Dom a écrit :
Ok, donc moins de caractère que ta V7 ?
Oui !
Le Rotax de la BSA n'a pas beaucoup de caractère... c'est un mono, donc il a forcément plus de caractère que le twin d'une Interceptor moderne ou qu'une Triumph moderne, mais c'est un mono moderne, super-carré et double ACT... son caractère de mono pêchu s'exprime dans les tours, en tordant la poignée pour aller chercher les chevaux en haut, ce à quoi cette moto tranquille n'incite pas. En bas, il est creux et entre le bas et le haut, il est un peu lisse, comme tous les moteurs modernes.
M'enfin rien à voir avec le mono longue-course des Bullet fonte et EFI qui est sympa en bas et à l'agonie en haut.
La V7, oui, elle a gardé le caractère typique aux V-Twins Guzzi ouverts à un angle de 90° et maneton unique : un peu rugueux, un peu vibrant, très vivant. Bien que ses cotes soient aussi super-carrées, il y a l'inertie de la distribution à deux soupapes/cyl. culbutées par tiges depuis un AC central et surtout, l'inertie de ce gros volant moteur et embrayage transversal qui lui confèrent son caractère particulier. S'ajoute à cela son architecture de V-twin à deux bielles sur un maneton unique qui fait que quand un piston est au PMH, l'autre se trouve à peu près à mi-course, ce qui donne un cycle à 270° qui n'a rien à voir avec le cycle à 270° beaucoup plus linéaire d'un vertical twin à manetons décalés.
Comme le V-twin Guzzi a un vilo à maneton unique, il a besoin de grosses masses d'inertie pour compenser le faible équilibrage naturel de la bielle menée par rapport à celle menante (celle du temps moteur) et ce, alternativement.
Et le caractère moteur (notamment la sensation de couple) est favorisé par l'inertie des pièces en mouvement qui créé des accélérations (et donc des freins) dynamiques par effet de balancement. À l'inverse, plus un moteur est naturellement équilibré de par son architecture moteur (par exemple les multicylindres en ligne), plus il est efficace, linéaire, capable de tourner vite, mais plus il semble lisse et donc fade.
La modernité a apporté aux Guzzi actuelles une poignée de gaz douce grâce à l'injection et des boîtes de vitesses moins lentes et moins rétives qu'autrefois, mais le bon côté du caractère moteur est resté, ce qui en fait, à mes yeux, selon mes goûts, des moteurs comme je les aime et que je considère comme les moteurs actuels les plus sympas pour des motos moyennement performantes.
Et comme le rappelle justement HourdeK1 (Christophe), la V7 se passe encore d'un refroidissement liquide, donc d'un vase d'expansion et de durites toujours un peu moches sur un moteur de moto.