Ma Continental GT 535

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Taurim
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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar Taurim » 06 déc. 2020, 09:18

Précisément :) Ou un cornet en bon Français ^^

La 535 est en 87x90, donc pas si longue course que ça.

Les Américains de ACE (qui développent des pièces pour la CGT 535 en toute petite série, pour le plaisir de bidouiller cette moto plus que pour le business, dont la fameuse culasse taillée dans la masse) ont développé ça. La ruse est de monter un cornet à la place, accordé au bon régime, et mettre le filtre à air "ailleurs".

D'origine la boite à air contient un filtre qui est au raz du conduit d'admission.

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D'origine c'est trop court, mal foutu et pas aérodynamique du tout en plus.

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Ils ont mesuré la longueur du conduit d'admission. et avec les bons vieux abaques bien connus, déterminé la longueur idéale du cornet en fonction du régime d'accord. La longueur du conduit de la soupape au port d'admission est 100mm.

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Le cornet est un peu évasé sur sa longueur pour que l'accord ne soit pas à un régime précis mais plus réparti sur une plage plus étendue.

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Et voilà :

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Avec un petit coup de polissage c'est plus joli ^^

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Il faudra que je perce un trou dans le cornet car en Euro 4, il y a un capteur de température dans le conduit.

Ils ont développé 2 pièces plastique qui permettent de monter le filtre à air en dehors de la boite à air qui du coup peut à nouveau jouer son rôle de boite à air, pour tranquilliser le flux d'air et non pas le perturber.

Ce que ça donne avec la pièce proto en impression 3D :

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Et le résultat, ça tient sous le cache droit bien sur :)

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Résultat au banc sur une bécane qui n'a pas pas d'autre modif à part un échappement plus libre et un boîtier Dynojet avec carto sur mesure : 26 ch à la roue, ce qui n'est pas mal du tout pour une modif aussi simple par rapport aux 19 ch à la roue d'origine :

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druid
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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar druid » 06 déc. 2020, 09:37

J'ai bien peur que l'effet escompté par le montage d'un "velocity stack", soit totalement annihilé par le boitier de filtre à air qui l'entoure... :polom:
Easy on the throttle, steady on the gears, roll her over gently and she'll last for many years.

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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar Taurim » 06 déc. 2020, 09:43

Tous les retours de ceux qui l’ont installé, confirment que ça fonctionne parfaitement. Mesures au banc toujours dans les mêmes eaux et VMax +10.

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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar PRYT » 06 déc. 2020, 10:17

Pour info, pourrais-tu nous préciser le diagramme de distribution des cames d'origine, et leurs levées, ainsi que ces valeurs pour tes nouvelles cames ?
"« Le gros mono : un générateur de bonne humeur à basse fréquence ». Guido Bettiol

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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar nirlo » 06 déc. 2020, 10:28

Taurim a écrit :Tous les retours de ceux qui l’ont installé, confirment que ça fonctionne parfaitement. Mesures au banc toujours dans les mêmes eaux et VMax +10.


Peuh, avec un cornet... à piston, c'est de la triche :LOL:
:oups:
:chapo:
Pakapab lé mor san esayé (proverbe réunionnais)
Le dialogue et l'écoute pour s'entendre au delà de nos différences.
Je connaitrai mon espérance de vie exacte le jour de ma mort (si j'ai encore la force d'y penser)

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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar Ded31 » 06 déc. 2020, 10:59

Arrête, arrête !
Tu fais tout pas bien.
Une préparation moto c'est pas comme ça.
Tu y gratouilles dans les conduits dedans le moulbif que ça va même pas se voir quand t'auras fini :blink:
Te faut juste quelques zoutils et surtout une belle meuleuse.
Alors faut enlever tout ce qui sert à rien, comme les garde-bouzes, clignos, caches et les bidules.
Faut surtout y mettre des gros gros pneus tout moches et qui glissent.
Pour pas te bruler faut aussi mettre de la bande qui colle sur les tuyaux qui sortent du moteur.
Pas garder la plaque des numéros derrière mais la mettre sulcoté au niveau de l'axe de la roue arrière (très important).
Ha aussi te faut un tout petit petit phare noir avec un petit compteur (noir aussi) ou l'aiguille bouge quand le moteur tourne.
Pour la selle t'embêtes pas, coupe une planche ou tu colles de la mousse et par dessus du skaï.
Py t'achètes des gros pinceaux et de la peinture en solde et tu repasses partout ou qui reste de la tôle en essayant de pas déborder.
En gros tu devrais, si t'as bien bossé, avoir une belle vraie prépa dans ce genre :

wheels-waves-moto-guzzi-mcos-performance_hd.jpg
wheels-waves-moto-guzzi-mcos-performance_hd.jpg (65.53 Kio) Vu 2960 fois


:oil:
Quand on n'aime pas un dessin, on ne tue pas les gens, on en fait un plus joli - (Léa 6 ans).
---------------------oOo--------------------
C'est avec les vieilles "fontes" qu'on fait les meilleurs trips !!!
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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar Taurim » 06 déc. 2020, 11:13

:036:

PRYT a écrit :Pour info, pourrais-tu nous préciser le diagramme de distribution des cames d'origine, et leurs levées, ainsi que ces valeurs pour tes nouvelles cames ?


