3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
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Manu
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- Enregistré le : 25 déc. 2008, 11:28
- Votre moto : 350 Classic
- Modèle de votre autre moto : BMW GS 1300
- Localisation : Bruxelles (Schaerbeek)
- Localisation : Schaerbeek, Belgique
3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
Le virus Bullet, je l'ai contracté dans l'Himalaya, pendant une journée folle, en octobre 2009. En compagnie de Claire, de Thomas, de Naïara, et de notre guide local Rainbow, j'ai en effet circulé sur une 500 « classic » (boîte à droite), louée à Manali. Par un temps splendide, nous nous sommes régalés sur de petits chemins de montagne, gravissant des sentiers caillouteux et escarpés ou traversant des rivières, en profitant à plein du couple diabolique de ces fabuleuses machines.
Les problèmes techniques rencontrés en fin de journée sur ma machine mal entretenue (boîte de vitesse pourrie et surconsommation d'essence) n'ont pas réfréné mon enthousiasme, même si nous sommes rentrés à Manali au début de la nuit, ce qui nous a fait rater le bus dans lequel nous avions réservé des places pour Dharamsala.
J'étais contaminé.
De retour a Bruxelles, j'ai donc commandé une Bullet 500 à Delhi, par internet, tout en rêvant de rééditer mon expérience indienne.
Un an plus tard, j'étais de retour a Delhi. J'avais au préalable tenté de me renseigner sur les loueurs sérieux que l'on trouve dans la capitale indienne. Un nom revenait sans cesse, celui de Lalli Singh, Malheureusement, celui-ci n'avait pas répondu à trois mails successifs qui lui avaient été envoyés, et je me suis donc rabattu sur un inconnu au bataillon, « Tony Bullet » (http://www.tonybulletcentre.com ), conseillé par un internaute, chez qui j'ai réservé une 350 pour 500 roupies par jour (8 euros). Pourquoi une 350 ? Tout le monde en Inde considère qu'il s'agit des plus fiables, et la différence de couple et de puissance avec une 500 ne justifie pas que l'on choisisse la plus grosse cylindrée.
Fin septembre donc, je suis passé chez Tony Bullet pour voir l'engin et régler les dernières formalités de mon départ pour le Rajasthan, prévu le 28.
Je craignais devoir prendre le guidon d'un vieux clou, mais j'ai été heureusement surpris par la bécane qui m'a été présentée : un bel engin de 2005, en bon état, ayant parcouru jusqu'alors un petit 30.000 km.
Le 28 au matin donc, avant 7 h., j'étais au Bullet Bike Centre pour m'élancer vers le Rajasthan. Le patron m'avait en effet demandé d'être là très tôt pour éviter le gros du trafic en sortant de Delhi. En fait, je ne suis parti que vers 8 h. 30, le casque que j'avais essayé et qui m'était réservé ayant disparu. Après avoir tenté de me fourguer d'autres casques n'ayant de casque que le nom, ou m'en faire acheter un pendant mon voyage, l'employé de Tony Bullet est finalement rentré chez lui en chercher un, tandis que... je gardais le magasin.
Vers 8 h. 30, donc, j'étais lancé dans le trafic fou de Delhi, en route pour une étape de 250 km qui devait me conduire à Jaipur.
Un petit mot ici sur la circulation en Inde. Il n'y a qu'une seule règle qui prévaut : « ôte toi de là que je m'y mette ! ». Tout le reste, feu rouge, sens de circulation (même sur autoroute), passage pour piétons, clignoteurs, n'a absolument aucune espèce d'importance. Le seul accessoire utile, c'est le klaxon, essentiellement pour signaler à un véhicule que l'on veut le dépasser, ce que ledit véhicule peut ou non prendre en considération.
