Marco a écrit :Déglingos a écrit :Sur le fond je suis plutôt pour cette abolition...c'est les effets induits qui me questionnent...
Tout est affaire de positionnement...suffit d'être concerné par une horreur arrivée à des proches, et là tout change...
C'est une question philosophique, une question de principe : un état démocratique se prétendant éclairé au nom de valeurs humaines ne peut pas pratiquer la peine de mort, quelques soient les crimes des condamnés.
Après, sur le plan personnel, on peut comprendre qu'on ait envie de tuer celui qui nous a fait du mal et admettre qu'il y a bien des salauds qui mériteraient de crever, mais vouloir se venger est une affaire personnelle alors que la peine de mort prononcée par des tribunaux est une affaire d'état.
Quant à la dissuasion sur l'irréversibilité de la sentence, elle ne ne fonctionne pas. Aux USA, la peine de mort n'empêche pas les crimes et ne parlons pas des dictatures où elle se pratique encore couramment, même sans procès.
Après le procès de Nuremberg, la pendaison des nazis n'a pas arrêté les génocides (mêmes si ces ordures méritaient de crever) et les idées du IIIè Reich sont toujours là... leurs descendants sont mêmes candidats aux élections avec des gens prêts à voter pour eux.
Tout est là.
Au surplus, le risque d'erreur judiciaire est co-substanciel au fait même de juger.
Parfois, c'est 10 ans, 20 ans et plus tard qu'on découvre, au vu d'éléments ou de témoignages tardifs, que l'on s'est trompé.
Dans l'intervalle, le pauvre gars condamné à tort aura payé de sa vie une erreur commise sur le fondement de la seule "intime conviction" et ce, sans que personne ne s'estime responsable.
Rappelons aussi que, jusqu'à une date très récente, les décisions des cours d'assises n'étaient même pas susceptibles d'appel ...
Sur le même fondement philosophique et moral que celui qui a guidé le mouvement abolitionniste (très important à l'époque dans les milieux professionnels, Robert BADINTER en ayant été l'ultime et plus que talentueux porte-parole) on doit aussi admettre que mieux vaut un coupable en liberté qu'un innocent emprisonné, même si beaucoup, aujourd'hui, ont du mal non seulement à le comprendre mais même à accepter de l'entendre.



