Ded31 a écrit :...la 4 pattes !
Vous l'assaisonnez, l'assassinez...
Non, je ne l'assassine pas... c'est juste que le mythe qu'elle est devenue n'a pas de prise sur moi. A sa sortie, j'avais 4 ans et je ne pensais pas encore à la moto. Pourtant, je comprend ce que ça a été quand elle est sortie, j'ai assez écrit d'articles là-dessus quand il a fallu que j'en parle en me plongeant dans les articles de l'époque. Et pour ça, j'en ai essayé quelques-unes aussi, sur suffisamment de kilomètres, en comparo avec d'autres motos de son époque et parfois sur plusieurs jours de suite pour m'en faire une idée par moi-même.
A chacun ses critères pour juger une moto. Parmi mes critères à moi, y'a ce que j'appelle l’homogénéité d'une moto, son adéquation avec les sensations qu'on en retire, l'accord moteur / partie-cycle, le caractère moteur, la tenue de route, le freinage, les aspects pratiques (mais pas forcément), le confort et l'ergonomie, l'endurance, l'autonomie, la maniabilité, l'accessibilité mécanique...
Par affinités personnelles, j'ai une préférence pour les motos plutôt légères, les moteurs coupleux à bas et moyens régimes et une ergonomie offrant des positions de conduite décontractées. Le modernisme, le côté pointu et incisif, les moteurs vifs, ça me laisse un peu froid alors que d'autres ne jurent que par ça... chacun son truc. Et les quatre-cylindres, c'est pas mon truc : trop de chevaux pour les exploiter sur route, comportement trop lissé, trop linéaire... j'adhère pas. Je préfère les twin.
Ce qui fait que ce mythe à deux-roues est devenu mythique ne m'impressionne pas car je reproche à cette moto de manquer d'homogénéité. Je trouve son quatre-cylindres plutôt creux aux allures "normales" (dans la plage des 90 / 110 kms, celle des routes "plaisir") et faut lui tirer dans la gueule pour qu'il commence à être sympa... le problème, c'est que ça implique de rouler à des vitesses où sa partie-cycle inspire plus de méfiance que de confiance : amortos de merde, fourche qui se raidit, freinage dur à actionner et mou à freiner, poids qui t'embarque et centre de gravité haut perché, garde au sol dépassée et pneus à l'agonie... à chaque fois que j'ai eu l'occasion de reprendre le guidon d'une CB 750, je me disais : "merde, c'est ça le mythe ? Une grosse mythe, j'aurais préféré une grosse bite !"
J'ai aussi essayé la Kawa Z 900... pareil : lourdasse, freins très moyens, tenue de route limite... bref, le moteur à beau être sympa pour un quatre-cyclindres (plus de coffre et d'allonge que la Honda), là encore le reste n'est pas à la hauteur. Sur l'angle, ça tombe (ça engage) à basse vitesse à moins de forcer exagérément le contre-braquage, à bonne allure ça se redresse d'un seul coup dès que tu touches les freins alors que ça ne freine même pas, dans les petits coins abordés à bon rythme, t'as l'impression que le cul veut passer devant... et puis c'est lourd ! Ouais, c'est beau comme bécane. Mais à l'arrêt.
Faut se replonger dans l'époque, comparer avec les motos de l'époque ?
OK, on va comparer la CB 750 avec la Moto-Guzzi 750 S3... et là, c'est autre chose : un moteur plein tout de suite et du souffle ensuite, une partie-cycle très aboutie (tenue de route parfaite), une fourche et des amortos de qualité, un freinage puissant, mordant, dosable et endurant (et intégral !)... j'y ajoute la rusticité de la mécanique appréciable à l'atelier et pour les dépannages de fortune, la transmission par arbre bien foutue (double joint de cardan homocinétique), la faible consommation... sans oublier la légèreté, le centre de gravité très bas et la maniabilité ! En revanche, le moteur a de l'inertie et les hauts régimes soutenus longtemps ne lui apportent rien de mieux que des vibrations désagréables, avec l'impression que tout va te péter à la gueule, les commandes à main sont fermes et la boîte est lente...
Mais quelle stabilité sur l'angle, quelle tenue de cap ! Un avion ! Tu vises l'horizon, tu pousses sur le manche et tu vires à raz du bitume, propulsé par la poussée du moteur.. Rhaaa lovely ! Jamais tu ne ressens que la moto va se désunir, que la partie-cycle va demander grâce. Seuls le trafic et le profil de la route te fixent les limites, mais jamais la moto : elle, elle t'emmène, tu voles sur la route avec elle et tu colles à la route.
J'ai jamais ressenti ça avec une CB 750.


) assis sur la bête avec mon blouson et mon autre pote J-Yves a gauche.
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C'est tout à fait ça 