Pratiquement, c'est le véhicule le plus lourd ou le plus imposant qui aura une priorité absolue sur un engin plus léger (ou sur un piéton), même si le premier opère une manœuvre des plus dangereuses et des plus risquées, en vous mettant gravement en danger. Pour illustrer cela, sachez qu'il est « normal » en Inde qu'un poids lourd en dépasse un autre dans un virage « aveugle », sans se soucier du fait qu'il pourrait rencontrer face à lui un autre poids lourd, une voiture ou une moto... Je me suis trouvé à un moment face à un camion qui dépassait dans ces conditions, et qui m'a intimé à coups de klaxon et d'appels de phares la consigne de lui laisser le passage, alors que lorsque je l'ai aperçu, il n'était qu'à quelques mètres de moi. Je ne sais pas trop comment, mais je suis passé ! Les nombreux véhicules accidentés que l'on croise témoignent que tous n'ont pas la même chance...
Un autre problème vient de l'état des routes. Mêmes si de nombreuses d'entre-elles font l'objet de travaux, elles sont en général en très mauvais état, et les éventuels problèmes ou chantiers ne sont pas signalés. Vous pouvez donc avoir une route qui s'interrompt sans préavis, parce que le tronçon suivant n'est pas terminé ! Entre les deux, un dénivelé de 10 ou 20 cm vous forcera à prendre un chemin de traverse pour éviter la chute et la casse. Prudence, donc...
Pour ma première journée en Bullet, il me fallait donc quitter Delhi. Cela m'a pris deux bonnes heures, dans une circulation d'une densité inouïe, à une allure d'escargot (heureusement d'ailleurs, car j'ai été percuté 3 fois !). Peu à peu, le trafic est devenu moins dense, et j'ai pu prendre une allure normale, 60 ou 70 km/h, entre les camions et les trous.
Et c'est là que le charme de l'Inde, cumulé à celui de la Bullet, vous transporte. Je me suis assez rapidement surpris à me sentir « relax » sur la route, pour profiter des paysages superbes et des ambiances peu communes de ce pays étonnant.
A un point tel que lorsque je suis arrivé à Jaipur, vers 14 h., j'ai décidé de zapper l'étape et de poursuivre mon trajet en l'allongeant de 150 km, pour aller jusqu'à Pushkar. Il faut dire que je connaissais Jaipur, le ville rose, et que ce n'est pas ma favorite en Inde.
Arrivé à Ajmer, j'étais cuit ! Au bout de 380 km, la chaleur du soleil me faisait suer par tous les pores. Je me suis donc arrêté pour me désaltérer, afin d'entreprendre en meilleure forme les 20 derniers km devant me mener dans la ville sainte de Pushkar. Au moment de repartir, ma Bullet « cale ». En vain, j'essaie de la faire redémarrer. Un groupe de jeunes me regarde non sans sourire, comme s'il était incongru qu'un occidental tente de maîtriser ce fleuron de l'industrie indienne ! Cependant, l'un d'entre-eux vient vers moi et tenter de me donner une leçon de maîtrise d'une Bullet. Peine perdue pour lui aussi ! En fait, les fusibles et la boîte qui les contient étaient tout aussi cramés que moi ! Serviable, le jeune indien m'a indiqué le chemin d'un garage et moins d'une demi-heure après, ma belle était à nouveau opérationnelle, tandis que la réparation m'avait coûté moins de 50 eurocentimes !
Après 400 bornes et 10 heures de route, je suis enfin arrivé à destination. La route d' Ajmer à Pushkar était particulièrement jouissive. Une montée en lacets, parcourue à fond la caisse, au milieu d'un groupe d'Indiens juchés sur des Honda Hero ou des Bajaj de 150 cc.
Après quelques jours de détente à Pushkar, je suis reparti vers la ville bleue, la merveilleuse Jodhpur. Un bon 200 km, cette fois. J'ai donc pu effectuer ce trajet à mon aise, non sans être malgré tout attentif au comportement délirant des usagers de la route. Peu avant Jodhpur, ayant présumé une consommation moins importante, j'ai du passer sur la réserve. Seule péripétie de ce second trajet, si je laisse de côté les deux ou trois véhicules solidement accidentés vus sur le parcours.