Voilà ce que j'ai trouvé :

Standard (je n'ai pas trouvé la levée) :
Admission : AOA 35°, RFA 60°
Echappement : AOE 75°, RFE 35°

AAC Hitchcocks (sur leur site) :
Admission : AOA 30°, RFA 70°, levée 11.3mm (mesurée à la soupape)
Echappement : AOE 70°, RFE 35°, levée 10.2mm

A noter le "truc" de performance Classic qui consiste à retarder l'AAC d'admission d'une dent, ce qui a pour effet de déplacer la courbe de couple plus haut dans les tours et ça semble donner de très bons résusltats avec les AAC d'origine comme ceux d'Hitchcocks.
Vu qu'il y a 38 dents (je viens de compter !), ça fait 9°28' de retard.

Donc ça donne en AAC stock : AOA 25°32, RFA 69°28
Hitchcocks : AOA 20°32, RFA 79°28

Accessoirement, ça donne de la marge sur la proximité soupape d'admission piston :polom:

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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar Jackymoto » 06 déc. 2020, 11:15

Un boîtier à air bien foutu et assez volumineux ne fait pas perdre de puissance: toutes les motos de cross ont ça.
Nous n'en tenions pas compte au niveau des réglages(les machines de cross neuves étaient bridées par des gicleurs bien trop gros).
La forme et la longueur de la pipe d'admission sont plus importantes que le diamètre.
Idem pour l'échappement qui doit avoir la longueur accordée au régime où on veut que ça pousse fort.
Je n'ai aucun problème d'injection et de cartographie sur les pétoires que j'utilise sur piste, car ça n'existait
pas ... La Guzzi est magnifique le gars à perdu 50% de sa valeur en une " prépa " massacre.
Modifié en dernier par Jackymoto le 06 déc. 2020, 12:39, modifié 1 fois.

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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar fab le motard » 06 déc. 2020, 12:10

si tu abouties, et que tu as un petit mono vivant, et efficace, ca va etre vraiment sympa je pense, une vraie petite sportive.

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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar fab le motard » 06 déc. 2020, 12:12

et question lissage des conduits,
j'avais lu qu'il fallait que les conduits aient des aspérités,
pour justement que l'air et le mélange soit sécoué, bien mélangé pour mieux explosé

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Dom
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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar Dom » 06 déc. 2020, 12:36

Ded31 a écrit :Arrête, arrête !
Tu fais tout pas bien.
Une préparation moto c'est pas comme ça.
Tu y gratouilles dans les conduits dedans le moulbif que ça va même pas se voir quand t'auras fini :blink:
Te faut juste quelques zoutils et surtout une belle meuleuse.
Alors faut enlever tout ce qui sert à rien, comme les garde-bouzes, clignos, caches et les bidules.
Faut surtout y mettre des gros gros pneus tout moches et qui glissent.
Pour pas te bruler faut aussi mettre de la bande qui colle sur les tuyaux qui sortent du moteur.
Pas garder la plaque des numéros derrière mais la mettre sulcoté au niveau de l'axe de la roue arrière (très important).
Ha aussi te faut un tout petit petit phare noir avec un petit compteur (noir aussi) ou l'aiguille bouge quand le moteur tourne.
Pour la selle t'embêtes pas, coupe une planche ou tu colles de la mousse et par dessus du skaï.
Py t'achètes des gros pinceaux et de la peinture en solde et tu repasses partout ou qui reste de la tôle en essayant de pas déborder.
En gros tu devrais, si t'as bien bossé, avoir une belle vraie prépa dans ce genre :

wheels-waves-moto-guzzi-mcos-performance_hd.jpg

:oil:


Ded, c'est dommage, elle était bien plus belle avant ta Guzzi. :larme:
"Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d'émerveillement."
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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar Taurim » 06 déc. 2020, 12:50

fab le motard a écrit :et question lissage des conduits,
j'avais lu qu'il fallait que les conduits aient des aspérités,
pour justement que l'air et le mélange soit sécoué, bien mélangé pour mieux explosé


Ca c'était surtout vrai du temps des carbus ou le carburant n'était pas vaporisé comme il l'est avec un injecteur, loins de là.
Ici l'injecteur est au raz de la culasse donc au minimum tout ce qui est avant gagne à être poli.

Mais comme on est dans le pouïème de quart de poil de cul, au final poli ou pas, ça ne changera rigoureusement rien au passage au banc. C'est plus pour se faire plaisir :LOL:

fab le motard a écrit :si tu abouties, et que tu as un petit mono vivant, et efficace, ca va etre vraiment sympa je pense, une vraie petite sportive.


C'est le but :)

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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar PRYT » 06 déc. 2020, 13:38

Sujet qui peut intéresser même les moins férus en mécaniques, s'ils ont envie de savoir comment ça marche, et qui peut-être leur évitera tous les pièges à prétendues améliorations.
Néanmoins, on part sur des présupposés tels qu'un minimum de connaissances qui, si elles faisaient défaut, rendraient l'exposé assez obscur.
Je vous propose en suivant la traduction de travaux menés sur justement la recherche de performances augmentées de nos moteurs fontes INDIENS, mais qui peuvent d'une manière générale, s'appliquer aussi aux Leanburn et EFI.
J'y ajoute deux tableaux montrant les diagrammes de différentes cames.
Venom est un modèle de Velocette (Claude tu vérifies que c'est bon STP, et si tu as les valeurs des Viper et Thruxton, je suis preneur), BH pour 500 Big Head RE, Price pour les cames élaborées d'après les travaux exposés, et vendues par l'ami Henry.
C'est long...mais ça peut être bon !!
(désolé pour les tableaux, je n'arrive pas à aligner les valeurs, c'est facile à refaire dans un tableau W..r..d.

