Une Bullet au Cirque 2, le retour - 2/2 (par Jihel)

vendredi 11 novembre 2011
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[Suite et fin de "Une Bullet au Cirque 2, le retour"]

Jeudi 8 septembre 2011 | Lacaune (Tarn) Ramonville Saint-Agne (Haute-Garonne) | 237 km

A l’ouverture des volets, ce matin, c’est pas la joie, mais ça pourrait être pire. Il fait un temps breton, bruine et nuages défilent à toute vitesse, avec des morceaux de ciel bleu dedans. Verremo. Au moment où je règle ma note (pas plus élevée que dans pas mal de "deux étoiles", au passage), une demi-douzaine d’employés de la DDE/DDT locale se pointent à la réception avec leurs gilets fluo qui ont connu des jours meilleurs, et reçoivent la clé d’une chambre en échange d’un formulaire. "Intempéries !", dit le chef, en guise d’explication. "On aimerait mieux travailler !", ajoute un autre, avec un sourire en coin (la perspective de passer la journée à taper le carton à l’hôtel n’a pas l’air de l’effrayer). "C’est Lacaune !", dit encore le chef, ça c’est pour moi. Traduction : dans les Monts de Lacaune, il pleut tout le temps, chose que j’avais déjà pu vérifier dans le passé, merci.

En fait et jusqu’à Mazamet, la pluie sera plus menaçante qu’autre chose. La route file dans une jolie forêt de moyenne montagne, et dans les villages, aux bardages en tôle qui protègent les murs (y compris ceux des églises) côté vents dominants, comme dans les Vosges ou le Jura, on comprend que les hivers doivent être frisquets. Pas un chat dans ces villages, et bien sûr, pas un bistrot d’ouvert. "Y en a bien un, mais il est en vacances !", me dit-on à Anglès, peu après le joli lac de la Raviège. C’est la punition du retraité, qui peut se balader hors période touristique, mais qui trouve souvent porte close chez les professionnels du tourisme.

La route entre Anglès et Mazamet est un régal, et je l’aurais quasiment toute pour moi. J’entre dans la Montagne Noire, celle-là même dont Pierre-Paul Riquet, installé à Revel (j’y passerai tout à l’heure) a eu l’idée de capter les eaux pour alimenter en partie le Canal du Midi.

C’est un peu avant la ville de mon commentateur du Tour de France préféré que la météo bascule, dans le bon sens une nouvelle fois. Après Mazamet où, faute de trouver un restau à mon goût, je me goinfrerai de viennoiseries dans un café bien tristoune, je continue plein sud sur la belle D 118 qui va à Carcassonne (hello Papymad !), route dont je suis sûr que les motards du coin connaissent chaque virage ("T’attaquais, toi ?"). Maintenant il fait beau, et en quelques minutes, franchement chaud. On est dans le sud, quoi.

Pour enlever quelques-unes de mes dix-huit couches et arranger un peu mon barda, je me sors de la grande route pour aller me poser sur la place d’un petit village dont le nom déjà (Cuxac-Cabardès) m’enchante. Pas que le nom, en fait. En plus joli que la moyenne, c’est un village typique de cette France profonde que j’aime bien, et qui s’ennuie au soleil. Presque personne dehors, on entend juste des voix par les fenêtres de ce qui doit être la mairie, il y a une fontaine, quelques chats qui glandouillent, une statue pour la protection des habitants, et des inscriptions sibyllines plantées dans des bacs à fleurs.

Au moment de repartir, je verrai quand même un habitant de Cuxac-Cabardès, un vieux monsieur digne, genre british, au volant d’un RAV 4 noir. "Jolie moto !", lâche-t-il. Je ne l’ai pas contredit, d’autant que la couleur de sa voiture montrait qu’il avait du goût.

J’ai encore un peu de temps, je ne veux pas arriver à Toulouse avant que les gens normaux, ceux qui travaillent, soient revenus du taf. A allure modeste, je prends la jolie D 103 qui domine le Lauragais et le Canal du Midi, que je devrais voir si j’étais moins myope.

