Changement pneu et frein AR en images

par Marco
mardi 20 août 2013
popularité : 9%

Salut,

je viens de changer mon pneu AR et j’en ai profité pour remplacer les garnitures de frein AR.
Le pneu est un Avon Road-rider en 100/90 X 19.
Les garnitures sont des pièces d’origine Enfield, achetées 25 €.

C’est parti ! On commence par déposer la selle.
A l’arrière, c’est un boulon (vis + écrou) de 8 mm, donc clés de 13. Les desserrer suffit, la patte de selle est ouverte en "fourche".

Déposer les écrous de la fixation avant de la selle : c’est un pas impérial anciennes normes : une clé plate à fourche de 14 mm fera l’affaire si vous n’avez pas la clé adéquate dans la trousse d’outillage d’origine.

Une fois la selle déposée, nous allons relever l’ensemble tringle-garde boue AR pour dégager le passage de la roue avant sa dépose. C’est prévu pour.
Avec une douille de 16 mm en six pans (ou une clé à tube, ou une clé plate), desserrer l’écrou douille supérieur.

L’écrou-douille est bien desserré

Ensuite, on desserre également l’écrou-douille de la fixation basse. On utilise une douille de 21 mm (une clé à bougie de qualité fait l’affaire aussi). Là encore, bien desserrer l’écrou. Le but consiste cette fois à libérer totalement le tirant inférieur de tringles-supports de garde-boue : il s’ajuste sur un embout en fourche, justement pour être dégagé.

Maintenant, toute la partie AR peut être relevée. On la maintient en place avec une sangle fixée au guidon (ou d’autres moyens de votre choix). Notez la tringle basse bien éloignée de son support (flèche jaune et points d’ancrage dans les cercles).

Après dépose de la goupille de frein d’écrou de broche AR, déposer l’écrou (ici une clé de 15/16 de pouce, mais une clé à molette ferait aussi l’affaire, c’est du gros, y’a de la place et ce n’est pas serré très fort).

Vous pouvez préalablement repérer d’un trait de feutre la position du cran de réglage de tension de chaîne sur l’escargot de réglage... ça permet aussi de repérer le bon coté (la bonne face) de l’escargot une fois déposé.

Il ne reste plus qu’à déposer la broche de roue : vous pouvez la chasser avec le côté opposé avec un maillet. Remettre l’écrou en place pour taper dessus au premier coup de maillet préservera le filetage... ensuite, ça sort tout seul et la roue ne tient plus que par les silent-bloc de l’amortisseur de couple (blocs de caoutchouc) enfichés dans le moyeu côté couronne.

A ce stade, un petit rappel : pour travailler proprement, mettez vos boulons de côté dans une gamelle (ou une boîte, un couvercle)... Autant que possible, ne dérogez jamais à cette règle, il faut s’y astreindre car y’a rien de plus con que de perdre ses écrous qui trainaient par terre et dans lesquels on se prend les pieds.
Si vous êtes en extérieur, vous pouvez aussi les mettre en évidence sur un chiffon propre, un mouchoir en papier déployé... bref, soyez méthodique et soigneux, ça évite de perdre du temps et ses précieux écrous.

Une fois la roue déposée, on dégonfle totalement la chambre à air : pour cela, il faut déposer l’obus de valve. Certains bouchons de valve (comme celui-ci) sont également un démonte-obus.

Une fois la chambre à air vide (et vraiment vide !), il suffit de piétiner les flancs du pneu à coup de talons. Le but consiste à faire descendre les talons du pneu au creux de la jante, là où le diamètre est plus petit, préalable à la dépose du pneu. Toute l’astuce d’un démontage de pneu est là.
Si il reste de l’air dans la chambre, vous n’y arriverez pas.
Des fois, le pneu est "collé" par la rouille et c’est difficile de le décoller au pied. Un étau peut être alors utilisé ou aussi, en dépannage au bord d’une route, la semelle d’un cric de voiture que vous placez sur le flanc du pneu, l’autre bout du cric sous le bas de caisse de l’auto... vous bandez le cric et ça permet la plupart du temps de décoller le flanc du pneu.
Mais là, c’est tout bon avec mes panards et mes 87 kg.

Il faut maintenant sortir le talon du pneu de la jante : deux démonte-pneus font l’affaire. Travaillez en douceur, attention à ne pas déchirer la chambre. Si ça ne vient pas, si ça force vraiment, ne vous faîtes pas mal... c’est juste que les bords du pneu ne sont pas décollés et descendus au fond de la jante, revenez à l’étape précédente.

Une fois qu’un bord de pneu est passé à l’extérieur de la jante, continuez à dégager le reste à la main... ça demande tout de même un peu de poigne.

Quand un côté du pneu est complètement à l’extérieur de la jante, dégagez délicatement la chambre à air après avoir pensé à déposer le petit écrou plat du filetage de la valve (clé de 12 mm)

Finissez de "sortir" le pneu de la jante à la main. Là encore, faut avoir de bonnes mains et veiller à toujours placer le côté opposé du talon du pneu dans le creux de la jante, là ou le diamètre est le plus petit, ce qui va vous donner plus de débattement, donc moins d’efforts à fournir... de la méthode, de la méthode !

Surgonflez la chambre et inspectez-là : traquez les accrocs, les pétouilles métalliques, les bouts de limaille... laissez-là gonflée et inspectez le fond de jante, cherchez des têtes de rayons saillants à adoucir, bref, vérifiez tout tant que c’est démonté.

