beb74 a écrit :...C'est un peu les bidasses en folie ton service, comme la majorité...
Bof... c'est vrai que j'ai un peu vécu ça comme un an de colonie de vacances. On subissait un peu (on aurait bien aimé ne pas être là), alors le jeu, c'était de filocher un maximum, toujours à l'affût du bon plan pour tirer au flanc... et le jeu des rampouilles, c'était d'arriver à nous coincer, comme dans Tom et Jerry.
Ce jeu était tacite et s'étendait d'un bout à l'autre de la chaîne de commandement car comme je l'ai dit, les engagés étaient majoritairement des grosses feignasses eux aussi.
En Allemagne, je me suis retrouvé avec des gars du 93 comme moi, des vrais banlieusards, des rétifs à l'autorité (je ne me sentais pas tout seul), de la graine d'anar (c'est là que politiquement, j'ai commencé à apprendre certains trucs alors inconnus à la maison), des branleurs en devenir, des fils d'immigrés qui avaient grandi à la dure, des combinards... on menait la danse, on avait nos codes et les gars un peu isolés qui débarquaient de la cambrousse et qui n'avaient pas connu la vie en groupe faisaient tout pour entrer dans la bande, parce qu'on rigolait bien et qu'on avait le sens de la tribu.
Les fayots et les engagés qui voulaient faire du zèle, on s'en occupait discrétos, toujours en différé, durant une nuit d'exercice sur le terrain, par exemple... on leur tombait dessus à la surprise, on leur mettait la misère bien proprement et on n'ébruitait pas l'affaire, pas vu pas pris, ni vu ni connu.
Ça a toujours suffit à ce que les emmerdeurs, appelés ou engagés, comprennent le message et ils n'y revenaient pas.
En général, les rampouilles ne nous faisaient pas trop chier... fainéants, ils n'avaient pas envie de faire de la discipline, de faire des rapports et de se foutre dans des embrouilles... alors ils nous foutaient la paix et nous, on s'arrangeait pour ne pas trop les faire tourner en bourrique et tout le monde s'y retrouvait comme ça.
Mon meilleur pote (qui est encore parmi mes plus proches amis, comme un frangin), je l'ai connu là-bas et il habite à quelques kilomètres de chez toi... c'est le gars dont je t'ai parlé. C'est grâce à lui que j'ai connu ta région.
A l'époque, c'était déjà un fameux montagnard, mais bizarrement, il s'est retrouvé dans l'artillerie et pas chez les chasseurs à lapin... peut-être qu'il voulait voir autre chose ?