Pendant 3 jours, je me suis amusé à parcourir la ville et ses alentours. C'était ma 4ème visite à Jodhpur, et je ne m'en lasse pas ! Le marché de la Clock Tower est un de mes lieux favoris, ou je retrouve des amis. Le fort de Merangarh, qui surplombe la ville, est toujours aussi fabuleux et imposant. Mes petites copines intouchables sont toujours aussi ardentes pour ramasser des crasses dans les rues, qu'elles iront revendre à un chiffonnier. Et puis, il y a Nageena, cette magnifique danseuse rajasthanie ! Sans oublier le meilleur resto du monde, l'Omelet shop, qui mériterait bien des étoiles au Michelin, même s'il ne s'agit qu'un d'un resto de rue où l'on mange pour moins d'un euro.
De Jodhpur, je suis reparti pour Jaisalmer, sur les bords du désert du Thar, à la frontière indo-pakistanaise. Enfin, je pensais me diriger vers Jaisalmer.. En fait, j'étais sur la route de Barmer ! Cela m'amène à évoquer une autre constante en Inde: mieux vaut demander 10 fois sa direction plutôt qu'une ! Il faut savoir que beaucoup d'Indiens ne quittent jamais leur ville ou leur village, et que pour eux, la notion de carte routière ou d'orientation est très relative. De plus, l'Indien n'aime pas dire qu'il ne sait pas. Donc, s'il ne sait pas vous renseigner, il va vous dire n'importe quoi ! J'avais demandé trois fois ma route et on m'avait à chaque reprise confirmé que j'étais sur la bonne, mais après 70 km, j'ai eu des doutes. Un jeune étudiant a eu la gentillesse de me donner une bonne info, et de me dessiner un plan pour traverser la campagne et retomber sur mes pattes. J'ai donc roulé une centaine de km sur de très petites routes, passant dans des petits villages qui ne doivent pas avoir beaucoup changé depuis des siècles. Sur la route, j'ai embarqué un ouvrier agricole, qui est resté une trentaine de bornes derrière moi, et n'a pas cessé de me faire la conversation en Hindi, conversation qui tenait dès lors plus du monologue. J'ai retrouvé la highway de Jaisalmer, ou je suis arrivé dans autre difficulté vers 16 h.
Jaisalmer, c'est Carcassonne, à la mode orientale. Une ville fortifiée en pierre de sable, au centre de laquelle on trouve le palais du Maharaja. Cette ville est le point de départ de nombreux touristes qui randonnent en chameau dans le désert.
J'y suis resté deux nuits avant de retourner à Jodhpur. Jaisalmer est en effet très excentré par rapport au Rajasthan, et Jodhpur est quasi une étape obligée pour s'y rendre, sauf si l'on y va en train. Cela m'a permis cette fois de prendre la bonne route ! Et je ne l'ai pas regretté. Un trajet sublime au travers des plaines arides du Rajasthan. Encore une fois, le mix entre le ronflement de la Bullet et les paysages superbes valait son pesant de plaisir.
La suite était du même tonneau. De Jodhpur, je suis parti vers Kumbalgargh et Ranakpur, au centre du Rajasthan. Cette région est montagneuse et plus tempérée que celle parcourue jusqu'alors. Autant vous dire que le plaisir d'y rouler était encore au rendez-vous. Parcourir ces contrées sauvages et découvrir, au détour d'un chemin, une forteresse comme celle de Kumbalgargh (avec la plus grande muraille du monde – 30 km – après celle de Chine -) est une expérience inoubliable, même si elle n'était pas sans rappeler quelques parcours dans l'Aude, sur ma Triumph 1050 Tiger, cette fois, à la découverte des châteaux cathares.
J'ai ensuite pris la route de Bundi, la « little Jodhpur », par de petites routes toujours aussi enthousiasmantes. A Bundi, je me suis rendu compte qu'un de mes amortisseurs arrières était HS. Dans un petit garage, les deux amortisseurs ont été entièrement démontés, vérifiés, réparés et remontés, tout cela pour la somme de 300 roupies (6 euros) !