"Préparation d'une Bullet pour un usage routier, texte de « AceCafé »

L'important pour nos Bullet est d'avoir de réelles aptitude routières. C'est le but de mon propos. Les paramètres les meilleurs sont : 30 cv, 4 k de couple, 8:1-8,5:1 de compression, et un régime maxi de 5600 tr/mn avec l'embiellage standard.
Pour rouler sans souci en tête, pour la préparation que je vais décrire, il sera bon , si l'on peut, d'acheter l'embiellage complet européen avec roulement à rouleaux, de mettre des bons roulements de vilo japonais ou européens, de même qu'un embrayage renforcé pour passer la puissance.
L'embiellage est ce qui coûte le plus cher, il n'est absolument pas nécessaire, mais n'est pas inutile si vous en avez les moyens. La bielle standard est faiblarde, il n'est pas rare qu'elle casse à hauts régimes et occasionne quelques dégâts. Donc, si vous pouvez, prenez l'embiellage complet !!

Le travail portera sur le diagramme de distribution et sur la culasse, éléments qui sont liés.

Vous pouvez être intéressés par les discussions que j'ai eu sur d'autres forums avec des constructeurs de moteurs, des propriétaire de Bullet depuis plus de 3 ans. Nous avons travaillé à améliorer, ou essayé de le faire, les rendements de nos moteurs. Il y a, il y aura toujours, des facteurs limitant. Ces gens avec lesquels j'ai travaillé sont très compétents et ont bossé avec des gens aussi célèbres que Yoshimura et Jerry Branch.

Les cames
Les cames servent à mettre les soupapes en mouvements. Elles transforment un mouvement rotatif en un mouvement linéaire. La came est entraînée par le vilebrequin et des pignons, elle possède un bossage qui soulève un poussoir à une cadence étudiée et prévue par le concepteur du moteur. Voilà sa fonction primaire.
Dans les discussions portant sur l'augmentation de la puissance d'un moteur, les came occupent souvent un thème central. Après tous, elles contrôlent les soupapes, lesquelles conditionnent la respiration donc la puissance du moteur. C'est donc à raison qu'elles arrivent en tête des modifications visant à l'augmentation de la puissance.

Comment peuvent-elles contrôler la respiration du moteur ,
En vérité, c'est simple: elles assurent l'ouverture et la fermeture des soupapes. Plus longtemps la soupape d'admission est ouverte, plus grande est la quantité de mélange inflammable admise, et plus de puissance peut être produite. Et plus la levée de la soupape est haute, plus la quantité de mélange admise est grande, aussi. Ces deux éléments nous donnent les 2 paramètres sur lesquels nous allons travailler: la durée d'ouverture et la levée de la soupape vont conditionner la respiration du moteur.
Si l'on recherche la performance, on s'orientera vers une durée d'ouverture la plus longue possible, couplée à une levée maximum, afin d'admettre la plus grande quantité de mélange possible, en recherchant un passage des gaz optimisé dans le circuit d'admission.

Quel est donc le plus gros problème, puisque nous ne pouvons pas laisser la soupape toujours ouverte et levée ? Le cycle admission-compression-explosion-échappement nous contraint à certaines restrictions mécaniques et nous impose un diagramme d'ouverture/admission à mettre au point selon les effets recherchés. C'est là qu'intervient la conception des cames.
Que pouvons-nous réaliser, en fonction du moteur que nous avons devant nous et du but recherché ?
Nous devons d'abord étudier les effets induits par une ouverture plus longue. La plupart des gens pensent que la soupape s'ouvre au PMH à l'admission et se referme au PMB. Il est facile de supposer qu'un piston agit comme celui d'une seringue qui ne peut se remplir que lorsque le piston descend. Et c'est sur cette croyance que la plupart élabore le système d'admission des gaz. Mais, avec l'évolution de l'usinage, de meilleures méthodes ont été développées.
Par exemple, nous ne pouvons pas ouvrir et fermer une soupape instantanément, non progressivement. Il faut une « rampe de tranquillisation » afin de ne pas perdre le contrôle par une trop brusque accélération. Il faut alors un certain temps pour préparer l'ouverture et la fermeture. Nous ouvrons donc un peu avant le PMH et fermons un peu après le PMB. De cette manière, la soupape est bien ouverte au maximum entre le PMH et le PMB. Voilà un bon début. Mais, qu'arrive-t-il quand nous essayons de la maintenir ouverte au delà de ces limites ?
Examinons les interactions qui vont survenir.
La première chose à comprendre, c'est l'admission des gaz, quantité et mode de propagation. Quand le piston descend, les gaz à l'admission n'atteignent pas immédiatement leur vitesse maximale: ils accélèrent et mettent un certain temps à atteindre leur pleine vitesse. À la fin, même quand le piston ne descend plus, les gaz continuent à entrer dans la chambre de combustion en raison de l'énergie cinétique emmagasinée, puis ralentissent, selon une certaine courbe de vitesse. Ainsi, le cylindre continue à se remplir après le PMB, donc alors que le piston ne descend plus, voire remonte. Nous pouvons utiliser ce phénomène en ne fermant pas la soupape d'admission au PMB. De combien pouvons-nous retarder cette fermeture ? Cela dépend de beaucoup de paramètres que nous verrons plus tard.

