Si, interrogeant T Max 66, vous lui demandez quels sont les principaux monuments de la Savoie (à l'exclusion des restaurants) il vous répondra vraisemblablement "le Fort de Tamié et le Château de Miolans".
Le choix du premier s'explique sans doute par les rassemblements de motards qui s'y tenaient et auxquels il a participé dans son jeune âge, encore qu'ayant bu autre chose que du jus de myrtille et fumé des plantes que la loi Evin n'a pas envisagées, ses souvenirs de ce chef-d'œuvre de l'art militaire du 19ème siècle doivent être assez brouillés.
Quant au choix du second je ne l'explique que par crainte révérencielle que doit inspirer à ce libertin, plus attiré, sur les circuits, par les umbrella girls que par les motocyclettes, ce qui fut, du temps où la Savoie n'était pas française*, une prison d'Etat

Le jeudi 17 mai prochain, lorsque vous aurez planté votre tente ou pris possession de votre bungalow au camping du lac de Carouge à Saint Pierre d'Albigny et que, levant les yeux vers la montagne, vous aurez éprouvé, ne serait-ce qu'une seconde, le même trouble que notre reporter et photographe préféré**, j'emmènerai ceux qui le voudront visiter cette geôle célèbre.

Nous découvrirons les oubliettes où les taches de sang ne sont, en réalité, que des traces d'oxydation, les cachots baptisés, en fonction de la lumière qui y pénètre, "l'enfer", "le purgatoire" et "le paradis" (devinez quel est le plus ensoleillé) et nous essaierons de savoir dans lequel avait été enfermé, en 1772, à la demande de sa belle-mère (!), un certain Donatien Alphonse François marquis de Sade.
Je vous dirai la façon dont il réussit à s'en échapper.
Je vous raconterai aussi pourquoi, en 1777, sa belle-mère (toujours elle !) l'a fait arrêter et incarcérer au château de Vincennes à la suite de l'affaire dite "des petites filles".
Il ne semble pas que son incarcération savoyarde, relativement brève (arrêté le 8 décembre 1772 il s'évade le 30 avril 1773), ait fait du scandaleux marquis un écrivain ; la vocation lui viendra plus tard ; à tout le moins, aurait-il dû en tirer la leçon que n'importe lequel d'entre nous en eût tirée à sa place : l'on ne se méfie jamais assez de sa belle-mère !
A bientôt en Savoie les amis,
Captain Bertie
* Si l'on excepte la période révolutionnaire et l'Empire où elle le fut de 1792 à 1815, elle ne l'est que depuis 1860.
** Merci à lui et à Kimberley pour leurs photos du Bol d'Or.










