Olalah... il est terrible, le Jivaro. D'abord, en arrivant chez lui, faut amadouer le chat de garde. Ensuite, faut faire la coutume avec le grand sorcier : ingestion de liquides zarbi, exorcisation à base de pouces, d'inches et autres mesures witworth et impériales... si la Jivarette est dans les parages, essuyage des pieds obligatoire avant de pénétrer dans le jardin dans lequel des ex-votos métalo-végétaux sont dressés et dont il faudra faire le tour en prononçant les incantations requises :
"les japs, c'est de la m..., BSA est grand et Jivaro est son prophète".
Ne pas oublier de formuler une prière devant l'épave d'Austin, ni de demander des nouvelles de la santé du tracteur qui rouille lentement, mais sans trop insister parce que ça ferait faux-cul et c'est pas le genre de la maison.
Ceci fait, et dans l'éventualité de ne pas avoir déjà reçu, au pire, un coup de pied dans le cul et à tout le moins, quelque sentence bien placée sur l'incompétence des journalistes spécialisés (commentaire qui DOIT impérativement entrainer chez l'impétrant une approbation convaincue), une visite de la grange peut s'envisager. On prendra alors soin de s'ébahir (mais pas trop ostensiblement, plutôt comme quand on pénètre dans une église) sur les bouts de ferraille, lesquels ne "trainent" pas, mais sont disposés à l'édification des foules comme un témoignage inversé sur l'inconséquence et la pusillanimité d'un troupeau humain avide des biens de consommation.
Au terme de cette épreuve initiatique, on ressort lavé (épuré même) de toute velléité bassement consumériste, preuve que le pèlerinage a produit ses fruits...
... et la Bullet, dans tout ça ? Et oh, si c'est pour être désagréable, t'avais qu'à t'acheter une Japonaise, y'a des concessionnaires pour ça !

NB : n'oubliez pas qu'en pays Jivaro, on ne confond pas "moto" et "japonaise", l'une ne pouvant être l'autre et inversement.