Messagepar PRYT » 10 janv. 2022, 22:43
Pour apporter de l'eau au moulin de Jacky, les éléments suivants traduits du livre de Peter Hartley "Histoire de Royal Enfield":
"La seconde moto Royal Enfield 1903 avait aussi le même cadre à boucle sous le carter du monocylindre de 277 cm³ (70 x 72 mm), à refroidissement liquide, délivrant 2,25 CV. Cette machine avait un équipement très en avance sur son temps, ce que montrait son prix élevé de 75 guinées (78,75 £). L'une de ces innovations était une transmission entièrement par chaîne, une première chez Royal Enfield.
Ce type de transmission était alors inhabituel et avait fait l'objet d'un dépôt de brevet par B.W.SMITH (DG RE) et Jules Gobiet le 26 mars 1902 (brevet britannique n° 7330/1902). La chaîne secondaire s’engrenait sur un pignon fixé sur un demi arbre du moteur qui tournait à 1/6 de la vitesse du vilebrequin et portait trois cames actionnant la soupape d'échappement et les vis platinées. Tout le mécanisme tournait dans un carter étanche à bain d'huile…...
…...Le produit des efforts de W Guillon fut exposé en novembre 1908 sur le stand Royal Enfield au Stanley Show. La moto était propulsée par un bicylindre en V Motosacoche de 297 cm³ (52 x 70 mm) à soupapes latérales, donné pour 2,25 CV, allumage par magnéto haute tension, carburateur à gicleur logé entre les cylindres avec une pipe en T. Un seul boulon maintenait en place la pipe et les tubes d'échappement.
Le moteur était logé bas dans le cadre, ses soupapes commandées mécaniquement étaient dans la fonderie des deux cylindres en V à 60°. De l'autre côté la magnéto était montée sur une platine juste derrière le tube arrière. Le cadre était à simple berceau, avec une boucle épousant la forme du carter. Ce cadre possédait deux tubes horizontaux, celui du bas rejoignant l'extrémité inférieure de la colonne de direction. Une entretoise partait de cette jonction jusqu'au tube supérieur pour renforcer la rigidité. Une fourche à parallélogramme de type Druid guidait la roue avant et le réservoir à deux compartiments (huile et essence) portait des fenêtres faisant jauges sur chacun de ses flancs . La lubrification était à huile perdue, avec pompe coup de poing. Une béquille pivotait sur l'axe des repose-pieds fixés par une entretoise sur le tube vertical avant. Repliée, elle s'accrochait sous le carter moteur. Dépliée, elle soulevait la roue avant. Le frein arrière à bande était commandé au pied, la roue avant était équipée d'un frein Boden.1 La transmission finale par courroie avait un ratio de 6,5:1…..
….Les moteurs Motosacoche (MAG) utilisés par Royal Enfield étaient fabriqués à Genève (Suisse) par les frères Dufaux. Leur représentant à Londres, Osborne de Lissa, avait donc de gros marchés avec l'Enfield Cycle Co. C'est certainement pourquoi, après avoir rencontré Bert Colver de chez H Collier & Sons sur la piste de Brookland, il le persuada de courir sur la Royal Enfield 2,75 CV pendant la saison 1911. C'était un vrai coup de chance pour l'entreprise car, en plus d'un excellent pilote, Bert était fin mécanicien et metteur au point……
…..L'existence d'un lien entre l'Enfield Cycle Company et Motosacoche à Genève avant 1914 est certain. Ce qui est moins connu, c'est qu'il fut maintenu pendant la guerre. Un registre de production des 6 CV de l'Enfield Cycle Company, indique que les cadres n°13728 à 13782 inclus furent envoyés à Motosacoche AG à Genève en avril 1918, puis un autre lot n°13939 à 13991 inclus, soit 109 cadres en tout. De plus, quelques lots de 2 ou 3 cadres furent envoyés de temps à autres pendant la guerre. Comme alors les numéros de moteurs n'étaient pas enregistrés, on peut raisonnablement penser que l'Enfield Cycle Company vendit soit des cadres nus, soit des motos complètes, moins le moteur JAP. Ces marchés ont pu être conclus en relation soit avec M Guillon, soit M Osborne de Lissa. Il est vrai qu'on pouvait hésiter au moment du choix entre le premier gros twin Royal Enfield et le Motosacoche, tous les deux équipés du cush drive dans la roue arrière. La plus grosse différence était le moteur JAP adopté par Royal. La vérité sur ces deux quasi jumeaux reste aujourd'hui un mystère inexpliqué."
Au fait Jacky, un vrai 500 ou une 424 cm³ ?
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PRYT le 10 janv. 2022, 23:49, modifié 1 fois.
"« Le gros mono : un générateur de bonne humeur à basse fréquence ». Guido Bettiol