Le miracle de la Vouivre ou le week-end bien arrosé

mardi 28 septembre 2010
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Le petit village de Doucier (Jura) n’en avait jamais vus autant ; il en était venu de partout, de Franche-Comté bien sûr

et de la Suisse voisine

mais aussi de la France et de plus loin encore :

C’est ici que, pour de mystérieuses raisons, les éleveurs de Bullets, ces petits animaux à cornes

parfois affublés d’un nez de cochon

et qui, contrairement aux autres mammifères, ne sont dotés que d’un unique pis, d’ailleurs variable d’une bête

à l’autre

avaient décidé de tenir leur convent annuel.

Il fallait en trouver la cause non dans la renommée du vétérinaire local

mais peut-être dans l’influence grandissante de R…, alias B…, enfant du pays et membre de cette secte car, il faut bien l’avouer, c’en était une.

Depuis plusieurs mois maintenant une sécheresse terrible régnait sur l’Europe de l’ouest de sorte que les pauvres animaux, utilisés non seulement comme montures mais aussi, une fois attelés,

certains d’ailleurs fort mal,

comme bêtes de somme, ne donnaient plus ce lait si particulier avec lequel on fabrique un fromage dont il est possible d’oublier le nom mais pas l’odeur…

Les prières traditionnelles au Bon Dieu

n’ayant rien donné ils s’étaient tournés vers ses saints

et même vers…

mais sans plus de succès.

Sous la direction de leur grand prêtre, le Grand Maroilles,

ils avaient alors invoqué le Père Noël

(car ils y croient aussi !)

et sainte Rachida

avant de faire des offrandes à une divinité puissante et terrible qu’ils sont, semble-t-il, les seuls à vénérer

Mais la pluie n’était pas venue…

En désespoir de cause ils s’étaient résolus à suivre, comme autrefois les enfants de Hameln, leur joueur de fifre

jusqu’à une cascade où, dit-on, vit la Vouivre.

Et là, le miracle s’était produit : il s’était mis à pleuvoir.

Ces mécréants polythéistes et animistes, qui ne respectent rien

(Alexandra et Kimberley, ne suivez pas ce mauvais exemple !)

en avaient alors profité pour célébrer entre eux, sur un mode païen, des épousailles

dont certaines contraires aux lois de l’Eglise, de la morale et,pour quelque temps encore, de la République

avant de déposer une gerbe au pied de leur emblème sacré

Dans l’esprit de tous les bulletistes, car c’est comme cela que se nomment entre eux les éleveurs de Bullets, ce miracle devait rester comme "le week-end bien arrosé"

Marcel Aymé
PCC Captain Bertie
P.S. : Encore bravo à Bigrolcha et à bientôt mes amis.


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