A l’entrée en Haute-Garonne, je m’arrête pour boire un pot dans un bistrot joliment situé au bord d’un lac très touristique dont j’ai oublié le nom. Je suis le seul client, et la conversation avec le patron s’engage tout de suite sur la moto. Après qu’il m’ait posé sur la Bullet une question genre "Ca existe ça ? Et y en qui payent pour l’avoir ?" (non, il a pas exactement dit ça, c’est une réminiscence de Coluche), il m’annonce fièrement que lui il a une 1400 ZZR, et que même en 6ème, quand il met du gaz, ça envoie sévère. J’écoute poliment, je dis deux ou trois trucs pour lui montrer que je connais sa moto, et finalement, il lâche "Ouimébon, je roule pas beaucoup, j’ai pas le temps. L’année dernière j’ai fait 650 km en tout". OK, laisse tomber mon gars, on vit vraiment pas sur la même planète moto…

J’aime beaucoup le Canal du Midi (je ne l’ai jamais "fait" en bateau, juste le sentier de halage en VTT, de l’Oppidum d’Ensérune vers Béziers jusqu’à Castelnaudary), et ne manque pas une occasion d’aller en respirer "l’ambiance". Le Seuil de Naurouze, sur la ligne de partage des eaux, était donc pour moi un passage obligé, et l’immortalisation de l’obélisque à son inventeur. L’endroit est assez mal foutu, rien de ce qu’on vient chercher là n’est clairement indiqué, tant pis, j’ai à peu près une photo.

J’ai rejoint le Seuil de Naurouze, depuis Revel, par un labyrinthe de petites routes dans cette campagne du Lauragais magnifique à l’heure du photographe.

Ca a été l’occasion d’actionner mon GPS (= un indigène interrogé au bord de la route), en l’occurrence un vieux monsieur qui, à l’annonce de ce que j’allais à Naurouze, a entrepris de tout me dire sur la maladie qui décime en ce moment les platanes du Canal du Midi. C’était passionnant, mais j’aurais bien pu y passer la nuit.

Après, bin, dans une circulation qui, mieux que les panneaux routiers annonce l’approche des grandes villes, je n’avais qu’à suivre la RN 113, qui, sempre diritto, m’a conduit à Ramonville, chez Ded et son épouse. Ma p’tite moto et moi y avons été accueillis et traités comme des coqs en plâtre.

Vendredi 9 septembre | Ramonville Saint-Agne (Haute-Garonne) Gavarnie (Hautes-Pyrénées) | 263 km

Il y a quelques temps, Captain Bertie s’était livré ici à de brillantes variations sur le thème "La Bullet, une moto d’esthète" (il aurait pu mieux choisir sa "preuve", mais bon). Il faudrait tenter la même chose avec le sens de l’hospitalité que semblent partager les propriétaires de ces motos qui filent comme une balle. Ils sont capables de se mettre en huit (lorsqu’ils sont un couple) pour recevoir un type qu’ils ne connaissent ni des lèvres ni des dents, qui arrive suant et exténué, même pas rasé si ça se trouve, et qui monopolise la salle de bains après avoir répandu ses p’tites affaires dans toute la maison… Encore une réalité que je n’ai rencontrée sur aucun autre forum, un socio-anthropologue aurait du grain à moudre avec ça. Réflexe de solidarité ? Serrage de coudes entre membres d’une minorité particulièrement minoritaire ? Ce qui est sûr, c’est que dans ce monde de brutes, c’est bien agréable.

Didier et son épouse, en tout cas, ont fait preuve de la chaleur et simplicité qui font du bien au poor lonesome biker, et je crois qu’ils se sont levés à une heure inhabituelle pour me permettre de partir tôt comme je le souhaitais, après un agréable p’tit déj’ sur la terrasse de leur jolie maison.

Les traversées de ville, je raffole pas de ça, et même si j’en ai parfois apprécié l’utilité (sur celle des autres), le GPS n’a pas encore trouvé sa place sur ma moto. Mon GPS à moi, ce sont les indigènes, on l’a vu, ça marche bien aussi, et ça fait du lien social. M’entendant me faire confirmer mon chemin (pourtant pas bien compliqué) à une voiture au feu rouge, un type en moto m’interpelle : "La direction d’Auch ? Suis-moi, cong !". Bon, le "cong", c’est moi qui rajoute, c’est pour faire local. Et le type va me guider jusqu’à l’embranchement-clé, où on s’arrête pour un dernier briefing, et me voilà sur la voie rapide qui va à Auch, tout s’est passé comme sur des roulettes (de 18 pouces quand même !).

Alors que j’ai traversé Toulouse comme un grand (bien aidé il est vrai), voilà que je m’emmêle les pinceaux à L’Isle Jourdain, où je dois quitter la voie rapide pour descendre, sud-ouest, vers la montagne. Je n’ai sur la sacoche-réservoir que la carte "France entière", passablement imprécise dès qu’on quitte les grands axes, et la flemme de sortir la Michelin 343 kivabien. Et patatras, je me retrouve sur la voie rapide en direction de Toulouse ! Ma moyenne va en prendre un sale coup ! Non, je rigole.