Maintenant que nous savons que nous pouvons fermer la soupape d'admission plus tard que nous ne le pensions, qu'en est-il de l'ouvrir plus tôt ?
Eh bien, nous le pouvons aussi ! Comment ?
Si nous ouvrons la soupape avant le PMH, le piston qui remonte n'aura-t-il pas tendance à empêcher une bonne admission en refoulant les gaz ? C'est possible, mais il y a une solution.
En effet, le piston ralentit en arrivant au PMH et au PMB et connaît un moment appelé « effet Dwell » où se produit un infime mouvement vertical lorsqu'il dépasse le haut et le bas de la course. Ceci est du au mouvement circulaire du vilebrequin: à chaque extrémité de la course, la tête de bielle a un très faible déplacement de sorte que le piston est presque immobile 20 ° avant et 20 ° après le PMH et le PMB. Cela nous donne donc une plage de 40° pour travailler. Mais alors, comment faire entrer des gaz sans que le piston ne descende ? La solution repose sur la soupape d'échappement !
En effet, sur le temps d'échappement qui se déroule juste avant le temps d'admission, la soupape d'échappement est ouverte et les gaz brûlés sortent à une vitesse assez grande pour créer un appel jusque dans la zone d'admission. Si nous ouvrons la soupape d'admission au bon moment, nous pouvons utiliser cet appel pour aspirer du mélange frais avec les deux soupapes ouvertes simultanément, cela s'appelle « le croisement/balayage des soupapes/cames ». Évidemment, un peu de gaz frais s'échappe, mais il sert aussi à refroidir la soupape d'échappement. Le grand bénéfice reste toutefois d'obtenir une admission anticipée. Il y a évidemment des limites: si vous ouvrez l'admission trop tôt, vous aurez un refoulement des gaz brûlés dans l'admission. C'est pourquoi le calage de l'ouverture et de la fermeture des soupapes est important, de façon à obtenir l'effet désiré et supprimer les effets indésirables.

Nous avons vu le croisement des soupapes, leur ouverture pour augmenter l'admission de la quantité de gaz frais, à l'aide du calage de la distribution.

Après la théorie, passons à la pratique sur les Bullet
Le moteur de la Bullet est un longue course, avec une bielle longue. Ce type de moteur a un « Dwell » assez étendu. Nous pouvons utiliser ce phénomène à notre avantage. En retardant la fermeture de la soupape d'admission, nous pouvons utiliser l'énergie cinétique du mélange après le PMB pour vraiment aider au remplissage car le piston ne remonte pas tout de suite vers la compression. En réalité, nous pouvons la laisser ouverte environ 75° après le PMB, si nous pouvons le faire correctement.
2 choses doivent être obtenue si l'on veut que cela marche:
• il faut une énergie cinétique des gaz suffisante, de manière que l'admission puisse continuer alors que le piston ne descend plus, ou alors il est inutile de laisser la soupape ouverte ! Cela signifie que notre conduit d'admission ne doit pas être trop gros, ce qui est une cause de ralentissement. Or nous avons besoin d'une GRANDE vitesse d'admission, sinon cela ne marche pas. Ceci explique pourquoi il est très important de ne pas trop agrandir le conduit d'admission. Un tel agrandissement pourrait permettre une plus grande quantité de gaz admis, mais avec une vitesse lente, ce qui est le contraire de l'effet que nous recherchons.
• Si la fermeture de la soupape d'échappement est retardée, le piston est en train de remonter et commence théoriquement la compression. Si la vitesse résiduelle des gaz frais est plus faible que la poussée du piston, il se produira un refoulement dans l'admission et une compression plus basse. Il nous faut donc idéalement fermer la soupape d'admission au moment quasi exact où la vitesse des gaz est encore un poil supérieure à la poussée du piston. La soupape doit alors se refermer à fond. Dans la pratique, on perdra un peu de compression car nous aurons un début de refoulement. C'est pourquoi nous devons utiliser un piston à plus haute compression quand nous réglons nos cames de cette manière, afin de récupérer la compression perdue.

Regardons l'effet produit sur nos Bullet en avançant l'ouverture de la soupape d'admission.
Cette avance de l'ouverture de l'admission est conditionnée par une vitesse élevée des gaz d'échappement puisque l'ouverture de la soupape d'admission intervient à l'extrême fin du cycle d'échappement, pendant le temps de croisement. Malheureusement le conduit dans la culasse et le tuyau d'échappement sont surdimensionnés sur nos Bullet standard et ne permettent pas d'obtenir une vitesse d'échappement aussi élevée que nécessaire pour le but que nous poursuivons. Et nous ne pouvons pas y faire grand chose.
Ainsi, avancer l'ouverture de la soupape d'admission n'est guère bénéfique pour le moteur de la Bullet. Cela marche dans le haut des tours, quand le croisement ouverture/fermeture est au maxi mais le problème vient que nos moteurs tournent plutôt lentement, limités qu'ils sont par la vitesse linéaire toujours élevée d'un piston longue course. Ces hauts régimes ne sont praticables que si l'on court ou bien si nous avons acheté l'ensemble spécial vilo et bielle, dépense que peut-être l'on ne voudra ou pourra pas faire.
Cependant, ce sont des cames à profil course qui ont été dessinées, destinées à un usage à haut régime. La came avance fortement l'ouverture, pour un large croisement, pour une efficacité maxi à 7000 tr/mn, régime que 99% d'entre nous n'utilisent jamais.
Le résultat est que nous avons un moteur lymphatique et mou à bas et moyen régimes, conséquence normale d'un grand croisement, et nous ne pouvons pas atteindre les régimes auxquelles ces cames sont vraiment efficaces. Cela ne convient pas du tout à l'usage routier que nous attendons de nos bécanes et explique l'insuccès de ces cames auprès de ceux qui ne courent pas.

