Messagepar jbt » 26 mars 2025, 10:39
Très factuellement:
l'insertion professionnelle pour les étudiants ayant achevé un master de psychologie est excellente. Avec 94% de taux d'insertion 18 mois après avoir obtenu le diplôme (source MESR), c'est la filière qui occupe la 3e marche du podium (master d'enseignement exceptés car ils ont forcément 100% d'insertion), juste après les masters de Génie Civil et d'Informatique/Electronique.
94% d'insertion 18 mois après le diplôme, c'est un petit peu mieux que la moyenne des diplômes d'ingénieur (93%, source CTI) et d'écoles de commerce (92%, source conférence des grandes écoles).
Mais chuuuut...il faudrait pas trop que ça se sache, hein? Continuez à propager tranquillement des idées reçues, faudrait pas que la jeunesse se pose trop de questions, s'intéresse à savoir comment on les manipule, par exemple...allez, faites de la gestion ou du droit, c'est mieux que la psycho!
Par ailleurs, si on réduisait le choix de ses études aux perspectives professionnelles, on en reviendrait à ce qui prévalait dans les années 50 où l'orientation n'était dictée que par les impératifs économiques. Et la tendance aujourd'hui est forte à revenir à cette idéologie simpliste (simplette) bien qu'elle ait démontré son inefficacité totale. Si on savait prédire les besoins ultérieurs en main d'oeuvre et en qualification, ça serait formidable, mais il n'en est rien. Dans ma carrière, j'ai entendu tout et son contraire de la part de responsables de l'industrie, du commerce, de l'informatique, etc. Un coup c'est "venez vite, on embauche, choisissez nos métiers" et 3 ans plus tard c'est "Dégagez il n'y a plus de boulot pour vous".
Ce n'est donc pas du tout un argument recevable.
Le problème de ma collègue n'est pas qu'elle a mal choisi son métier (et d'ailleurs, qui peut juger du choix d'autrui?): C'est qu'elle n'est pas assez payée pour exercer là où elle vit.
Alors que les besoins sont énormes, particulièrement dans ce coin ou l'argent est roi mais les valeurs humaines particulièrement délaissées, avec une proportion d'élèves en situation de détresse psychologique qui atteint les 40%, avec toutes les conséquences, parfois fatales qui vont avec.
C'est juste une question de choix politique: préfère-t'on mettre de l'argent pour des pelouses bien tondues ou pour des élèves bien pendus?
Modifié en dernier par
jbt le 26 mars 2025, 10:43, modifié 1 fois.
La Bullet est ma moto du quotidien.
Non, ça ne veut pas dire qu'il y a un article dans le journal à chaque fois qu'elle démarre.