Bon, rien n’est grave, je fais un détour par Saint-Lys et cette campagne du Pays toulousain, très belle dans cette lumière de presqu’automne. Arrêt courses et essence à Sainte-Foix de Peyrolières (joli clocher typique, enfin je crois), et je rejoins par de petites routes la D 17 que je vais suivre presque jusquà Lannemezan.

C’est pas sur cette route que je vais réduire ma bande de peur : le tracé est à peu près fait à la règle, et la route file droit à travers les cultures vers les Pyrénées qu’on apercevra bientôt. La chaleur n’est pas loin d’être accablante, et je la crois porteuse d’orages… qui n’arriveront jamais. Pressé de gagner de l’altitude et de perdre quelques degrés, j’avale ma salade de riz au thon et mon yaourt à toute berzingue sur un parking, je repars et me jette sur le premier café au bord de la route pour reprendre des forces. Pour ceux qui l’ignoreraient, on est ici dans le pays du Rugby, lequel s’affiche partout, avec force devises édifiantes dans les bars.

Depuis mon départ de Grenoble, conduire cette moto est un régal. D’abord parce qu’elle répond toujours présent en tractant gentiment sur le couple en toute circonstance, pourvu qu’on lui donne un peu de grain à moudre avec la poignée droite. Ensuite à cause de sa régularité de fonctionnement, dans ces conditions éprouvantes : traversées de villes, chaleur avoisinant les 30° à l’ombre, roulage de 7 à 8 h par jour e. g. sans guère de répit… Et jamais un hoquet, encore moins de calage, un ralenti impeccable, même pas affecté par l’altitude ! De la balle !

Un nouvel examen de la carte me montre que passer par Lourdes comme prévu n’était pas une bonne idée, sauf à espérer un miracle. Ca tombe bien, tout va bien, et nul besoin de. Parlez-moi par contre d’Arreau, que je connais un peu pour être un carrefour de jolies routes à moto. Haro sur Arreau, donc (je sais, mais pas pu m’empêcher), et sur les cols d’Aspin et du Tourmalet qui viennent derrière.

Dans la montée d’Aspin, "entretenue" à coups de généreuses pelletées de gravillons, je croise un bataillon d’anciennes, de vraies vieilles gloires de chez Triumph, Norton, BSA, et même Terrot (pas vu de Bullet made in Redditch, ça veut pas dire qu’il n’y en avait pas), suivies par les indispensables dépanneuses - ouille, pas sur la tête ! Bien que je ne croie pas leurs pilotes dupes de "l’ancienneté" de ma moto, on échange de brefs sourires de connivence, brefs à cause de l’aspect approximatif de nos trajectoires, gravillons obligent.

Ca doit être la quatrième fois que je suis au Col d’Aspin, et c’est la première fois que je le vois ! Les fois précédentes, c’était pluie et brouillard au menu, au point que je pensais que c’était vendu avec. Avec le soleil, c’est pas mal, il y a plein de vaches, des cyclistes effondrés, et aussi des touristes qui photographient les unes et les autres.

Sur ma carte Michelin, le Tourmalet n’a que deux étoiles à l’aune des "Plus beaux sites", quand le Col d’Aspin en a trois. Chuis d’accord avec Serge, le Tourmalet est un haut-lieu de l’histoire du cyclisme et du Tour de France, mais c’est un col assez ordinaire (en tous cas pour un alpin), et surtout enlaidi par les constructions de la station de La Mongie, moches de chez moches.

La photo ci-dessus est un bon exemple de photo ratée : je voulais qu’on y voie la "statue du Géant" avec les trois cyclistes, et bien sûr ma p’tite moto derrière. Bon, on va dire que l’inertie entre le déclenchement et la prise effective de la photo reste le point faible des petits APN, mais c’est un peu de la défausse... Je suis plus content, par contre, des jeux de regards sur celle qui suit, devant l’autre attraction du Tourmalet : cette image grandeur nature qui permet à tout un chacun de se faire photographier en Forçat de la route (NB : la photographe, particulièrement craquante, n’est pas appointée par l’Office du Tourisme).

