Cette opération n'était pas du tout intéressante financièrement, alors qu'au départ elle se révélait économique.
J’ai joué, j’ai perdu… (pas mal d'argent)
Je remercie au passage Limobull qui involontairement par son fil viewtopic.php?p=188735#p188735 a permis de m'inspirer de son montage.
Et puis aussi Jean Marie... viewtopic.php?p=102751#p102751

Ca faisait un moment que je regardais les remorques Inder à atteler derrière la Bullet.
Mai 2011
Déjà en 2011, Bernard Bourasseau était venu à Dourdan avec une remorque et il la vendait pour un prix très-très intéressant... J’aurais du saisir l’occasion…
Avril 2012
En 2012 j’achète une petite remorque viewtopic.php?p=237742#p237742
que je revends quelques mois plus tard, ne correspondant pas à ce que je recherchais.
Mai 2013
Celles du célèbre concessionnaire vendéen me plaisent bien… Mais les prix en neuf sont trop élevés pour ma bourse.
Le concessionnaire m’explique qu’il est au minimum des marges et qu’il peut faire un effort, mais faible.
Je comprends ses arguments et laisse tomber l’affaire.
Quelques semaines plus tard, revoir Limobull et sa remorque l’été 2013 à Saint Julien le Petit me titille à nouveau.
Octobre 2013
Je décide alors que celle que je trouverai sur le net sera moins chère. Nonmé.
Démarrant de rien, pas même un nom de fabricant, et après pas mal de recherches allant d’Allemagne en Pologne et passant par la République Tchèque, je trouve l’atelier qui les fabrique en Inde.
J’écris au gars en Inde ne sachant pas trop où je m’embarquais.
Jatinder Singh Bimbrah (d’Inder) me répond 2 heures après qu’il en a de disponibles et qu’il peut m’en envoyer une dès le lendemain. Whaoou ! Efficace le gars. Je regarde un peu ce qu’il me propose en prix, couleurs, quels sont les acheminements (bateau, avion), les coûts.
J’en parle à Jeep91 qui semble intéressé et lui-même décide d’investir dans un side (juste le panier, pas la moto complète).
Je contacte Jatinder qui me propose un prix pour la remorque, le side et un amortisseur de direction pour le side.
Ca semble intéressant financièrement. On choisi les couleurs, quelques allers-retours électroniques entre l’Inde et la France et les semaines passent.
Fin novembre, on se décide pour une remorque et un side. Allez zou, on commande.
Règlement en Euro, la banque convertira en Dollars.
Réception du paiement de Jatinder 3 ou 4 jours plus tard, aucun soucis de ce côté.
Puis plus de nouvelles.
Décembre 2013
Le 15 décembre je demande à Jatinder où en est la commande. Il me répond qu’elle est en route.
Je pensais « en route », elle est partie. Mais non, pour lui « en route » veut dire qu’elle est bien commandée et que c’est dans son camp.
Jeep et moi ne nous impatientons pas… pour le moment !
On rappelle à Noël : les caisses vont partir !
Janvier 2014
Début janvier, un peu d’énervement, et il nous dit que les caisses sont au port ou peut être même dans le bateau ! Cool !
Février 2014
Finalement, le bateau arrive première semaine de février, départ pour Le Havre le 7.
Premier passage chez le transitair « Léon Vincent », premier paiement. Rapide, clair, net, pro.
Ensuite, passage en Douane. Arrivée à 11h30, ça ferme à 12h00. Le gars de la réception regarde sa montre… nous regarde… regarde les papiers… regarde sa montre… nous demande ce qu’on veut… regarde sa montre…
La tension monte… Finalement après un dernier coup d’œil à sa montre c’est un triomphal « revenez dans 30 minutes, ce sera prêt ». Ouf !
Nouvelle frayeur : il semble avoir été en contact avec un clavier depuis le matin même. Il tape à 2 doigts à la vitesse fulgurante de 5 mots à la minute. Jeep un peu nerveux sort stationner la voiture et la remorque quelques rues plus loin en sécurité et pour se détendre...
Tous nos papiers étaient écrits en anglais, le gars n’en parle pas un mot. Il demande ce qu’est un steering damper (amortisseur de direction du side). Il ne comprend rien, il demande pourquoi il y a un amortisseur de direction sur une moto ?! Re-explications… L’heure tourne, on sent qu’il va nous dire « Pause repas ! »
Et finalement, la douloureuse : il nous annonce les taxes à payer… À partir de là, on sait qu’on n’a pas gagné d’argent !...
On passe de couloirs en couloirs, d'étages en étages, de bureaux en bureaux pour le règlement. Enfin, on trouve le bureau en question, là, pas de pause repas : quand il s’agit d’encaisser le règlement, y’a toujours du monde ! ;-)
Retour au rez de chaussée voir le stressé de la montre, il nous explique ce que sont les taxes et pourquoi on paye si cher.
Il nous donne le sésame pour nous rendre au dépôt du port ! Hourra !
Arrivé au dépôt… on ne sait pas trop où aller. Finalement, on nous indique un petit local (super jeu de piste).
Jeep attend dans la voiture pendant que je repère les lieux et trouve ce local.
9 m2 avec 2 chaises, ce local perdu au milieu de 30.000 m2 de hangar...
Un gars ne parlant pas français m’explique qu’il faut que je mette les papiers de la douane et du transitair dans le suppositoire : woufff ! tous mes papiers partent à la vitesse grand V dans des bureaux.
Dans ces 9 m2, les chauffeurs vont et viennent, peu parlent français, c’est un mélange étrange entre des langues slaves et la gouaille d’un chauffeur français. Je me demande ce que je fais là… Je ne comprends pas pourquoi je suis encore là à attendre alors que certains camionneurs sont arrivés après moi et repartent avant moi…
Je vois les camionneurs passer les uns après les autres et faire des grands signes au moment de partir charger. Je me demande bien pourquoi… Au bout d’un long moment, je repère masqué une mini caméra, et ces signes de la main sont là pour indiquer que les chauffeurs ont bien compris qu’ils doivent se rendre quai machin pour retirer leur marchandise.
Enfin, mon nom est prononcé au haut parleur, je fais un signe de la main pour signifier que j’ai bien compris, puisqu’il semble que ce soit la tradition !
Je retrouve Jeep qui est tout excité et saute partout : il vient de voir une belle auto de collection ! Il l’aurait bien chargée à la place de son side…
Enfin, l’arrivée au quai : les gars nous attendent déjà avec nos 2 caisses. Ils ont l’habitude des particuliers, ils nous proposent gentiment leur aide. Tout va bien, on charge sur la remorque et dans la voiture. Jeep en profite pour faire l’éloge de sa Dacia Duster survitaminée auprès d’un employé.
Sur l’autoroute, un gars nous double en faisant de grands signes ! Il nous fait comprendre qu’on a un problème sur la remorque. Remerciements et stop en urgence sur la BAU. Effectivement, une sangle mal fixée avait glissé avec les vibrations. On resserre les sangles et les fesses en raison des camions un peu près de nous à grande vitesse…
Redémarrage en trombe, le Duster survitaminé a montré toute sa puissance et bien joué son rôle sur ce coup. Hop, les kilomètres défilent, la Normandie, ses bocages, le Vexin, l’Île de France et nous voici de retour.
Jeep ne peut pas s’empêcher de déballer sa caisse devant chez moi dans la rue. Un coup d’œil, je le laisse partir et je déballe ma caisse.
Emballage moins solide que les caisses de feu Export Connection. Emballage moins pro. La remorque est arrivée légèrement abîmée, mais sans réelles conséquences. Je le signalerai juste à Jatinder mais je ne ferai pas de réclamation.
Puis le montage commence.
Là, aucun soucis. Un vrai jeu de mécano, la remorque est super facile à monter.
Ensuite, je passe à l’arceau d’attelage… un beau morceau qui doit bien peser 5 à 6 kg.
La photo du site de Jatinder montre l'arceau en extérieur.

