données privées à des fins de commercialisation, voire de flicage (c'est LE problème du temps), commençons par faire nos recherches avec Qwant plutôt que Google ; utilisons avec notre navigateur un module empêchant les sites Web de nous "pister" ; évitons de distribuer à tout va nos informations personnelles, etc.
Le site de la Cnil, et pas mal d'autres, sont de bon conseil là dessus.
https://www.cnil.fr/fr/principes-cles/g ... rsonnelles
Données et métadonnées
Ce qui me manque le plus sur Spotify, ce sont les métadonnées (les informations sur le morceau qu'on écoute, les "notes de pochette", si l'on veut), réduites au minimum syndical.
On a quoi ? Le nom de l'album, avec la reproduction de la pochette quand il y a édition en CD, illustration passe-partout dans le cas contraire, une partie de la musique en ligne étant publiée sous la forme de titres isolés (lointain rappel des 45 tours de quand on était petits, avec un titre + une face B) ;
... l'année de première publication (sauf en cas de remastérisation) ; la durée. Pour chaque morceau le nom du morceau ; celui du/des interprète/s. En classique, le nom du compositeur et celui de l'interprète apparaissent au même niveau, ça fait bizarre.
En jazz, de l'excellente compilation ci-dessous, on nous dit juste que c'est celle des "Poll Winners". Gloups ! Si vous ne savez pas déjà qu'il s'agit de Barney Kessel, Ray Brown et Shelly Manne, vainqueurs plusieurs années de suite du référendum organisé par les revues DownBeat, Playboy (!) et Metronome, ça n'est pas Spotify qui vous le dira, et vous pourriez passer à côté.
Pour rester dans le jazz, musique fondée sur l'improvisation à partir de standards repris des tas de fois par les interprètes, souvent avec un personnel différent, cette indigence est particulièrement frustrante. Miles Davis a enregistré treize fois "'Round Midnight", dans diverses configurations. L'amateur, qui n'est pas forcément capable de les reconnaitre tous à l'oreille, aimerait savoir qui était au saxophone ténor, au piano, à la basse ou à la batterie, dans la version qu'il entend. Mais qu'il ne compte pas sur Spotify pour ça.
En classique, l'audiophile repenti que je suis aimait retrouver, dans les notes de pochettes, des précisions sur le lieu où la prise de son avait été faite, sur les instruments utilisés (en particulier dans le répertoire baroque), etc. Sur Spotify, l'amateur de ce type de précisions peut toujours se brosser.
Là encore, Qobuz, qui a bien compris que, pour certains genres musicaux au moins, un certain public était demandeur de ces infos-là, marque des points et se montre généreux.
Seule concession sur Spotify, pour ce qui est de la pop et autres genres contemporains, un onglet, "Behind the screen", peut apparaitre, avec quelques précisions essentielles sur la genèse du morceau (mettons : la chanteuse se remettait d'une séparation quand elle l'a écrit, etc.), et parfois les paroles, façon karaoké. Mais cela essentiellement sur les morceaux les plus streamés.
Dans le même répertoire, l'"innovation", en lieu et place de l'illustration du CD, est un bref Gif animé, présupposant plus ou moins qu'on regarde l'écran de son smartphone en écoutant de la musique. Ça passe en boucle, c'est rarement inventif, et vite saoulant. Mais ça doit beaucoup plaire aux ados.
Fin de la 2ème partie.
A venir : 3 sur 3. – LA CITE DES MILLE PLANETES
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philb
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
A noter que dans le style ,il y a aussi Deezer et c'est français .
J'ai été abonné quelques mois, il y a bien longtemps .
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Ded31
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
fab le motard a écrit :.... oui, faudrait juste mettre à jour les librairies graphiques et les couleurs![]()
mais , je ne saurais pas faire.
T'es super l'ami Fab.Mes interfaces et mes écrans ont toujours été facilement reconnaissables !
Toujours les mêmes couleurs en gros. Et c'est normal.
Les choix des Daltoniens vous échappent et vous échapperont toujours
16,7 millions de couleurs, en 24 bits (true colors) : c'est vraiment une notion qui m'échappe


Quand on n'aime pas un dessin, on ne tue pas les gens, on en fait un plus joli - (Léa 6 ans).
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C'est avec les vieilles "fontes" qu'on fait les meilleurs trips !!!
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druid
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
Ded31, je constate l'adjonction de la photo d'une Bullet fonte, dotée de la boite 4 sélecteur du bon côté...
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nirlo
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Re: Spotify, la cité des mille planètes (musicales)
jihel a écrit :Un droit d'usage, épicétou
Remarque que détenir un cd, c'est juste être propriétaire d'une galette de plastique, mais pas de son contenu, du moins durant 70 ans, car la " propriété intellectuelle est inaliénable " (du moins dans sa conception française). Tu peux faire ecouter tes morceaux préférés à qui tu le veux, mais uniquement dans un cadre privé et gratuitement. Ces rappels, gonflants mais nécessaires à chaque visionnage d'un film sur dvd ou blue ray, valent aussi pour la musique. Et c'est tant mieux car produire un film, ou un disque, c'est enregistrer l'oeuvre et, à moins que l'artiste soit " auto produit ", frequent dans le domaine musical, moins dans le cinéma, ce sont des dizaines, voire des centaines de personnes qui ont collaboré et méritent rémunération pour leur travail. Qu'on le veuille où non, l'art est un pan nécessaire et un modèle économique.

Pakapab lé mor san esayé (proverbe réunionnais)
Le dialogue et l'écoute pour s'entendre au delà de nos différences.
Le dialogue et l'écoute pour s'entendre au delà de nos différences.