Pensez à repérer le sens de rotation du pneu que vous allez remonter : sur l’Avon Roadrider, le sens de rotation est différent selon que l’on va le monter à l’avant ou l’arrière. Ici, c’est à l’arrière.

Votre jante est propre, la bande de fond de jante est OK, on attaque la repose du pneu.
Badigeonnez ses talons d’une solution d’eau savonneuse... faudra qu’ça glisse ! N’utilisez pas d’huile ou de solvant. Savon ou produit à vaisselle, ça va très bien.

Jante bien à plat sur le sol protégé d’un vieux carton (ou de chiffons) pour ne pas blesser le moyeu de roue en la raclant sur le ciment, au mieux bien en appui sur des cales de bois, on re-emmanche le pneu sur la jante, en poussant de droite à gauche avec les paumes... (on fait ça avec les deux mains, mais là, j’en ai une de prise pour tenir l’appareil-photo)

Une fois un bord de pneu "rentré", on engage la valve de la chambre dans le trou de la jante, en faisant glisser ses doigts sous le bord du pneu encore "libre". C’est vraiment le plus chiant de l’opération... dès que le filetage de la valve apparait, hop, remettez-y l’écrou pour empêcher que la valve ne se barre de son trou.

Ensuite, gonflez très très légèrement la chambre (après avoir replacé l’obus dans la valve) pour lui éviter de se tordre dans le pneu et engagez le talon du pneu dans le bord de la jante. Là encore, on y va à coups de talon, par pressions successives. Normalement, on peut arriver à remettre tout le pneu comme ça, sans avoir recours aux démonte-pneus qui comme leur nom l’indique ne sont pas des "remonte-pneu"... mais des fois, un p’tit effet de levier final au démonte-pneu peut aider. Gaffe à ne pas blesser la chambre.

Quand le pneu est "rentré", regonflez. Une pompe manuelle fait l’affaire, de l’air comprimé sera mieux. Attention ! Protégez vos yeux, placez la roue à l’extérieur d’un mur et travaillez en vous planquant derrière : ça arrive très rarement, mais une jante fissurée ou un pneu défectueux, ça peut éclater et projeter des bouts qui peuvent vous arracher le visage et vous blesser gravement. Prenez garde ! Vous gonflez à 3 b (kg/cm2), ce n’est pas rien... c’est trois fois la pression atmosphérique, c’est l’équivalent de la pression à 20 m sous la mer.
En gonflant à 3 ou 4 kg, vous allez entendre PLAK, PLAK ! C’est le bruit des talons du pneu qui se mettent en place dans les bords de jante.

Vérifiez ensuite sur le pourtour du pneu qu’il soit bien en place partout (y’a des traits-cercles de repère sur le pneu) et ajustez à la pression préconisée.

La roue est prête à être remontée. Un petit coup de chiffon imbibé d’alcool à brûler sur le pneu pour dissoudre la parafine ne peut pas nuire. Mollo quand même.

[b]On attaque maintenant le démontage du tambour-couronne.[/b]

D’abord, débrider la tringle de frein AR en déposant l’écrou de réglage. Ceci fait, dégagez totalement la tringle de sa navette.

Avec une clé plate ou une douille de 18 mm, déposez l’écrou de blocage du flasque :

Avec une douille de 32 mm (ou une clé à molette), déposez l’écrou central du moyeu-frein :

Le tambour peut maintenant être dégagé... écartez la chaîne pour la dégager (pas besoin de l’ouvrir).
Notez que la broche creuse comporte deux méplats sur son diamètre extérieur (marques rouges) : ils se placent dans la fourche du bras oscillant, vous en tiendrez compte au remontage.

Vous posez le tout sur l’établi et vous dégagez le flasque par le haut.

Après dépose des vieilles mâchoires de frein, nettoyez le flasque et le tambour (dégraissez sa frette -piste de freinage- au diluant et mettez un coup de toile-émeri pour "déglacer") et graissez modérément les pivots du flasque préalablement dépoussiéré et dégraissé :

Posez les garnitures neuves (préalablement détalonnées si nécessaire, d’un coup de râpe à bois).
Gaffe à ne pas foutre vos doigts plein de graisse sur la garniture de freinage !

Reposez le tambour-moyeu en place sans oublier de bien replacer la grosse rondelle entretoise entre le flasque et le bras oscillant :

Réajustez la tension de chaîne après remontage. Vous pouvez mesurer avec un mètre-ruban la distance entre le centre de l’écrou de bras oscillant (à son ancrage sur le cadre de la moto) et le centre de la broche de la roue... la mesure relevée doit être la même de chaque coté. ne vous fiez pas à votre œil en regardant la moto de derrière, une Bullet est toujours un peu de guingois.

Pensez aussi à ajuster le réglage de la pédale de frein, à la biellette au tambour et à la butée à la pédale, ansi que l’allumage du feu stop (le contacteur est réglable).

Remontez le reste dans l’ordre inverse du démontage, n’oubliez rien, revérifiez la pression du pneu, de la tension de chaîne (du bon réglage du "mou" de la chaîne") et voilà ! Yapuka rouler !

Dans quelques kilomètres, réajustez le réglage du frein AR qui se sera un peu rodé. Et gaffe au début : un pneu neuf, ça glisse !

Bonne route !


Commentaires

Logo de Thierry LLOPIS
mardi 17 octobre 2017 à 06h46 - par  Thierry LLOPIS

Merci pour ce tuto.
Pour parfaire ton explication, pourrais tu donner la ref. des mâchoires de frein AR et où on peut en acheter facilement.

D’avance je te remercie

Thierry