De Bundi, je suis retourné à Pushkar avant de refaire un long trajet de 400 km vers Delhi, où j'ai rapporté la moto et récupéré la garantie (200 euros).
En 20 jours, j'ai donc parcouru 3.000 km sur les routes rajasthanies, sans problème majeur.
Si l'expérience tente l'un d'entre-vous, je suis prêt à donner tous les conseils voulus. A boter aussi que le n° de novembre de « moto magazine » contient un article sur le même thème.
Le virus Bullet, je l'ai contracté dans l'Himalaya, pendant une journée folle, en octobre 2009. En compagnie de Claire, de Thomas, de Naïara, et de notre guide local Rainbow, j'ai en effet circulé sur une 500 « classic » (boîte à droite), louée à Manali. Par un temps splendide, nous nous sommes régalés sur de petits chemins de montagne, gravissant des sentiers caillouteux et escarpés ou traversant des rivières, en profitant à plein du couple diabolique de ces fabuleuses machines.
Les problèmes techniques rencontrés en fin de journée sur ma machine mal entretenue (boîte de vitesse pourrie et surconsommation d'essence) n'ont pas réfréné mon enthousiasme, même si nous sommes rentrés à Manali au début de la nuit, ce qui nous a fait rater le bus dans lequel nous avions réservé des places pour Dharamsala.
J'étais contaminé.
De retour a Bruxelles, j'ai donc commandé une Bullet 500 à Delhi, par internet, tout en rêvant de rééditer mon expérience indienne.
Un an plus tard, j'étais de retour a Delhi. J'avais au préalable tenté de me renseigner sur les loueurs sérieux que l'on trouve dans la capitale indienne. Un nom revenait sans cesse, celui de Lalli Singh, Malheureusement, celui-ci n'avait pas répondu à trois mails successifs qui lui avaient été envoyés, et je me suis donc rabattu sur un inconnu au bataillon, « Tony Bullet » (http://www.tonybulletcentre.com ), conseillé par un internaute, chez qui j'ai réservé une 350 pour 500 roupies par jour (8 euros). Pourquoi une 350 ? Tout le monde en Inde considère qu'il s'agit des plus fiables, et la différence de couple et de puissance avec une 500 ne justifie pas que l'on choisisse la plus grosse cylindrée.
Fin septembre donc, je suis passé chez Tony Bullet pour voir l'engin et régler les dernières formalités de mon départ pour le Rajasthan, prévu le 28.
Je craignais devoir prendre le guidon d'un vieux clou, mais j'ai été heureusement surpris par la bécane qui m'a été présentée : un bel engin de 2005, en bon état, ayant parcouru jusqu'alors un petit 30.000 km.
Le 28 au matin donc, avant 7 h., j'étais au Bullet Bike Centre pour m'élancer vers le Rajasthan. Le patron m'avait en effet demandé d'être là très tôt pour éviter le gros du trafic en sortant de Delhi. En fait, je ne suis parti que vers 8 h. 30, le casque que j'avais essayé et qui m'était réservé ayant disparu. Après avoir tenté de me fourguer d'autres casques n'ayant de casque que le nom, ou m'en faire acheter un pendant mon voyage, l'employé de Tony Bullet est finalement rentré chez lui en chercher un, tandis que... je gardais le magasin.
Vers 8 h. 30, donc, j'étais lancé dans le trafic fou de Delhi, en route pour une étape de 250 km qui devait me conduire à Jaipur.
Un petit mot ici sur la circulation en Inde. Il n'y a qu'une seule règle qui prévaut : « ôte toi de là que je m'y mette ! ». Tout le reste, feu rouge, sens de circulation (même sur autoroute), passage pour piétons, clignoteurs, n'a absolument aucune espèce d'importance. Le seul accessoire utile, c'est le klaxon, essentiellement pour signaler à un véhicule que l'on veut le dépasser, ce que ledit véhicule peut ou non prendre en considération.
