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Stella Alpina 9 et 10 juilet 2016

mercredi 13 juillet 2016, par Yves Metz

Chapitre premier .

Y descendre :

Jeudi il fait chaud , c’est nouveau cette année, je décide de foncer droit au sud par la rapide pour me rapprocher au plus vite de ma destination, quand,... premier coup de calcaire une fois passé Remiremont dans la longue montée qui s’en échappe avec deux amorces de serrage sans conséquences hormis celle de me polluer l’esprit un bout de chemin .
Au soir encore frais comme un gardon sorti de la baille, donc présentable, je débarque chez Bol le routier de Villemotier (Ain ou Jura), plein à craquer en ce jour de fête, pour m’y restaurer vite fait avant d’aller chercher quelques luzernes pour me pieuter .
Là en terrasse je fais connaissance d’un très jeune chauffeur vosgien de grumiers avec qui je passe la soirée, lui amateur de mécaniques, moi j’ai juste à suivre, vous pensez bien c’est si facile la mécanique, pendant que ce temps de l’intérieur nous parvient la clameur de la télé à emballer les spectateurs quand la France marque un but et ainsi jusqu’au coup de sifflet final où maintenant il est l’heure de fêter la victoire et à boire et à reboire jusqu’à bien éméchés s’en vont tous faire dodo .
Vas pas me gaver avec des histoires d’interdictions de circuler, c’est jour de fête, ils ont gagné, n’est pas là pour se faire engueuler (Vian), je fais vrombir la BSA (qu’est-ce-qu’elle fait causer celle-là), et je file comme indiqué plus haut dans quelques natures d’arrière pays jurassien pour m’endormir comme un sac .

Lendemain je reprends ma course, pense à Marco, l’est bien l’gars là, donne de l’idée, et amoureux de panoramas j’escalade le Grand Colombier pointe sud du croissant qu’est cette montagne à vaches pour m’en mettre plein la vue .
Au sommet : blablabla, la BSA (y en a que pour elle) encore une fois elle me saoule c’te brêle, j’va finir par radoter avec toujours la même histoire, son histoire .
C’est beau même si brumeux de chaleur, ça laisse imaginer les sommets d’en face, le Mont-Blanc où se trouve-t-il, bizarrement chacun y va de sa position (vive la France), puis rassasié d’images mais point encore de régalade j’enquille une perpendiculaire pour aller me taper d’aussi sec de la tarte à la myrtille allongée d’un café du matin .
5,50 euros la chasse aux touristes (absents) est ouverte .

Bref, par monts et par vaux plus quelques villes à circulation dépressive me faut être au soir à la Stella, alors je passe les Aix les Bains, Chambéry et la Maurienne chaotiquement en me traînant jusqu’à Modane où une pause s’impose, le cul tanné, mal aux pattes de devant à force de débrayer en ces vallées coincées où s’bougent pas l’cul,.. pour avancer, faire quelques courses pour la soirée, le séjour, puis boire une bière de soif et me rencarder auprès d’un bien cool cafetier sur la marche à suivre pour passer en Italie ....Je ne savais même pas le passage payant !....Mon gars pas plus au parfum que ça des tarifs "Fréjusiens" me dit pour sûr : allez par le Mont-Cenis car d’office vous gagnerez le plein de votre machine et c’qui ne gâche rien c’est nettement plus beau .
Je sais que c’était beau car ce transit m’a fait penser que j’avais oublié que la montagne est belle même si bien fraîche et embrumée par des remontées climatiques italiennes je pense ne pas avoir pu tout y distinguer ....Puis ensuite y a la Stella Alpina qui va m’envoyer culminer au paradis, sur une autre planète, donc aucune amertume .

Chapitre deux .

