Pour cette fois .
A peine en marche, Nancy-Toul, que déjà en panne nous voilà elle (ma moto) et moi coincés sur la bande d'arrêt d'urgence de l'A31, donc vite en finir avec ce contre-temps causé par la partie électrique du contacteur principal qui s'est débranchée bêtement,..... histoire de me tester, me réveiller .
Forte chaleur dès le départ .
Ainsi c'est de suite la cervelle au diapason que je m'envolais droit au sud de boui-boui en boui-boui pour étancher sans cesse, bien fraîche, cette soif tenace et enfin, après deux-trois montagnes connues, reconnues, arriver à l'endroit "cons-venus" (relais motard de mes deux, des rats) où bizarre personne d'ici n'était là ?
Pas que Bernard ait fait faux bon, non, mais simplement que les patrons-patronnes bataves de ce caillon n'avaient aucune réservation pour moi dans ces clapiers complets !.....Je le vois encore, lui le boss, me courir derrière dans son camping, moi, fonçant au plus vite chercher, rejoindre les copains !.....<< Faut passer à l'accueil !>> << J'connais pas vos us et coutumes, c'est du sauvage que vous recevez !>>
Entouré de malabars défraîchis, vieille peau, tous la gueule dans le biberon, j'attendais ainsi la enfield-compagnie . Enfin qui arrive, pour après scandale (je laisse le sujet à d'autres qui voudraient ?) et malgré tout, y trouver refuge .
Trés bonne entente, certainement que ce tas d'histoires abracadabrantes nous aura soudé davantage, je le dis, rigolades, autodérision, écoute de chacun, partage, repas, promenades, complicité, pour cette gentille première sous une telle latitude .
Seul regret, pas eu le temps de taxer de lavande juste mure !
Et le retour Vercors se fera autant en cette montagne, les goulets à l'aller, puis maintenant les gorges du Nan, vallée d'Isère, mais sous l'orage qui s'abat tranquille en pluie normale dès que je quitte la Drôme pour sans fin m'accompagner sur les 500-600 km qu'il me reste et où j'arrive les caniveaux débordants .
Point grave, quelque part idéale, personne ne sort, me voilà seul à travers le beau pays que les gens ne sauraient voir à c't'heure, les frileux, pour y croiser faune et flore toutes deux en pleine forme, la danse des grenouilles sur route, le renard qui s'y croit chez lui, ne détalle pas forcément, sauf ce pauvre marcassin rencontré au matin fraîchement tué, intact, que je balance au petit matin dans le fossé pour que sa mort serve autrement qu'à faire une crêpe et que nature s'en gave .
( sacoches trop pleines )
Bon cette entrave à la circulation débarrassée de la route, c'était hier matin de trés bonne heure, n'est rien, l'affaire drôle de coïncidence a eu lieu bien avant ça, avant-hier soir tard !
J'explique : alors que je cherche à rejoindre un fabuleux, bouic, boui-boui, de ces endroits devenus rares d'authenticité et en pleine brousse, que j'avais repéré, fréquenté en descendant, là je remonte, suis à travers la Haute-Saône sous les eaux où je croise renards traînant la chaussée pas effarouchés par le doux bruit de ma machine en sourdine, et qu'enfin j'y arrive à ce village perdu pour y ralentir avant de bifurquer à gauche, l'établissement éclairé s'y trouve, s'appelle ""chez Mabyl "" , ralentir jusqu'à stopper milieu de rue et laisser passer le véhicule qui débouche en face, qui de même ralentit pour s'arrêter à ma hauteur, et là surprise, gendarmerie, la vitre baissée et de me demander << c'est vous qui avait eu un accident de moto ? >> pour leur répondre que non, absolument pas, et qu'il n'y a aucun accidenté d'où je viens sur le chemin .
Et j'explique vite fait que je pointe là simplement parce que je l'ai promis, si c'était ouvert à mon passage, à l'hôtesse de ce lieu où maintenant on se dirige eux et moi .
L'endroit tenu par une vieille italienne venue d'il y a longtemps rejoindre son homme bûcheron en ce secteur, car l'Italie exsangue, et qu'à force d'opiniâtreté ils purent ouvrir ce petit bar en pleine nature et à même de réchauffer l'humide de passage comme moi et cela depuis quarante années, la dame débordant d'énergie ayant quatre-vingt ans .
Sauf que ? Là ? Ben les gendarmes, les pompiers, ambulanciers, moi, tous, trouvions la mamie (Mabyl) assise, inquiète, abattue, car un des phénomènes à problème avec l'alcool de la contrée vient de se ramasser la tronche en essayant de redécoller à 125cc de chez elle complètement bourré, sans casque, rien, et s'est fracassé le crâne, l'arcade sourcilière trouée de la taille d'un doigt, donc qu'il faut filer à l'hôpital de Langres (le plus proche) pour qu'il s'y fasse recoudre .
Mais ça coince, l'oiseau n'est pas enclin, ne se laisse pas faire, ne veut pas voir les flics, boirait bien un canon, une cigarette, et que ça traîne, et que ça s'énerve, donc qu'il faut une patience terrible pour lui faire accepter la procédure de sécurité, minerve, protections d'usage, pansement, etc, que ça dure encore, menace de tout arracher, et que c'est sous la menace, donnant-donnant, du chef des gendarmes de le faire plonger, cet enfant du pays, toutes les infractions commises, le tout réitéré maintes fois, pour le voir enfin dans l'ambulance qui s'éloigne suivie , on ne sait jamais, des forces de l'ordre .
Ca a bien discuté, le flic, le principal a flashé pour la BSA, monsieur roule en Triumph, mais content qu'ils se soient tous taillés pour qu'enfin nous aussi, et ce malgré le temps arrosé, on puisse se faire glisser quelques liquides dans le gosier .
Faire durer, se réchauffer, c'est tellement bon tout le blabla déballage du cru, les petits secrets de la vie de chacun, du coin, trop marrant .
Minuit on ferme, je me barre, le village est éteint, quelle misère, me trouve l'immense lavoir de Bourbonne-les-bains, la moto, tout le monde au sec, six heures je redécolle, neuf heures nouvel arrêt chez un copain de Colombey-les-Belles, trois heures passent ça drache fort, et enfin dernière tirée me voilà rentré .
700 kilomètres en 26 heures égale allure vacance .
Quelques images à venir .