Pratiquement, c'est le véhicule le plus lourd ou le plus imposant qui aura une priorité absolue sur un engin plus léger (ou sur un piéton), même si le premier opère une manœuvre des plus dangereuses et des plus risquées, en vous mettant gravement en danger. Pour illustrer cela, sachez qu'il est « normal » en Inde qu'un poids lourd en dépasse un autre dans un virage « aveugle », sans se soucier du fait qu'il pourrait rencontrer face à lui un autre poids lourd, une voiture ou une moto... Je me suis trouvé à un moment face à un camion qui dépassait dans ces conditions, et qui m'a intimé à coups de klaxon et d'appels de phares la consigne de lui laisser le passage, alors que lorsque je l'ai aperçu, il n'était qu'à quelques mètres de moi. Je ne sais pas trop comment, mais je suis passé ! Les nombreux véhicules accidentés que l'on croise témoignent que tous n'ont pas la même chance...
Un autre problème vient de l'état des routes. Mêmes si de nombreuses d'entre-elles font l'objet de travaux, elles sont en général en très mauvais état, et les éventuels problèmes ou chantiers ne sont pas signalés. Vous pouvez donc avoir une route qui s'interrompt sans préavis, parce que le tronçon suivant n'est pas terminé ! Entre les deux, un dénivelé de 10 ou 20 cm vous forcera à prendre un chemin de traverse pour éviter la chute et la casse. Prudence, donc...
Pour ma première journée en Bullet, il me fallait donc quitter Delhi. Cela m'a pris deux bonnes heures, dans une circulation d'une densité inouïe, à une allure d'escargot (heureusement d'ailleurs, car j'ai été percuté 3 fois !). Peu à peu, le trafic est devenu moins dense, et j'ai pu prendre une allure normale, 60 ou 70 km/h, entre les camions et les trous.
Et c'est là que le charme de l'Inde, cumulé à celui de la Bullet, vous transporte. Je me suis assez rapidement surpris à me sentir « relax » sur la route, pour profiter des paysages superbes et des ambiances peu communes de ce pays étonnant.
A un point tel que lorsque je suis arrivé à Jaipur, vers 14 h., j'ai décidé de zapper l'étape et de poursuivre mon trajet en l'allongeant de 150 km, pour aller jusqu'à Pushkar. Il faut dire que je connaissais Jaipur, le ville rose, et que ce n'est pas ma favorite en Inde.
Arrivé à Ajmer, j'étais cuit ! Au bout de 380 km, la chaleur du soleil me faisait suer par tous les pores. Je me suis donc arrêté pour me désaltérer, afin d'entreprendre en meilleure forme les 20 derniers km devant me mener dans la ville sainte de Pushkar. Au moment de repartir, ma Bullet « cale ». En vain, j'essaie de la faire redémarrer. Un groupe de jeunes me regarde non sans sourire, comme s'il était incongru qu'un occidental tente de maîtriser ce fleuron de l'industrie indienne ! Cependant, l'un d'entre-eux vient vers moi et tenter de me donner une leçon de maîtrise d'une Bullet. Peine perdue pour lui aussi ! En fait, les fusibles et la boîte qui les contient étaient tout aussi cramés que moi ! Serviable, le jeune indien m'a indiqué le chemin d'un garage et moins d'une demi-heure après, ma belle était à nouveau opérationnelle, tandis que la réparation m'avait coûté moins de 50 eurocentimes !
Après 400 bornes et 10 heures de route, je suis enfin arrivé à destination. La route d' Ajmer à Pushkar était particulièrement jouissive. Une montée en lacets, parcourue à fond la caisse, au milieu d'un groupe d'Indiens juchés sur des Honda Hero ou des Bajaj de 150 cc.
Après quelques jours de détente à Pushkar, je suis reparti vers la ville bleue, la merveilleuse Jodhpur. Un bon 200 km, cette fois. J'ai donc pu effectuer ce trajet à mon aise, non sans être malgré tout attentif au comportement délirant des usagers de la route. Peu avant Jodhpur, ayant présumé une consommation moins importante, j'ai du passer sur la réserve. Seule péripétie de ce second trajet, si je laisse de côté les deux ou trois véhicules solidement accidentés vus sur le parcours.