Sur place :

Donc faut y parvenir par un contournement, des vallées transalpines et remonter directement à l’entrée de Bardonecchia direction indiquée Rochemolles pour passer l’avant goût de difficultés pour ma vieille charrette .
J’y arrive en ce cirque majestueux orné en son fond par le refuge Camillo Scarfiotti à exactement 2165 mètres, pour n’y retrouver personne des attendus de la RA, qu’après plusieurs tours sur place à essayer d’occulter d’infâmes machines difformes, je me dis : L’Eric Tmax, comme moi, ne voyant personne est reparti, les autres certainement pour plus tard ?
Je vais, je viens, profite de mon appareil photo pour "gambader" de-ci de-là et revenir pour enfin trouver celui qui me tend les bras, notre Catalan avec qui je vais passer bonne soirée accompagné d’autres venus nous proposer leur convivialité, celle d’un tour de feu, celle où y a place pour chacun, suffit d’entamer une "discute" .
Bien graillé, bien bu, c’est heureux personne n’a dérapé, maintenant va falloir essayer de dormir entouré de motos (ce soir je dors dans le même lit que ma bécane, collé, collée), souvent qui arrivent, font du bruit qui empêchent d’être "dans le noir" pour asseoir le sommeil, normal, que c’est sans compter sur quelques provocateurs pour enfoncer définitivement le clou, nuit blanche, à grands coups de rupteurs à trois heures du matin .
Au "réveil" encore sous la couette le calcul est vite fait, profiter du maximum d’énergie, faut y aller au plus vite vers le Sommelier car il en monte déjà des motos qui pourraient gêner aux entournures de ces montagnes pavoisées, fleuries .

Chapitre trois .

La vérité :

Ce n’est pas le manque de sommeil qui va m’empêcher de me sentir léger quand la BSA entame la première inclinaison sérieuse, la première épingle, elle elle sait ce qu’elle vaut, du régime ou la première d’un bout à l’autre, c’est pentu, ça sera son sort pour parvenir tout là haut, donc pour pas chauffer trop la mécanique, pour conserver de la patate, pour limiter les cognements des ressorts extérieurs de fourche dans leur fourreau, choses malsaines, désagréables, faut la laisser pousser ses 175 kg de bonne ferraille, d’y ajouter les sacoches pleines de quoi réparer n’importe où, oui de la laisser pousser tranquillement à son rythme pour ainsi ne pas faillir .

Ce chemin se décompose en trois parties, périodes .... La première très pentue mais à bonne piste n’amène aucun déboire possible (fastoche), la seconde est celle des portes du paradis, étage d’altitude de l’autre côté de la montagne pour qu’on ne voit pas d’en bas, pour que ça se mérite, parce qu’ici, de la haute montagne il ne manque rien, rien qui ne meuble l’esprit, l’imaginaire, la totale du pays des chamois, la partie glacière qui vivifie l’air cerclé de névés et qui tiédit ma chaudière relaxée à ce palier !....Puis le dernier morceau, la montée infernale qui mène vers le ciel toujours droit devant, oui l’épreuve de vérité, le casse bécane, le bon wagon ou le mauvais (c’est ainsi dedans), le choix des armes, inappropriées ça ne passe pas, renonce à bouts de souffle, les sides abdiquent en chemin même les soi-disant fait pour, en ces restes de champs de batailles, d’éboulis, de champs de cailloux qui deviennent pénibles pour le troupeau de postulants qui s’amenuise au fur et à mesure que la difficulté augmente, que la fatigue se fait sentir, que le souffle devient court, pour dire qu’il ne faudrait pas s’arrêter car dur de se relancer, de se remotiver pour continuer .

La BSA dans tout cela, ben ce n’est pas de sa faute si sur le couple à se faufiler elle a coincé net entre des pavasses comme des briques taille agglo, net bloquée jusqu’au piston sans le temps, surpris, pour débrayer, simple erreur de trajectoire, et c’est encore de la mienne si à 2700 mètres, chaud, trop chaud, pas bien, je me suis arrêté pour souffler quelques minutes, respirer, me déshabiller auprès d’un amalgame de motards français arrivés à leur limite, ils n’en voulaient plus par sagesse, je fus aussi tenté d’arrêter une fraction de temps, puis mince quand même, monter la BSA si près du terme aux dernières nouvelles de ceux qui en descendaient, oui si près et encouragé par quelques glorioles non recherchées mais bien présentes, je ne vous ai pas parlé des encouragements, applaudissements aux passages et arrivées, ouaip qu’il ne me fut pas difficile libéré de mes carcans (vêtements) de me relancer d’un coup si léger pour une dernière enfilade maîtrisée aisément comme aux plus beaux jours !....Si proche du but ce qui rebutait l’observateur side-cariste était, suite à la sortie d’une épingle, un mur que le gel avait dû éclater pour étaler là pierres et ciment de partout pour corser d’une dernière difficulté pour ces jours de Stella Alpina, donc dernière enfilade pour y être avec la plus vieille, la seule de route à ce moment, au milieu d’une bande dernier cri de BMW et KTM coincées par la neige tout comme moi pour mettre le mot fin bienvenu à cette équipée gagnante .