Toutes les cames dites de performance ou de course disponibles pour les Bullet aujourd'hui, quelques soient leur provenance ou leur fabricant, souffrent de ce trop grand croisement et ne sont pas d'un usage routier agréable.
Aucun des dessinateurs de cames pour Bullet ne s'est penché sur un usage routier ordinaire, avec embiellage stock, car ce qui fait vendre les cames de course, c'est la puissance maxi et les hauts régimes. Ils ne discutent même pas de la puissance à bas régime, seule la puissance à haut régime les intéressent.

Si vous utilisez une paire de cames redéfinies comme nous le préconisons, avec un piston haute compression, une culasse aux conduits optimisés, des soupapes avec une portée multi angulaire, un échappement libéré, une bonne carburation, un filtre à air laissant respirer, avec un allumage retardé de 4 °, vous pourrez obtenir 30 CV à la roue arrière tout en conservant l'embiellage de série. Et il ne devrait y avoir aucun trou de puissance quelque soit le régime, en comparaison avec ce que vous avez aujourd'hui. C'est tout bénéfice, à tous les régimes. C'est un profil de came destiné à donner du couple et de la puissance aux régimes utiles qu'une Bullet standard peut atteindre.

Réusiner les cames stock n'est pas donné au motard moyen, il faut s'y connaître en mécanique générale. Il faut aussi savoir que les cames indiennes ne sont pas semblables à celles de Redditch. Elles ont été dessinées pour travailler avec la culasse indienne dont les conduits sont plus grands, réduisant la proportion des gaz imbrûlés, pour une question de pollution. Le remplissage du cylindre est meilleur par aspiration du piston mais a provoqué une réduction de la puissance par rapport aux Redditch, comme le montre la comparaison des courbes de puissance, en raison d'une moindre vitesse des gaz.
La conséquence est que les cames indiennes s'ouvrent en avance sur les cames Redditch, d'environ une dent à calage égal, soit environ 18 °. Ainsi, il nous suffit de retarder la came indienne d'une dent pour retrouver l'ouverture originale anglaise des années 50 et les 25 cv d'alors.
Pourtant, il faut faire attention car la production indienne n'est pas régulière et le profil des cames n'est jamais rigoureusement le même.
Nous avons noté ces 10 dernières années des cames assez différentes sur les Bullet livrées, jusqu'à 10%.. Cela pourrait être des essais d'usine, pas forcément un mauvais usinage.
Aussi, vous devez avant tout vérifier vos cames avant de vous lancer. Si votre came d'admission montre quelque chose comme une fermeture 65° après le PMB, restez comme vous êtes. Il est préférable d'avoir une valeur de 60°.
Si vous retardez votre pignon d'une dent, puis utilisez des pignons à plusieurs positions pour avancer à la fois l'admission et l'échappement, vous aboutirez à une valeur de 73,5° avant PMB, ce qui est exactement ce que nous voulons.
Si vos mesures sont justes en deçà de quelques degrés, c'est bon. Si, après usinage de votre came, vous mesurez plus de 75°, c'est trop, vous aurez plus de puissance à haut régime, mais moins à bas et mi-régime. Si vous dépassez 80°, ce n'est plus bon du tout dans notre configuration.

C'est pourquoi nous avons besoin d'un disque gradué et d'un comparateur pour vérifier le diagramme des cames que nous avons sous la main, afin de savoir où l'on va. Après vérification, si vous avez les bonnes valeurs, vous pouvez alors reculer le pignon d'admission d'une dent, sans toucher à la came d'échappement. Ce diagramme restauré à l'original devrait vous restituer également la puissance originale SAUF que les conduits de votre culasse indienne sont plus gros que ceux de l'anglaise. Pour obtenir une vitesse de gaz comparable, il vous faut AUSSI un piston compressant à 8,5:1, de manière à retrouver un meilleur remplissage (cf plus haut).
Ça commence à devenir bon, continuons.
Si nous utilisons un pignon de came réglable de marque CMW, nous pouvons avancer les cames d'ouverture et d'échappement de 4,5°, de manière à ouvrir un peu en avance sans augmenter le croisement, pour une meilleure aspiration tenant compte des conduits de culasses plus gros.
Ces réglages peuvent nous amener 30 cv et environ un couple de 4,16 m/kg à la roue arrière, avec tous les modifications (carburation, filtre à air, culasse; échappement) évoquées plus haut.