Pendant 3 jours, je me suis amusé à parcourir la ville et ses alentours. C'était ma 4ème visite à Jodhpur, et je ne m'en lasse pas ! Le marché de la Clock Tower est un de mes lieux favoris, ou je retrouve des amis. Le fort de Merangarh, qui surplombe la ville, est toujours aussi fabuleux et imposant. Mes petites copines intouchables sont toujours aussi ardentes pour ramasser des crasses dans les rues, qu'elles iront revendre à un chiffonnier. Et puis, il y a Nageena, cette magnifique danseuse rajasthanie ! Sans oublier le meilleur resto du monde, l'Omelet shop, qui mériterait bien des étoiles au Michelin, même s'il ne s'agit qu'un d'un resto de rue où l'on mange pour moins d'un euro.
De Jodhpur, je suis reparti pour Jaisalmer, sur les bords du désert du Thar, à la frontière indo-pakistanaise. Enfin, je pensais me diriger vers Jaisalmer.. En fait, j'étais sur la route de Barmer ! Cela m'amène à évoquer une autre constante en Inde: mieux vaut demander 10 fois sa direction plutôt qu'une ! Il faut savoir que beaucoup d'Indiens ne quittent jamais leur ville ou leur village, et que pour eux, la notion de carte routière ou d'orientation est très relative. De plus, l'Indien n'aime pas dire qu'il ne sait pas. Donc, s'il ne sait pas vous renseigner, il va vous dire n'importe quoi ! J'avais demandé trois fois ma route et on m'avait à chaque reprise confirmé que j'étais sur la bonne, mais après 70 km, j'ai eu des doutes. Un jeune étudiant a eu la gentillesse de me donner une bonne info, et de me dessiner un plan pour traverser la campagne et retomber sur mes pattes. J'ai donc roulé une centaine de km sur de très petites routes, passant dans des petits villages qui ne doivent pas avoir beaucoup changé depuis des siècles. Sur la route, j'ai embarqué un ouvrier agricole, qui est resté une trentaine de bornes derrière moi, et n'a pas cessé de me faire la conversation en Hindi, conversation qui tenait dès lors plus du monologue. J'ai retrouvé la highway de Jaisalmer, ou je suis arrivé dans autre difficulté vers 16 h.
Jaisalmer, c'est Carcassonne, à la mode orientale. Une ville fortifiée en pierre de sable, au centre de laquelle on trouve le palais du Maharaja. Cette ville est le point de départ de nombreux touristes qui randonnent en chameau dans le désert.
J'y suis resté deux nuits avant de retourner à Jodhpur. Jaisalmer est en effet très excentré par rapport au Rajasthan, et Jodhpur est quasi une étape obligée pour s'y rendre, sauf si l'on y va en train. Cela m'a permis cette fois de prendre la bonne route ! Et je ne l'ai pas regretté. Un trajet sublime au travers des plaines arides du Rajasthan. Encore une fois, le mix entre le ronflement de la Bullet et les paysages superbes valait son pesant de plaisir.
La suite était du même tonneau. De Jodhpur, je suis parti vers Kumbalgargh et Ranakpur, au centre du Rajasthan. Cette région est montagneuse et plus tempérée que celle parcourue jusqu'alors. Autant vous dire que le plaisir d'y rouler était encore au rendez-vous. Parcourir ces contrées sauvages et découvrir, au détour d'un chemin, une forteresse comme celle de Kumbalgargh (avec la plus grande muraille du monde – 30 km – après celle de Chine -) est une expérience inoubliable, même si elle n'était pas sans rappeler quelques parcours dans l'Aude, sur ma Triumph 1050 Tiger, cette fois, à la découverte des châteaux cathares.
J'ai ensuite pris la route de Bundi, la « little Jodhpur », par de petites routes toujours aussi enthousiasmantes. A Bundi, je me suis rendu compte qu'un de mes amortisseurs arrières était HS. Dans un petit garage, les deux amortisseurs ont été entièrement démontés, vérifiés, réparés et remontés, tout cela pour la somme de 300 roupies (6 euros) !