Après études du décor de plus en plus haut de plus en plus beau j’ai compté qu’il restait quatre épingles qu’il aurait fallu dégager pour atteindre le mythique col entre Italie et France .

J’m’y sentis bien, rudement bien à admirer à cette hauteur, et encore et encore avant d’attaquer le supplice de la descente sans trop de suspension comme un cabri qui saute partout, sans le freinage qui permet de prendre de la vitesse, voire le tambour avant qui bloque la roue pour de petits tout-droit à l’entrée des lacets quand la piste y est mouillée ou poussiéreuse, fallait que je dise que ma descente fut un long et pénible désastre à oublier au plus vite .

Chapitre quatre .

Dernièrement :

C’est fini, la journée ensuite fut longue et ennuyeuse sous le cagna meublé de ronflements de bruits moteurs à en être lassants,.. et puis tournées des popotes avec beaucoup à la sieste, je ne sais pas faire, puis encore le Fab, le Doudou qui ne viennent pas, JBT non plus, que je me suis dit : il est temps de te casser, d’aller voir ailleurs pour avoir au moins l’assurance de dormir en paix .

Il était temps l’équipe des "attardés" débarque et accompagnée de quelques gorgeons ce fut reparti pour une soirée de plus à discutailler, sauver en 5-7 par l’entremise d’un belge, un allemand avec son levier d’embrayage cassé ... Heureusement que ce n’est plus la guerre, bonjour les dégourdis .....Prise de tête pour y enfoncer un bout de tube .
Jusqu’à dodo on a chahuté, où après, ce coup ci je me suis éloigné loin du vacarme généralisé avec espoir de roupiller un peu plus, mais c’était sans compter qu’une vallée aussi fermée résonnerait jusqu’à pas d’heure comme la veille tant que jeunes ardeurs y prospéreraient .

Au matin pas pressé, tout le monde avait disparu, plus de Tmax, plus de Fab, plus de Boubou, j’apprends qu’il était en cavale courant derrière la médaille ;), et je descendais de ma tanière éloignée pour harnacher le gentil brelon d’entre mes cuisses qui allait me ramener at home, ....sans qu’un ait omis, c’te brave, de vouloir me l’acheter ....Encore un ?

Beaucoup serait à raconter du retour, mais c’est assez car d’autres diront que je les saoule, qu’ils n’ont pas les mêmes valeurs, donc avec pour mot de fin : mon ressort de sélecteur (rappel) qui a cassé entre Colombey-les-Belles et Toul, c’est chiant, car ça m’a rendu obligatoire une fin de voyage par l’autoroute, passer les vitesses à la main pour plus de sûreté n’étant pas commode de nuit en définitive .

Une montagne de photos devraient suivre .

L’Italienne :

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L’arme absolue :

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Terminus, tout le monde descend :

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En face dans le creux c’est l’arrivée officielle au col du Sommelier, inaccessible, près du but :

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Sauf à pied :

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Les 3 impossibles épingles pour y être :

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Le plus fou, téméraire, coûte que coûte faut que ça passe :

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Y aura fallu le ramasser :

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Son germain confrère pour l’accompagner n’ira pas plus loin :

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En vrac :

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Pause à 2700 m,....oserai-je encore ?

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Pour y chiper celles qui s’y cachent :

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Merci la vieille :

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La moto sans amour, pareil le sexe, c’est sans issue .
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Si la poésie moderne est dans nos murs
Elle a l’odeur des citernes
Et des ordures

(K.Cokenstock)

Voir en ligne : la discussion sur le forum enfield

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