A la descente, changement de piles anticipé de la Drift, celles-ci ayant une fâcheuse tendance à lâcher au moment où il y a les plus belles photos à faire. Bon, à nouveau la lumière ne vient pas dans la bonne direction, les photos-souvenirs seront pas terribles, mais la route est belle, et le cheval (les 28 chevaux…) commence à sentir l’écurie.

Via Barèges et Luz Saint-sauveur, je suis vite à Gèdre, où se séparent les routes des Cirques de Gavarnie et Troumouse, et je débarque à Gavarnie-village vers 17 h 30. Curieusement, je m’imaginais le bout du goudron, avec l’Hôtel de Compostelle au bout du bout, et rien d’autre qu’un paysage sauvage et désolé (un peu comme le Cirque de Troumouse, en fait). Bouffre, il y a une bonne vingtaine d’hôtels ici, il faut montrer patte blanche (= sa réservation dans un hôtel) pour pouvoir franchir la barrière à l’entrée avec son véhicule, et il y a dans la rue principale un peu moins de monde que dans celle du Mont Saint Michel en été, mais pas tellement que ça. Sans doute que le classement du site (et des cirques voisins, dont celui de Troumouse) au patrimoine mondial de l’Unesco en 1997 y est pour quelque chose.

Le principal est quand même que sitôt entré dans le village, on a le souffle coupé, et ce n’est pas l’altitude. Le site est vraiment somptueux, avec en plus la sensation étrange de reconnaitre pour de vrai une image qu’on a déjà en nous, parce que cent fois vue (j’ai "appris" le Cirque de Gavarnie à l’école primaire, et il m’en restait quelque chose). Un peu comme traverser Monument Valley en Harley-Davidson, avec en mémoire les images des films de John Ford.

Une semaine avant mon départ j’avais parlé un moment au téléphone avec "Sylvie", à l’Hôtel de Compostelle (chaleureusement conseillé par MotoMag, je l’ai dit). Très aimable et intéressante comme tous ceux qui aiment et connaissent leur région, elle m’avait conseillé "d’éviter le 10 (septembre)", et que sinon il n’y aurait pas de problème pour m’accueillir. Chouette ! Le 8 au soir, donc, de chez Ded, j’avais appelé pour confirmer mon arrivée… le 9, tranquille comme Baptiste. Patatras, d’un ton bien embêté, elle m’annonce que c’est complet pour le 9, qu’il y a eu une grosse arrivée de touristes pour le week-end, pas étonnant avec ce temps, mais que la semaine prochaine, pas de problème ! En même temps, je comprends qu’elle cherche une solution et je l’entends compulser ses réservations, encore 30 secondes d’espoir, mais ce sera finalement non. Bon, y a pas mort d’homme, comme dirait quelqu’un, et elle me dicte les téléphones de cinq autres hôtels du village. Que j’appelle dans la foulée. Les quatre premiers sont complets, ça commence à être chaud, il reste une chambre dans le dernier, autant dire que je discute pas les conditions, ça sera l’Astazou.

La patronne, qui semble capable de se noyer dans un demi verre d’eau, est une sorte de bourru bienfaisant de comédie. Elle ronchonne, n’arrête pas de dire qu’elle n’a pas eu une minute pour souffler aujourd’hui, et qu’elle va pas "y arriver" (elle ne dit pas où). Mais en fait elle est très aimable, m’ouvre très libéralement une dépendance du bar pour y rentrer ma moto "à condition de (me) débrouiller tout seul pour faire de la place", pas de problème, et me confie ma clé après m’avoir assuré qu’elle allait se soucier du végétarien que je suis ("Vous pouvez quand même pas manger des oeufs tous les jours !"). J’étale mes affaires un peu partout dans la chambre, je mets vite fait mes sandales Columbia à l’épreuve de tout. Il est 18 h, j’ai une heure et demie pour m’approcher du Cirque magique, et je ne veux pas perdre une minute.

Bin, à cette heure-ci, c’est peu dire que ça vaut le coup. C’est la fin du jour, la lumière, latérale, change chaque minute. Je prends un tas de photos, avec l’espoir que dans le tas… Surtout je prends aussi, arrivé au point de départ des sentiers où sont toutes sortes de panneaux d’informations, le temps de m’arrêter, de me poser et de rester cinq minutes sans rien faire, rien que regarder ce que j’ai devant les yeux.

J’ai fait 988 km aussi pour ça.

Samedi 10 septembre. Gavarnie (Hautes-Pyrénées) Cirque de Troumouse (idem, c’est pas loin). Environ 25 km.