Seulement moi, j'ai un rack + les barres des sacoches cavalières.
C’est compliqué : je ne veux pas tout démonter chaque fois que je prends la remorque, je veux garder mon rack pour top-case (que je ne mets plus) et les barres de sacoches cavalières. On ne peut donc pas installer l’arceau à l’extérieur car il ne passera pas avec les montants du rack.
Avant de commencer, j’envoie un email à Jatinder qui me confirme que oui, aucun souci, l’attelage se mettra sans aucun problème. Sauf qu’il est prévu pour une autre moto, ce n’est pas possible de le mettre. J’essaye dans tous les sens, je raye la peinture de la moto, ça commence à m’énerver. Finalement, je fais appel à un ami (Yves) ancien ajusteur. Il regarde perplexe l’arceau. Tel que l’arceau est conçu, je serais obligé de démonter les axes des amortisseurs pour monter l’attelage. Les pattes de fixation sont complètement en dehors des trous prévus.
Il va falloir rectifier.
Donc l'arceau passera en intérieur. Le principe est excellent, la réalisation plus délicate.
Et on décide de faire autrement. Mon ami Yves prévoit des pattes qui resteront sur la tête du boulon des amortisseurs, dans lesquels viendront de mettre l’attelage. Il prend les cotes et emporte l’arceau.