Ce que nous avons fait ici est un simple recalage des cames standards pour retarder la fermeture et avancer l'ouverture de la soupape d'admission, pour plus de puissance, tandis que retarder l'ouverture de l'admission, en raison du croisement est assez mauvais, tout au moins pas aussi bon que nous le voulons. Nous pouvons sacrifier une ouverture avancée au profit d'une fermeture retardée: ceci accroît la période utile de 14,5°, avec bénéfice. Dans les faits, nous ne perdons presque rien à en retardant l'ouverture de l'admission de 14,5°. Nous gagnons de la puissance et la réduction du croisement fait que nous ne perdons pas le couple à bas-régime. Avancer la fermeture de l'échappement réduit également le croisement et améliore aussi le couple à bas-régime. Tant qu'on ne tourne pas vraiment en haut régime, ce raccourcissement du croisement n'est pas dommageable.
Ce réglage avec des cames indiennes donne 1CV de plus que les cames vendues par CMW et Hitchcock, sans le trou à à mi-régimes qu'elles provoquent.
Voici notre réponses pour nos cames « routières » pour Bullet, meilleures que les indiennes et moins « creuses » que les cames « performance » ou « course ».

La hauteur de levée des soupapes.
Examinons les effets produits par une levée plus grande. Il est possible de gagner un peu, sans arriver à un angle trop prononcé avec les tiges de culbuteurs. Nous avons étudié le problème et envisagé une nouvelle culbuterie. Nous avons même poussé jusqu'à la CFAO (dessin et usinage par ordinateur), avant d'en étudier le résultat par modélisation sur ordi. Une nouvelle culbuterie n'est pas impossible, mais difficile et chère.
Et même si on en tire un bénéfice, la levée nécessaire pour obtenir un vrai ensemble à haute levée apte à fournir le cône de turbulence autour de la tulipe de la soupape dans la chambre de combustion est de l'ordre de 16,5 mm, ce qui est impossible sur nos Bullet. Nous sommes contraints de conserver notre culbuterie à faible levée, et même si la levée maximum possible est d'environ 10,7 mm, ce qui est dur pour les soupapes, cela ne nous emmène toujours pas dans le territoire des hautes levées.
Ce champ des possibles a été passé au peigne fin. On pourrait faire certaines choses, mais le retour sur investissement serait très défavorable, en raison des coûts de production de la petite série. Cette étude est restée dans l'ordinateur.

Ce ne veut pas dire que rien ne peut être fait et je vais vous donner quelques réponses, portant sur l'optimisation de l'existant.

Nous partons donc d'une Bullet stock et conservons les caractéristiques de la culbuterie.

La culasse.
Pour l'améliorer, nous devons garder un but réaliste. Nous n'allons pas faire un Manx Molnar super carré capable d'atteindre les 240 km/h sur piste, nous voulons une routière performante à tous les régimes.

La chambre de combustion hémisphérique de la Bullet est excellente dans notre cas: elle permet une très bonne admission des gaz, est parfaitement adaptée à une levée limitée des soupapes et à la conception longue course du moteur.
Il ne nous reste plus qu'à optimiser la circulation des gaz.
Si vous examinez les soupapes et leurs sièges, vous verrez qu'ils sont taillés à 45°, ce qui est courant. La soupape a besoin de lever d'au moins environ 1 mm avant qu'elle ne soit assez levée de libérer le passage des gaz vers le cylindre, en raison de cet angle de 45°.
David Vizard, gourou de la préparation de culasses, a beaucoup travaillé sur les culasses hémisphérique Mopar et a trouvé un bénéfice à changer l'angle des sièges. Un chat restant un chat, cela peut donc s'appliquer à nos Bullet.
Bien que nous ne puissions pas avoir une levée supérieure, nous pouvons débuter l'admission plus tôt et mieux tirer partie de nos caractéristiques, en travaillant sur des paramètres assez méconnus: en taillant à l'admission le siège et la tulipe à 30°, le passage des gaz est libéré plus tôt (la soupape, n'ayant pas besoin d'atteindre 1 mm pour le libérer).
En pratique, cela a le même effet qu'une came montée sur roulements (très chère à produire en série limitée). Il a été démontré que cette seule modification de l'angle pouvait apporter une puissance accrue de 15 à 25 %.
Pour l'appliquer à nos Bullet, il faut une soupape d'admission plus grosse. Nous aurons aussi un passage des gaz plus grand et donc une vitesse d'admission moindre mais, l'un dans l'autre, nous y gagnerons. Nous devons être très attentifs à optimiser le conduit d'admission autour de la soupape afin d'éviter des turbulences nuisibles, sans pour autant ralentir la vitesse des gaz. Et, pour profiter à plein du retardement de la fermeture de la soupape d'admission, nous devons conserver une vitesse des gaz élevée.
Si nous avons tout bon, nous pouvons donc parvenir à 35 cv à la roue arrière.
Cet usinage est délicat car il n'y a ni beaucoup de place, ni beaucoup de matière, l'erreur est quasiment interdite. C'est réservé à un usineur expérimenté. Mais c'est un bon moyen de d'obtenir plus de puissance sur une Bullet sans dépenser des milles et des cents.
Toutefois, si tout n'est pas réalisé parfaitement, vous ne serez pas perdant et arriverez à tirer 30/32 cv de votre moteur.

Maintenant que nous nous sommes occupés d'une plus haute compression et d'une meilleure respiration, nous devons en venir au calage de l'allumage. La pleine avance doit être d'environ 30°, voire un peu moins. Un mauvais calage peut vous coûter un piston percé.

