Ah, les cols ! Généralement, la première fois qu'on en entend parler, c'est à propos du Tour de France, avec les héroïques étapes de montagnes et les non moins héroïques franchissements des fameux Iseran, Galibier ou Tourmalet.
Après s'être mesuré sur ces parcours initiatiques, on se rend compte qu'au-delà de cette façade sportive, tout un monde apparaît : la nature, ces petits villages de vallées enclavées, chacune si particulière, la géographie et l'hydrologie qui nous apparaissent dans toute leur complexité, sans compter la climatologie et le...sens du vent.
Et voilà comment l'on finit par sombrer dans la montée des cols à répétition, comment on se retrouve colomaniaque aigu, comment on passe ses chaudes soirées d'hiver à peaufiner les parcours de la saison suivante dans les montagnes de France ou d'ailleurs.
Mais, franchir un col, qu'est-ce que c'est ?
C'est, toute proportions gardées, la même ivresse que l'alpiniste, qui "vainc" un sommet. Vaincre la montagne : un de ces lieux communs qui prend pourtant toute sa force lorsque, au détour d'une interminable route (ou piste, ou sentier...voire rien du tout) en lacet, on arrive enfin...au sommet, celui de la route. Plus que vaincre la montagne, c'est se vaincre soi-même, vaincre sa flemme qui ferait bien rester chez soi tranquillement ou à la rigueur monter le col en voiture, vaincre la pesanteur de notre planète et la pesanteur de nos habitudes, vaincre... ouh la la !!!
Atteindre un col, c'est aussi jeter un oeil par une nouvelle fenêtre : tout le temps qu'on roule dans une vallée, on ne voit que le paysage de cette vallée, tout en se demandant bien ce qu'il y a par-delà les montagnes : un autre monde ? Et à chaque fois, on renouvelle Alice au Pays des Merveilles, en se dirigeant vers cette autre vallée, cet autre monde.
Certes, l'herbe n'y est pas forcément plus verte, quand même on ne revient tout simplement pas à la vallée de départ , à la fin d'un circuit en boucle ! Mais le plaisir de la découverte reste intact, km après km, col après col, monde après monde.
Quand on gravit ces routes de montagne (fenêtres fermées et à vive allure), toute la magie disparaît.
Quand, d'avion, on aperçoit des montagnes, réduites à des patés de sable, et les routes sillonnant leurs flancs, ces mondes d'enfant disparaissent, aplanis par la distance de l'altitude.
Mais un col, qu'est-ce dis-donc ?
Du jour où l'on commence plus sérieusement à grimper des cols, on commence à les compter, comme ici sur ce forum certains comptent leurs kilomètres parcourus à vélo !
Pour ma part, depuis que je roule en "2 roues" motorisé (c'est à dire depuis 1971/1972), je note scrupuleusement, dans des p'tits carnets au début et maintenant sur des fichiers excel, tous ces cols franchis en mob's ou à moto !
Et puis, c'est là qu'on se rend compte que les noms ne suffisent pas toujours. Certes, il y a les indiscutables de nos cartes de l'Ami Chelin (Col d'Isoard, Col d'Aspin, Col de l'Iseran...), et puis il y a les cols sans-grade, ou plutôt sans-nom, les laissés pour compte de la toponymie, au gré des fantaisies de l'histoire.
Car un col n'est pas forcément une montée, tout dépend d'où l'on vient. Sur une route de crête, qui par définition passe de crête en crête, la route redescendra sur l'un ou l'autre de ces cols, un col étant justement une dépression dans une ligne de crête !
Mais au juste, qu'est-ce qu'un col ?
Les dictionnaires nous apprennent qu'il s'agit "d'une dépression dans une ligne de crête faisant communiquer deux vallées".
A l'inverse, il peut arriver qu'un col ait un nom de col... et n'en soit absolument pas un !
En France, c'est assez rare avec le toponyme "col", mais d'autres termes désignent des cols, tout en désignant parfois autre chose !
C'est le cas notamment du toponyme "pas", ainsi que d'autres termes tout aussi ambigus : "collet", "collade" en France ou, à l'étranger (Angleterre, USA, Suisse, Autriche) "pass".
En France, certains termes peuvent même faire penser à la présence d'un col, tel "croix".
Le plus important, finalement, n'est pas de savoir si le col a bien un nom de col, mais s'il s'agit bien d'un col !
Tout ça pour vous dire que des cols, j'en ai déjà collectionnés quelques-uns depuis que je roule à moto !
Pas loin de 260 d'après mes tablettes !
Depuis mes premières virées avec ma PEUGEOT Rallye en 1974...
... jusqu'à ceux gravis, plus récemment, avec "Plum'Alayan" !
Donc, depuis son achat en mai 2021, j'ai listé (et bien sûr immortalisé en photo !) chacun des cols franchis avec ma vaillante 'tite indienne !
Et, tout récemment, j'en suis arrivé à un total de... 99 cols, répertoriés ci-dessous dans l'ordre où je les ai gravis !
Mais 99... ce n'est pas un chiffre rond, non ?!
Il m'en fallait donc, au moins... un de plus !
C'est donc ce que je me propose de vous conter sur la page suivante !


car cette route n'est pas un circuit de Moto GP !