Il va donc réaliser des pattes (moignon ci-dessus) qui resteront fixées en intérieur, sur le boulon de l'amortisseur. Le boulon sera changé pour un plus grand.
La découpe des moignons.




Puis, Yves créé un gousset dans lequel le timon (l'arceau) viendra se placer.

Voici la réalisation montée.


Voici l'arceau avec le gousset soudé.
Ca ne se met pas facilement en place, puisque l'arceau est prévu pour l'extérieur des amortisseurs, là il sont placés en intérieur.
Il faudra donc les cintrer.
Superbe, beau travail !
J'embarque mon arceau et je file à la maison pour essayer avec la remorque...
oups ! Un peu de traviole !
Bon... faut rectifier.
Yves reprend l'arceau. Il bricole (hum hum) sur le système d'accrochage et le cardan.
Nouvel essai. C'est maintenant droit, mais il y a trop de jeu dans le système de fixation.
Le boulon n'est pas adapté au trou. Il faut trouver encore une autre solution...
Le jeu entre le boulon et le bloc cardan était de 1 mm. Il a été agrandi à 2 mm pour pouvoir intercaler une douille de 1 mm d'épaisseur (donc 2 mm en tout).
Donc, on y va.


Le commentaire d'Yves sur la réalisation indienne du cardan :
« Là, le jeu est réduit au strict minimum. Moins de jeu poserait des problèmes pour entrer la pièce... il semble que le trou soit conique. Avec un foret cylindrique et neuf, c'est quand même assez inattendu. Alors aujourd'hui, fabrication complète d'un nouvel axe tourné selon le profil du trou (donc légèrement tronconique également) avec soudure d'un écrou en tête... »
Nouvelle mise en place de l'arceau et rectificatif léger.
Cette fois-ci, c'est bon ! la remorque est droite...
Mais il reste encore un jeu assez important dans le cardan.
Bon, on reprend. Redémontage de la pièce, et nouvel usinage. pour éviter le jeu, Yves perce plus gros (diamètre 16). Ensuite on mettra un gougeon de la bonne taille après usinage.
Ici, le boulon refroidi. Il a été réalisé sous mes yeux...
Pendant le refroidissement, on prépare les pattes arrière qui serviront de renfort à l'arceau.
Par manque de place, on ne pourra pas remettre l'écrou de la selle initialement en place.
Yves propose donc de tarauder directement la patte. Super, ben c'est parti.
Ensuite, on doit donner une forme galbée à cette patte, pour aller se mettre exactement d'un côté dans le boulon de la selle, et de l'autre dans l'arceau.
Pendant ce temps, le boulon a refroidi et on le met en place sur le cardan.
Et puis... enfin... enfin... il est bien tard quand on fait le dernier montage de l'attelage complet.
Et voilà.
Belle gueule n'est-ce pas ?
Les premiers essais d'environ 20 km n'ont révélé aucune gène. J'ai pris pleins de routes différentes volontairement pavées, lisses, rurales, citadines... J'ai roulé à petite vitesse, jusqu'à 105 km/h environ, je n'ai senti qu'une légère résistance, mais pas de gène franche.
Je n'ai senti sa présence qu'une seule fois c'est en passant sur des graviers où la moto a très légèrement décroché, et la remorque a dû aussi glisser car j'ai senti une secousse. Mais c'est tout.