Honnêtement, on est à la limite de ce qu'un embiellage standard peut encaisser. Cette préparation peut endommager un embiellage imparfait, les roulements, voire la bielle. De même, l'embrayage peut ne pas le supporter.
Le mieux, si l'on peut, est l'embiellage usiné, la bielle acier, le maneton à rouleaux et l'embrayage spécial et cher.
Ainsi équipé, vous pouvez tirez à 6000 tr/mn sans risque, et vous ressentirez vraiment le « coup de pied au cul » sur votre Bullet.
Encore une fois, ceci n'est pas pour jeter à la poubelle une série de pièces et doit être fait avec autant de soins que si vous prépariez une machine de course.

Piston des Bullet:
Un piston moins haut peut certainement apporter une amélioration. Non pas pour allonger la bielle mais surtout parce que le piston Royal a un axe situé très bas, assez loin de la calotte comparé à d'autres. Cela induit un phénomène de bascule assez indésirable. Un piston moins haut est certainement mécaniquement mieux et nous pourrions raccourcir le cylindre d'autant.
Il faudrait trouver quelqu'un pour en fabriquer une série !!
Dans l'état actuel des choses, c'est à peine si nous pouvons nous procurer un piston correct, mieux qu'un piston perfectible qui nous entraînerait à d'autres modifications. Je ne connais pas aujourd'hui un piston pour Bullet réellement très bon, chez qui que ce soit. Il existe une paire de bons modèles, un paquet de « merdiques », mais aucun n'est « parfait ».
Non seulement le moteur de Bullet est un longue course mais c'est aussi un « longue bielle », avec un rapport course/longueur de bielle de presque 2:1. Cela a des avantages et des inconvénients. Les problèmes viennent essentiellement des angles de travail et des risques de butées qu'ils engendrent. Le Dwell dépend également de cette longueur, qui modifie aussi le déroulement complet du cycle, notamment la « respiration » du moteur. Sans oublier qu'une bielle plus longue pèse forcément plus lourd.
Pour un rapport plus petit (= une bielle plus courte), il faut regarder du côté de l'Electra X AVL: la bielle a été raccourcie, comme le cylindre, afin de pouvoir monter la culasse plus haute de ce moteur.
Dans le cas de la Bullet, nous avons une longue course, une longue bielle, un long piston, tout est loooong !!

Forme de la culasse et compression
La forme hémisphérique, si elle a été un progrès à une époque déjà lointaine, a été dépassée après étude des effets « squisch » et « quench » qui ont induit des formes de culasses et de pistons destinées à optimiser le brassage du mélanges gazeux dans la culasse et la propagation du front de flamme à l'explosion (rendement et pollution). Nous ne pouvons pas faire grand-chose de ce point de vue sur nos moteur, sinon ne pas dépasser une compression de 8,5:1. Au dessus nous rencontrerons un phénomène de détonation, sauf à employer des additifs spéciaux pour augmenter fortement le degré d'octane (plus il est élevé, plus il repousse la détonation). Il faudrait pour dépasser 8,5:1 un piston dont la calotte serait spécialement dessinée pour créer un effet « quench ».

Echappement: libre ou non ?
Accorder un échappement est une question très technique et assez mystérieuse. Il s'agit de cadencer les gaz qui s'échappent par vagues successives dans l'échappement et qui refluent, gênant leur évacuation, comme on règle la longueur d'un tuyau d'orgue en fonction du son recherché (plus long = plus lent=plus grave).
Notre problème est donc d'établir un compromis valable pour une plage de régimes assez étendue. Le mieux est de partir d'un échappement libre, assez long pour un usage routier (régimes lents et moyens), sans silencieux puis ajouter un système de ralentissement des gaz, comme des chicanes, des disques troués, un cône inversé, pour « casser » les ondes, par essais successifs.
Il peut vous arriver de voir les effets de ce « retour » des gaz dans l'échappement, à l'admission du carburateur, à travers les soupapes d'échappement et d'admission simultanément ouvertes (le fameux croisement). Ce qu'il faut éviter.

Gun 203 Roger Wood, membre du REOC
Ma Bullet m'avait été livrée avec un silencieux de mauvaise qualité, d'un aspect Triumph années 60 et très bruyant.
De plus le ralenti n'était pas régulier et je ne réussissais pas à le régler au carbu.
Tout d'un coup, je me suis rappelé qu'en 1964, à 16 ans, tout de suite après mon année « apprenti », j'avais acheté une Constellation 59 qui en moyenne avançait bien mieux qu'une Bonneville.
Néanmoins, ignorant et l'inconscient, je l'affublai rapidement d'un silencieux type Goldstar. Incroyablement bruyant, il me faisait perdre 25 km/h et je n'arrivais pas à régler ma bécane ! Ah la jeunesse ! Pour réduire le bruit, qui me causait quelques ennuis de voisinage, je finis par mettre une chicane dans le silencieux et, miracle, je retrouvai les km/h perdus !
Quarante ans plus tard, me rappelant cette expérience, j'ai acheté des tampons à récurer inox que j'ai introduis dans le silencieux côté entrée du tuyau d'échappement, pour éviter qu'ils soient expulsés.
Mon ralenti a retrouvé son calme et sa régularité, ma Bullet avance avec entrain et l'échappement s'est fait plus discret.