Désormais acquise à ma cause, l’hôtesse redouble de préventions au petit-déjeuner : "Si vous voulez aller vous promener au Cirque, vous pouvez laisser votre moto ici, ça ne me dérange pas !" Je la remercie civilement, et lui explique que c’est à Troumouse que je vais maintenant. Bonne camarade, elle me dit le plus grand bien du Cirque voisin. J’en fais autant de ma nuit à L’Astazou, ça a l’air de lui faire plaisir, et zou, à 9 h à peine passées, le premier coup de kick m’envoie vers le but final de mon voyage.

Il fait grand beau, y en a qui ont de la chance. Le capteur de la Drift fait ce qu’il peut (c’est à dire peu) pour encaisser l’énorme dynamique de lumière entre les versants à l’ombre et ceux que la lumière va frapper, d’abord de biais, puis de plus en plus frontalement. Au village d’Héas, comme prévu, je m’acquitte du modeste (2 euros) péage qui permet l’entretien de la route d’accès au Cirque. AMA l’état de la route justifierait qu’on augmente le coût dudit péage, mébon, on a des Bullet, on s’en aperçoit à peine, de l’état de la route !

De virage en virage, la lumière est tantôt en plein contre-jour, tantôt plus favorable aux photos souvenirs, c’est comme toujours au petit bonheur la chance.

Dernier arrêt à l’Auberge du Maillet (mon conseil d’hébergement pour ceux qui voudraient emmener leur Bullet au Cirque. Tous renseignements à l’Office du Tourisme de Gavarnie-Gèdre, 05 62 92 48 05). C’est un gîte superbement situé, dernière construction avant le Parc National, délimité par la rivière qui passe en dessous. Rivière où les grands boeufs vont boire… et à l’occasion compléter leur culture moto.

Ici comme un peu partout dans les Pyrénées, les animaux sont en semi-liberté, j’ai lu quelque part que leurs propriétaires viennent les visiter une fois par semaine seulement, c’est pas beaucoup je trouve, on comprend que les ours se régalent !

Encore quelques lacets à se prendre le soleil dans les yeux/dans l’objectif, et puis voilà, ladies and gentlemen, j’l’avais dit, j’lai fait, le 11 septembre (!) 2011, à 10 h et 10 mn, j’ai béquillé ma Bullet au Cirque de Troumouse.

Parce que le point d’accès par la route est déjà élevé (2138 m) et que son rayon est important, le Cirque de Troumouse ne balance pas la même claque dans la tronche que celui de Gavarnie (bien que sa ligne de crêtes soit à une altitude comparable, environ 3000 m). C’est que lui, on le découvre depuis une altitude bien plus faible (le village de Gavarnie n’est qu’à 1400 m). Mais comme c’est beau ! Dommage qu’à cause du contre-jour je rate le panoramique kivabien. Les amateurs de photos devront venir ici en fin d’après-midi, ça doit le faire ! Je me console en montant à pieds à la "Vierge de Troumouse", sans doute le meilleur point de vue sur le site.

Arrivé sur zone, ne me reste plus, pour immortaliser l’instant, qu’à faire le contrechamp, ce pour quoi je revêts mes habits sacerdotaux (Papymad, hello again !).

Sourire crispé comme d’hab’, mais c’est aussi que je fixe d’un oeil inquiet mon appareil, en mode retardateur, juché sur un échafaudage improbable fait avec mon sac à dos et un petit tas de cailloux. Les premiers essais, c’eût été dommage de finir là-dessus, ressemblaient assez à ça :

A toute petite vitesse, en essayant de m’imprégner de toutes les images que mes appareils n’ont pas prises, je vais redescendre vers Luz Saint-Sauveur et reprendre la Route des Cols, vers l’Est cette fois. Après ce seront les magnifiques paysages des Corbières et les routes à moto de l’Hérault, vers Bédarieux, puis la remontée vers le Larzac, et pour finir la traversée à nouveau de ma chère Lozère : autant dire que je serai alors presque chez moi.

Mais tout ça, comme on dit dans les livres, c’est une autre histoire...

. Jihel


Commentaires

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samedi 20 juin 2015 à 23h08 - par  expert38

Tu a bien fait de suggerer...je croyais tout savoir...et je n’avais pas fait ce voyage...magnifique,et toujours bien décrit...

mardi 28 février 2012 à 21h19

bravo, c est beau, ca fait du bien et en plus on se dit pourquoi pas moi.... Meme pas cap Des que ma bullet redemarre , je pars !