Grisohm a écrit :Merci, conception totalement différente du nouveau moteur interceptor , ne serait ce que la cylindrée et carburateur, mais calage vilebrequin similaire , ainsi que la course carrée?
Le moteur actuel de l'Interceptor est un moteur moderne avec un look ancien : ça n'a plus rien à voir avec les vertical-twin traditionnels tels que les ont imaginé les Anglais.
Au départ, dans les années 1930, le vertical-twin découle du doublement du monocylindre : les deux pistons montent en même temps, l'un comprime l'admission et l'autre évacue l'échappement, c'est un calage dit à 360°. Quand un piston est à la fin du 2è temps, l'autre est la fin du 4è temps.
Note également (et là, ça se complique), qu'un vertical-twin dit à 360° (architecture physique) a en fait un calage des temps moteurs à 180° si l'on considère le cycle à 4T comme référent, comme pour un flat-twin de type "boxer".
Bref, sur la plupart des vertical-twin anglais des années 1930 à 1960, l'ensemble reste à longue course et soupapes commandées depuis l'arbre à cames (AC) qui se trouve en bas, via des tiges et des culbuteurs.
Sur ce modèle du bicylindre calé à 360°, Triumph rafle la mise avec son twin bien conçu au point d'inspirer tous ses concurrents. Après la 2è guerre mondiale, le carburant s'améliore, les routes aussi et les vitesses augmentent et la puissance des moteurs aussi... le monocylindre va s'effacer petit-à-petit et tous les constructeurs passent au bicylindre. Le problème des mono, c'est que plus ils cubent une cylindrée importante, plus leurs pièces sont lourdes, donc entrainent des vibrations destructrices et de l'inertie au détriment des montées en régime. Face à ce problème, l’intérêt du bicylindre, c'est d'augmenter la cylindrée en multipliant les cylindres tout en gardant des pièces les plus légères possibles.
Royal-Enfield adapte sa production en réutilisant les pièces et cotes de ses monocylindres pour en faire des bicylindres. La particularité des twin RE, ce sont deux AC placés haut (un pour l'admission, l'autre pour l'échappement) et entrainés par une chaîne depuis le vilo et aussi de monter des cylindres et des culasses séparés, dans le but de favoriser le refroidissement par air qui circule entre les deux cylindres... mais ce sera au détriment de la rigidité du moteur quand la cylindrée, le taux de compression et la puissance devront augmenter et ce choix se révélera finalement un handicap, contrairement aux autres constructeurs (Triumph, BSA, Norton, Matchless/AJS...) qui produisent des twins avec cylindres et culasses monoblocs.
En attendant, le twin 500 RE de 1949 a des cotes A/C de 64 X 77, c'est donc un "longue course" à deux soupapes culbutées par cylindre, calé à 360°. Ses deux cylindres et culasses sont séparés et le refroidissement se fait à l'air, par simple convection thermique via les ailettes de refroidissement et l'air ambiant.
Le moteur de I'Interceptor 650 actuelle a des cotes A/C de 78 X 67,8, c'est donc un "super-carré" à quatre soupapes/cylindres commandées par un unique arbre à came en tête et le vilebrequin a un calage de 270° (quand un piston est au PMH, l'autre est à la moitié de sa course). Culasse et bloc-cylindres sont "monobloc" et le refroidissement se fait par air et huile (l'huile est réfrigérée dans un "radiateur" d'huile placé à l'avant du moteur, face au vent relatif).
Note que "course carrée", comme tu le demandes, ça n'existe pas : on parle de moteur "carré" quand les cotes du diamètre de l'alésage (A) sont à la même mesure que la distance parcourue par le piston, c'est-à-dire "la course" (C). Ainsi, un moteur ayant des cotes A/C de 75 X 75 mm est dit "carré".
Quand la cote de l'alésage est plus importante que la course, on parle de moteur "super carré".
Et quand la course est plus grande que l'alésage, on parle d'un longue course.
Quant à la cylindrée totale, c'est la somme des cylindrées unitaires, lesquelles ne sont jamais que le volume (sans compter les chambres d'admission dans la culasse ou la tête de piston) obtenu en multipliant l'alésage (la surface) à la course (hauteur).