Diagramme Venom BH 500 RE Price (R) Fonte 90025 Hit Lyons
AOE 65° 75° 83° 70° 74,5°
RFE 35° 35° 35° 40° 24,5°
Durée ouv 280° 290° 298° 290° 279°
Levée 9,5 mm 7,93 mm 8,30 mm 10,03 mm
AOA 45° 50° 24° 50° 26,5°
RFA 55° 70° 73° 70° 73,5°
Durée ouv 280° 300° 277° 300° 280°
Levée 9,8 mm 7,93 mm 8,97 mm 11,3 mm 10,67 mm
Croisement 80° 85° 59° 90° 51°


Diagramme Price (R) GT535 Sdt GT535 Sdt retard GT535 Hit GT535 Hit retard Lyons
AOE 83° 75° 75° 75° 75° 74,5°
RFE 35° 35° 35° 35° 35° 24,5°
Durée ouv 298° 290° 290° 290° 290° 279°
Levée 8,30 mm 10,2 mm 10,2 mm
AOA 24° 35° 25,32° 30° 20,32° 26,5°
RFA 73° 60° 69,28° 70° 79,28° 73,5°
Durée ouv 277° 275° 274,60° 280° 279,6° 280°
Levée 8,97 mm 11,3 mm 11,3 mm
Croisement 59° 70° 60,32° 65° 45,32° 51°

Concernant le croisement, s'agissant d'un cycle à 4 temps, i-e 2 tours de vilebrequin, il donc ajouter aux valeurs RFE + AOA un 1/2 tgour, soit 180°.
On peut penser que ce sont les cames standarts retardées qui offiraient le meilleur comprimés couple/puissance à moyen régime.
Modifié en dernier par PRYT le 07 déc. 2020, 13:27, modifié 2 fois.
"« Le gros mono : un générateur de bonne humeur à basse fréquence ». Guido Bettiol

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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar Taurim » 06 déc. 2020, 14:18

Merci, ça colle avec ce que je suis en train de faire :oué:
Très intéressant d'avoir l'explication de ce fameux truc des diagrammes "à l'Anglaise" ou "à l'Indienne" des AAC d'admission et la justification du décalage d'une dent :super:

Juste quelques remarques :
- l'usage attendu d'une Continental GT n'est pas celui d'une Bullet, un moteur un peu plus pointu ne fait pas de mal et aide à être dans l'ambiance ^^
- vu les dizaines de retours sur ceux qui ont mené ce genre de préparation sur leur CGT, l'embiellage EFI semble quand même plus solide que ça. Le seul à avoir pété un roulement de pied de bielle, c'est justement ACE à force de mener divers essais avec sa culasse taillée dans la masse et tout un tas d'autres choses dont un taux de compression bien au delà des 10. Mais là on parle de 40 Cv à la roue.
- La différence entre la culasse d'une Bullet et celle d'une CGT, c'est justement que la soupape d'admission est plus grande :)
- Par contre malheureusement, elle n'est pas hémisphérique :larme:


Et enfin j'ai récupéré mon échappement modifié avec coude intégré. Il me faudra bien sur faire un vrai montage pour valider si tout est bon ou si il faut modifier encore un peu mais c'est déjà pas mal. Et il restera à positionner et souder la douiller M18 pour la Lambda large bande (elle va se trouver entre le tube de cadre et l'arrière du carter moteur, une large bande ne doit pas être installée trop près de la culasse pour sa santé).

Image

Image

C'est plus propre que l'assemblage de tubes et de bagues d'adaptation que j'avais avant, et surtout il n'y a plus les vis sur les raccords qui traînent.
Le silencieux est intentionnellement positionné avec un peu plus d'angle et un peu plus haut.

Avant :

Image

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Re: Ma Continental GT 535

Messagepar PRYT » 06 déc. 2020, 14:34

Taurim a écrit :Merci, ça colle avec ce que je suis en train de faire :oué:
Très intéressant d'avoir l'explication de ce fameux truc des diagrammes "à l'Anglaise" ou "à l'Indienne" des AAC d'admission et la justification du décalage d'une dent :super:

Juste quelques remarques :
- l'usage attendu d'une Continental GT n'est pas celui d'une Bullet, un moteur un peu plus pointu ne fait pas de mal et aide à être dans l'ambiance ^^
- vu les dizaines de retours sur ceux qui ont mené ce genre de préparation sur leur CGT, l'embiellage EFI semble quand même plus solide que ça. Le seul à avoir pété un roulement de pied de bielle, c'est justement ACE à force de mener divers essais avec sa culasse taillée dans la masse et tout un tas d'autres choses dont un taux de compression bien au delà des 10. Mais là on parle de 40 Cv à la roue.
- La différence entre la culasse d'une Bullet et celle d'une CGT, c'est justement que la soupape d'admission est plus grande :)
- Par contre malheureusement, elle n'est pas hémisphérique :larme:

Oui, l'étude menée est plus pour un usage coupleux routier que coupleux racing.
L'embiellage de tête de bielle, le pied est dans le piston, je sais, c'est le monde à l'envers !!
C'est pourquoi je monterai un embiellage Hitch sur ma future BH.
Une Bullet fonte peut recevoir une soupape d'admission de 47,625 mm, comme une Big Head.
Pour info, combien sur ta 535 ?
"« Le gros mono : un générateur de bonne humeur à basse fréquence ». Guido Bettiol