Tout à fait Daniel.
On se souvient de la panique face à Huawei, notamment de la part des ricains.
Sans remonter aux réformes économiques du temps de Deng Xiaoping, la Chine a profité des délocalisations, des "transferts de technologie", de la copie et de l'espionnage pour acquérir le savoir faire et prendre son envol.
A l'époque on parlait du développement en "vol d'oie savage".
Je profite d'une main d'oeuvre bon marché pour capter les productions bas de gamme (comme le textile) et plus tard je suis l'atelier des Japonais des Coréens et plus tard encore des occidentaux.
Je commence à accumuler du capital et du savoir faire et je passe à l'étape suivante où je concurrence les produits des pays développés avec un avantage tarifaire même si je ne suis pas encore au niveau (fut un temps on disait des Japonais qu'ils vendaient les montres au kilo).
Je capte les productions et je monte en gamme, j'innove (je peux mettre 1000 ingénieurs quand les concurrents en mettent 10) et même le "brain drain" si favorable aux ricains semble ne pas trop les avoir atteint (l'avantage d'une dictature).
Je finis par étrangler la concurrence et quasiment l'éliminer dans certains domaines où je domine technologiquement et j'impose ma volonté et mes objectifs.
J'investis dans tous les domaines qui vont servir à asseoir ma puissance (puisque je suis dans une rivalité systémique avec les États-Unis) comme en Afrique pour accéder aux ressources et maîtriser les terres rares et leur raffinage (que j'effectue au mépris des normes environnementales et humaines)
et en Europe pour contrôler "les nouvelles routes de la soie" ( j'investis dans les ports).
Les Chinois ont le temps, ils ont un plan et une vision à long terme quand les fonds d'investissements occidentaux visent une rentabilité souvent à très court terme.
C'est un peu la stratégie du nœud coulant.
Mais, ils doivent faire attention à toujours pouvoir fournir du boulot, s'ils ont 350 millions de chômeurs dans la rue ça va être compliqué pour le régime.
Leur démographique est en berne.
Et puis il y a le voisin indien qu'il ne faudrait pas perdre de vue.
Bon, je me suis un peu étalé et là faut que je remonte sur le vélo pour rentrer à la piaule, la récré cappuccino est finie.