De Bundi, je suis retourné à Pushkar avant de refaire un long trajet de 400 km vers Delhi, où j'ai rapporté la moto et récupéré la garantie (200 euros).
En 20 jours, j'ai donc parcouru 3.000 km sur les routes rajasthanies, sans problème majeur.
Si l'expérience tente l'un d'entre-vous, je suis prêt à donner tous les conseils voulus. A boter aussi que le n° de novembre de « moto magazine » contient un article sur le même thème.
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Manu
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papymad
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Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
Joli récit, ça donne envie.
Je ne connais pas du tout cette partie du monde et pourtant tous ceux qui l'ont visitée ne rêvent que d'y retourner.
Peut-être un jour ??
Au fait, si tu as pris le virus Bullet, sache que nous sommes quelques-uns dans les environs de Toulouse, Carcassonne, Perpignan...
Au plaisir de te rencontrer
A+
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Peut-être un jour ??
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concombre63
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Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
ça c'est du récit .. on s'y croirait . Merci.
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vitessecool
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Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
Superbe récit, merci manu!
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Manu
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Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
papymad a écrit :Joli récit, ça donne envie.
Je ne connais pas du tout cette partie du monde et pourtant tous ceux qui l'ont visitée ne rêvent que d'y retourner.
Peut-être un jour ??
Au fait, si tu as pris le virus Bullet, sache que nous sommes quelques-uns dans les environs de Toulouse, Carcassonne, Perpignan...
Au plaisir de te rencontrer
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Merci. Je vais souvent dans le coin. Le triangle "Toulouse-Perpignan-Carcassonne" est magique pour les motards !
Manu
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Manu
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Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
vitessecool a écrit :Superbe récit, merci manu!![]()
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Je vais essayer d'être présent, mais je pense avoir autre chose de confirmé ce week-end là... Sniff.
Manu
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Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
Et merci pour Tony Bullet... ça peut toujours servir !!
Longue route à toi.
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Ded31
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Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
Quand on n'aime pas un dessin, on ne tue pas les gens, on en fait un plus joli - (Léa 6 ans).
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C'est avec les vieilles "fontes" qu'on fait les meilleurs trips !!!
http://ded31-royal-blog.blogspot.com/
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Jackymoto
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Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
Jodhpur est une ville sublime...un bémol,les rues très étroites étaient accessibles aux Vespa qui
pourrissaient l'air!!c'était il y a onze ans.J'avais fait recoudre mes godasses au clock market.
Jaisalmer est également impressionnante(nous étions restés quatre jours dans chacune de ces villes que les tours opérators fusillent en trois heures)
pourrissaient l'air!!c'était il y a onze ans.J'avais fait recoudre mes godasses au clock market.
Jaisalmer est également impressionnante(nous étions restés quatre jours dans chacune de ces villes que les tours opérators fusillent en trois heures)
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snoop83
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Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
Vraiment une belle balade et surtout un vrai talent de compteur !
ce n'est pas une moto, c'est un mode de vie...
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cose
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Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
le plus important je crois pour toi , est peut être d'avoir pu rencontré quelqu'un.

"We vinden geen betekenis in hoogdravende theorieën over spiritualiteit, maar wel in ons gezin en onze vrienden."


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loy059
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Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
Merci Manu pour de nous avoir fait voyager au travers de ton récit.
Un "voyage immobile" à l'autre bout du monde....
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Jackymoto
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Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
De conteur Snoop,pas de compteur!!!

Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
"de compteur" aussi puisqu'il est question de 3000 kilomètres.
merci pour ce chouette récit.
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COUSCOUS BULLET
Re: 3.000 km en Bullet à travers le Rajasthan
Quel beau récit Manu, on a envie d'y être. J'ai été dans le sud ou un de mes fils a travaillé et je ne me lasses pas d'écouter son amie indienne qui est avec nous ce soir et nous apprend à connaître toujours mieux son pays.
